Ewondo (peuple)

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Bëti be Kóló
Populations significatives par région
Drapeau du Cameroun Cameroun 250 000 (années 1990)[1]
Autres
Langues kóló
Religions Catholicisme islam
Ethnies liées les Beti : Ìtón, Manguissa ; et aussi les Pahouins

Les Ewondo ou plus exactement les Bëti be Kóló ou Kóló-Bëti voire simplement Kóló sont un peuple d'Afrique centrale établi au Cameroun. Ils font partie du groupe des Beti.

Ethnonymie[modifier | modifier le code]

Selon les sources, on rencontre de multiples variantes de l'ethnonyme : Enwondo, Ewonde, Ewondos, Ewundu, Jaunde, Yaoundé, Yaoundés, Yaunde[2]. Ces variantes, dont l'origine remonte à l'époque du protectorat allemand, soit en 1895 avec Georg August Zenker puis les Pallottins, sont encore utilisées par abus de langage[3]. La véritable appellation de ce peuple est Bëti be Kóló[4],[5]. Chez les Bëti be Kóló, Ewondo désigne juste l'un des clans, au même titre qu'Edzoa, Bene, Emombo, Etudi, Tsinga, Enoa, Etenga, Yanda, etc[3].

Par ailleurs, autour du clan Ewondo, on retrouve les lignages : Mvog Atangana Mballa, Mvog Fouda Mballa, Mvog Tsoungui Mballa (Mvog Atemengue, Mvog Betsi, Mvog Mbi, Mvog Ada Mengue, etc).

Le clan Bene est constitué des Otoloa, Mvog Man Ze, Mvog Manga amombo Ndzié, Mvog Amugu amombo Nzié, Mvog Belinga amombo Ndzié, Mvog Owono ndzouli fouda, Mvog Zambo, Mvog Zang Biloa, Mvog Ndi Mbié, Mvog Nnomo. Les Mvog Abena, Mvog Ekala, Mvog Evuna et Mvog Ahanda constituent l'essentiel du clan Etudi.

Dans le clan Yanda, on a les lignages Mvog Ngenda, Mvog Biako, Mvog Ebelkunu.

Langue[modifier | modifier le code]

Ils parlent le kóló (abusivement et improprement appelé l'ewondo), une langue beti dont le nombre de locuteurs au Cameroun était estimé à 578 000 en 1982[6]. Langue maternelle des Kóló, c'est aussi une langue véhiculaire utilisée par d'autres habitants de la région.

Population[modifier | modifier le code]

Portrait de Charles Atangana

La population kóló proprement dite a été évaluée à plus de 250 000 personnes pendant les années 1990[1]. La majorité est catholique[1].

Ils sont présents dans de nombreux secteurs d'activité, mais la plupart produisent du riz, du cacao, du café, de l'arachide, de l'huile de palme et du bois[1].

Les personnalités kóló qui ont joué le plus grand rôle dans l'histoire du Cameroun sont André Fouda et Charles Atangana[1] (1880-1943) intronisé « chef supérieur des Ewondo et des Bene », pendant la colonisation allemande du Cameroun (Kamerun)[7]. Stricto sensu, Charles Atangana appartenait au lignage Mvog Atemengue tandis qu'André Fouda était du lignage Mvog Ada[8]. C'était donc deux personnalités du clan Ewondo à proprement parler. L'artiste français Dieudonné est d'origine Ewondo par son père.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e (en) James Stuart Olson, The peoples of Africa : an ethnohistorical dictionary, Westport, Conn, Greenwood Press, (ISBN 9780313279188), « Ewondo », p. 172-173
  2. Source : RAMEAU, BnF)
  3. a et b GLIMPSES OF AFRICAN CULTURES,Echos des cultures africaines, Ngessimo M. (Éd) Mutaka, p. 190-191
  4. GLIMPSES OF AFRICAN CULTURES, Echos des cultures africaines, Ngessimo M. (Éd) Mutaka, p. 190-191
  5. LES SEIGNEUR DE LA FORÊT, Essai sur le passé historique, l'organisation sociale et les normes éthiques des anciens Beti du Cameroun, Philippe Laburthe-Tolra, p. 9 et p. 114
  6. (en) Fiche langue (code «ewo») dans la base de données linguistique Ethnologue.
  7. Dictionnaire biographique des chrétiens d'Afrique
  8. Serge Enyegue, André Fouda, itinéraire politique d'un bâtisseur : 1951-1980, p. 40

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • L'ancien pays de Yaoundé : 'jaunde-texte' (textes écrits en ewondo par Karl Atangana et Paul Messi ; transcrits, traduits en français et commentés par Jean-Marie Essono et Philippe Laburthe-Tolra), Maisonneuve & Larose-Afredit, Paris, 2006, 167 p. (ISBN 2-7068-1891-3) (recueil d'articles ewondo précédemment parus en Allemagne, entre 1913-1919, sous la direction du Dr Martin Heepe)
  • Jean Ondo Ella, Une voie de développement pour la société des Ekang (Fang, Okak, Ndene, Bulu, Ewondo, Ntumu), Université Paris 2, 1977 (thèse de 3e cycle de Sciences économiques)
  • Jos Gansemans, « Quelques considérations sur le xylophone mendzang des Ewondo (Cameroun) », in Africa-Tervuren, 17 (3) 1971, p. 87-88
  • Marie-José Simone Onambélé, Oncle maternel-neveu : une relation privilégiée chez les Éwondo, Paris, L'Harmattan, , 135 p. (ISBN 9782296133228)
  • Sop Nkamgang Martin, La communication sociale chez les Bamileke et les Ewondo : essai d'anthropologie comparée, Université de Yaoundé, 1985, 506 p. (thèse de Sociologie)
  • Henri Ngoa, Le Mariage chez les Ewondo : étude sociologique., Paris, 1968
  • Théodore Tsla, « Mœurs et coutumes des Ewondo », in Études camerounaises (Douala), no 56, 1958, p. 8-112

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]