Digg

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Logo de Digg
Logo

Adresse digg.com
Description Site de partage d'hyperliens
Commercial oui
Publicité oui
Type de site social bookmarking
Langue Anglais
Propriétaire Betaworks
Lancement 2004
État actuel En activité

Digg est un site web agrégateur d'information de divers médias, se spécialisant dans les nouvelles destinées au lectorat d'Internet telles que la science, les tendances politiques et les phénomènes Internet viraux. Il a été lancé sous sa forme actuelle le , avec un soutien pour le partage de contenu vers d'autres plateformes sociales telles que Twitter et Facebook.

Histoire[modifier | modifier le code]

Digg a été lancé par Kevin Rose[1], Owen Byrne, Ron Gorodetzky et Jay Adelson, comme une expérience, en novembre 2004. Kevin Rose mis à part, ces personnes sont toujours à la tête du site.

« Nous avons travaillé sur le développement du site dès octobre 2004 » précise Kevin Rose[trad 1],[2]

« Nous tournions autour de l'idée quelques mois auparavant, mais c'est début octobre que nous avons réellement démarré la création de ce qui allait devenir la version Beta de Digg. Le site a été lancé officiellement le . »[trad 2]

David Prager, un ami de Kevin Rose, voulait appeler le site Diggnation, mais Kevin souhaitait un nom plus simple et facile à retenir. Il choisit finalement Digg et non Dig, le nom de domaine Dig.com étant déjà réservé.

Diggnation pouvait éventuellement être employé dans le titre du podcast hebdomadaire de Kevin Rose et d'Alex Albrecht.

Digg débuta comme un média social populaire dont le but était de faire voter les utilisateurs pour une page web intéressante proposée par un utilisateur. Typique du phénomène « Web 2.0 », il combinait social bookmarking, blog et syndication. Il disposait de plusieurs catégories telles que « Politique », « Divertissement », « Vidéos » et « Technologie ».

Les nouveaux articles et les sites web soumis par les utilisateurs étaient notés par d'autres utilisateurs. C'est ce que certains appelèrent le Digg effect. Cependant, dans de nombreux cas, les articles étaient envoyés simultanément sur plusieurs sites populaires de social bookmarking, aussi l'impact de Digg fut difficilement mesurable.

Après une tentative avortée de rachat par Google en 2008 pour deux cents millions de dollars[3], 2012 fut une année difficile pour Digg. En mars, Google recruta l'un de ses fondateurs, Kevin Rose[4], avant que la fuite des compétences s’accélère avec le départ d'une part importante de l'équipe vers le Washington Post[5]. Le enfin, le CEO Matt Williams annonça le rachat par la société Betaworks pour 500 000 dollars[6] : Digg fut intégré au site News.me dirigée par le président de Betaworks, John Borthwick[7].

Le , le site fut temporairement désindexé de Google à la suite d'une erreur technique[8].

Fonctionnalités[modifier | modifier le code]

Les lecteurs peuvent voir tous les articles soumis par d'autres utilisateurs dans la section digg/News/Upcoming du site. Dès qu'un article reçoit assez de votes (diggs), il apparaît sur la page principale de Digg. À l'inverse, si l'article ne reçoit pas assez de votes ou si des utilisateurs signalent un problème, celui-ci est placé dans la catégorie Digg all, d'où il est susceptible d'être supprimé.

Les articles sont résumés et peuvent être commentés directement depuis Digg. Tout le contenu et les accès au site sont libres, mais l'inscription est nécessaire pour certaines activités, comme la soumission d'articles (digging), le vote et le commentaire.

Digg Reader[modifier | modifier le code]

À la suite de l'annonce de la fermeture de Google Reader, Digg annonce le qu'il travaille sur son propre lecteur RSS. Une application iOS fut lancé par la suite en juillet, suivie d'Android en août 2013.

Le , Digg annonce la fermeture de ce service[9].

Critiques[modifier | modifier le code]

Généralités[modifier | modifier le code]

Digg a toujours été critiqué, pour diverses raisons. La principale étant que les utilisateurs de Digg disposent d'un certain droit de modération : ils ont trop de contrôle sur le contenu, permettant entre autres la désinformation[10],[11]. Le site a aussi souffert du risque que des sociétés paient pour soumettre leurs articles[12],[13],[14], semblable au phénomène de bombardement Google. Dans le même domaine, le site a subi les critiques pour son Search Engine Gaming (par exemple « truster » les résultats de Google)[11].

D'autres ont l'impression que les administrateurs du site exercent trop de contrôle sur les articles présents en première page[15],[16].

Certains se plaignent du blocage de leurs messages et de la désactivation de leur compte, lorsqu'ils postent sur le forum des messages considérés comme conflictuels avec les intérêts personnels des administrateurs de Digg[17]. L'existence de l'option bury a été, elle aussi, très critiquée et jugée comme antidémocratique, et inexplicable à cause de son caractère anonyme[18] ; ce qui conduit souvent à la suppression de sujets orduriers qui ne correspondent pas aux critères de la communauté. D'autres critiques portent sur le fait que des articles mensongers ou trompeurs pouvaient être accessibles rapidement à de nombreux visiteurs.

Certains utilisateurs ont été accusés de tagger les articles comme pourriel[11],[19], dans le but d'enterrer les articles critiques de Digg. Un commentateur fait état qu'un problème majeur du site :

« …est la capacité d'un nombre restreint d'utilisateurs « d'enterrer » des articles sans aucune responsabilité. Enterrer des articles est censé séparer le spam et les articles imprécis du reste. Mais cela fait longtemps que l'on soupçonne de nombreuses personnes de l'utiliser pour se débarrasser de propos qui ne leur plaisent pas (sur les partis politiques ou sur les entreprises, par exemple) — du fait qu'enterrer un article est plus simple que de voter contre. »

— [20]

Il a été démontré que les cent plus gros utilisateurs de Digg contrôlaient 56 % du contenu de la page principale et qu'un petit groupe de seulement vingt personnes a soumis 25 % du contenu de cette même page[21],[15]. Peu de sites[22],[11] ont résolu le problème de groupthink et la possibilité que le site ait été manipulé. En réponse à cela, le fondateur Kevin Rose a annoncé un prochain changement concernant l'algorithme du site[23] :

« Alors que nous n'avons pas révélé comment fonctionne exactement le travail de promotion, je peux dire qu'une mise à jour clé arrivera bientôt. Cette mise à jour de l'algorithme permettra de donner de l'importance et un réel impact aux articles recevant des votes positifs d'utilisateurs qui ne se connaissent pas. Les votes des utilisateurs se connaissant pèseront alors moins lourd dans la balance. Cela ne veut pas dire que l'article n'aura pas de vote, seulement il permet à davantage d'utilisateurs de voter, plutôt qu'à un groupe d'utilisateurs expérimentés. »

— [24]

Quelques sites d'information anglais ont précisé qu'une certaine censure était probable, y compris des utilisateurs de Digg qui prétendaient avoir été bannis du fait de leur critique envers les sponsors[25],[26] et de leurs allégations d'une sanction irraisonnée, du nom de domaine complet[27].

Un article paru dans Kuro5hin[11] proposes plusieurs solutions à ces problèmes :

  • ouvrir l'algorithme de Digg pour les étudiants et les critiques indépendantes ;
  • rendre possible le fait de voir qui a enterré un article ou un commentaire ;
  • arrêter d'utiliser le Search Engine Gaming (méthode qui consiste à « truster » les résultats d'un moteur de recherche) ;
  • retenir des options « sociales » pour réduire le combat fratricide et les personnes qui postent juste pour être célèbres.

Vu le succès remporté par Digg, d'autres sites semblables sont apparus[28]. Un expert a établi une liste de ces sites, signalant les options semblables à Digg[29].

Controverse de la clé de décryptage AACS[modifier | modifier le code]

Le , un article apparaît sur la page d'accueil, contenant la clé de décryptage pour la protection DRM AACS des supports HD DVD et disque Blu-ray. Puis, sur les conseils de ses avocats, Digg retire les soumissions au sujet du code secret depuis sa base de données, et les interdit à plusieurs utilisateurs. Ces suppressions ont été vues par bon nombre d'utilisateurs de Digg comme une infraction aux intérêts de la communauté, et une entrave à la liberté de parole[30].

Dans le même temps, une partie des utilisateurs a défendu les actions entreprises par Digg[31],[32],[33] dans un même élan, la communauté s'est insurgée contre cela et a mis en scène une révolte « populaire » en postant la clé de décryptage dans de nombreux commentaires et en créant sans cesse de nouveaux articles contenant cette clé[34],[35].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. (en) We started working on developing the site back in October 2004.
  2. (en) We started toying around with the idea a couple of months prior to that, but it was early October when we actually started creating what would become the beta version of digg. The site launched to the world on December 5th 2004..

Références[modifier | modifier le code]

  1. Frédéric Bordage, « Kevin Rose, créateur de Digg.com: «La clé du web 2.0, c'est l'ouverture et la simplicité» », ZDNet France,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  2. (en) Richard MacManus, « Interview with Digg founder Kevin Rose, Part 1 », ZDNet, (consulté le ).
  3. (en) Michael Arrington, « Google Walks Away From Digg Deal », sur TechCrunch.com, AOL Inc., (consulté le ).
  4. (en) Liz Gannes, « Google Confirms Kevin Rose and Some of Milk Team Will Join », sur AllThingsDigital.com, Dow Jones & Company Inc., (consulté le ).
  5. (en) Peter Kafka, « Digg’s Tech Team Heads for the Washington Post, and Digg Looks for a Lifeline », sur AllThingsDigital.com, Dow Jones & Company Inc., (consulté le ).
  6. (en) Matt Williams, « Digg and Betaworks », sur digg.com, (consulté le ).
  7. « Après sept ans d'existence, le site Digg est vendu par petits bouts », sur LeMonde.fr, Le Monde Interactif, (consulté le ).
  8. « Digg désindexé de Google suite à une erreur technique », sur ZDNet France, (consulté le ).
  9. (en-US) « Alas, Digg Reader is shutting down at the end of March », sur techcrunch.com (consulté le ).
  10. Digging The Madness of Crowds.
  11. a b c d et e Why Digg Failed.
  12. Digg continues to battle phony stories.
  13. Paying users for creating content.
  14. The Power of Digg.
  15. a et b « A Brief History of Digg Controversy »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?) (consulté le ).
  16. 'Democratic'? 'User-driven'? These do not describe Digg.
  17. Is Digg being subverted by some sort of spamming?.
  18. Is Digg Closer To Extinction Than We Realise?.
  19. « ZDNet Not Immune To The "Bury Brigade" »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?) (consulté le ).
  20. Watching Digg's "bury brigade".
  21. SEOmoz | Top 100 Digg Users Control 56% of Digg's HomePage Content.
  22. Digg the rigged? A closer look at Digg's democratic model.
  23. Digg to tweak its algorithm.
  24. Digg: équilibre délicat entre contrôle et manipulation.
  25. Growing Censorship Concerns at Digg.
  26. Responding to Kevin’s Non-Response Post.
  27. The hypocrisy of digg and spam.
  28. Revisiting Top 10 Web Predictions of 2006.
  29. Toward a Better Digg.
  30. (en) Brad Stone, « In Web Uproar, Antipiracy Code Spreads Wildly », The New York Times,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  31. (en) « Cease and desist letters backfire horribly against AACS ».
  32. (en) « Digg losing control of their site ».
  33. (en) « DRM lobby tries to get HD DVD genie back into the bottle ».
  34. (en) Marcus Yam, « DailyTech: AACS Key Censorship Leads to First Internet Riot » (consulté le ).
  35. (en) « BBC News: DVD DRM row sparks user rebellion » (consulté le ).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]