Gazoduc Qatar-Turquie

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Le projet de gazoduc Qatar-Turquie est un projet initié en 2000 qui permet de rallier la production qatarie d’hydrocarbures au marché européen en passant par la Turquie. Mais ce projet est arrêté en 2009 à cause des différentes tensions alimentant la région moyen-orientale. Si le projet Qatar-Turquie et plus généralement les enjeux énergétiques ne sont pas directement responsables des différents conflits qui secouent le Moyen-Orient aujourd’hui, ils en sont cependant des catalyseurs importants et contribuent à amplifier les frictions entre les Etats moyen-orientaux[1],[2].

Description[modifier | modifier le code]

Contexte politique et économique[modifier | modifier le code]

Le Moyen-Orient concentre la moitié des ressources mondiales en hydrocarbures[3]. L’exploitation modérée de ces ressources peut être expliquée par une volonté de l’OPEP de contrôler les prix du marché[4]. Mais elle peut aussi être expliquée par le contexte spécifique de la région moyen-orientale. Malgré la création de l’OPEP, les États moyen-orientaux continuent en effet de mettre en œuvre des politiques énergétiques totalement indépendantes les unes des autres. La conséquence directe de ces politiques individuelles est l’absence de gazoducs transnationaux[5].

Tracé du projet[modifier | modifier le code]

Initié dès 2000, le projet de gazoduc Qatar-Turquie compte acheminer les hydrocarbures depuis le champ gazier iranien-qatari North Dome (South Pars), jusqu’en Turquie où il sera rattaché au gazoduc de Nabucco, lui aussi en projet, afin d’approvisionner le marché européen. Deux tracés sont dessinés. Le premier transite par l’Arabie saoudite, la Jordanie, la Syrie avant d’arriver en Turquie. Le second évite la Syrie et passe par l’Irak et le Koweït[6]. Le premier trajet est abandonné en 2009 car la Syrie refuse de signer l’accord pour permettre au gazoduc de traverser son territoire pour protéger les intérêts de son allié russe[7]. Par la suite, la guerre civile syrienne a empêché tout projet de gazoduc de se développer.

Analyse[modifier | modifier le code]

Projet en compétition avec l’Islamic pipeline[modifier | modifier le code]

Le projet de gazoduc Qatar-Turquie est en concurrence directe avec un autre projet de gazoduc ayant pour but lui aussi de rallier le marché européen. Il s’agit du projet de gazoduc Iran-Irak-Syrie. L’Iran, qui dispose de larges ressources gazières dans le détroit d’Ormuz, n’est pas rattaché au marché européen. Pour y remédier, l’Etat perse envisage en 2011 un projet de gazoduc passant par l’Irak et la Syrie avant de rejoindre le marché européen[8]. Ce projet de gazoduc Iran-Irak-Syrie est surnommé « le gazoduc islamique »[9]. Mais la même année le Printemps arabe débute et la guerre en Syrie éclate. Ces évènements mettent un coup d’arrêt aux projets tant iraniens que qatari[10].

Influence russe[modifier | modifier le code]

L’Europe et les États-Unis estiment que le projet serait bénéfique pour l’économie énergétique dans la mesure où l’établissement d’une concurrence entre les hydrocarbures qatari et russes contribuerait à rendre compétitifs les tarifs pratiqués[6]. La Russie considère pour sa part dès le départ que les projets de gazoducs moyen-orientaux sont un danger pour ses propres intérêts économiques et énergétiques en Europe. La Syrie refuse alors le passage du gazoduc par son territoire, estimant que cela portait atteinte aux intérêts de son allié russe[7]. Ce projet de gazoduc Qatar-Turquie met d’autant plus en danger la Russie qu’elle développe parallèlement un projet de gazoduc paneuropéen baptisé South Stream[11] puis Turkish Stream[12].

Liens et références externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Moyen-Orient: pourquoi tant de guerres? », sur lexpress.fr, (consulté le 9 février 2018)
  2. « LA GUERRE DU MOYEN ORIENT EST UNE GUERRE CONTRE LE TERRORISME MASQUANT UNE GUERRE DE RELIGION CACHANT UNE GUERRE ECONOMIQUE », sur mediapart.fr, (consulté le 9 février 2018)
  3. « Réserves de pétrole dans le monde », sur connaissancedesenergies.org, (consulté le 9 février 2018).
  4. « Le pétrole, autre guerre entre l’Iran et l’Arabie saoudite », sur Lemonde.fr, (consulté le 9 février 2018).
  5. « L’acheminement des hydrocarbures du Moyen-Orient. Première partie : le gazoduc Qatar-Turquie et le « Islamic Pipeline » », sur lesclesdumoyenorient.com, (consulté le 9 février 2018).
  6. a et b « Qatar seeks gas pipeline to Turkey », sur thenational.ae, (consulté le 9 février 2018)
  7. a et b >« Syria Is Another Pipeline War », sur washingtonsblog.com, (consulté le 9 février 2018)
  8. « 'Islamic pipeline' seeks Euro gas markets », sur upi.com, (consulté le 9 février 2018)
  9. « Some Reasons to Materialize Iran, Iraq, and Syria’s Gas Pipeline », sur naturalgasworld.com, (consulté le 9 février 2018)
  10. « Les pipelines et les gazoducs sont-ils à l’origine de la guerre en Syrie, comme l’affirme Jean-Luc Mélenchon ? », sur Lemonde.fr, (consulté le 9 février 2018)
  11. « Gazoduc South Stream : pourquoi la Russie a décidé de jeter l’éponge », sur Lemonde.fr, (consulté le 9 février 2018)
  12. « Turquie et Russie peuvent enfin annoncer la construction du gazoduc Turkish Stream », sur leblogfinance.com, (consulté le 9 février 2018)

Source de traduction[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]