Daniel Charles (historien)

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Daniel Charles
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Daniel Charles lors des Golden Oldies Trophy 2009

Naissance (68 ans)
Watermael-Boitsfort (Belgique)
Activité principale

Daniel Charles est un historien belge né le 6 février 1949 à Watermael-Boitsfort (Belgique). Ses travaux ont, en 1987-8, permirent l’utilisation de multicoques en Coupe de l'America[1], faisant entrer le plus vieux trophée sportif du monde dans l’ère moderne. Il fut également le premier à faire passer l’histoire du yachting de la chronique à l’étude sociotechnique, répondant « fondamentalement à la question : pourquoi nos bateaux sont-ils (ou ne sont-ils que) ce qu’ils sont [2]?». Il a fait redécouvrir l’activité architecturale du peintre Gustave Caillebotte, piloté la reconstruction du premier monotype français Morbihan, et a été le premier en France à soutenir une thèse de doctorat d’histoire sur l’histoire du yachting. Il a eu également une activité d’architecture navale et de muséographe.

Biographie[modifier | modifier le code]

Après des études à l’École des beaux-arts de Namur (Belgique), et tout en collaborant dès l’âge de 14 ans à différents journaux, il se lance dans l’architecture navale, dessinant jusqu’en 1982 une quinzaine de bateaux aux caractéristiques extrêmes dont Tahiti-Douche (en 1980 le plus grand prao du monde) et Eka Grata (en 1981 le premier prao de croisière) ; en 1987-88 il fait partie du groupe de conception du catamaran Stars and Stripes 88, vainqueur de la Coupe de l’America. À partir de 1977 il devient l’un des journalistes nautiques les plus influents de la française, jusqu’au prix CFCA du meilleur reportage sur la Coupe de l’America (1987). À partir de 1986, il s’implique dans la muséographie avec des expositions novatrices à la Corderie de Rochefort, la Cité des sciences et de l’industrie, avant de concevoir et diriger (1989-1996) le Conservatoire international de la plaisance de Bordeaux (alors le plus grand musée du monde consacré à la navigation de plaisance). Très actif dans le domaine du patrimoine maritime il est nommé expert pour le ministère de la Culture (1998-2014), rédige le seul ouvrage consacré à la théorie du patrimoine de la navigation de plaisance et est l’un des fondateurs du label « bateaux d’intérêt patrimonial ». Il s’est ruiné pendant dix ans pour construire un prao de croisière de 14,50 m de sa conception, Epicure, avant de devoir l’abandonner pour raison économique. Il se consacre désormais principalement à l’enseignement et à l’épistémologie.

Histoire du yachting[modifier | modifier le code]

Daniel Charles publie en 1979 Le Yachting une histoire d’homme et de techniques, considérée comme la première approche socio-technique de l’histoire du yachting. Une version réécrite et étendue (Histoire du yachting, médaille d’or de l’Académie de marine en 1998) reste le livre de référence sur le sujet en France et en Allemagne. Entretemps il a publié Yachts et yachstmen : les chasseurs de futurs, 1870-1914 : « L’argument développé et prouvé : tous les types de bateaux modernes furent inventés entre 1870 et 1912[3]». Éric Tabarly appelait Daniel Charles « l’encyclopédie vivante de la [navigation de] plaisance » : « il sait tout sur les bateaux et l’histoire de notre sport ou de notre loisir[4] ». En 2003 il soutient la première thèse de doctorat en France consacrée à l’histoire du yachting (université de La Rochelle[5]).

America’s cup[modifier | modifier le code]

En 1987 il fut chargé par le defender de la Coupe de l’America d’étudier l’Acte de Donation du trophée, datant de 1887, ainsi que son contexte, pour vérifier s’il était acceptable de faire participer un catamaran. Les différents antécédents qu’il trouva, notamment du vivant du donateur, amenèrent la Cour suprême de l’État de New York à accepter la participation de multicoques dans la Coupe de l’America. Daniel Charles fut impliqué dans la Coupe à d’autres reprises, dont la vente d’un bateau français à un syndicat américain en 1991.

Histoire de l’art[modifier | modifier le code]

Il publie en 1995 la première biographie détaillée du peintre impressionniste et architecte naval Gustave Caillebotte. Il développe une nouvelle approche de l’impressionnisme, mettant en évidence la fibre saint-simonienne des débuts de l’impressionnisme et l’influence de la peinture de marine. Il a été l’un des conservateurs des expositions « Caillebotte » (Brême, Copenhague, Brooklyn 2008-9) et « Impressionists on the Water » (San Francisco, Salem, 2013-14), une exposition qui « nous rappelle, entre autres choses, que Monet fut éduqué près du Havre et commença comme peintre de marine; que Pissarro était le fils d’un ship chandler et traversa l’Atlantique quatre fois; que Bazille était champion d’aviron; et que Manet, qui traversa l’Atlantique en se préparant à devenir officier de marine, aima toujours la mer (plus d’un tiers de sa production lui est consacrée)[6].”

Innovation[modifier | modifier le code]

La totalité du travail de journaliste, d’historien et même d’architecte naval de Daniel Charles ayant consisté à dévoiler, retracer ou appliquer l’innovation, il a jeté les bases d’une étude plus systématique du sujet à l’occasion de sa thèse. Très influencé par les travaux de George Basalla (The Evolution of Technology, 1989), il développe (notamment avec Dominique Turcq) une « étude comportementale » de l’innovation.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Daniel Charles a écrit quelque 1 800 articles de fond, des communications scientifiques… non cataloguées. La liste ci-dessous reprend ses livres principaux.

  • Transat en double (avec JF Buglet), Solar 1979.
  • Le yachting, une histoire d'hommes et de techniques, EMOM 1979.
  • Coupe de l'America, un mirage en argent massif, Arthaud 1986.
  • Navigateur (un dictionnaire à l'usage des vieux loups de mer, des marins d'eau douce et de tous ceux qui naviguent dans leur fauteuil) (avec H. Beard et R. McKie), First 1989.
  • Vendée-Globe Challenge - Treize hommes autour du monde (avec E. Coquerel, F. de Maulde, JF Fogel, P. Joubin, R. Knox-Johnston, O. Péretié, D. Ravon, C. Renié), Robert Laffont 1990.
  • Yachts et yachtsmen, les chasseurs de futur, 1870-1914 (avec C. Renié), Emom 1991.
  • Le mystère Caillebotte - l'œuvre architecturale de Gustave Caillebotte, peintre impressionniste, jardinier, philatéliste et régatier), Glénat 1994.
  • Histoire du yachting, Arthaud, 1997
  • Phares Ouest, Le Chêne, juin 1999.
  • Passion du bateau classique / Le patrimoine de la plaisance : aventures et réflexions, Van de Velde Maritime, 1999.
  • Tabarly, Arthaud, 2000.
  • Un siècle de voiliers de séries français et lémaniques, 1852-1953, tome 1, Van de Velde Maritime, 2000.
  • Les bateaux du siècle, Arthaud, 2000.
  • Phares majeurs de l’arc atlantique, Le Chêne, 2002
  • The Monaco collection, Yachting Heritage, 2004.
  • Tuiga et les 15M JI, (avec Dr W. Collier, M. Fife-McCallum, I. Nicholson, J. Leather, D. Walker) Yachting Heritage, 2005.
  • Cent ans de nautisme, (avec H. Bourdereau), PC 2006.
  • Mariquita 1911 (avec Dr W. Collier, D. Walker, M. Kludas, Dr P. Clerc, E. Klaus, J. Thom), Yachting Heritage, 2008.
  • Navigations de Sherlock Holmes, 1883-1914, Les Pages du Gabier, 2008.
  • La nature fractale d’entreprise 2.0, et autres paradigmes, (avec D. Turcq), Boostzone Institute, 2010.
  • Repousser les limites : 30 ans de composites chez Multiplast, Cheminant, 2011.
  • Impressionists on the water, (avec PD Cate, C. Lloyd), Skira (USA), 2013.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Daniel Charles, « Un catamaran dans la Coupe de l’America », Le Chasse Marée, no 252,‎
  2. Michel Hubin, « D’après l’histoire de la plaisance, seul la patience est jolie : Critique de D. Charles, « Le yachting, une histoire d’hommes et de techniques » », Le Soir,‎
  3. « Trois livres de mer », Libération,‎
  4. Éric Tabarly, Histoire du yachting, Arthaud, , Préface d'Éric Tabarly du livre Histoire du yachting
  5. Thèse de doctorat : De l’histoire du yachting comme modèle représentatif du progrès, université de la Rochelle, mars 2003
  6. (en) Sebastian Smee, « Impressionists on the Water at Peabody Essex Museum », Boston Globe,‎