Bobologie

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Le terme bobologie est un terme humoristique pour désigner les traitements des traumatismes sans gravité, comme les égratignures et les bleus. Il est composé du terme bobo, qui désigne une petite plaie dans le langage enfantin, et du suffixe -logie qui fait référence aux sciences.

Ce mot est aussi utilisé par les médecins ou en parlant d'eux lors de discussions politiques sur le rôle des généralistes, qui sont accusés de ou regrettent de ne faire « que de la bobologie », c'est-à-dire de ne s'occuper que de maladies bénignes et d'envoyer trop de patients aux spécialistes.

Plaie simple[modifier | modifier le code]

Une plaie simple est une effraction cutanée (piqûre, coupure, éraflure) peu profonde, située loin des orifices naturels et qui saigne peu. Elle n'est en soi pas grave, mais la peau protège l'intérieur du corps contre les agressions extérieures ; si elle est abîmée, elle peut laisser passer des germes qui peuvent causer une infection, et notamment provoquer le tétanos (maladie mortelle nécessitant une vaccination).

La conduite à tenir est la suivante :

  • se nettoyer les mains soigneusement avec de l'eau et du savon, les sécher avec une serviette propre ;
  • demander à la victime de se nettoyer également les mains : la personne peut être tentée de toucher sa plaie ou bien d'aider au nettoyage de celle-ci ;
  • nettoyer la plaie avec de l'eau et du savon, ou mieux, avec un antiseptique acheté sur les conseils d'un médecin, d'une infirmière ou d'un pharmacien ;
  • si la personne risque de souiller sa plaie, poser un pansement, sinon laisser à l'air libre ;
  • se laver les mains de nouveau après les soins ;
  • demander si la personne est vaccinée contre le tétanos ; si le dernier rappel date de plus de dix ans, amener la personne chez un médecin pour la vaccination ;
Notons sur ce point que le tétanos est une maladie rare, mais qu'il est justifié par le fait qu'elle est aussi extrêmement grave. En principe, cependant la bactérie du tétanos ne se développe qu'en absence d'oxygène blessure souillée, par des objets souillés, etc.
  • donner le conseil suivant : « si dans les jours qui suivent la plaie fait mal, gonfle ou rougit, c'est qu'il se développe une infection ; consultez alors un médecin. »

Pour nettoyer la plaie, utiliser un savon neutre de type savon de Marseille dans un premier temps, puis un antiseptique (ne désinfecter que ce qui est propre). N'utiliser qu'un seul produit antiseptique afin d'éviter un risque de réaction chimique.

Pour le nettoyage avec un antiseptique, on utilise une compresse stérile, les autres intermédiaires risquant de s'effilocher et de laisser des fils dans la plaie. Ces compresses sont dans des emballages individuels; ouvrir l'emballage au dernier moment et une fois les mains lavées, et ne la manipuler que pour y verser le produit et nettoyer, le risque étant qu'elle se salisse et apporte la salissure dans la plaie si on la laisse traîner avant utilisation. On prendra soin de ne pas toucher la partie servant à nettoyer afin de ne pas la salir,même si les mains sont propres; on peut par exemple saisir les coins de la compresse, soit deux coins opposés, soit les quatre (forme de parachute).

Si l'on utilise un antiseptique en bouteille, vérifier la date limite d'utilisation. Veiller à bien poser le bouchon à l'envers, du côté ouverture vers le haut, afin de ne pas salir la partie en contact avec le produit. Veiller à ce que le bec verseur de la bouteille ne soit en contact avec rien au cours des manipulations pour éviter tout risque de contamination de la bouteille ; en particulier, mettre la bouteille bien au-dessus de la compresse pour verser le produit.

Les mains sont propres car lavées, il n'en est pas de même pour les gants qui ne sont en général pas conservés de manière stérile. Par ailleurs, le saignement étant peu important, il y a peu de risque de contamination pour le soignant : c'est la compresse qui touche la plaie, pas les mains. Si les mains du soignant présentent des plaies, il est préférable de porter des gants pour se protéger d'une contamination (VIH, virus hépatite B, C…). Se laver les mains avant de les enfiler.

Brûlure simple[modifier | modifier le code]

Une brûlure simple est une brûlure :

  • thermique, c'est-à-dire causée par la chaleur ou le frottement, par opposition aux brûlures chimiques,
  • qui est située loin des orifices naturels et des articulations,
  • qui se manifeste par une rougeur (inflammation),
  • avec éventuellement une ou plusieurs cloques (phlyctènes) peu étendues : elles ne doivent pas représenter en surface plus de la moitié de la paume de la main de la victime.

La brûlure simple n'est pas en soi grave, mais elle est douloureuse et présente un double risque :

  • comme la peau est abîmée, elle peut laisser passer des germes qui peuvent provoquer une infection ;
  • après retrait de la source chaude, la peau est encore chaude et la chaleur va continuer à faire des dégâts sous la peau.

La conduite à tenir est la suivante :

  • protéger : supprimer la source de chaleur ou l'éloigner en faisant attention aux risques d'incendie (couper le gaz ou la plaque électrique, débrancher le fer à repasser et le poser sur son support…) ;
  • faire ruisseler de l'eau froide sur la brûlure, afin d'évacuer la chaleur donc de stopper les dégâts et de calmer la douleur :
    • eau entre 8 et 25 °C, par exemple eau froide du robinet
    • coulant sans pression d'une hauteur de 10-15 cm (un jet puissant risque de causer une douleur) pendant minimum cinq minutes : on arrêtera le ruissellement lorsque la douleur disparaît ou en cas de sensation de froid, surtout chez l'enfant. Un refroidissement excessif peut entraîner une hypothermie.
  • durant le ruissellement, demander si la personne est vaccinée contre le tétanos ; si le dernier rappel date de plus de 10 ans, amener la personne se faire vacciner chez le médecin
  • décourager les remèdes de « grand-mère », en particulier, ne rien appliquer sur la brûlure, que ce soit beurre, huile ou autre vinaigre; ne pas oublier que la peau étant abîmée, on risque une infection
  • s'il y a des cloques, ne pas les percer, la peau protégeant des infections, mais les protéger avec un pansement
  • donner le conseil suivant : « si dans les jours qui suivent la brûlure fait mal, gonfle ou rougit, c'est qu'il se développe une infection ; consultez alors un médecin. »

Si la brûlure a eu lieu il y a plus d'une heure, il est inutile d'arroser : la chaleur est déjà partie et la brûlure ne va plus s'aggraver[1].

Les brûlures sont des affections courantes, notamment dans les accidents domestiques. Dans les cas suivants, il faut aller voir un médecin, même si la brûlure paraît bénigne :

  • brûlure à un doigt, à la main : la brûlure peut poser des problèmes fonctionnels et handicaper l'usage de la main (attention aux bagues, il faut les enlever immédiatement);
  • coup de soleil généralisé : il faut craindre une insolation.

Dans les deux cas, la brûlure couvre au moins une articulation, ce qui la fait rentrer dans les brûlures graves.

Bleu[modifier | modifier le code]

Un bleu, ou ecchymose, est un épanchement de sang sous la peau, provoqué par la lésion de vaisseaux sanguins, plus précisément une rupture traumatique des capillaires. Lorsqu'il est consécutif à un petit coup après une bagarre ou un choc, il est bénin. Il ne présente pas de risque particulier, il n'y a rien à faire, il se résorbera tout seul. Pour le confort, on peut poser un glaçon sur le bleu en interposant un linge ou un essuie-tout entre la peau et le glaçon, y mettre un pansement alcoolisé (avec de l'alcool à 70° froid), mettre une crème à base d'arnica ou en homéopathie afin de diminuer la douleur.

Notons toutefois que le bleu peut indiquer un traumatisme plus grave, comme par exemple une fracture, qui nécessite d'appeler les secours. Lorsqu'il est situé à la tête, il faut soupçonner un traumatisme crânien et donc surveiller la personne, et appeler les secours (15, 18, 112, 144, 911, etc.) si un des symptômes suivants apparaît vertiges, maux de tête, troubles du comportement (désorientation spatio-temporelle, nausées, vomissements), ou en cas de doute.

Saignement de nez bénin[modifier | modifier le code]

Le saignement de nez (ou épistaxis) est bénin s'il survient spontanément ou à la suite d'un petit coup sur le nez, ou dans le cas d'un enfant qui se met les doigts dans le nez.

Petit tracas très fréquent chez les enfants, le saignement de nez est très souvent mal pris en charge, ce qui mène à des inquiétudes inutiles. Provoqué par la rupture d'un petit vaisseau de la tache vasculaire nasale (zone très vascularisée de la cloison nasale), il est, dans la grande majorité des cas, bénin chez l'enfant en bonne santé.

Que faire en cas de saignement de nez ?[modifier | modifier le code]

  • Rassurer, ne pas s'affoler devant la quantité de sang perdu, qui peut parfois être impressionnante (jusqu'à un volume équivalent à un verre, sans que cela soit grave)
  • Faire asseoir la victime, éventuellement par terre s'il n'y a pas de chaise à proximité. La victime peut ressentir une sensation de faiblesse, notamment en raison de la peur
  • Comprimer les ailes du nez fermement à l'aide du pouce et de l'index, et d'un mouchoir si disponible, pendant 10 minutes, en penchant la tête en avant afin d'éviter que le sang ne coule dans la gorge
  • Refroidir la zone avec des glaçons. Éviter le contact direct avec la peau, ce qui l'endommagerait, et faire attention à l'émail des dents, toutes proches.

Il convient de bien attendre les dix minutes car c'est le temps que met le sang à coaguler ; si l'on relâche la compression avant, le saignement risque de reprendre, il faudra alors recommencer le mouchage et la compression.

  • Mettre un petit bout de mouchoir sous la langue, et exercer une légère pression avec la langue sur ce bout de mouchoir. Cette partie de la bouche va devenir sèche, et le cerveau va concentrer le sang dans cette partie de la bouche pour produire de la salive. L'arrêt du saignement du nez est quasi immédiat.

Dans les rares cas où le saignement n'a pas cessé après 10 minutes, consulter un médecin en urgence ; on pourra utilement contacter la régulation médicale pour savoir où se rendre (consultation à domicile, cabinet médical, maison de la médecine, urgences de l'hôpital) en fonction de la gravité de l'affection et de l'affluence dans les établissements (voir épistaxis pour les saignements graves).

En cas de récidives fréquentes liées à une grande fragilité des vaisseaux sanguins de la tache vasculaire, consulter un médecin oto-rhino-laryngologue (ORL) qui pourra proposer une coagulation électrique de la tache.

Attention, un mauvais réflexe très fréquent sera de pencher la tête en arrière pour essayer de faire arrêter l'écoulement de sang. Cette technique ne va pas arrêter le saignement mais seulement faire passer le sang dans la gorge. Il se peut alors que l'épistaxis continue sans que l'on s'en rende compte, ce qui peut amener à des vomissements si une trop grande quantité de sang a été ingérée.

Si le saignement est dû à autre chose[modifier | modifier le code]

  • chute de hauteur, coup sur la tête : le saignement de nez peut être la conséquence d'un traumatisme crânien, il faut protéger, alerter les secours, et surveiller la victime en attendant les secours ; on craindra en particulier une dégradation de l'état de conscience (état d'excitation, apathie, perte de conscience), on invitera donc la victime à s'allonger ;
  • coup important sur le nez : on peut craindre une fracture du nez, il ne faut pas appuyer car cela serait très douloureux et risquerait d'aggraver la fracture ; on se contente d'installer la victime dans une position confortable, assise tête penchée en avant, ou allongée sur le côté pour éviter que le sang ne coule dans la gorge, prévenir les secours et surveiller en attendant les secours.

Maladies bénignes[modifier | modifier le code]

Pour les médecins, le terme « bobologie » regroupe également les maladies bénignes. L'évaluation de la gravité d'une maladie est du ressort du médecin (diagnostic), il n'y a en particulier pas nécessairement de rapport entre l'importance des symptômes et la gravité de la maladie : une sensation de faiblesse peut très bien receler un cancer.

Le terme « bobologie », initialement utilisé par l'artiste Claire Bretécher dans les années 1980, semble être absolument méconnu des scientifiques et reste un terme enfantin[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [1]
  2. François Pilet, « Vous avez dit « bobologie » ? [Did you say "boo boo"?] », Rev Med Suisse, vol. 6, no 243,‎ , p. 736-7. (PMID 2042996, lire en ligne [html]) modifier

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]