Frères Davenport

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Frères Davenport
Davenport brothers.jpg
Les frères Ira et William Henry Davenport (gauche et droite) assis dans leur armoire, vers 1870.
Biographie
Époque
XIXe siècle
Nationalité
Activité
Fratrie
Ira Erastus Davenport - William Henry Davenport
Autres informations
Genre artistique

Les frères Davenport, Ira Erastus Davenport, né le 17 septembre 1839 à Buffalo, mort le 8 juillet 1911 et William Henry Davenport, né le 1 février 1841 à Buffalo, mort le 1 juillet 1877, sont des magiciens spirites américains du XIXe siècle. Les frères Davenport donnaient en spectacle des illusions qu'ils prétendaient être surnaturels.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils de Ira Davenport, policier de Buffalo né en 1816, et de Virtue Honeysett née en 1819[1].

Après leurs débuts aux États-Unis, en 1864 ils voyagent en Angleterre où ils y deviennent célèbres. La presse anglo-saxonne avait amplement décrit leurs mystérieux exercices et les polémiques qu'ils avaient suscitées.

En septembre 1865, les frères Davenport arrivent en France pour une série de représentations sous le nom de « manifestations spirites ».

L'armoire des Davenport[modifier | modifier le code]

Le spectacle des Davenport était en deux parties; 1)- exercises de l'armoire et 2)- séance dans les ténèbres[2]'[3].

Tous les Spirites, Esprits frappeurs et autres médiums écrasés par la chute de l'armoire des frères Davenport

D'après Robert Houdin, l’exercice de l'armoire se déroulait à peu près ainsi ;« une armoire à trois portes montée sur trois tréteaux est placée sur la scène, après avoir démontré au public l'absence de trucages à l'extérieur ou à l'intérieur de l'armoire, on forme un cercle de spectateurs se donnant la main autour de l'armoire. Les frères Davenport assistés par deux autres américains Mr Fay et Mr Cooper, entrent dans l'armoire, aux parois intérieures de l'armoire sont accrochés divers instruments de musique violons, guitares, trompettes, assis sur des petits bancs, les frères sont attachés très solidement aux mains et aux pieds avec des cordes et nœux marins, réputés inextricables, puis ont les enferme, après un moment ils ressortent de l'armoire les mains et pieds libres. Le procédé est ensuite inversé quand ils rentrent libres dans l'armoire et qu'on laisse les cordes à leurs pieds, on referme, et quand la porte est ouverte de nouveau, on constate que les médiums sont de nouveau garrotés, puis à peine a-t-on refermé les portes que l'on entend une cacophonie d'instruments de musique...»[3]. On assiste aussi à d'autres phénomènes du même genre comme des substitutions d'habits ou d'objets appartenant à des spectateurs, à la grande stupéfaction de l'auditoire.

Le 14 septembre 1865 leur première représentation à Paris au prix de 25 Francs d'entrée, dans la salle Hertz rue de la Victoire [3], se termina comme à Liverpool quelque temps auparavant, par des violences et la destruction de l'armoire des Davenport par un public furieux d'avoir été dupé, quand un spectateur M. Duchemin sembla découvrir une supercherie sur les cordes utilisées pour attacher les Davenport [4]'[5]'[6], cet incident nécessitera l'intervention des sergents de ville et le remboursement des spectateurs.

Robert Houdin, illusioniste français donnera une explication logique du « truc des Davenport »[3] dans un article et en démontrant dans son théâtre du boulevard du Temple, comment les Davenport s’attachaient et se détachaient[7], et bien qu'il déclare que les frères Davenport étaient des prestidigitateurs habiles[3], il réfute l'idée de spiritisme.

Anselme Bucher de Chauvigné, le gentleman-prestidigitateur[8], reproduira lui aussi, pour les discréditer, l’exercice de spiritisme des frères Davenport dans les salons artistiques et littéraires de la société parisienne[9].

Le cabinet des frères Davenport

Sources[modifier | modifier le code]

  • Phénomènes des frères Davenport et leurs voyages en Amérique et en Angleterre, relation de manifestations physiques produites par des forces et des intelligences ne peuvent expliquer, par Thomas Low Nichols, (1815-1901), Judith, Julie Bernat (1827-1912), Paris, Didier et cie, 1865.
  • Magie et physique amusante, par Jean-Eugène Robert-Houdin, Calmann Lévy (Paris), 1877.
  • Les Miracles à la mode, Edmond About, Causeries, deuxième série, Hachette, 1865 (2, pp. 227-243)[10].

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Nichols, Thomas Low, 1815-1901, Judith, Julie Bernat, 1827-1912, Phénomènes des frères Davenport et leurs voyages en Amérique et en Angleterre, Paris, Didier et cie, (lire en ligne), p. 6
  2. « Nouvelles des théatres et des concerts », Le Temps,‎ (lire en ligne)
  3. a b c d et e Robert Houdin, Magie et physique amusante : oeuvre posthume - XIII, Le truc des davenport, Calmann Lévy (Paris), (lire en ligne), de 203 a 264
  4. « Les frères Davenport », Le Figaro. Supplément littéraire du dimanche,‎ , p. 23 (lire en ligne)
  5. Lescuyer fils (Paris), « Paris - Chronique de la semaine », Le Foyer: industrie, littérature, théâtre,‎ (lire en ligne)
  6. « La semaine scientifique », La Science pittoresque : journal hebdomadaire,‎ , p. 26 (lire en ligne)
  7. « Davenport Brothers - Extrait de la revue L’Illusionniste, N° 24 de décembre 1903. », sur artefake.com
  8. « Nouvelles breves », Le Ménestrel : journal de musique,‎ (lire en ligne)
  9. Adrien Peladan, La France littéraire, artistique, scientifique, (lire en ligne), p. 371, 372
  10. Edmond About, Les miracles a la mode, Hachette, (lire en ligne)