Fièvre d'oropuche

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Fièvre d’0ropuche
Classification et ressources externes
CIM-10 A93.0
CIM-9 ICD9
Wikipédia ne donne pas de conseils médicaux Mise en garde médicale
Virus Laboratory Field Assistant, Nariva Swamp, Trinidad. 1959

La fièvre d’Oropuche est une maladie tropicale infectieuse d’origine virale, une zoonose semblable à la dengue, transmise à l’homme par des piqûres d’insectes (espèce Culicoides paraensis ) et des moustiques à partir du sang de paresseux. Elle survient principalement dans le bassin amazonien, les Caraïbes et au Panamá. La maladie doit son nom à la région où elle a été décrite pour la première fois en 1955 et par le Trinidad Regional Virus Laboratory, sur le fleuve Oropuche dans l’État de Trinité-et-Tobago et où a été identifié le virus causal, le virus Oropuche (OROV), un arbovirus de la famille des bunyaviridae.

Historique[modifier | modifier le code]

L’OROV a été décrit pour la première fois au Brésil, en 1960, après avoir été isolé dans le sang d'un paresseux (Bradypus tridactylus) capturé dans la forêt tropicale lors de la construction de l’autoroute Belém-Brasília.Le moustique Ochlerotatus serratus a été impliqué comme vecteur, parce que l’OROV a également été trouvé dans son sang.

Selon Nunes et al. (2005), "le génome du virus OROV se compose de trois fragments d’ARN simple brin, enroulés en sens négatif, le grand (L), le moyen (M), le petit (S). Ces ARN sont programmés pour encoder une grande protéine (L: activité polymérase), glycoprotéines virales de surface (Gc et Gn), et une protéine NSM non structurelle, ainsi que les nucléocapsides (N) et les protéines NSS. Les séquences complètes de nucléotides ont été déterminées pour l'ensemble des 3 segments d'ARN, et les premières études de biologie moléculaire du gène N (SRNA ) de 28 souches différentes d’OROV ont montré l'existence de 3 génotypes, nommés I, II et III."[1]

Épidémiologie[modifier | modifier le code]

Les grandes épidémies sont fréquentes et de diffusion très rapide, la plus ancienne et la plus importante, ayant eu lieu dans la ville de Belém, située en Amazonie brésilienne, dans l'État du Pará, avec 11 000 cas enregistrés. En Amazonie brésilienne, la fièvre d’Oropuche est la deuxième maladie virale la plus fréquente, après la dengue. Plusieurs épidémies ont généré plus de 263 000 cas, dont 130 000 seulement sont survenus au cours de la période allant de 1978 à 1980. Actuellement, rien qu’au Brésil, on estime que plus d'un demi-million de cas se sont déclarés.

Présentation[modifier | modifier le code]

La fièvre d’Oropuche débute par l’apparition d’une fièvre brutale, initialement avec des symptômes généraux semblables à ceux observés dans la dengue, tels que des frissons, des céphalées, anorexie, myalgies et arthralgies et vomissements. Les patients peuvent développer des symptômes de méningite. Le diagnostic est réalisé par dosage de la concentration sérique des anticorps spécifiques au virus.

Traitement et prognostic[modifier | modifier le code]

La maladie n'a pas de traitement spécifique, mais on utilise généralement, un traitement symptomatique, avec certains analgésique s et agents anti-inflammatoires par voie orale qui doivent être prescrit par un médecin, puisque certains d'entre eux (tels que l’aspirine) sont dangereux à cause de leur action sur la coagulation sanguine et du risque d’effets hémorragiques;

L'infection guérit généralement d’elle même et les complications sont rares. Les patients guérissent habituellement sans séquelles à long terme.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Nunes MR, Martins LC, Rodrigues SG, et al, « Oropouche virus isolation, southeast Brazil », Emerging Infect. Dis., vol. 11, no 10,‎ , p. 1610–3 (PMID 16318707)
  • (en) Anderson CR, Spence L, Downs WG, Aitken TH, « Oropouche virus: a new human disease agent from Trinidad, West Indies », Am J Trop Med Hyg., vol. 10,‎ , p. 574–8 (PMID 13683183, lire en ligne)
  • (en) Saeed MF, Wang H, Nunes M, et al., « Nucleotide sequences and phylogeny of the nucleocapsid gene of Oropouche virus », J Gen Virol., vol. 81, no Pt 3,‎ , p. 743–8 (PMID 10675412, lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]