Enfants du Mékong

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Enfants du Mékong est une Organisation non gouvernementale (ONG) fondée par René Péchard en 1958 et dirigée depuis 1986 par Yves Meaudre. Son but premier est le parrainage individuel d'enfants démunis pour permettre leur scolarisation. Parallèlement à cette initiative, Enfants du Mékong met en place le financement de projets de développement durable liés à la protection de l'enfance et à la scolarisation. Son action se situe dans les pays du Sud-Est asiatique bordant le fleuve Mékong ainsi qu'aux Philippines.

Historique[modifier | modifier le code]

En 1958, René Péchard, dentiste à Vientiane (Laos), recueille deux orphelins et les scolarise dans un internat à Xieng Khouang. Des dons lui permettent de fonder l'Association des Amis du Pensionnat Saint-Joseph et de scolariser d'autres enfants.

En 1963, cette association devient l'Association Pour la Protection de l'Enfance au Laos (APPEL). Deux foyers sont fondés à Vientiane. Parfois des orphelins ou enfants de paysans pauvres sont accueillis en France par des amis de René Péchard pour y suivre des études.

Un principe fondateur se met en place : des familles se trouvent aidées par le parrainage d'un enfant dont on finance la scolarité.

En 1975, les conflits au Cambodge, au Viêt Nam et au Laos conduisent à l'abandon des foyers de Vientiane. Le parrainage se déplace sur les camps de réfugiés en Thaïlande, souvent de façon clandestine. Des réfugiés sont accueillis en France et placés chez des parrains ou dans un foyer à Valence.

En 1977 l'association prend le nom d'Enfants du Mékong et en 1984 le foyer de Valence est transféré en région parisienne (Paris et Asnières-sur-Seine). Son but est alors de rassembler des familles dispersées par les guerres, de sortir des réfugiés des camps, de leur trouver des stages et des emplois.

Dans les camps de Thaïlande, la situation est tragique, et le parrainage consiste souvent à envoyer à une famille une petite somme mensuelle : le prix qu'elle doit payer pour que les enfants puissent aller à l'école et pour que les filles ne soient pas violées par les soldats.

Après la mort de René Péchard en 1988, ses successeurs Jean-Claude Didelot (1988-2001), François Foucart (2001-2011) et le docteur Christine Lortholary-Nguyen(2011-...) et Yves Meaudre directeur général mettent en place un développement de l'association sur d'autres pays: Le Vietnam, le Laos et le Cambodge seront suivis par la Thaïlande, les Philippines, la Birmanie et le Yunan dans la vallée de la Saluen.

Le secrétaire général adjt, de l'association depuis 1986 Yves Meaudre sera nommé directeur général par M. Péchard en septembre 1988. Jusque là René Péchard cumulait son poste de président avec celui de directeur général. Après avoir clôt la longue parenthèse des camps de réfugiés le nouveau patron d'EDM orientera l'association de plus en plus vers un projet éducatif. Revenant ainsi à l'intuition originelle du fondateur qui avait fondé ses foyers d'enfants eurasiens à Vientiane. Il s'attellera à développer une vigoureuse politique de relations publiques aussi bien auprès de la presse qu'auprès du monde industriel pour s'assurer les moyens des ambitions de l'œuvre. Sa volonté de créer des structures d'accueil pour les enfants très pauvres trop éloignés des centres urbains pour trouver un enseignement le conduira à fonder plusieurs dizaines de foyers. La création de plus de quatre-vingt-dix centres et foyers d'éducation permettra à des milliers de jeunes de pouvoir étudier dans un contexte protégé. Bien nourris alors que jusque là les carences de sous nutrition gênaient le développement de ces enfants, logés et surtout appuyés par une formation scolaire donnée par des professeurs bien payés et motivés a abouti à des résultats spectaculaires. Au moment où le nouveau ministre de l'éducation du Cambodge combattant la corruption dans les écoles faisait tomber les résultats au baccalauréat de 90% d'obtention à 20% les élèves d'Enfants du Mékong obtenaient un succès de 100% des 20% du niveau national. Les résultats dus à une formation et une éducation très rigoureusement mises en place aboutiront à ce que le directeur d'EDM Cambodge, Martin Maindiaux, un européen, soit appelé auprès du ministre de l'éducation comme conseiller avec rang de secrétaire d'Etat.en 2015. Ces créations seront étendus à l'ensemble des pays concernés.

Axé non seulement sur la volonté de monter les enfants les plus pauvres vers une excellence intellectuelle ou professionnelle, EDM à l'exemple de Don Bosco et du Père Brottier qui étaient les références éducatives du fondateur, a l'ambition d'en faire des exemples sur le plan moral et social : « des personnes biens », des pères et des mères de famille aimant et responsables, des acteurs de la société civile sur lesquels plus tard leur pays pourront compter. Sous la direction d'Antoine Filloux, directeur général adjoint, une formation anthropologique fondée sur la notion du bien commun, de la responsabilité collective, des relations entre maris et époux responsables de l'un et de l'autre, et une formation à la responsabilité de l'éducation de ses futurs propres enfants a été mise en place. À travers la richesse de leur propre culture cette formation tend à écluser les conséquences encore très présentes des idéologies qui ont détruit les familles en Asie communiste. On pense surtout au traumatisme de la société cambodgienne après le génocide des khmers rouges; cette formation a aussi pour finalité d'armer les jeunes générations contre les ravages des consumérismes actuels et contre la dégradation des mœurs. Une formation culturellement adaptée a été mise au point. Elle est enseignée dans chacun des pays en respectant les codes de chacune des cultures, la méthode est connue sous le nom des 15 pas .

Des actions visant à améliorer l'existence de populations sont menées : forages de puits, constructions d'écoles, aides médicales et soutien aux enfants souffrants (enfants des prisons, prisonniers de la drogue, enfants de la rue, enfants des pêcheurs victimes des typhons, enfants des décharges. Souvent ces actions sont menées dans le cadre du mécénat de compétence, c'est à dire par la mise à disposition de professionnels par des entreprises partenaires. Les employés sont envoyés au service de l'association soit pour des expertises techniques soit dans le cadre d'un enseignement aux étudiants dans les centres d'EDM. Le groupe ARTELIA étant le plus représentatif de l'engagement par le mécénat d'entreprise en envoyant ses ingénieurs prodiguer une cformation aux élèves ingénieurs du Centre Christophe Mérieux.

Des volontaires, qui plus tard auront le statut de Volontaires de la Solidarité Internationale (VSI), préparés par les responsables par une formation intense, partent en Asie du Sud-Est pour des durées variables afin d'étudier les besoins, d'encadrer des jeunes dans les centres, d'ouvrir des programmes de parrainages ou de surveiller la mise en place des projets. On les appelle « les bambous ». Ils ont fêté leur 25 ans d'existence en 2013.

En 1990 le Prix des Droits de l'Homme de La République Française est décerné à Enfants du Mékong. Cette année-là, le nombre des enfants parrainés étaient en Thaïlande, au Viêt Nam, au Cambodge, au Laos et aux Philippines de 11 656. Il est de 22.000 en 2015.

Le labbel IDEAS lui sera décerné pour la première fois en 2011 et reconduit en 2015.

En 2008, le cinquantenaire de l'association est célébré à Paris, au siège de l'UNESCO. Il rassemble 6.000 personnes pendant trois jours et de nombreux acteurs asiatiques viendront d'Asie témoigner de leur action. Vingt deux jeunes filles cambodgiennes de l'école de danse d'Enfants du Mékong de Sisophon se produiront sur la scène de l'UNESCO.

En 2004 Enfants du Mékong fonde au Cambodge une école de la Soie pour les jeunes filles des zones défavorisées puis des ateliers de tisserandes: Les soieries du Mékong. Le niveau d'excellence des Soieries du Mékong a permis des collaborations avec les entreprises de luxe les plus connues dans le monde.

L'association est actuellement présidée par la doctoresse Christine Lortholary-Nguyen, quatrième présidente de l’association après René Péchard, Jean Claude Didelot, le journaliste François François Foucart; Yves Meaudre est le directeur général depuis 1988 et passera la main à Guillaume d'Aboville en Juin 2016. Antoine Filloux restant le directeur général adjoint/secrétaire général.

Enfants du Mékong est statutairement référé à une anthropologie chrétienne. Les principaux correspondants de l'ONG étant l'Eglise catholique et les pagodes bouddhistes. Cette référence n'induisant pas les choix des enfants et des collaborateurs étant pour l'essentiel de culture bouddhiste sauf au Philippines et au Vietnam.

Situation actuelle (bilan de la fin de l'année 2015)[modifier | modifier le code]

  • 7 pays sont concernés : Viêt Nam, Laos, Cambodge, Thaïlande, Birmanie, Chine, Philippines.
  • 22 000 enfants sont parrainés et 60 000 autres bénéficient d'une aide (accueil en foyer, nourriture, soins, soutien juridique, etc.
  • 100 projets de développement durable sont financés.
  • 75 Volontaires de la Solidarité Internationale sont envoyés sur place pour une durée d'un, deux ou trois ans.
  • 37 salariés au siège
  • 95 salariés locaux en Asie
  • 1.000 bénévoles en France et en Asie.

Le budget 2008 s'élève à 11,3 millions d'euro. Les ressources proviennent à 96 % de dons privés, particuliers, entreprises, clubs[1], de legs et d’événements (Défis sportifs) .

Les dons IRPP ou l'ISF sont déductibles des impôts,

Les dépenses de fonctionnement représentent environ 5,5 % du budget, du fait du bénévolat largement pratiqué.

Structure de l'association[modifier | modifier le code]

Le siège de l'association se trouve à Asnières-sur-Seine, où sont regroupés la direction générale et les divers responsables de service (développement des ressources, recherche de nouveaux parrains, presse et relations publiques, recrutement et suivi des VSI, direction des chargées de parrainage (C.P), services généraux etc.) La direction Asie est à Bangkok et des directions opérationnelles sont installées dans la plupart des pays concernés.

Un bureau composé de cinq membres (Président, vice-présidents, secrétaire général et trésorier) se réunit deux fois par mois avec la direction générale. Un conseil d'administration réunit 17 membres tous les mois, la majorité des membres sont d'anciens « bambous ». Il est présidé par la deuxième « bambou » de l'histoire d'enfants du Mékong, Christine Nguyen Lortholary. L'assemblée générale se réunit une fois par an en Juin, elle est composée à 80%d'anciens « bambous ». Ce qui démontre le poids de l'expérience du terrain dans le fonctionnement de l'œuvre.

Les C.P (chargées de parrainages) sont le lien entre les parrains, l'association et les contacts locaux. Leur rôle à Asnières consiste notamment à encadrer la relation individuelle entre parrains et filleuls. Chaque année elles se rendent en mission dans le pays ou la région qu'elles couvrent pour examiner la situation, rencontrer les enfants et les familles, prendre contact avec les divers acteurs locaux, observer les projets en cours de réalisation, fournir une première évaluation des nouveaux besoins et projets. Elles réunissent les R.P (Responsables de programmes) par zone qui sont eux même sous l'autorité d'un D.Z (délégué de zone), deux fois par an pour définir les priorités qui s'imposent.

En France, Enfants du Mékong a délégué l'accueil des étudiants à l'association Etudiants du Mékong (EMK) dont le directeur général-fondateur est Rodolphe du Gardin.

Le foyer d’Asnières d'EMK accueille dans le cadre de la francophonie une dizaine d'étudiants. Cette association est logée dans les locaux d'EDM à Asnières, elle a plusieurs autres foyers en province. Sa vocation est de maintenir la francophonie dans le monde étudiant d'Asie.

Les Bambous :

Une originalité d'Enfants du Mékong réside dans ceux que l'on nomme les « Bambous ». Fondé par Yves Meaudre avec le père Dominique Rey, actuel évêque de Fréjus- Toulon, Gérard Duquesne, Anne France Boone en 1991 les « bambous » seront les « yeux et les oreilles » d'EDM sur le terrain. Ils partent sous statut de volontaires de la solidarité internationale (VSI). L'association sollicite des jeunes de 22 à 35 ans et parfois plus, qui s'engagent à donner un, deux ou trois ans de leur vie pour accomplir une mission dans un des pays où l'association est présente. Il peut s'agir d'une année offerte entre la fin des études et un premier emploi, ou bien d'un congé sabbatique pris par un jeune travailleur. Il est arrivé que des bambous seniors donnent une ou deux années sur le terrain Denis Xavier et Antoinette Destremau (67 ans, ingénieur agricole au ministère de l'agriculture) qui ont dirigé le centre de Phnom Penh et ont élaboré le grand centre universitaire docteur Christophe Mérieux au Cambodge ou Jean Patrick Chatillon (73 ans, président d'une société financière) qui restructure depuis 2015 une entreprise de la soie fondée par EDM au Cambodge. Ceci mérite d'être signalé pour montrer que les choix d'EDM sont toujours fondés sur la capacité des personnes qui se proposent à répondre aux besoins sans se laisser enfermé dans des process.

Ils accomplissent des missions d'animation, de coordination de programmes de parrainage, d’animation et d'encadrement dans les foyers Enfants du Mékong en Asie et de projets de développement durable. Ils assurent le lien entre les parrains et les filleuls, le bon acheminement des fonds et le suivi des programmes de parrainage. Suivant en cela les principes de l'association, ils ne partent pas pour créer un projet, mais pour se mettre au service d'un projet qui s'accorde avec les objectifs d'Enfants du Mékong.

Sélectionnés à hauteur d'un candidat retenu sur quatre candidatures postulées, le choix se fait essentiellement sur de solides garanties psychologiques et un engagement passé auprès des autres. L'engagement auprès des pauvres ou dans des missions d'encadrement d'enfants ou de jeunes comme le scoutisme sont particulièrement appréciés. À la suite de plusieurs entretiens menés par des psychologues ils sont formés durant un long séjour en province où ils apprennent à connaître le contexte de leur mission. Ils font connaissance avec leur référent qui les suivra pendant toute la durée de leur engagement sur le terrain.

Le principe du parrainage individuel[modifier | modifier le code]

Il convient d'abord de souligner qu'en aucun cas ce parrainage ne constitue un préalable à une adoption.

Un parrain ou une marraine s'engage à verser mensuellement une somme (24 € en 2015 soit 6€ après défiscalisation) qui permettra à un enfant d'être scolarisé. L’aide est apportée en nature ou en espèces selon la capacité de la famille à gérer un budget. En nature : l'enfant sera ainsi nourri, habillé[2], ses fournitures seront payées, ainsi que les cours supplémentaires[3].

Le souci de la scolarisation est essentiel. Si, pour des raisons dépendant de sa volonté, de ses aptitudes ou de l'opposition de sa famille, un enfant cesse d'aller à l'école, le parrainage s'arrête[4].

Entre parrain/marraine et filleul une correspondance personnelle s'établit[5]. Les bulletins scolaires des enfants sont régulièrement communiqués aux parrains[6].

Parrains et marraines écrivent aussi (afin, notamment, d'encourager les enfants à poursuivre leurs études le plus longtemps possible), envoient des cartes postales (parfois utilisées comme matériel de départ ou d'appoint dans des cours de géographie). Il faut remarquer que ces enfants sont très sensibles à ces lettres et cartes, même s'ils écrivent peu. Très éloignés de la culture de l'écrit et extrêmement pauvres, ils n’ont pas une bonne image d’eux-mêmes. Du fait qu'un adulte d’un pays souvent idéalisé s'adresse à eux personnellement et avec bienveillance, ils retrouvent, à leurs propres yeux, une dignité.

En suivant une procédure stricte, et toujours accompagnés d'un Volontaire de la Solidarité Internationale ou d’un responsable local, les parrains peuvent, au cours d'un voyage, rendre visite à leur filleul[7].

Le parrainage collectif[modifier | modifier le code]

Le parrainage collectif est un soutien financier à une structure, un village lorsque le parrainage individuel n’est pas adapté : enfants des rues, enfants handicapés, villages ou pensionnats de minorités ethniques soumis à un contrôle étroit des autorités… Le parrain reçoit environ deux lettres par an d’information générale par lequel le Bambou ou le responsable local lui donne des nouvelles du programme soutenu.

Les financements de projets de développement durable[modifier | modifier le code]

Toujours en lien plus ou moins étroit avec le souci de scolarisation, Enfants du Mékong finance des projets de développement durable.

Cependant aucun projet n'émane de l'association, et encore moins de son siège d'Asnières. Le principe est que seuls les intéressés connaissent leurs besoins. Il est vain de vouloir à la place d'un autre.

Les demandes peuvent venir d'une collectivité[8], d'enseignants, de chefs de village, de religieux (prêtres, missionnaires, moniales, bonzes, etc.), – qui en font part aux Bambous.

Le financement est évalué à travers des grilles de prix rigoureusement déterminées : on sait combien coûte une brique au Cambodge, un sac de ciment au Viêt Nam, un mètre carré de toiture en tuiles en Birmanie, etc.

Les projets sont très divers : construction d'un pont, d'une école, forage de puits, participation au fonctionnement d'un foyer, achats de livres à l'ouverture d'une bibliothèqueetc.[9]. Sur les 10 dernières années, avec une moyenne de 100 programmes par an, plus de 1 000 réalisations ont été menées à bien, pour un montant total de 19 687 000 €.

Lorsque la validité du projet est reconnue par l'association, une recherche de financement est effectuée

  1. auprès de particuliers;
  2. auprès d'entreprises
    • sous forme de dons d'argent,
    • par la participation directe à la réalisation :
      • études techniques,
      • fourniture de matériel ou de matières premières,
      • envoi de Techniciens ou d'ingénieurs volontaires dans le pays pour participer aux travaux. Cela dans le cadre du mécénat d'entreprise.

Les entreprises, de tailles diverses, considèrent que cette participation est bonne pour leur image tant à l'extérieur qu'auprès de leur personnel.

Comme pour les parrainages d'enfants, les projets de développement durable donnent lieu à un suivi sur le terrain et à une information permanente : tout donateur, si modeste soit-il, qui finance un projet précis est informé de son avancement et de son achèvement.

Enfants du Mékong dans le monde[modifier | modifier le code]

Les pays des bénéficiaires de l'aide[modifier | modifier le code]

Ce sont le Laos, le Cambodge, la Thaïlande, le Viêt Nam, la Birmanie, la Chine (Yunan), les Philippines

Les besoins, même au niveau du parrainage, peuvent différer d'un pays à l'autre selon l'économie, le régime politique, le passé historique récent, les traditions culturelles et notamment religieuses.

Les pays des donateurs[modifier | modifier le code]

Les Français (parrains ou entreprises) sont les principaux donateurs. Mais le nombre de parrainage augmente de façon significative en Belgique[10]. Des parrains se sont également déclarés en Grande-Bretagne, en Suisse, au Luxembourg, à Hong Kong, à Singapour, en Allemagne et aux Etats unis. Chaque pays ayant leur propre structure juridique, ASBL en Belgique, Charitie's en Grande Bretagne et aux States etc...

Considérations éthiques[modifier | modifier le code]

L'action de l'association s'effectue toujours d'abord en direction des enfants. Le souci permanent est l'instruction. Un enfant qui sait lire, écrire compter, ou même parler une langue étrangère, pourra trouver plus facilement du travail, et – chose importante en Asie – aider sa famille, son village, voire sa région.

En effet, le but d'Enfants du Mékong n'est jamais d'arracher des élites à leur pays, mais, au contraire, de les aider à acquérir un niveau d'études et des compétences qui leur permettront de contribuer au développement de ce pays. À cet égard le cas du Cambodgien Lo Chay est remarquable :

Lo Chay est cofondateur de « 1001 fontaines », chef du projet « 1001 fontaines » au Cambodge et directeur de l’ONG cambodgienne « Teuk saat 1001 ». Les autres fondateurs furent un ingénieur français François Jacquenoux et une administratrice d'Enfants du Mékong, Virginie Legrand; le nom en France est « Mille et une fontaine ». Ses parents, disposant de deux hectares de rizières au nord-ouest du Cambodge, n’avaient pas les moyens de financer les études de leurs enfants. Lo Chay fut hébergé dans une pagode à Sisophon au début de sa scolarité. Après avoir réussi son baccalauréat en 1996, il a été pris en charge par Enfants du Mékong, qui lui permit de poursuivre ses études supérieures à Phnom Penh puis à l’Institut de technologie du Cambodge (ITC). Titulaire du diplôme d’Ingénieur en Génie Rural de l’ITC, il vint, à l'aide d'une bourse, suivre deux années d’études d’ingénieur à l’École nationale du génie rural, des eaux et des forêtsà(l'ENGREF) Paris. Revenu au Cambodge, Lo Chay, qui a effectué des stages d'implantation de mini-réseaux d'eau, forma le projet de développer l'accès à l'eau potable dans les villages. Il travailla alors sur le terrain à transmettre ses acquis. Pour cette carrière, favorisée par Enfants du Mékong, Lo Chay est le premier Cambodgien à avoir été reconnu, en 2007, par la Jeune chambre internationale comme l’un des dix jeunes « les plus remarquables de la planète »[11]

Ni le parrainage, ni le financement de projets de développement durable ne résultent d'un paternalisme. L'association se veut toujours à l'écoute de ceux qui souffrent ainsi que de ceux qui, sur place, les secourent.

Même si les fondateurs et la plupart des acteurs et les statuts de l'association se réclament de valeurs chrétiennes, leur choix des destinataires des dons n'est jamais déterminé par des préoccupations religieuses ou politiques. Les équipes d'Enfants du Mékong travaillent avec des laïcs, des religieuses catholiques, des curés de paroisse, des évêques et des bonzes.

Le combat contre la misère et la souffrance fait qu'Enfants du Mékong est souvent amené à affronter la détresse d'ethnies minoritaires dénigrées par les pouvoirs en place et les ethnies majoritaires. Ainsi, l'association est-elle particulièrement attentive aux problèmes douloureux des Karens (Thaïlande, Birmanie), des Jaraïs, des Banhards, des Koos, les Sedangs (Vietnam), des Shins, des Kachnins (Birmanie), des Akhas (Thaïlande),des Pnongs (Cambodge) ou des Lao-Lao et des Hmongs (Laos), des Lisus, des Nhus, des Thibétains (Chine).

Force ou faiblesse, l'indépendance est un caractère essentiel de cette association. Comme certaines autres ONG, c'est parce qu'Enfants du Mékong est libre et puissante qu'elle peut demeurer auprès des victimes de conflits alors que des organisations financées par des gouvernements doivent parfois se retirer d'un pays à la suite d'une révolte ou d'un coup d'État.

Enfants du Mékong est souvent obligé de répondre aux cataclysmes qui secouent cette région du monde. En 2004, étant sur place l'ONG a du répondre à l'accueil et à la prise en charge de plusieurs centaines d'enfants orphelins des suites du Tsunami qui a ravagé le sud de la Thaïlande, de même dans les difficultés dues à un pays hostile à toutes interventions étrangères comme la Birmanie d'hier l'association a du répondre à plus de mille appels des congrégations religieuses venant en aide aux enfants perdus du cyclone Nargis et dernièrement en novembre 2011 où elle du reconstruire plus de deux mille maisons pour les populations philippines victimes du typhon Hayan (Yolanda).

Sa haute connaissance des cultures, la pénétration très profonde des zones les plus reculées et le fait qu'elle ne travaille qu'avec des locaux font que l'association est considérée comme l'une des plus pertinentes pour agir en confiance en Asie du Sud Est. Son réseau très dense est fondée sur une amitié très profonde entre tous les acteurs, ce qui garantit une confiance quant à l'efficacité de son action et de la façon dont celle ci est perçue par les populations concernées. C'est ce qui en fait sa particularité et sa signature.

Enfin, il convient de souligner que, même lorsque l'action est collective ou s'adresse à une collectivité, la relation mise en place est interpersonnelle. Le don n'est pas dilué dans l'abstraction d'une masse d'argent qui serait redistribuée par des décideurs. Les donateurs sont identifiés comme des personnes et leurs dons s'adressent à d'autres personnes qu'ils nomment et apprennent à connaître. Il ne s'agit pas d'un transfert d'argent depuis des inconnus vers des anonymes.

Cette volonté de toujours constituer l'autre comme une personne pose parfois des limites à l'ampleur de l'action mais elle est, selon cette organisation, une condition essentielle de son combat contre la déshumanisation.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Claude Darrigaud et Jean-Claude Didelot Les enfants du Mékong Fayard, 1989
  • Vincent Pieri, Enfants du Mékong, la force du don, Presses de la Renaissance, Paris, 2008.
  • L'enfance au cœur : témoignages de Bambous en Asie du Sud-Est, ouvrage collectif, CLD Éditions, Tours, 2004.
  • Thomas Goisque, Olivier de Fresnoy, Norbert Jung, Les Enfants du Mékong (photos), Nathan, 2007.
  • Yves Meaudre: les réfugiés Hoa, DMM 2012 (roman)
  • Sabine Trannin, Les ONG occidentales au Cambodge, la réalité derrière le mythe, L'Harmattan, 2005.
  • Asie Reportages Magazine, revue bimestrielle, en particulier le no 155 de novembre – décembre 2008, qui traite principalement du cinquantenaire de l’association et renseigne sur ses objectifs et ses modes d’action.
  • Aude de Fontenilles, Le don privé, source d'enrichissement ?, mémoire de stage Master 1 de Gestion de l'humanitaire à Créteil, 2007-2008.

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Xavier de Lauzanne, Vivre comme un enfant, documentaire de communication 52 minutes, 2004, sur Enfants du Mekong
  • Xavier de Lauzanne, L'espérance parrainée, documentaire de communication 52 minutes, 2008, sur Enfants du Mekong

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. comme le Rotary International et le Lions Clubs
  2. Le port de l'uniforme scolaire est de règle en Asie.
  3. Cette pratique est très répandue dans le sud-est asiatique où les enseignants sont mal payés et parfois peu compétents.
  4. Cela ne se produit qu'après un entretien avec l'enfant. Alors le parrainage peut être reporté sur un autre enfant de la famille ou d'une autre famille du village.
  5. Sa fréquence et l'ampleur des lettres dépendent évidemment de l'âge et du niveau scolaire de l'enfant, ainsi que de facteurs culturels qui rendent les enfants asiatiques extrêmement réservés à l'égard des adultes, surtout s'ils sont étrangers.
  6. Les Volontaires de la Solidarité Internationale donnent aussi des nouvelles à leur retour. Parfois, si l'enfant n'écrit pas lui-même, des informations sont fournies par les enseignants, les directeurs de foyer, etc.
  7. Pour des raisons évidentes, l'adulte européen n'est pas autorisé par l'association à se rendre dans les familles sans cet accompagnement. De toute façon, la durée du séjour auprès de l'enfant est très limitée.
  8. Par exemple un foyer d'accueil ayant besoin de réparations ou d'une extension. Un village où un pont a été emporté par une crue. Etc.
  9. Les demandes peuvent être surprenantes pour les Occidentaux qui n'ont pas séjourné dans ces pays. En 2008, un village situé dans une région dont le terrain était impraticable pour tout véhicule motorisé pendant une grande partie de l'année, a demandé – et obtenu – un éléphant. Des dons ont été recueillis, entre autres, auprès d'écoliers français qui ont pu ainsi participé au projet « Babar »
  10. Seule la Wallonie est concernée à cause de problèmes de traduction que soulèverait une extension en Flandre.
  11. D'après la plaquette d'information de l'association « Mille et une fontaines pour demain ». http://www.1001fontaines.com/documents/fr/1001F_plaquette_2008_2009.pdf .