Charles Townshend

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Charles Townshend (18 avril 167421 juin 1738), 2e vicomte Townshend, fut un homme d'État anglais.

Charles Townshend

Il était le fils aîné de Sir Horatio Townshend, baronet de Townshend (vers 1630-1687), un zélé partisan de Charles II, qui l'a créé baron de Townshend en 1661 et vicomte de Townshend de Raynham en 1682. La famille Townshend, originaire du Norfolk descend de Sir Roger Townshend (mort en 1493) de Raynham. Petit-fils de Sir Roger Townshend (vers 1543-1590), fils de Sir John Townshend (1564-1603), un soldat, Sir Roger Townshend (1588-1637), père de Sir Horatio Townshend, avait été créé baronet en 1617.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né à Raynham Hall, dans le comté du Norfolk, Charles Townshend hérite de la pairie en décembre 1687. Il étudie au collège d'Eton, puis au King's College de Cambridge. Proche des Tories quand il vient sièger sur les bancs de la Chambre des Lords, il change bientôt de vues et devient un actif partisan de la politique des Whigs. Pendant quelques années, après l'accession au trône de la reine Anne, il demeure sans le moindre office, mais, en novembre 1708, il est nommé capitaine des Yeomen de la Garde, un an après être entré au Conseil Privé. Il est ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire aux États généraux de 1709 à 1711, prenant part, durant ces années, aux négociations qui précèdent la conclusion du traité d'Utrecht. Après son rappel en Angleterre, il mène une opposition active contre l'action du nouveau gouvernement tory. Townshend gagne rapidement la faveur de George Ier, et, en septembre 1714, le nouveau roi le nomme Secrétaire d'État pour le Nord. La politique de Townshend et de ses collègues, après la révolte jacobite de 1715, vise à rétablir la paix. Par ailleurs, il s'oppose à l'intrusion de l'Angleterre dans la guerre qui oppose la Suède au Danemark et promeut la conclusion d'une alliance défensive entre l'Angleterre, l'Empereur et la France. En dépit de ces succès, l'influence des Whigs est peu à peu minée par les intrigues de Charles Spencer, 3e comte de Sunderland, et par le mécontentement des favoris du souverain hanovrien. En octobre 1716, le collègue de Townshend, James Stanhope, futur premier comte de Stanhope, qui accompagne le roi lors d'un voyage dans le Hanovre, est détourné de son allégeance au ministère par Sunderland, qui convainc George Ier que Townshend et Sir Robert Walpole complotent avec son le prince de Galles, dans le but de le remplacer par son fils sur le trône. En décembre 1716, le Secrétaire est donc écarté et nommé Lord Lieutenant d'Irlande. Puis, en avril 1717, il quitte le Cabinet, entrant dans l'opposition avec Walpole.

Au début de 1720, une réconciliation partielle a lieu entre Stanhope et Townshend et, en juin de l'année suivante, il devient Lord Président du Conseil, un poste qu'il occupe à partir de février 1721, quand, après la mort de Stanhope et le retrait forcé de Sunderland, il est à nouveau nommé Secrétaire d'État pour le Nord, avec Walpole comme Premier Lord du Trésor et Chancelier de l'Échiquier. Les deux hommes demeurent tout puissants durant le reste du règne de George Ier, les événements les plus graves étant la découverte du complot jacobite organisé par l'évêque Atterbury et sa destitution, le pardon et le rétablissement partiel de Lord Bolingbroke, la bulle spéculative de la Compagnie des mers du Sud, suivie de l'effondrement de ses actions, et des troubles en Irlande.

Townshend obtient le renvoi de son rival, John Carteret, futur comte de Granville, mais un différend surgit bientôt entre lui et Walpole, et il doit affronter des difficultés dans la politique européenne. Bien qu'il le déteste, George II le maintient à son poste, mais il perd peu à peu la prédominance au sein du ministère au profit de Walpole. De sérieuses oppositions concernant la politique à adopter face à la Prusse et la politique étrangère en général conduisent finalement à une rupture en 1730. Ne pouvant obtenir le renvoi d'un adversaire au profit d'un ami personnel, à cause de l'intervention de Walpole, Townshend démissionne le 15 mai 1730. Retiré à Raynham, il passe ses dernières années à s'occuper d'agriculture et à promouvoir la culture des navets, ainsi que d'autres améliorations, à travers l'Angleterre. Il meurt Raynham le 21 juin 1738.

À Raynham, Townshend a mené diverses expérimentations agricoles, et son nom est demeuré attaché aux navets ce qui lui vaut d'être connu dans la mémoire collective comme « Turnip Townshend ». Ses réformes agricoles ont eu des conséquences importantes. Alexander Pope, dans l’Épitre II de ses Imitations d'Horace, le décrit comme une personne obsédée par les navets et dit, dans une note, que « ce genre d'amélioration rurale qui résulte des navets » était le sujet de conversation favori de Townshend.

Descendance[modifier | modifier le code]

Charles Townshend, Godfrey Kneller

Townshend a été marié deux fois :

  • la première avec Elizabeth (morte en 1711), fille de Thomas Pelham, premier baron de Pelham de Laughton,
  • la seconde avec Dorothy (morte en 1726[1]), sœur de Sir Robert Walpole.

Il a eu huit fils :

  • Charles, le 3e vicomte (1700-1764), est appelé à la Chambre des Lords en 1723.
  • Thomas (1701-1780), est représentant de l'université de Cambridge au Parlement de 1727 à 1774.
  • George Townshend (1715-1769), qui, après avoir servi de nombreuses années dans la marine, est devenu amiral en 1765.

Le troisième vicomte a eu deux fils, George, premier marquis de Townshend, et Charles Townshend.

Le seul fils de Thomas, Thomas Townshend (1733-1800), est créé baron de Sydney en 1783 et vicomte de Sydney en 1789, est Secrétaire d'État et Président de la Chambre des communes de juillet 1782 à avril 1783, puis, de décembre 1783 à juin 1789, à nouveau Secrétaire d'État, Sydney, en Nouvelle-Galles du Sud, étant baptisée de son nom. Son fils, John Robert Townshend (1805-1890), le troisième vicomte, est créé comte de Sydney en 1874, le titre s'éteignant à sa mort.

Note[modifier | modifier le code]

  1. Date présumée de la mort selon les rapports légaux. Néanmoins, une légende court depuis, selon laquelle Charles Townshend aurait manigencé les obsèques de son épouse qu'il accusait d'adultère, afin de pouvoir enfermée celle-ci dans une pièce isolée de Raynham Hall où elle serait morte plusieurs années après. Depuis, le fantôme de la malheureuse hanterait le couloir de la demeure. Un cliché de 1936 a rendu ce phénomène paranormal très célèbre.