Accueil et traitement des urgences

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Accueil et le traitement des urgences à Édimbourg, en Écosse.

L'accueil et le traitement des urgences (ATU) est une des fonctions des centres hospitaliers, publics ou privés ; il concerne l'accueil des malades et de blessés se présentant spontanément ou amenés par des ambulances ou véhicules de prompt-secours des sapeurs-pompiers (voir l'article aide médicale urgente). Le rôle d'une structure d'urgences est accueillir sans sélection vingt-quatre heures sur vingt-quatre, tous les jours de l'année, toute personne se présentant en situation d'urgence, y compris psychiatrique, et la prendre en charge, notamment en cas de détresse et d'urgence vitales.

Le service comporte habituellement une partie administrative pour la prise en charge financière par l'assurance maladie, une partie consultation pour l'examen, les soins urgents et l'orientation vers d'autres services de l'hôpital, et une partie mobile (appelé SMUR en France, structure mobile d'urgence et de réanimation) pour les interventions au sein de l'établissement ou en dehors de l'établissement (véhicules et ambulances d'interventions). Les services d'accueil et de traitement des urgences peuvent porter différents noms, comme pavillon des urgences (PU), service d'urgences et de soins intensifs (SUSI), service d'accueil des urgences (SAU), polyclinique, ...

Avec le développement des dossiers médicaux électroniques personnels, les services des urgences seront probablement bientôt amenés à contribuer de manière approfondie à la surveillance syndromique.

Par pays[modifier | modifier le code]

États-Unis[modifier | modifier le code]

La plupart des accueils d'urgence aux États-Unis sont souvent très pris. Un sondage effectué à New York en février 2007 montre que l'aggravation des blessures existantes ou même les décès sont causés par une trop longue attente dans les accueils d'urgence[1]. Un sondage effectué en 2005 estime une moyenne d'attente de 2 heures dans l'Iowa et de 5 heures en Arizona[2]. En 2009, 1 800 accueils ont été dénombrés[3].

Aux États-Unis, les urgences sont prises en charge par des centres de traumatologie (trauma centers), qui désigne des centres hospitaliers accueillant les urgences. Il en existe quatre types :

  • les centres de traumatologie de niveau I (Level I trauma center) : ce sont les centres les mieux équipés, permettant de prendre en charge la totalité des traumatismes, y compris les aspects prévention et réhabilitation ; ce sont en général des centres hospitaliers universitaires (university teaching hospitals) et ils agissent en matière de recherche en traumatologie ;
  • les centres de traumatologie de niveau II (Level II trauma center) : ils doivent également être capables de traiter tous les traumatismes, mais sans la dimension recherche et enseignement ;
  • les centres de traumatologie de niveau III (Level III trauma center) : ils doivent pouvoir traiter les urgences chirurgicales courantes ainsi que la plupart des blessures, et notamment en ce qui concerne les soins orthopédiques ;
  • les centres de traumatologie de niveau IV (Level IV trauma center) : ils doivent pouvoir faire l'examen préliminaire de patients et l'évaluation de leurs blessures ; ils ne traitent que les urgences ne nécessitant pas de soins lourds.

France[modifier | modifier le code]

L'activité de médecine d'urgence est règlementée et soumise à autorisation (ArticleR6122-25 du CSP). L'autorisation est délivrée par l'agence régionale de santé (ARS) sur la base du SROS, pour une durée limitée. Elle peut s'exercer selon quatre modalités qui ne sont pas exclusives:

  1. La régulation des appels adressés au service d'aide médicale urgente (SAMU)
  2. La prise en charge des patients par la structure mobile d'urgence et de réanimation, appelée SMUR
  3. La prise en charge des patients accueillis dans la structure des urgences
  4. La prise en charge des patients accueillis dans la structure des urgences pédiatriques.

Les conditions règlementaires sont fixées par les articles R6123 et suivants du CSP

Dans un grand nombre de structures, l'accueil initial est fait par un infirmier d'accueil et d'orientation (IAO), l'examen est fait par un médecin urgentiste ou un étudiant interne, qui établit le diagnostic et effectue les soins, ou bien demande un transfert vers un autre service. Ce transfert peut être géré par un médecin d'accueil et d'orientation (MAO). Dans le cas où la personne arrive par un vecteur sanitaire (ambulance, SMUR, véhicule de prompt-secours des sapeurs-pompiers), le SAMU s'est chargé de prévenir le service des urgences et de lui transmettre les informations en sa possession (du moins en théorie).

Services et pôles spécialisés[modifier | modifier le code]

Un établissement (public ou privé) ne peut accueillir un service spécialisé d'accueil et de traitement des urgences une structure que s'il peut déjà traiter les affections probables en hospitalisation classique : unités de réanimation, médecine générale ou médecine interne, médecine à orientation cardio-vasculaire, médecine pédiatrique, anesthésie-réanimation, chirurgie orthopédique et chirurgie viscérale, y compris gynécologique. L'établissement hospitalier doit nécessairement être doté de deux salles d'opération (et d'une salle de réveil) avec du personnel de garde permettant d'opérer tous les jours et à toute heure ; de services pouvant pratiquer des examens tous les jours à toute heure : imagerie médicale (radiologie, échographie, scanner, angiographie...), laboratoires d'hématologie, de biochimie et de toxicologie, notamment.

Un service spécialisé d'accueil et de traitement des urgences est une structure gérée par un médecin urgentiste, qui doit permettre l'accueil et l'examen par un médecin urgentiste tous les jours et en toute heure, et doit pouvoir faire venir un médecin spécialiste en fonction de la pathologie. L'équipe doit comprendre, outre le médecin urgentiste de garde, au moins : deux infirmier(e)s ; des aides-soignant(e)s, éventuellement des auxiliaires de puériculture ; un(e) assistant(e) social(e) ; un agent d'accueil ; tous formés aux urgences.

Le service spécialisé est organisé en trois zones : une zone d'accueil, une zone d'examen et de soins comportant une salle et des moyens de déchocage, et une zone de surveillance de courte durée (boxes, pour l'attente d'une sortie ou d'une hospitalisation dans un autre service). Par ailleurs, la plupart des services d'urgence sont équipés d'une salle d'afflux massif, permettant de traiter un grand nombre de victimes (plan blanc). Contrairement à un service, un pôle spécialisé ne prend en charge que certaines pathologies (par exemple spécialisé dans le soin de certains organes) ou certaines catégories de personnes (par exemple uniquement les enfants).

Unités de proximité[modifier | modifier le code]

Une unité de proximité (UPATOU) est une structure plus légère qu'un SAU ; si elle ne peut pas traiter tous les cas, elle permet d'avoir un bon maillage du territoire et une réponse rapide pour les urgences les plus courantes. L'unité de proximité doit accueillir et procéder à l'examen clinique de toute urgence, y compris psychiatrique ; si elle ne peut pas traiter elle-même la pathologie, elle doit l'adresser à un autre service de l'établissement, soit à un autre établissement avec lequel a été conclus un contrat de relais (cet établissement ne dispose pas nécessairement d'un service d'urgence), soit vers un service ou pôle spécialisé d'accueil et de traitement des urgences après régulation par le Centre 15 du Samu. L'unité de proximité doit en revanche traiter elle-même dans ses locaux et avec ses moyens tous les jours de l'année, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, les patients dont l'état nécessite des soins courants de médecine générale ou de psychiatrie ou des actes chirurgicaux simples, qui ne nécessitent pas une anesthésie générale ou une anesthésie locale délicate. Elle peut également, si elle en a les moyens humains et matériels, délivrer des actes chirurgicaux pour lutter contre la douleur.

L'établissement doit être doté d'au moins un service de médecine assurant l'hospitalisation complète ; de services pouvant pratiquer des examens d'imagerie courants (radiologie et échographie) y compris en dehors des heures d'ouverture (par un système de garde), et des examens et analyses biologiques courants (éventuellement sous-traité à un autre établissement assurant les analyses sans délais tous les jours et en toute heure, après prélèvement dans l'unité de proximité). L'unité de proximité est également une structure gérée par un médecin urgentiste, qui doit permettre l'accueil et l'examen par un médecin urgentiste tous les jours et en toute heure. Le personnel doit comprendre au moins, tous les jours et en toute heure : un médecin urgentiste, un(e) infirmier(e), des aides-soignant(e)s, des agents de service. L'unité de proximité est organisée en trois zones, à l'instar d'un SAU. L'unité de proximité peut avoir un fonctionnement saisonnier (c'est-à-dire peut être fermé une partie de l'année).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « ER Wait Time Problems Widespread », sur ABC News,‎ 28 juin 2007 (consulté le 29 avril 2013)
  2. (en) « Emergency Department Wait Times Vary By State, Study Finds, USA », sur Medical News Today,‎ 3 juin 2006 (consulté le 29 avril 2013)
  3. (en) Joseph, Gresser, NC president found hospital a "pleasant surprise", Barton, Vermont, The Chronicle,‎ 18 novembre 2009, 21 p.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Code de la santé publique
    • partie réglementaire « décrets en conseil d'État », section « Accueil et traitement des urgences » (articles R712-63 à R712-83)
    • partie réglementaire « décrets simples », section « Conditions techniques de fonctionnement relatives à l'accueil et au traitement des urgences » (articles D712-52 à D712-65)

Liens externes[modifier | modifier le code]