De praestigiis daemonum

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Gravure de Johann Weyer par Pieter Holsteyn II de 1660

De praestigiis daemonum, traduit par On the Tricks of Demons[1] est un livre[1] du docteur Jean Wier, publié pour la première fois à Bâle en 1563[2],[3]. Le livre soutient que la sorcellerie n'existe pas et que ceux qui prétendent la pratiquer souffrent de délires, qui devraient être traités comme des maladies mentales, plutôt que punis comme de la sorcellerie[4]. Il a eu une influence sur l'abolition des procès de sorcellerie aux Pays-Bas.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Wier était en désaccord avec certains de ses contemporains sur la justification des chasses aux sorcières. Wier pensait que la plupart des cas de sorcellerie présumée, et probablement la totalité, résultaient des délires de la prétendue sorcière, plutôt que d'une coopération volontaire et réelle avec le diable. En résumé, Weyer a affirmé que les cas de sorcellerie présumée étaient d'origine psychologique plutôt que surnaturelle[4].

Le livre contient une annexe célèbre également distribuée indépendamment sous le nom de Pseudomonarchia Daemonum, contenant une liste des noms et titres des esprits infernaux et des pouvoirs prétendument exercés par chacun d'eux. Wier indique que sa source pour ces informations est un livre intitulé Liber officiorum spirituum, seu liber dictus Empto Salomon, de principibus et regibus demoniorum (Le livre des offices des esprits, ou le livre appelé Empto, de Salomon, sur les princes et rois de démons)[5]. L'objectif de Wier en présentant cette liste, n’était pas d’instruire ses lecteurs sur le diabolisme, mais plutôt «d'exposer à tous les hommes» les prétentions de ceux qui prétendent pouvoir faire de la magie, des hommes qui «ne sont pas embarrassés de se vanter d'être des mages, et leur étrangeté, leurs erreurs, leur vanité, leur folie, fausseté, insanité, absence d'esprit et leurs mensonges évidents, pour faire toute lumière sur leurs hallucinations à la lumière du jour[6].». Les sources de Wier affirment que l'enfer s'organise hiérarchiquement dans une cour infernale divisée en princes, ministères et ambassadeurs[7].

Réception et héritage[modifier | modifier le code]

De Praestigiis a été traduit en anglais, français et allemand; c'est l'une des sources principales du récit sceptique sur la sorcellerie de Reginald Scot, The Discoverie of Witchcraft[5].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Brian Pavlac, Witch Hunts in the Western World: Persecution and Punishment from the ..., , p. 60
  2. Mora, « On the 400th anniversary of Johann Weyer's "De praestigiis daemonum"--Its significance for today's psychiatry », The American Journal of Psychiatry, American Psychiatric Association, vol. 120, no 5,‎ , p. 417–428 (PMID 14051232, DOI 10.1176/ajp.120.5.417)
  3. Johann Weyer, De Praestigiis daemonum (Basel: Oporinus, 1563)
  4. a et b (en) Stuart Clark, Thinking with demons: the idea of witchcraft in early modern Europe, Oxford University Press, (ISBN 0-19-820808-1, lire en ligne), p.198-202.
  5. a et b (en) Joseph H. Peterson, The lesser key of Solomon: lemegeton clavicula Salomonis, Weiser, , 320 p. (ISBN 1-57863-220-X, lire en ligne), p. xiii - xiv.
  6. qui se magos jactitare non erubescunt, curiositas, præstigiæ, vanitas, dolus, imposturæ, deliria, mens elusa, & manifesta mendacia, quinimo non ferendæ blasphemiæ, omnium mortalium, qui in mediæ lucis splendore hallucinari nolint....
  7. Johann Weyer, Pseudomonarchia Daemonum, ed. by Joseph H. Peterson

Voir également[modifier | modifier le code]

  1. « aposcripta-3644 (acte) | aposcripta/notice/26666 », sur Telma - Chartes (consulté le 7 juillet 2019)