Centre technique des industries mécaniques

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Le Centre Technique des Industries Mécaniques (CETIM) est un centre technique industriel français créé en 1965 à la demande des industriels de la mécanique. Il a pour objectif d’apporter aux entreprises mécaniciennes des moyens et des compétences pour accroître leur compétitivité, participer à la normalisation et faire le lien entre la recherche scientifique et l’industrie.

Labellisé Carnot et membre fondateur de l’Alliance Industrie du Futur, le Cetim compte 700 personnes dont 400 ingénieurs et constitue ainsi le premier des centres techniques industriels français. L’ensemble des activités du Cetim est réparti en différents pôles, tous gérés en centres de profits. 

Il est placé sous la tutelle de la Fédération des industries mécaniques et du ministère de l’industrie.

Organisation et Gouvernance[modifier | modifier le code]

La gouvernance du Cetim est assurée par un Comité d’administration et un Comité de direction, assistés d’un Comité scientifique et technique, de Comités-programme et de Commissions professionnelles.

 Conseil d'administration[1][modifier | modifier le code]

Les administrateurs sont nommés par le Ministère en charge de l’Industrie. Le Conseil d’administration est composé de 3 collèges :

-       Le premier collège est composé de membres nommés au titre de représentant des chefs d’entreprise

-       Le deuxième collège est composé de membres nommés au titre de représentants du personnel technique des branches d’industrie

-       Le troisième collège est composé de membres nommés au titre de représentants de l’enseignement technique et de personnalités compétentes

Le Conseil d’administration du Cetim est actuellement présidé par Emmanuel Vielliard. 

Comité de Direction[2][modifier | modifier le code]

La direction générale du Cetim est actuellement assurée par Philippe Choderlos de Laclos. L’équipe de direction est majoritairement constituée de personnalités issues du monde industriel. 

Comité scientifique et technique[3][modifier | modifier le code]

Le Comité scientifique et technique est composé de :

-       Deux administrateurs du Cetim

-       D’industriels de la mécanique

-       De représentant des donneurs d’ordres

-       De responsables de laboratoires de recherche technologique

-       D’observateurs

Comité programme[4][modifier | modifier le code]

Le Cetim s’appuie sur 7 comités-programmes :

-       Filière usinage

-       Engins mobiles et installations

-       Transmissions et roulements

-       Matériaux, transformations et traitements

-       Équipements fluidiques

-       Tôles minces et fils

-       Machines et process

Commissions professionnelles et transversales[5][modifier | modifier le code]

Le Cetim compte 28 commissions professionnelles, auxquelles s’ajoutent 2 commissions transversales.

Les 28 commissions professionnelles :

-       Articles culinaires, présidée par Jean-Noël Mathieu

-       Chaudronnerie-Tuyauterie-Tôlerie, présidé par Yannick Leblanc

-       Conduits de fumée, présidé par Patrick Le Feur

-       Découpage-Emboutissage et formage des métaux en feuilles, présidée par Jérôme Giraud

-       Dispositifs médicaux, présidée par Marie-Françoise Cabel

-       Forge, présidée par Antoine Selosse

-       Machines agricoles, présidée par Frédéric Covaleau

-       Machines-outils et productique, présidée par Lionel Robelin

-       Matériels destinés à l’alimentaire, présidée par Serge Horellou

-       Matériels de manutention-levage, stockage, présidée par Gérard Piron

-       Matériel de travaux publics, carrières et PM, mines, forage, équipements pour le bâtiment, présidée par Max Boni

-       Matériels textiles

-       Mécanique industrielle, machines spéciales, présidée par Oliver Martin

-       Mobilier, présidée par Serge Laibe

-       Moteurs, compresseurs, pompes à vide, présidée par Jean-Claude Lion

-       Moulistes, présidée par Alain Massais

-       Outils coupants, présidée par Oliver Leclerc

-       Outillage à main et électroportatif, présidée par Radu Néamtu

-       Pompes, présidée par Pascal Vinzio

-       Quicaillerie, présidée par Fabien Schmitz

-       Fixations, présidée par René Cathiard

-       Ressorts, présidée par Michel Fauconnier

-       Revêtements et traitements de surface, présidée Jean-Marie Lacombes

-       Robinetterie, présidé par Pascal Vinzio

-       Traitements thermiques, présidée Patrick Jacquot

-       Transmissions hydrauliques, présidée par Pierre Laguionie

-       Transmissions mécaniques, présidée par Michel Pasquier

-       Transmissions pneumatiques, présidée par Thierry Filley

Les 2 commissions transversales :

-       Machines thermodynamiques, présidée par Laurent Legin

-       Commission interprofessionnelle soudage-FIM, présidée par Guy Cromer

Historique[6],[7][modifier | modifier le code]

De 1965 à 1990[modifier | modifier le code]

Utilisant le cadre de la loi du 22 juillet 1948 permettant la création de centres techniques industriels, les responsables de la Fédération des industries mécaniques et du travail des métaux, aujourd’hui la FIM, décident en 1961 de se doter d’un centre technique. L’arrêté de création du Cetim est signé le 27 juillet 1965, par le ministre de l’industrie et celui des finances de l’époque : Valéry Giscard d‘Estaing.

L’année suivante, le Cetim s’implante à Saint-Etienne. Un an après, c’est au tour de Nantes d’accueillir le troisième site, en cohérence avec la volonté de développer un tissu scientifique et industriel en région des Pays de la Loire.

En 1972, le Cetim met en œuvre pour la première fois des outils numériques avec les équations intégrales adaptées aux pièces volumiques. CASTOR, un des premiers logiciels en 2D voit ainsi le jour dans les années 1980. Ces travaux donneront naissance aux logiciels CATIA et Euclid. Dans les années 1980, le Cetim décide d’accompagner le Pr Carpentier dans son projet alors utopique : la réalisation d’une prothèse cardiaque contenue tout entière dans la cage thoracique. Malgré des technologies encore balbutiantes en matière de moteur ou de commande intelligente, le premier prototype testé sur un banc d’essai voit le jour en 1992. 

De 1990 à 2006[modifier | modifier le code]

A partir de 1973, le Cetim travaille sur les commandes numériques. Des essais sont ainsi conduits sur le tournage à grande vitesse. Dans les années 1990, il acquiert les premières machines d’usinage à grande vitesse afin d’étudier les spécificités des outils, des broches et des portes-pièces et surtout de contribuer à la diffusion de la technologie.

Dix années de recherches menées conjointement avec des partenaires universitaires et professionnels ont permis de donner naissance au premier logiciel de simulation complète d’une opération de forgeage. D’abord opérationnel en 2D dès 1999, cet outil devient 3D en 2005 et continue d’évoluer avec la prédiction des micro-structures ou la maîtrise du frottement entre pièce et outil. 

Depuis 2006[modifier | modifier le code]

Reconnu Institut Carnot depuis la création du label, le Cetim a vu ses ventes de R&D partenariale progresser. De 6,5 M€ en 2006 le chiffre d’affaires passe à 18,5 M€ en 2014. Cette labellisation a également permis de gagner en légitimité auprès du ministère de la Recherche.

Dans la continuité du premier atelier pilote Polymères et composites créé en 1987, le Cetim constitue l’un des acteurs majeurs de Technocampus Composites en 2009, initiative de la région Pays de la Loire. Cette initiative aboutit en 2015 au lancement de la première ligne française de fabrication à grande cadence de pièces en matériaux composites.

Poursuivant sa logique de développement commercial, le Cetim ouvre en 2006 sa première filiale internationale : Cetim-Maroc, spécialisée dans la caractérisation de matériaux. En 2014, Cetim-Maroc s’agrandit de 3 000 m2 et constitue désormais un laboratoire de référence mondiale pour les essais de suivi de production. Début 2017, la filiale Cetim Asia Pacific s’implante en Malaisie.

Le développement répond également aux évolutions de la régionalisation. Après des alliances avec le Cermat à Mulhouse et le Certec à Bourges, respectivement en 1982 et 2000, le Cetim et le Ctdec s’associent à Cluses et donnent naissance en 2015 au Cetim-Ctdec. En 2017, une nouvelle entité est créée à Pau avec la reprise de Tomo Adour et de CM Adour. Ces centres associés renforcent le maillage national/régional d’appui aux PME manufacturières.

L’ensemble ainsi constitué compte désormais plus de 1 000 collaborateurs pour un chiffre d’affaires de 130 M€. 

Chiffres clés[8][modifier | modifier le code]

·      113 M€ de chiffre d’affaires en 2016 dont 60 % sont issus de ressources collectives et 40 % de prestations

·      50 % des ressources affectées à la R&D et à l’innovation, 25 % à l’accompagnement des PME et 25 % à l’appui aux métiers des mécaniciens

·      Plus de 6 500 entreprises mécaniciennes servies

·      13 pôles comptant 700 employés dont 400 ingénieurs en 2016

·      97 % de CDI en 2016

·      18 brevets déposés en 2016 et 96 brevets déposés depuis 2012. 

Activités et missions[modifier | modifier le code]

Le Cetim s’est doté de trois missions principales : la conduite et la participation à des activités de recherche et développement mutualisées, la déclinaison d’une offre globale et personnalisée de prestations et l’appui aux PME.

Les activités de recherche et développement[modifier | modifier le code]

Le Cetim attache d’importants moyens financiers, humains et techniques aux activités collectives menées au profit des entreprises de la mécanique[9]. Ces activités sont financées par une taxe affectée, et permettent au Cetim d’être en France le plus important des CTI (Centres Techniques Industriels).

Les activités de R&D du CETIM s’organisent en quatre axes :

·      Procédés-matériaux

·      Conception-simulation-essais

·      Développement durable

·      Mécanique-contrôle-mesure

Une synergie est assurée avec la recherche amont, notamment via la Fondation Cetim, des laboratoires communs avec les universités et CNRS et le cofinancement de thèses.

Le Cetim cofinance ainsi près de 35 thèses et participe directement à neuf laboratoires communs avec des établissements d’enseignement supérieur et de recherche (ENSAM, ENS Cachan, Centrale Nantes, CNRS, etc.)[10]

Cet investissement dans les activités universitaires et de recherche est reconnu par le label Carnot (attribué par le ministère de la Recherche), ainsi que par le dépôt de plusieurs brevets chaque année.

Les prestations[modifier | modifier le code]

Le Cetim propose une offre globale et personnalisée de prestations aux entreprises et un accompagnement dès la réflexion fonctionnelle pour les PME comme les grands groupes[11]:

·      Ingénierie et aide à la conception

·      Essais et simulation

·      Conseil, expertise, formation[12]

L'appui au PME[modifier | modifier le code]

Enfin, l’appui du Cetim aux PME se traduit également par des actions collectives régionales, au départ à caractère technologique, qui se sont étendues au cadre stratégique des entreprises, notamment par le programme Acamas, mené avec la FIM qui a mobilisé 26 M€ sur 7 ans et s’est déployé dans 18 régions, au profit de 1 100 PME. Le savoir-faire et la reconnaissance acquis au travers de ces actions sont aujourd'hui mis au service du déploiement de l'industrie du futur dans le cadre de l'Alliance Industrie du Futur. À la fin de juin 2017, plus de 5 000 PMI ont ainsi été accompagnées.

Moyens et équipements[modifier | modifier le code]

Le Cetim dispose de plusieurs infrastructures en France. Outre les trois sites principaux à Nantes, Senlis et Saint-Etienne, il dispose de plusieurs plateformes technologiques[13] dédiées aux matériaux composites, à la mécatronique, au forgeage, à la fabrication additive et au machinisme agricole, ainsi que neuf laboratoires associés [14] (Ledith, Latep, Lamecas, Comp-innov, Transméca, LAMFM, Lerded, Cetimat, Luppiam)

Autour des axes technologiques prioritaires, les plateformes technologiques sont établies à proximité des principaux sites du Cetim dans la logique des pôles de compétitivité. Issues de partenariats universitaires et industriels, elles se placent dans le prolongement de l’initiative Carnot voulue par les pouvoirs publics et constituent une vraie réponse aux Fraunhofer allemands. Elles contribuent à initier des percées significatives en R&D directement applicatives sur des thèmes majeurs.

Matériaux composites[15][modifier | modifier le code]

En partenariat avec la région des Pays de la Loire, Technocampus Composites est une plateforme de recherche technologique dédiée à la mise en œuvre des matériaux composites hautes performances. Mutualisant les moyens d’acteurs majeurs de l’industrie et de la recherche tels que le Cetim, Airbus Group, le CEA, CIMPA, DAHER et l’école des Mines de Nantes, le Technocampus accueille des activités s’étendant de la recherche fondamentale jusqu’à la pré-industrialisation.

En 2014, le Cetim y a ainsi installé deux équipements majeurs[16]:

·      La plateforme SpideTP pour la production de pièces thermoplastiques de grandes dimensions par enroulement filamentaire.

·      La ligne pilote QSP pour la production de pièces thermoplastiques à grandes cadences et à coûts maîtrisés.

Mécatronique et objets connectés[modifier | modifier le code]

Résultant d’une réflexion menée avec l’Université Technologique de Compiègne (UTC), l’Institut de mécatronique est un centre de recherche appliquée et un espace commun de développement de solutions. Inauguré en 2008, l’institut a pour vocation de favoriser la formation d’ingénieurs mais également de présenter une offre commune de compétence pour les entreprises nationales et internationales.

Le centre de ressource mécatronique d’Annecy en Haute-Savoie est consacré au développement de capteurs autonomes et communicants, d’actionneurs mécatronique ou de systèmes d’aide à la conduite d’engins. Il intègre notamment une plateforme dédiées aux objets connectés avec un ensemble de machines nécessaires pour concevoir, développer et industrialiser des capteurs autonomes communicants s’appuyant sur une technologie de jauge de déformation à couche épaisse (capteurs d’effort, de couple, de pression, de température, de déplacement, de niveau, de concentration en gaz, etc.).

Forgeage[modifier | modifier le code]

Né de la collaboration entre le Cetim et les Arts et Métiers ParisTech, la plateforme technologique Vulcain, inaugurée en 2014, a permis de mener une centaine de projets dans le domaine du forgeage. La plateforme s’articule autour de 6 axes[17]:

·      La simulation du forgeage

·      La maîtrise du procédé et l’optimisation des gammes

·      Les procédés innovants

·      Les procédés de mise en forme near net shape

·      Le forgeage agile grâce à la robotisation

·      L’intégration

Machinisme agricole[18][modifier | modifier le code]

Lancée en 2015 en collaboration avec la région Picardie, Pima@Tech est une plateforme technologique dédiée à la R&D pour le machinisme agricole. Répartie sur deux bâtiments à Beauvais (2000m²) et Senlis (700m²), Pima@Tech est doté de moyens spécifiques au secteur des agro-équipements:

·      Un banc de puissance pour tracteurs, des bancs de mise au point ou d’endurance pour les transmissions

·      Divers équipements de contrôles et de mesures, vibrateurs de forte puissance, vérins haute dynamique, cabine vibro-acoustique mobile, générateur climatique.

Fabrication additive[modifier | modifier le code]

Bénéficiant du soutien financier de la région Île-de-France, Additive Factory Hub prévoit la mutualisation d’expertises et de moyens pour relever les défis de la fabrication additive et augmenter son impact dans l’industrie. Localisée sur le site du CEA List à Saclay et portée par le Cetim, AFH constitue une vitrine internationale du savoir-faire de la filière française.

Partant des besoins industriels, cette plateforme s’appuie sur un écosystème de recherche reconnu mondialement (université Paris Saclay) dans les domaines du numérique, de la physique et des matériaux. Elle a également pour vocation de diffuser, de former et d’accompagner les industriels par un transfert technologique vers les PME.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]