Ganoderme luisant

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Ganoderma lucidum

Le Ganoderme luisant (Ganoderma lucidum) est un champignon basidiomycète de la famille des Ganodermataceae, plus connu du public sous son nom galénique chinois 灵芝 / 靈芝, língzhī[2], et man-nen-také (マンネンタケ[2]) ou Reishi (霊芝?) au Japon. Bien que rattaché à l'ordre des polypores, il possède un stipe (pied) et un chapeau différencié, et peut pousser (en apparence) à même le sol.

Description du sporophore[modifier | modifier le code]

Le chapeau, de 4 à 20 cm de diamètre, de 1,5 à 3 cm d'épaisseur et a une apparence de louche en bois d'acajou verni. Il est d'abord de couleur jaune puis brun rouge. Il est arrondi ou en forme de rein, sillonné et zoné concentriquement et légèrement ridé radialement (comme du bois). Une cuticule cornée brillante comme de la laque le recouvre entièrement, d'où son nom. La marge est plus claire, puis fonçant. Les tubes et pores sont fins, jaunâtres puis bruns, souvent couverts d'une pruine blanchâtre. Le pied, généralement latéral, a une longueur variant entre 4 et 20 cm, est noueux, brun noir et luisant. La chair mince et fibreuse a une teinte beige-brun et dégage une odeur faible. Bien que coriace, le champignon disparait en hiver. Toutefois, il peut être desséché et se conserver alors de nombreuses années.

Écologie[modifier | modifier le code]

Le ganoderme luisant vient de juin à novembre en Europe, à même le sol à proximité et sur les racines enterrées des feuillus (y compris d'arbres fruitiers). Sans être rare, il pousse seul ou en très petits groupes.

Utilisation[modifier | modifier le code]

Ganoderma lucidum en culture sous-abri

Coriace et amer, il se prête difficilement à une utilisation gastronomique.

Séché entier ou réduit en poudre, présenté sous divers conditionnements galéniques. Il est également prescrit par les médecines traditionnelles sino-japonaises depuis plus de deux millénaires comme fortifiant (Man-nen-také, ou Reishi comme agent de longévité et stimulant immunitaire. Les représentations de ces champignons dans l'art sino-japonais sont également fréquentes. Plusieurs de ces œuvres datent du XVe siècle, mais l'utilisation traditionnelle de G. lucidum serait bien plus ancienne[3].

Des très nombreuses études ont porté sur l'utilisation de G. lucidum pour traiter le cancer[4]. Certains chercheurs ont même tenté d'intégrer un extrait ce champignon à la fabrication de bière pour faire profiter les consommateurs de ses propriétés thérapeutiques[5].

Propriétés médicinales[modifier | modifier le code]

On lui prête surtout des propriétés anticancéreuses qui sont partiellement confirmées par des études scientifiques[6],[4]. Son efficacité contre l'activité du virus de l'immunodéficience humaine (VIH) a également été démontrée par certaines études[7],[8], mais pas encore chez des sujets humains. Néanmoins, la culture du champignon a été entreprise en Extrême-Orient depuis des siècles.

Plusieurs composés présents dans Ganoderma lucidum ont été isolés. Parmi ceux auxquels on associe une activité anti-VIH, on trouve le ganodériol F, le ganodermanontriol, et des terpènes comme le ganodermanondiol et l'acide ganolucidique[7],[8].

Espèces voisines et risques de confusion[modifier | modifier le code]

Le ganoderme luisant est proche de nombreuses autres ganodermatacées tropicales, mais dans les régions tempérées (?l) son identification ne soulève aucun problème.

Ganoderma neojaponicum 1989 04
  • Ganoderma neojaponicum Imazeki (1939) = Louche de petit-enfant (マゴジャクシ) Synonymes   Ganoderma neojaponicum Imazeki (1939), Bulletin of the Tokyo science Museum, 1, p. 37 (Basionyme)
  • Chapeau dimidié à réniforme, plan, 3-11 x 4-11 cm. Marge mince et incurvée. Surface rouge brun très sombre, presque noire, glabre, brillante comme laquée, rayée radialement.
  • Tubes brun cannelle sombre 0,2-1 cm de long ; pores isabelle à cannelle, circulaires à anguleux, 3-5/mm.
  • Chair mince, jusqu'à 8 mm, fibreuse à subéreuse, blanc crème sous la surface piléique, brun cannelle au-dessus des tubes.

Stipe latéral, rarement central, vertical, 8-24 x 0,7-1,2 cm, surface noire et laquée.

  • Spores ellipsoïdes, tronquées au sommet, jaune pâle, 9-13 x 6-8 µm, à double paroi, les deux couches étant séparées par des piliers interpariétaux.
  • Ecologie : sur conifères.
  • Non comestible
  • Références bibliographiques  Imazeki 1939, Bull. Tokyo Sci. Mus. 1: 37 ; IH1 830 ; IOH 485
  • Commentaires : Se distingue aisément de G. lucidum par ses spores plus élancées, ses carpophores plus sombres, son stipe plus long et mince et son habitat limité aux conifères.

Si on tient ce champignon par la base de son long pied, avec la tête en bas, montrant sa face inférieure concave, la ressemblance avec une louche est flagrante. D'où les nombreux noms vernaculaires intégrant le mot louche. Sur le plan ésotérique, Ganoderma lucidum sensu lato a une longue réputation et usage de talisman ou de symbole de porte-bonheur.

Ganoderma lucidum sensu lato

http://enfantdesarbres.canalblog.com/archives/2018/09/28/36740891.html

Ganoderma lucidum 1989 0823 Japon


Ganoderma carnosum peut lui ressembler mais il vient essentiellement sur Abies alba.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Raymond McNeil, 2006, Le grand livre des champignons du Québec et de l'est du Canada, Éditions Michel Quintin, Waterloo (Québec), 575 p. (ISBN 2-89435-322-7)
  2. a et b Nom scientifique japonais = Man-nen-také (万年茸), signifiant « Champignon de Dix-mille ans », tandis que son nom d'officine (médicinal) reste Reishi, c’est-à-dire un des deux noms d'origine chinoise. 今関六也 Rokuya Imazeki 1973 - Japanese mushroom names(Transactions of the Asiatic Society of Japan, 3rd ser., v. 11, pp. 25-80). Noms japonais de champignons par Rokuya Imazeki
  3. McMeekin, Dorothy. 2004. The perception of Ganoderma lucidum in Chinese and Western culture. Mycologist 18:165-169.
  4. a et b Silva, Daniel. 2006. Ganoderma lucidum in cancer research. Leukemia Research 30(7):767-768.
  5. Leskosek-Cukalovic, I., S. Despotovic, N. Lakic, M. Niksic, V. Nedovic, V. Tesevic. 2010. Ganoderma lucidum — Medical mushroom as a raw material for beer with enhanced functional properties. Food Research International 43(9):2262-2269
  6. Min BS, Gao JJ, Nakamura N, Hattori M. 2000. Triterpenes from the spores of Ganoderma lucidum and their cytotoxicity against Meth-A and LLC tumor cells. Chemical & Pharmaceutical Bulletin 48(7):1026-1033.
  7. a et b Min BS, Nakamura N, Miyashiro H, Bae KW, Hattori M. 1998. Triterpenes from the spores of Ganoderma lucidum and their inhibitory activity against HIV-1 protease. Chemical & Pharmaceutical Bulletin 46(10):1607-1612.
  8. a et b el-Mekkawy S, Meselhy MR, Nakamura N, Tezuka Y, Hattori M, Kakiuchi N, Shimotohno K, Kawahata T, Otake T. 1998. Anti-HIV-1 and anti-HIV-1-protease substances from Ganoderma lucidum. Phytochemistry 49(6):1651-1657.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Leah Hechtman, 2011, Clinical Naturopathic Medicine, Elsevier Australia, 1596 p.

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Liens externes[modifier | modifier le code]