Claude Le Petit
| Alias |
Théophile Le jeune |
|---|---|
| Naissance |
Paris |
| Décès |
Paris |
| Activité principale |
Avocat, poète, écrivain |
| Langue d’écriture | Français |
|---|---|
| Genres |
poésie érotique, libertine |
Œuvres principales
Le Bordel des Muses ou les neuf pucelles putains (1662)
Claude Le Petit, né à Paris en 1638[réf. nécessaire][Note 1] (Poitiers ?) et exécuté au bûcher à la Place de Grève à Paris le 1er septembre 1662 (23 ans), est un écrivain et poète français.
Biographie
[modifier | modifier le code]Rejet de son éducation religieuse
[modifier | modifier le code]Fils d’un tailleur d’habits, il fait ses études chez les jésuites puis quitte le collège pour une correction qui lui a été infligée. S’étant pris de querelle avec un moine, il se cache dans son église, le poignarde avant de s’enfuir à l'étranger.
Pour se faire oublier, il voyage en Espagne, en Italie, en Bohème, en Autriche, en Hongrie, aux Pays-Bas et en Angleterre où il passe sept à huit ans avant de revenir en France.
Avocat et écrivain libertin
[modifier | modifier le code]Il s'installe à Paris où il fait des études de droit, vit d’une plume souvent intéressée et se livre à « toutes sortes de débauches », notamment dans le genre de celles de Chausson à la mémoire duquel il rédige en 1661 un sonnet louant sa force d’âme durant son supplice pour sodomie.
Cela ne l'empêche point de s'inscrire au barreau de Paris. Il rédige alors son chef-d'œuvre, « Le Bordel des Muses » ou « Les neuf pucelles putains, caprices satyriques de Théophile le Jeune »[Note 2]. Ces pages, a priori, ne sont destinées qu'à divertir ses amis, mais elles sont, pour son malheur, proposées à l'impression.
Arrestation et procès
[modifier | modifier le code]Selon certains[Qui ?], un jour d’août 1662, ayant négligé de fermer sa croisée, il aurait laissé le vent faire envoler ses papiers, au nombre desquels une chanson impie qu’il a composée sur la Vierge. Le « poème blasphématoire », est aussitôt ramassé par un prêtre qui s’empresse de le porter au procureur du roi. Pour d’autres[Qui ?], l’imprimeur qui doit procéder à l’impression de son Paris ridicule aurait dénoncé à la justice, à la suite d’une querelle, le libraire qui aurait, à son tour, livré l'auteur.
Quoi qu'il en soit, une descente de police a lieu chez les frères Rebuffé, imprimeurs à Paris, rue Saint-Germain, près du Pont-Neuf. Les policiers saisissent et détruisent les feuilles et les morasses de l'ouvrage qui est sous presse. L'auteur est arrêté et incarcéré tout de suite après. Une perquisition ordonnée à son domicile découvre le brouillon de chansons pernicieuses qui sont diffusées manuscrites dans Paris.
Athée, libertin et libre-penseur, Claude Le Petit passe rapidement en procès, non toutefois pour ses licences verbales, ses vers gaillards ou ses portraits libidineux et luxurieux, mais pour la mise en cause des mœurs de la famille royale et de leur premier ministre, le cardinal Mazarin.
Dès le 26 août, le lieutenant civil Daubray écrit au chancelier Séguier (membre de la famille du prévôt de Paris, supérieur de Daubray) qu'il faut faire un exemple. L'instruction de son procès et l'arrêt de la Chambre criminelle du Châtelet sont rapides : l'accusé est condamné à être brûlé vif en place de Grève après avoir eu le poing coupé par le bourreau. L'appel du poète est rejeté, la Cour du Parlement l'auditionne le 30 août et confirme la sentence le lendemain. Les parlementaires statuent seulement que le condamné sera discrètement étranglé avant d'être livré aux flammes. Il monte sur le bûcher le 1er septembre 1662.
François Colletet rapporte :
« Ce jourd’hui premier jour de septembre fust bruslé en place de Grève, à Paris, après avoir eu le poing coupé, fait amende honorable devant Nostre-Dame de Paris esté étranglé Claude Petit, advocat en Parlement, auteur de L’Heure du Berger, et de L’Escole de l’Interest pour avoir fait un livre intitulé : Le Bordel des Muses, escrit l’Apologie de Chausson, le Moyne renié et autres compositions de vers et de prose pleine d’impiétés et de blasphèmes, contre l’honneur de Dieu, de la Vierge et de l’Estat. Il estoit âgé de vingt et trois ans et fut fort regretté des honnestes gens à cause de son bel esprit qu’il eust peu employer à des choses plus dignes de lecture. »
L'édition posthume
[modifier | modifier le code]
En 1663, paraît à Leyde une édition posthume du Bordel des Muses. Le poète a fait parvenir à l'un de ses amis, le baron de Schildebeck, une copie de son manuscrit. Celui-ci le fait imprimer, en sa mémoire ; un exemplaire est archivé à la Bibliothèque nationale sous la cote Ye 4920.
Ce document disparaît au milieu du XIXe siècle, peu après que des copies en aient été faites par les dénommés Édouard Tricotel et Alfred Bégis. C'est grâce à leur travail que peut paraître, en 1910, les Œuvres libertines de Claude Le Petit, éditées par Frédéric Lachèvre à 200 exemplaires.
Les rares privilégiés découvrent que ses vers fustigeent les amours d'Anne d'Autriche et de son premier ministre, les « tendances italiennes sinon socratiques » du jeune Louis XIII, ou l'intempérance de l'abbé Pansier, bâtard de Henri IV[Note 3].
D'après sa table des matières, Le Bordel des Muses est composé de soixante et treize sonnets, stances, chansons, rondeaux, madrigaux et épigrammes plus cinq grands poèmes consacrés à des capitales : Paris ridicule, Madrid ridicule, Londres Ridicule, Vienne ridicule et Venise ridicule[1]. Seuls huit des petits poèmes et deux grands (Paris et Madrid) ont pu être conservés.
Selon Pascal Pia :
« Ce qui nous reste de l'infortuné Le Petit permet de se représenter l'ampleur de ses ressources poétiques. Son Paris ridicule montre, en plusieurs endroits,qu'en dépit de sa jeunesse, il était un maître dans l'art des vers et qu'il n'élevait pas trop de prétention outrecuidante en se présentant comme un nouveau Théophile. On peut estimer qu'il eût largement surclassé Théophile s'il eût vécu quelques années de plus. »
Une poésie à découvrir
[modifier | modifier le code]|
Sonnet foutatif[Note 4] Foutre du cul, foutre du con, |
Virelay[Note 5] Si la fille point ne fille, |
Notes et références
[modifier | modifier le code]Notes
[modifier | modifier le code]- ↑ Pascal Pia propose quant à lui la date de 1639[1].
- ↑ Son biographe Pascal Pia note qu'il se réclamait du parrainage illustre de Théophile de Viau[1].
- ↑ Sous ce pseudonyme se cachait le duc de Verneuil, abbé de Saint-Germain-des-Prés puis évêque de Metz.
- ↑ Le Sonnet foutatif ouvrait Le Bordel des Muses.
- ↑ Extrait d'un poème où Claude Le Petit prévoyait son supplice.
Références
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Paul Lacroix Jacob, Paris ridicule et burlesque au dix-septième siècle : Nouv. éd. rev. et cor. avec des notes par P.L. Jacob, Paris, A. Delahays, .
- Frédéric Lachèvre, Les œuvres libertines de Claude Le Petit, Parisien, brûlé le 1er septembre 1662, Paris, Honoré Champion, (réimpr. Genève, Slatkine reprints, 1968)
- Contient : L’Escole de l’Interest et l’Université d’Amour ; L’Heure du berger, demy-roman comique ou roman demy-comique ; Le Bordel des Muses ou les neuf pucelles putains ; Paris ridicule ; Madrid ridicule.
- Frédéric Lachèvre, Claude Le Petit et la Muse de la cour (1er septembre-28 octobre 1657), Paris, Honoré Champion, .
- Pascal Pia, « Bordel des Muses (Le) », dans Dictionnaire des œuvres érotiques, Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins », (1re éd. Mercure de France, 1971).
- Jean-Pierre Cavaillé, L’Antre des nymphes, Toulouse, Anacharsis, (ISBN 2-914777-13-2)
- Contient trois textes de François La Mothe Le Vayer, Adrien de Monluc et Claude Le Petit..
- Thomas Pogu, Claude Le Petit, Œuvres libertines, Paris, Cartouche, coll. « Classiques », (ISBN 978-2366220001).
Articles connexes
[modifier | modifier le code]- Littérature française : Moyen Âge - XVIe siècle – XVIIe siècle - XVIIIe siècle - XIXe siècle - XXe siècle - XXIe siècle
Liens externes
[modifier | modifier le code]
- Ressource relative à la musique :
- L'heure du berger (demy-roman comique ou roman demy-comique)(1662)
- Sélection dans Paris ridicule et burlesque du XVIIe siècle (1859)
- Personnalité de l'Ancien Régime
- Écrivain français du XVIIe siècle
- Poète français du XVIIe siècle
- Auteur français de roman érotique
- Personnalité condamnée à mort pour blasphème
- Condamné à mort exécuté par strangulation
- Condamné à mort exécuté au bûcher
- Naissance à Paris
- Naissance en 1638
- Décès en septembre 1662
- Condamné à mort exécuté en France au XVIIe siècle