Cour du Sud

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La Cour du Sud (南朝, Nanchō?) désigne quatre empereurs dont les légitimes revendications ont été usurpées pendant l'époque Nanboku-chō allant de 1336 jusqu'en 1392[1]. En dépit de la légitimité de ses prétentions au trône, la Cour du Sud a été définitivement remplacée en 1392 par l'illégitime Cour du Nord.

Vue d'ensemble de l'époque Nanboku-chō[modifier | modifier le code]

Les sièges impériaux durant l'époque Nanboku-chō sont relativement proches l'un de l'autre mais géographiquement distincts. Ils sont identifiés de façon conventionnelle comme :

La genèse de la Cour Nord remonte à l'empereur Go-Saga, qui règne de 1242 jusqu'en 1246[2]. Deux de ses fils succèdent à Go-Saga, l'empereur Go-Fukakusa[3] et l'empereur Kameyama, qui se relayent sur le trône[4]. Cela parce que sur son lit de mort en 1272, Go-Saga a insisté pour que ses fils adoptent un plan selon lequel les futurs empereurs des deux lignes fraternelles monteraient sur le trône en succession alternée[5]. Ce plan s'avère irréalisable, résultant en factions rivales et en prétendants rivaux au trône.

Les descendants de Go-Fukakusa sont appelés les Jimyōin-tō (持明院統?) tandis que les descendants de Kameyama sont connus comme les Daikakuji-tō (大覚寺統?).

Cour du Nord[modifier | modifier le code]

En 1333, lorsque l'empereur Go-Daigo (du Daikakuji-tō) organise la restauration de Kenmu et entre en rébellion contre le shogunat Kamakura, le shōgun répond en déclarant l'empereur Kōgon, second cousin de Go-Daigo et fils de l'ancien empereur Go-Fushimi du Jimyōin-tō, nouvel empereur. Après la disparition du shogunat de Kamakura en 1333, Kōgon perdu sa légitimité, mais son frère, l'empereur Kōmyō, et deux de ses fils sont soutenus par le nouveau shoguns Ashikaga comme légitimes ayants droit au trône. La famille de Kōgon forme ainsi une Cour Impériale alternative à Kyoto, appelée Cour du Nord parce que son siège se trouve au nord de celui de son rival.

Au cours de l'ère Meiji, un décret impérial en date du 3 mars 1911 établit que les monarques légitimes de cette période sont les descendants directs de l'empereur Go-Daigo, par l'empereur Go-Murakami dont la Cour du Sud (南朝, nanchō?) a été créée en exil à Yoshino, près de Nara[6].

La Cour du Nord (北朝, hokuchō?) établie à Kyoto par Ashikaga Takauji est donc considérée illegitime[6].

Prétendants du Nord[modifier | modifier le code]

Les mepereurs de la Cour du Nord (Hokuchō) sont :

Cour du Sud[modifier | modifier le code]

La cour impériale soutenue par les shoguns Ashikaga est concurrencée par la Cour du Sud (南朝, nanchō?) de Go-Daigo et descendants. Son nom vient de ce que son siège se trouve dans un endroit situé au sud de celui de son rival. Bien que l'emplacement précis du siège des empereurs change, il est souvent identifié comme étant simplement « Yoshino ».

En 1392, l'empereur Go-Kameyama de la Cour du Sud est vaincu et abdique en faveur de l'arrière petit-fils de Kōgon, l'empereur Go-Komatsu, mettant ainsi fin à la division. La Cour du sud de la ligne impériale japonaise est néanmoins perçue comme légitime. En fait, les membres de la Cour du Nord sont appelés officiellement prétendants. Un descendant de la Cour du Sud, Hiromichi Kumazawa, se déclare empereur légitime du Japon dans les jours qui suivent la fin de la guerre du Pacifique. Il affirme que l'empereur Hirohito est un imposteur en faisant valoir que la lignée entière de celui-ci descend de la Cour du Nord. Malgré cela, il n'est pas arrêté pour crime de lèse-majesté, même quand il porte la Crête impériale. Il produit un koseki prouvant son lignage jusqu'à Go-Daigo à Yoshino, mais ses prétentions et sa rhétorique n'entraînent pas autre chose que de la sympathie[13].

Empereurs de la Cour du Sud[modifier | modifier le code]

Les empereurs de la Cour du Sud (Nanchō) sont :

Réunification des Cours impériales[modifier | modifier le code]

Go-Kameyama conclut un accord avec Go-Komatsu pour revenir aux anciennes alternances sur un plan de dix ans. Cependant, Go-Komatsu rompt cette promesse, non seulement en restant au pouvoir pendant 20 ans, mais en se faisant remplacer par son propre fils, plutôt que par le prétendant de l'ancienne Cour du Sud.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Nussbaum, Louis Frédéric and Käthe Roth. (2005). Japan Encyclopedia, p. 251; n.b., Louis-Frédéric est le pseudonyme de Louis-Frédéric Nussbaum, voir Deutsche Nationalbibliothek Authority File.
  2. Titsingh, Isaac. (1834). Annales des empereurs du japon, p. 245-247.
  3. Titsingh, p. 248-255.
  4. Titsingh, p. 255-261.
  5. Titsingh, p. 261.
  6. a et b Thomas, Julia Adeney. (2001). Reconfiguring modernity: concepts of nature in Japanese political ideology, p. 199 n57, citing Mehl, Margaret. (1997). History and the State in Nineteenth-Century Japan. p. 140-147.
  7. Titsingh, p. 286-289.
  8. Titsingh, p. 294-298.
  9. Titsingh, p. 298-301.
  10. Titsingh, p. 302-309.
  11. Titsingh, p. 310-316, 320.
  12. Titsingh, p. 317-327.
  13. Dower, John W. (1999). Embracing Defeat: Japan in the Wake of World War II, p. 306-307.
  14. Titsingh, p. 281-295; Varley, H. Paul. (1980). Jinnō Shōtōki, p. 241-269.
  15. Titsingh, p. 295-308; Varley, p. 269-270.
  16. Titsingh, p. 308; Ponsonby-Fane, Richard. (1959). The Imperial House of Japan, p. 158.
  17. Titsingh, p. 320.

Source de la traduction[modifier | modifier le code]