Code de construction des appareils à pression non soumis à la flamme

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Le CODAP est un code proposant des règles de conception, calcul, construction et inspection pour les appareils à pression. CODAP est un acronyme pour Code de construction des appareils à pression non soumis à la flamme. Il s'agit d'un code de construction français, éventuellement traduit en anglais. Ce code permet de se conformer aux exigences de la Directive européenne équipements sous pression (DESP).

D'une manière générale et comme la plupart des codes européens il propose une approche moins conservatrice pour le calcul des épaisseurs de paroi que les codes de construction ASME américains (American Society of Mechanical Engineers). L'approche du CODAP (et des codes de pays européens traitant du même sujet) permet de concevoir, en définitive, des appareils à pression plus légers que ceux conçus par les codes ASME mais au prix de procédures et de processus d'examens, de contrôles et d'essais de matériaux, de procédés de fabrication, de mesures ainsi que de qualifications de personnels beaucoup plus draconiens.

Structure[modifier | modifier le code]

Contrairement aux codes ASME, le CODAP (et les codes européens en général) n'est pas autoporteur. Il nécessite l'utilisation de normes spécifiques mentionnées de manière explicite et implicite et qui n'ont pas forcément été écrites en adéquation avec les impositions du CODAP. Il est donc parfois nécessaire de se référer à des fiches d'interprétation homologuée (fiches CLAP : Comité de liaison des appareils à pression) et souffre donc de multiples renvois de document en document le rendant parfois difficile à interpréter.

Deux divisions sont utilisables, selon le classement de l'appareil à construire par rapport à une « catégorie de risque » de l'appareil à construire (cf classement DESP) : le CODAP division 1 et le CODAP division 2.


Structure
Partie G Généralités
Partie M Matériaux
Partie C Conception et Calculs
Partie F Fabrication
Partie I Contrôles et Inspection
Partie IE Interprétation et Exemples
Partie R Règlementation

Remarques[modifier | modifier le code]

  • La partie C inclut des règles permettant de vérifier la tenue de l'appareil à la fatigue.
  • Les matériaux autorisés sont majoritairement des matériaux suivant les normes européennes (principalement de la série EN10028 pour les aciers), cependant, depuis l'édition 2005 certains matériaux suivant l'ASTM (American Society for Testing and Materials) sont autorisés car très répandus.

Démarche générale de dimensionnement[modifier | modifier le code]

La première étape de dimensionnement d'un appareil de pression consiste à déterminer sa classe de risque. La démarche est similaire à une AMDEC. On prend en compte :

  • l'énergie libérable par une explosion, qui dépend de la pression (p) et du volume (V) de l’appareil ; à titre indicatif, cette énergie était caractérisée suivant 4 niveaux dans le CODAP 1980 (révision 81-11) :
    • très grande si p ≥ 50 bar ou p2⋅V ≥ 20 000 bar2⋅m3,
    • grande si p ≥ 20 bar ou p2⋅V ≥ 4 000 bar2⋅m3,
    • moyenne si p ≥ 4 bar ou p2⋅V ≥ 400 bar2⋅m3,
    • faible si p < 4 bar et p2⋅V < 400 bar2⋅m3, ou pour les appareils soumis à dépression ;
  • le type de gaz ou de liquide : groupe I (fluide dangereux) ou groupe II ;
  • les facteurs de défaillance : surchauffe, variation brusque de la température ou de la pression, corrosion, …
  • les conséquences d'une défaillance : dangerosité d'une fuite (température, toxicité), présence de personnes à proximité, présence d'un autre appareil à proximité, impact économique, …

Une matrice de criticité détermine une classe de construction : de A (risque le plus élevé) à D (risque faible).

Cette catégorie de construction détermine :

  • le calcul de la « contrainte nominale de calcul » ƒ, à partir de la limite d'élasticité Re (ou Rp0,2 lorsque cela s'applique) et de la résistance à la traction Rm ; de ƒ1 (coefficient de sécurité faible) à ƒ3 (coefficient de sécurité fort) ;
  • le coefficient de soudure z, de 0,7 à 1 ;
  • le type de réception (contrôles à effectuer avant mise en service), de r1 (le plus exigeant) à r3 (le moins exigeant).

À partir de ces données, on calcule entre autres :

  • l'épaisseur de la paroi, avec des formules dérivées du calcul de la contrainte dans une enveloppe cylindrique mince : avec
    • σ : contrainte en MPa, σ devant être inférieure à ƒ ;
    • P : pression du gaz ou liquide en MPa,
    • Dm : diamètre moyen de l'appareil en mm,
    • e : épaisseur de la paroi en mm ;
  • les dimensions des soudures ;
  • les dimensions de la boulonnerie des brides.

Édition et mises à jour[modifier | modifier le code]

Il est édité par SNCT Publications, filiale du Syndicat national de la chaudronnerie, de la tôlerie et de la tuyauterie industrielle (SNCT). Il est mis à jour tous les 5 ans, la nouvelle version incluant les évolutions de règlementation, de normes et de la technique.

Pour les demandes d'évolution, des fiches de question spécifiques à poser aux rédacteurs sont proposées.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]