Dysphorie post-coïtale

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La dysphorie post-coïtale, également appelée tristesse post-coïtale ou blues post-sexe[1] désigne les sentiments de tristesse ou d'anxiété, les comportements de pleurs, ou d'agitation, d'irritabilité voire d'agressivité qui peuvent atteindre une personne pendant une durée comprise entre cinq minutes et deux heures après un rapport sexuel consenti[2],[3].

Il s'agit d'un phénomène distinct de la période réfractaire suivant un orgasme, où il est généralement impossible pour une personne d'avoir un autre d'orgasme, en particulier après l'éjaculation. La dysphorie post-coïtale ne se produit qu'après un rapport sexuel et ne nécessite pas forcément la survenue d'un orgasme, et ses effets sont davantage émotionnels que physiologiques[réf. nécessaire].

Le phénomène est déjà relaté par Galien, qui écrit « Chaque animal est triste après le coït, à l'exception de la femme et du coq[4]. » Le poète Lawrence Ferlinghetti mentionne également ce phénomène dans son livre Pictures of the Gone World.

Épidémiologie[modifier | modifier le code]

La prévalence de ce trouble est peu connue, car cette dysphorie est peu étudiée[3]. La dysphorie post-coïtale touche cependant les femmes comme les hommes[5].

Une étude portant sur des femmes jumelles a rapporté que 3,7 % des femmes interrogées avaient récemment éprouvé une dysphorie post-coïtale et que 7,7 % rapportaient un trouble persistant[5]. Une autre étude focalisée sur les femmes a montré que près de 32,9 % des participantes interrogées avaient déjà éprouvé des symptômes de dysphorie post-coïtale au moins une fois dans leur vie, et 10 % des femmes dans les quatre semaines précédentes. Aucune corrélation entre ce trouble et le degré d'intimité dans les relations n'a été démontrée[3].

Une autre étude se basant sur un groupe de 1208 hommes rapporte que 40% de ces hommes avait déjà éprouvé un dysphorie post-coïtale, et que 20% d'entre eux l'ont éprouvé durant les 4 semaines précédant l'étude. Cette même étude rapporte aussi qu'entre 3% et 4% de l'échantillon éprouve de manière régulière les symptômes de dysphorie post-coïtale[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « What is postcoital dysphoria (“post-sex blues”)? », sur www.issm.info (consulté le 29 novembre 2016).
  2. « Sex and depression: In the brain, if not the mind », (consulté le 5 octobre 2011).
  3. a b et c R.D. Schweitzer, J. O'Brien et A. Burri, « Postcoital Dysphoria: Prevalence and Psychological Correlates. », Sexual medicine, vol. 3, no 4,‎ , p. 235–43 (PMID 26797056, lire en ligne).
  4. Jelto Drenth, The Origin of the World: Science and Fiction of the Vagina (c) 2005 Reaktion Books, p. 57.
  5. a et b A. V. Burri et T. D. Spector, « An Epidemiological Survey of Post-Coital Psychological Symptoms in a UK Population Sample of Female Twins », Twin Research and Human Genetics, vol. 14, no 3,‎ , p. 240–248 (PMID 21623654, DOI 10.1375/twin.14.3.240, lire en ligne [PDF]).
  6. Joel Maczkowiack et Robert D.Schweitzer, « Postcoital Dysphoria: Prevalence and Correlates among Males », Journal of Sex&Marital Therapy,‎ (lire en ligne).

Annexes[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]