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Claude Pivi

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Claude Pivi
Fonctions
Ministre chargé de la sécurité présidentielle
(2009-2010)
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 66 ans)
ConakryVoir et modifier les données sur Wikidata
Pseudonyme
Coplan
Nationalité
Activités
Autres informations
Lieu de détention

Claude Pivi, né le à Nzérékoré et mort le à Conakry, est un officier militaire guinéen. Il est membre du Conseil national pour la démocratie et le développement et ministre chargé de la sécurité présidentielle sous la présidence de Moussa Dadis Camara.

Claude Pivi naît en à Nzérékoré. Il a d'abord une carrière sportive dans le karaté, disputant notamment les Championnats d'Afrique dans les années 1980. Il intègre l'Armée guinéenne en 1985 et enseigne le karaté à plusieurs militaires dont Aboubacar Sidiki Diakité[1].

Sous la présidence de Lansana Conté, il est sergent-chef du bataillon autonome des troupes aéroportées. Il se révèle en tant que porte-parole des soldats lors d'une mutinerie en mai 2008[1].

Il est nommé ministre par décret présidentiel le lendemain de la formation du gouvernement de Kabiné Komara le 31 décembre 2008[2]. Il devient capitaine en avril 2009[3]. Le journal Jeune Afrique évoque de fortes tensions entre membres du CNDD à la suite des événements du 28 septembre 2009[4].

Claude Pivi figure en vingtième position sur la liste de personnalités guinéennes soumises à interdiction d'entrée ou de passage en transit sur le territoire de l'Union européenne à la suite du massacre du au stade de Conakry, dans le but de sanctionner les membres du CNDD et les personnes associées, « qui sont responsables de la répression violente qui a eu lieu le 28 septembre 2009 ou de l’impasse politique dans laquelle se trouve le pays »[5]. Il figure également à la suite de cette répression violente sur la liste établie par l'Union africaine, sanctionnant l'ensemble des membres du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD) ainsi que des personnalités civiles par un refus d’accorder des visas, des restrictions sur les voyages et le gel des avoirs[6].

Inculpation et condamnation à la perpétuité

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Accusés lors du procès du massacre du 28 septembre 2009.

Dans l'instruction ouverte par la justice guinéenne sur les événements du , il est inculpé par les juges d'instruction chargés de l'affaire le [7]. En avril 2023, le procès lié aux événements du se poursuit devant le tribunal criminel de Dixinn délocalisé à la Cour d’appel de Conakry avec les témoignages des victimes[8].

En novembre 2023, après son évasion de la maison centrale de Conakry, orchestrée par un commando avec à sa tête Verny, un des fils de Claude Pivi, la junte dirigée par Mamadi Doumbouya promet une récompense de 54 000 euros pour la capture de Claude Pivi[9],[10].

Le , Claude Pivi est reconnu coupable de « crimes contre l’humanité » dans les massacres survenus en 2009 et condamné à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d’une période de sûreté de vingt-cinq ans de prison et un mandat d'arrêt est décerné contre lui[11],[12].

Dans la soirée du , Claude Pivi est arrêté par la police à la frontière avec le Liberia[13],[14], envoyé à Monrovia avant d'être extradé par vol spécial sur Conakry dans la nuit du 17 au [15]. Par la suite, il est détenu à la prison civile de Coyah[16].

Claude Pivi meurt en détention[17], selon le communiqué du parquet général. Il souffrait de diabète chronique et d’hypertension artérielle. Il est hospitalisé après une non-observance de son traitement ayant conduit le à une hypoglycémie sévère nécessitant son évacuation d’urgence à l’hôpital militaire du Camp Samory Touré. Après deux jours de soins intensifs, il meurt le , des suites d'un coma hypoglycémique selon le médecin traitant. Le parquet général commandite une autopsie dont les conclusions feront l'objet d'un communiqué ultérieur[18],[19].

Notes et références

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  1. a et b « En Guinée, Claude Pivi, l’introuvable fugitif », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  2. « Guinée : Pivi, le bras armé du CNDD », Jeune Afrique,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  3. « Aminata.com L'information en Guinée et dans le monde », sur Aminata.com L'information en Guinée et dans le monde (consulté le ).
  4. « La Guinée sur la corde raide », Jeune Afrique,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  5. http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=OJ:L:2009:281:0007:0011:FR:PDF
  6. « africa-union.org/root/ar/index… »(Archive.orgWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?).
  7. RFI, « Le ministre guinéen Claude Pivi inculpé dans l'affaire du massacre du stade de Conakry », sur rfi.fr, (consulté le ).
  8. Amadou Dioulde Diallo, « Procès 28 septembre : des nouvelles accusations contre Claude Pivi », sur Guinée360, (consulté le ).
  9. Le Monde avec AFP, « En Guinée, les autorités offrent une récompense pour la capture de Claude Pivi, dernier évadé toujours en fuite », sur Le Monde, (consulté le ).
  10. Abbas Asamaan, « Claude Pivi, l’homme le plus recherché de Guinée, arrêté au Liberia », Le Monde,‎ (lire en ligne Accès libre, consulté le )
  11. « Verdict procès du 28 septembre : le Colonel Claude Pivi condamné à perpétuité, avec une période de sûreté de 25 ans - Siaminfos », (consulté le )
  12. « Verdict procès 28 sept: Céce Raphaël, Colonel Diaby libérés, Toumba, Tiégboro, Dadis et autres condamnés pour crime contre l'humanité - Siaminfos », (consulté le )
  13. Mohamed Cisse, « Pivi est arrêté au Liberia !! », sur Avenirguinee.org, (consulté le )
  14. « Guinée: le colonel Claude Pivi arrêté au Liberia avec son fils Verny Pivi », sur RFI, (consulté le )
  15. Elie, « Conakry : Claude Pivi est déjà ramené à la maison centrale », sur Kaloumpresse.com, (consulté le )
  16. « Guinée: l’ex-colonel Claude Pivi est détenu dans la prison de Coyah », sur RFI, (consulté le )
  17. « Guinée : Claude Pivi est décédé en détention - LeGuideinfo.net », (consulté le )
  18. « Guinée : décès en détention de Claude Pivi, le Parquet général annonce une autopsie », sur PLANETE 7, (consulté le )
  19. LEDJELY.COM, « Décès de Claude Pivi : le Parquet annonce une autopsie médico-légale », sur ledjely, (consulté le )

Liens externes

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