Emma Becker

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Emma Becker
E.Becker.jpg
Emma Becker en 2008.
Biographie
Naissance
Nationalité
Activité

Emma Becker, née Emma Durand le en Île-de-France, est une écrivaine française. Elle est l'auteur de trois livres à mi-chemin entre l'autofiction, le roman et l'autobiographie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Née en région parisienne[n 1], Emma Becker est fille d'entrepreneur dans l’événementiel et d'une mère psychologue, petite-fille de médecin ; ses parents se séparent en 2001[1]. Elle a deux sœurs[3], Louise et Alice. Elle est scolarisée à l'Institut Montalembert à Nogent-sur-Marne, obtient en 2006 son bac avec mention, puis suit des études supérieures en lettres[4] à l'université Sorbonne-Nouvelle[1].

Elle publie deux ouvrages : Mr (Éditions Denoël 2011) où elle aborde par le biais d'un double autofictionnel, l'emprise érotique et passionnelle durant plus d'un an avec un chirurgien ami de ses parents et de son oncle[1],[5] . Dans Alice (Denoël) publié en 2015, elle aborde la difficulté à s'extraire d'une relation d'amour étouffante avec des parents post-soixante-huitards envahissants, tout en analysant son propre rapport aux hommes, à travers la relation contrariée entretenue avec un amant de vingt ans son aîné.

C'est en 2013 qu'elle décide de partir à l'étranger pour Berlin[6] après une rupture amoureuse[2]. Trois ans plus tard, elle a un enfant[2]. Elle a par ailleurs annoncé, dans son avant-portrait de Livres Hebdo en juin 2019, que la grossesse sera le sujet de son prochain roman.

« J'ai aimé porter un monde. Cette forme d'amour dépasse tout. Dire que j'ai réussi à devenir écrivain, amante, femme, pute et mère[7]. »

Publications[modifier | modifier le code]

La Maison[modifier | modifier le code]

La Maison est une autofiction[5],[8] d'Emma Becker publié en 2019 chez Flammarion[9]. Cette « chronique documentaire[2] » émane d'un « projet littéraire » de l'écrivaine[10], plus « roman » que « récit »[11]. Télérama parle d'une publication qui « unit l’enquête littéraire, le journal et le recueil de nouvelles »[8]. L'ouvrage relate, avec quelques libertés d'écriture[11] ainsi qu'une pincée d'humour et de légèreté, les deux ans et demi que l'auteure passe à se prostituer en Allemagne[5],[12] sous le pseudonyme de Justine[n 2]. Ce roman s'inscrit dans une nouvelle vague féminine apparue suite au mouvement #MeToo[15]. Il est une « ode aux femmes » exerçant ce métier[16].

Elle y raconte son activité de travailleuse indépendante[16], légale depuis 2002 pour ce pays, dans différents bordels berlinois, ses clients, ses collègues[17], ses chambres aux décors variés[16] et toutes sortes de détails[18]. Elle travaille alors successivement dans deux établissements différents, Le Manège, lieu glauque, puis La Maison[14]. Mais également, elle décrit « le désir masculin sous toutes ses formes » avec « un regard féminin sur la détresse sexuelle masculine » comme l'écrit le quotidien canadien Le Devoir[16]. Avec sa « fascination d’ordre sociologique[16] », elle explique que « le monde de la prostitution m’a toujours beaucoup attirée », « j’ai eu envie de raconter ce qui se passe dans ces maisons-là. Avec un regard de femme[17] » ; « je voulais faire l'expérience de cette condition très schématique : une femme réduite à sa fonction la plus archaïque, celle de donner du plaisir aux hommes. N'être rien d'autre que cela[15]. » L'écriture lui sert d'alibi, de prétexte et lui permet de se protéger, de garder une distance suppose L'Obs[6]. Son expérience, loin de tout fantasme personnel[11] et qu'elle dit avoir bien vécu, change son rapport au sexe[15],[17] ; cette introspection doit à l'origine durer un an, mais se prolonge, l'auteur disant avoir trouvé « un super compromis puisque j’étais payée pour écrire mon prochain livre[17] », « j'avais à la fois le sujet de mon troisième livre et mon gagne-pain[11] ».

Emma Becker précise que son « livre n’est absolument pas une apologie de la prostitution en tant que telle » et qu'elle n'a « jamais prétendu que [son] roman englobait toute la prostitution », mais prône une légalisation de cette activité en France[15],[16],[17].

Réception critique[modifier | modifier le code]

L'Express décrit « un roman hypnotique »[10]. Les critiques du Masque et la Plume, l'émission de France Inter, sont plutôt positives : Frédéric Beigbeder parle d'un livre, « l'un des meilleurs de cette rentrée », « très humain, délicat et élégant : tous les portraits sont bouleversants »[19]. Le magazine Grazia parle d'un « ouvrage plus tendre que glauque, humain avant tout », « une chronique effrontée et nostalgique, délicieusement écrite »[11]. L'Obs consacre cinq pages à l'ouvrage.

Le livre entre dans le classement mensuel du magazine Elle[13], dans le classement des meilleures ventes de « fictions » relayé par L'Express[20], et se voit sélectionné pour le prix du roman des étudiants France Culture-Télérama[21], le prix Renaudot[22] ainsi que le prix de Flore[23] pour lequel le livre passe les premières sélections des deux prix[24],[25].

Il reçoit le prix du roman des étudiants France Culture-Télérama 2019[26].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Note[modifier | modifier le code]

  1. Libération en 2011 indique Antony[1], Libération en 2019 indique Fresnes[2].
  2. Justine en référence au Marquis de Sade[13] et parce que le « J », difficile à prononcer en allemand, sonne bien français[14].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d Marie-Dominique Lelièvre, « Emma Becker, elle a joué au docteur », sur next.liberation.fr, (consulté le 9 octobre 2019).
  2. a b c et d Agnès Giard, « Que signifie se prostituer ? », sur sexes.blogs.liberation.fr, (consulté le 9 octobre 2019).
  3. Vigoureux 2019, p. 66 à 67.
  4. Vigoureux 2019, p. 66.
  5. a b et c Quentin Girard, « «La Maison» éclose d’Emma Becker », sur next.liberation.fr, (consulté le 9 octobre 2019).
  6. a et b Vigoureux 2019, p. 67.
  7. « Emma Becker : La voix des prostituées », sur Livres Hebdo (consulté le 5 novembre 2019).
  8. a et b Christine Ferniot, « Roman : La Maison Emma Becker », sur telerama.fr, .
  9. Jean-François Cadet, « Emma Becker, porte ouverte sur maison close », sur rfi.fr, (consulté le 8 octobre 2019)
  10. a et b (inscription nécessaire) David Foenkinos, « Ma vie au bordel », sur lexpress.fr, (consulté le 8 octobre 2019).
  11. a b c d et e Marguerite Baux, « Livre : Emma Becker, belle de jour », sur grazia.fr, (consulté le 8 octobre 2019).
  12. (inscription nécessaire) « Emma Becker : deux ans au claque », sur lepoint.fr, (consulté le 8 octobre 2019).
  13. a et b Flavie Philipon, « La Maison » de Emma Becker (Flammarion) », sur elle.fr, (consulté le 8 octobre 2019).
  14. a et b Vigoureux 2019, p. 68.
  15. a b c et d Marc Weitzmann, « Emma Becker : "Le sexe est le dernier bastion d'apolitisme dans l'existence." », sur franceculture.fr, (consulté le 8 octobre 2019) + [audio].
  16. a b c d e et f Philippe Couture, « Au royaume des «putes» heureuses avec Emma Becker », sur ledevoir.com, (consulté le 8 octobre 2019).
  17. a b c d et e Jean-Christophe Laurence, « Emma Becker : porte ouverte sur maison close », sur lapresse.ca, (consulté le 8 octobre 2019).
  18. Vigoureux 2019, p. 68 à 69.
  19. « "La Maison" d'Emma Becker : qu'en ont pensé les critiques du "Masque et la Plume" ? », sur franceinter.fr, (consulté le 8 octobre 2019) + [audio].
  20. « Palmarès. Les meilleures ventes de livres en France », L'Express, no 3561,‎ , p. 100 à 101 (ISSN 0014-5270).
  21. « Découvrez la sélection 2019 du Prix du Roman des étudiants France Culture - Télérama », sur telerama.fr, (consulté le 11 octobre 2019).
  22. « Prix Renaudot 2019 : la première sélection compte 16 romans et 9 essais », sur nouvelobs.com, (consulté le 8 octobre 2019).
  23. « Prix de Flore 2019 : les 9 titres sélectionnés », sur nouvelobs.com, (consulté le 11 octobre 2019).
  24. « Prix de Flore 2019 : en finale, quatre livres et cinq auteurs », sur nouvelobs.com, (consulté le 11 octobre 2019).
  25. « Prix Renaudot 2019 : plus que 8 romans dans la deuxième sélection », sur nouvelobs.com, (consulté le 11 octobre 2019).
  26. « Les étudiants savoureront La Maison d'Emma Becker », sur actualitte.com, (consulté le 13 décembre 2019).

Source[modifier | modifier le code]

  • Elsa Vigoureux, « Moi, Emma B., prostituée… », L'Obs, no 2860,‎ , p. 65 à 69 (ISSN 0029-4713). 

Liens externes[modifier | modifier le code]