Caraïbes

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Caraïbes
Carte de localisation des Caraïbesdans une acception minimaliste excluant golfe du Mexique et péninsule du Yucatan.
Carte de localisation des Caraïbes
dans une acception minimaliste excluant golfe du Mexique et péninsule du Yucatan.
Superficie 239 681 km2
Population 43 489 000 hab. (2016)
Densité 181 hab./km2
Pays 14
Dépendances 17
Principales langues Français, espagnol, anglais, néerlandais, créoles français, créoles anglais, Hindoustani caribéen, Papiamento
Fuseaux horaires UTC-5 (Haïti)
UTC-4 (Trinité-et-Tobago)
UTC−3 (Guyane)
Principales villes Caracas, La Havane, Port-au-Prince, Saint-Domingue, Kingston, Georgetown, Paramaribo, Pointe-à-Pitre, Fort-de-France, Cayenne, Basse-Terre

Les Caraïbes (également nommées la Caraïbe, l'espace caraïbe, ou encore l'espace des Caraïbes) sont une région du globe correspondant au bassin versant de la mer des Caraïbes. On les qualifie parfois de « Méditerranée du Nouveau Monde »[1]. Stricto sensu, les Caraïbes sont un sous-ensemble du continent américain. Par abus de langage, les Caraïbes sont souvent confondues avec les Antilles.

Géographie[modifier | modifier le code]

Dans le langage courant, les Caraïbes sont souvent confondues avec les Antilles comprenant les Grandes Antilles et les Petites Antilles mais l'espace culturel et économique caribéen s'étend au delà du seul arc antillais. Y sont inclues les îles Lucayes (Bahamas et les îles Turques-et-Caïques), ainsi que la façade caraïbe du continent américain qui s'étend de l'Amérique centrale aux plateau des Guyanes en passant par les plaines côtières de Colombie et du Venezuela. Plus rarement y sont associées les Bermudes, la Floride, parfois même la Louisiane.

Une autre définition plus vaste englobe le golfe du Mexique, les sections de l'océan Atlantique qui comprennent les Bahamas et les eaux territoriales de la Guyane, du Suriname et du Guyana. Cette définition est donnée par la Convention pour la Protection et le Développement de l'Environnement marin de la région de la Grande Caraïbe, dite Convention de Carthagène, seul traité environnemental régional obligatoire, adoptée à Carthagène (Colombie) le et entrée en vigueur le . Cette Convention compte actuellement 21 États contractants sur les 28 compris dans la région, et ses protocoles constituent un engagement légal pour ces pays, en vue de protéger, développer et gérer les eaux communes, de façon individuelle ou conjointe.

La Caraïbe se concrétise au sein d'instances internationales telle que l'Association des États de la Caraïbe et la Communauté caribéenne.

Climat[modifier | modifier le code]

Les Caraïbes se situent dans un climat tropical chaud ce qui inclut une saison des pluies et une saison sèche dont cette partie du globe a une température variant entre 25 °C et 32 °C tout au long de l’année.

Groupements historiques[modifier | modifier le code]

Territoires modernes de l'espace caraïbe[modifier | modifier le code]

L'espace caraïbe se répartit en 23 États souverains et 18 dépendances de 4 États souverains.

La quasi totalité des états souverains cités ci-après constituent l'Association des États de la Caraïbe (seuls le Mexique et le Salvador ne sont pas compris dans cette liste).

États souverains
Dépendances

Différentes dénominations[modifier | modifier le code]

L'appellation Indes occidentales est tombée en désuétude en français mais reste usitée en anglais sous la forme West Indies. Cette appellation historique n’est liée à aucune réalité géographique mais uniquement à une expérience historique commune à partir des voyages de Christophe Colomb en 1492-1504. On parle indifféremment de la Caraïbe ou des Caraïbes pour qualifier la même entité. Elle est distincte des Antilles qui sont un archipel et qui regroupent l’ensemble des îles de l'arc antillais, soit les Grandes Antilles, les Petites Antilles, les îles Lucayes et les îles Caïmans.

Histoire et civilisations[modifier | modifier le code]

Dominique, 1780.

L'espace caraïbe a été marqué culturellement par les différentes colonisations occidentales et les sociétés esclavagistes qui s'y étaient implantées. Les habitants sont appelés caribéens (féminin caribéennes). Les Caraïbes étaient une ethnie amérindienne qui y vivait avant d'être chassée par les colons.

Au XIXe siècle, l'abolition de l'esclavage s'y est faite de manière progressive et en plusieurs phases, débutant entre 1793 et 1822 avec Haïti et la République Dominicaine, poursuivant avec la majorité des autres îles et pays des Caraïbes, comme la Jamaïque (1833-1838), Saint-Barthélémy (1847) et Saint-Martin (1848), pour finir avec Porto Rico, en 1873, et Cuba, de 1880 à 1886.

À partir de la fin du XIXe siècle, les États-Unis donnent un caractère impérialiste à la doctrine Monroe et entreprennent de resserrer leur influence militaire, économique et politique sur la région des Caraïbes, y compris au moyen d'interventions militaires. L'objectif est de transformer cette mer caraïbe en mare nostrum en raison de son importance stratégique[2].

Entre 1891 et 1912, ils réalisent nombre d'interventions militaires : 1891, Haïti ; 1895, Nicaragua ; 1898, Porto Rico et Cuba ; 1899, Nicaragua ; 1902, Venezuela ; 1903, République dominicaine et Colombie ; 1904, République dominicaine et Guatemala ; 1906-1903, Cuba ; 1907, République dominicaine ; 1909-1910, Nicaragua ;1910-1911 Honduras ; 1912, Cuba, Nicaragua et République dominicaine[2].

En pratiquant la « diplomatie du dollar », ils réalisent des interventions d'ordre financier aboutissant à l'établissement de contrôles américains sur les finances de plusieurs Etats (Honduras, Nicaragua, République dominicaine, Haiti). Ils acquièrent des territoires comme Porto Rico après la guerre contre l'Espagne en 1898, et les Îles Vierges, achetées au Danemark en 1917. Certains Etats sont placés sous un statut proche du protectorat, comme Cuba, en vertu de l'amendement Platt et de l'obtention de la base navale de Guantánamo, et comme le Panama, en vertu de la Constitution panaméenne (rédigée avec la participation du consul américain) et le déploiement permanent de forces américaines dans la zone du canal[2].

Analyse des faits économiques[modifier | modifier le code]

Comme la zone des Caraïbes est composée de petits pays, cela fait en sorte que l'économie varie énormément. Elle va dans les extrêmes c'est-à-dire que l'on peut y retrouver de la pauvreté, de la richesse, des grands espaces et des micro-États, des territoires non indépendants et des pays souverains. L'économie de cette zone est donc le reflet de cette hétérogénéité, les principaux secteurs économiques d'aujourd’hui sont l'agriculture, les ressources naturelles, la pêche et le tourisme qui, à lui seul, constitue 25 milliards de US$ chaque année. Comme la zone à étudier est composée de plusieurs pays, les informations concernant l'analyse des faits économiques se font de façon générale tout en allant chercher des démonstrations ou des comparaisons entre les pays sur différentes données. De plus, la région des Caraïbes et de l'Amérique latine comportent 11 pays qui sont classés parmi les plus inégalitaires du monde.

Biodiversité[modifier | modifier le code]

Les Caraïbes comportent une très grande diversité végétale. On y retrouve près de 13 000 espèces dont plus de 6500 espèces endémiques sur l'île de Cuba. De plus, les Caraïbes sont réputés pour avoir une très large diversité en matière d'animaux. On y retrouve environ 600 espèces d'oiseaux, 90 espèces de mammifères, plus de 500 espèces de reptiles ainsi que 170 espèces d'amphibiens. Par ailleurs, les différents gouvernements ont adopté des lois pour renforcer la conservation de la biodiversité de cette région du monde avec l'aide des partenariats entre les grandes industries[3].

Politique[modifier | modifier le code]

Le 7 décembre 2014, plusieurs dirigeants des Caraïbes se sont réunis à La Havane (Cuba) pour un sommet régional qui réunissait les quinze États de la Communauté caribéenne (Caricom), et avait pour objectif d'intensifier leur coopération. Le président de la Caricom, Gaston Browne, Premier ministre d'Antigua-et-Barbuda a demandé au président américain Barack Obama de lever immédiatement l'embargo économique contre Cuba[4] instauré par Washington en 1962, depuis que l'île s'était doté du seul régime entièrement communiste du continent américain à la suite de la révolution castriste. Cependant, les deux pays qui n'entretenaient plus de relations diplomatiques complètes depuis 1961 décidèrent dix jours après ce sommet de rouvrir leurs ambassades dans leurs capitales respectives.

Aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Une plage à la Grenade.

Les Caraïbes sont aujourd’hui fragmentées en un petit nombre d’États et de territoires dépendants, tentant de s’organiser en une entité régionale internationale. La dernière à avoir été créée est l’Association des États de la Caraïbe (AÉC, AEC en espagnol ou ACS en anglais).

Deux écueils ont pénalisé les petites îles. D'une part, l'effet de taille se combine à l'étroitesse de leur marché intérieur et à la faible diversification de leur économie, ce qui ne fait qu'accentuer leur dépendance. De ce fait, les deux tiers des pays commercent avec leur ancienne métropole coloniale ou avec les États-Unis, qui assurent à eux seuls les deux tiers des échanges régionaux. D'autre part, ces îles ayant les mêmes productions agricoles, elles ne peuvent guère commercer entre elles. Leurs échanges intra-régionaux représentent ainsi moins de 10 % de leur commerce extérieur total. L'intégration est donc plus déclarée politiquement que partagée économiquement, même si d'autres accords furent signés au début des années 1990 sous la forme de zone de libre-échange (le G3 : Mexique, Colombie, Venezuela) ou d'union douanière : Marché commun centraméricain, (MCCA). Certes, la création en 1994 de l'Association des États de la Caraïbe (AÉC) a cherché à développer, sans aucune visée économique, la coopération de ses vingt-cinq membres face aux volontés hégémoniques des États-Unis, pour contrer leur projet de ZLEA. Mais peut-on construire une identité régionale sur la seule base d'une opposition à un projet ? Christophe Colomb a rendu les Antilles plus connues. Les Caraïbes ne sont pas fédérées par une langue commune, les principales langues qui y sont parlées sont : l'espagnol, l'anglais, différentes langues créoles, le français et le néerlandais, et parfois aussi le portugais, parmi les populations d’origine brésilienne, et d’autres langues de populations réfugiées (comme le vietnamien qui s’est parfois imposé de facto dans certaines communautés isolées), ou d’autres langues européennes (de façon non officielle, mais de facto dans certaines communautés locales, tel que le suédois, l'allemand et l'italien, où elles coexistent avec la langue officielle). Pour ce qui est du climat, il est principalement tropical avec une moyenne de 30 degrés Celsius. Il faut toutefois faire attention au mois d'août, de septembre et d'octobre qui sont propices aux ouragans ainsi qu'aux orages tropicaux. Les sociétés caribéennes sont très cosmopolites, car la région a connu de nombreuses vagues d’immigration successives. Les Caraïbes sont célèbres dans l’imaginaire collectif pour leurs plages et leur nature paradisiaque, mais aussi pour l’exubérance de leurs populations dans leurs manifestations festives, récréatives et politiques.

Le taux d'inflation de la zone est quant à lui assez stable, puisqu'il varie entre 0 % et 3 % pour la plupart des pays et îles. Toutefois, Trinité-et-Tobago, la République dominicaine ainsi que la Jamaïque affichent des taux allant de plus de 3 % jusqu'à 10 % en ce qui concerne le dernier cas.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Pierre Sainton et Raymond Boutin, Histoire et civilisation de la Caraïbe, Guadeloupe, Martinique, petites Antilles. La construction des sociétés antillaises des origines au temps présent : structures et dynamiques : XVIIe – XXe siècle : 1650-2000, Paris, Maisonneuve & Larose, . Notice Bnf n° FRBNF39301889
  2. a b et c Leslie Manigat, L’Amérique latine au XXe siècle,1889-1929, Points, , p. 360-370
  3. « Les îles Caraïbes », sur www.conservation-nature.fr (consulté le 3 décembre 2015).
  4. * AFP, « Les pays des Caraïbes appellent à lever l'embargo « absurde » contre Cuba », le 8 décembre 2014.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]