Combien d'anges peuvent danser sur une tête d'épingle ?

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La question « Combien d'anges peuvent danser sur une tête d'épingle ? » a été utilisée à de nombreuses reprises comme un refus de l'angélologie en particulier et de la scolastique en général. L'expression a également été utilisée pour critiquer des personnalités comme Duns Scot et Thomas d'Aquin[1],[2]. Une variante est : « Combien d'anges peuvent tenir sur une tête d'épingle ? »[3].

Origine[modifier | modifier le code]

Certains savants médiévaux ont envisagé des questions similaires. Ainsi dans la Somme théologique, Thomas d'Aquin écrit vers 1270 : « Plusieurs anges peuvent-ils être au même endroit ? »[1]. Cependant, l'idée que cette question possédait une place prépondérante dans l'érudition médiévale a été débattue[4].

Réponses suggérées[modifier | modifier le code]

Dorothy L. Sayers a déclaré que la question était « simplement un exercice à débattre » et que la réponse « généralement jugée correcte » est que les « Anges sont de pures intelligences, pas matériels, mais limités, donc qu'ils ont une location dans l'espace, mais pas de prolongement »[5]. Sayers compare la question à celle de combien de pensées de personnes peuvent être concentrées sur une épingle particulière en même temps. Elle conclut qu'une infinité d'anges peuvent être situés sur la tête d'épingle, puisqu'il n'occupe pas l'espace où ils sont situés :

« La leçon pratique à tirer du débat est de ne pas utiliser les mots comme "là" d'une manière approximative, non scientifique, sans préciser si vous voulez dire "localisé là" ou "occupant l'espace là" »[5].

Réponses humoristiques[modifier | modifier le code]

Dans le magazine humoristique Annals of Improbable Research (en), Anders Sandberg (en) a présenté un calcul basé sur les théories de l'information en physique et de la gravité quantique établissant une limite supérieure de 8,6766×1049 anges[6].

Dans la bande dessinée Les Céréales du dimanche matin une réponse dérivée de la physique est apportée à cette question : entre 1 et 30 vigintillions (entre 1×1063 et 3×1064)[7].

Autres contextes[modifier | modifier le code]

Comparant les superstitions médiévale et la science moderne, George Bernard Shaw a écrit dans la pièce de théâtre Sainte Jeanne : « Les docteurs médiévaux en divinité qui ne prétendaient pas résoudre combien d'anges peuvent danser sur la pointe d'une aiguille donnent une très mauvaise image de la crédulité romantique par rapport aux physiciens modernes qui ont résolu au milliardième de millimètre chaque mouvement et chaque position de la danse des électrons »[8].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) « Summa », New advent.
  2. (en) "St. Thomas does not discuss the question "How many angels can dance on the point of a needle?" He reminds us that we must not think of angels as if they were corporeal, and that, for an angel, it makes no difference whether the sphere of his activity be the point of a needle or a continent (Q. lii, a.2)." (Kennedy, D. J., "Thomism", dans Catholic Encyclopedia)
  3. (en) The New Dictionary of Cultural Literacy, Houghton Mifflin Co, (lire en ligne)
  4. (en) Willem J Van Asselt, Introduction to Reformed Scholasticism, , p. 65
  5. a et b (en) Dorothy L Sayers, « The Lost Tools of Learning », Gbt.org (consulté le 14 novembre 2012)
  6. (en) « Quantum Gravity Treatment of the Angel Density Problem », Annals of Improbable Research, (consulté le 10 mai 2013)
  7. (en) « Saturday Morning Breakfast Cereal », Smbc-comics.com (consulté le 14 novembre 2012)
  8. (en) « Saint Joan – A Chronicle Play in Six Scenes and an Epilogue » (consulté le 22 juillet 2015)