Bataille de Bangui (mars 2013)

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Bataille de Bangui
Informations générales
Date 22 -
Lieu Bangui
Issue Victoire de la Seleka
Belligérants
Drapeau de l'Afrique du Sud Afrique du Sud
Drapeau de la République centrafricaine République centrafricaine
Drapeau de la République centrafricaine Seleka
Commandants
Drapeau de la République centrafricaine François Bozizé Drapeau de la République centrafricaine Michel Djotodia
Drapeau de la République centrafricaine Arda Hakouma
Forces en présence
Drapeau de l'Afrique du Sud
400 hommes[1]
Drapeau de la République centrafricaine
3 000 à 25 000 hommes[2],[3]
Pertes
Drapeau de l'Afrique du Sud
13 morts
27 blessés
(selon l'Afrique du Sud et la France)[4],[5]

36+ morts
22+ blessés
plusieurs prisonniers
(selon la Seleka)
[5]
Drapeau de la République centrafricaine
500 morts ou blessés
(estimations de l'Afrique du Sud)[2]

Conflit centrafricain

Batailles

Première guerre civile centrafricaine (2004-2007)

Deuxième guerre civile centrafricaine (2012-2013)
1er Bangui

Troisième guerre civile centrafricaine (2013-2014)
Bouca · Gaga · Bouar · Massacre de Bouar · Incendie de Camp Bangui · 1er Massacre de Boali · 2e Bangui · Bossangoa · Opération Sangaris · Bozoum · Massacre de Bohong · Massacre de Bossembélé‎ · Massacre de Bossemptélé · Massacre de Baoro · 2e Massacre de Boali · 1er Grimari · 2e Grimari · Boguila · Batangafo
Coordonnées 4° 21′ 41″ nord, 18° 33′ 19″ est

Géolocalisation sur la carte : Afrique

(Voir situation sur carte : Afrique)
Bataille de Bangui

Géolocalisation sur la carte : République centrafricaine

(Voir situation sur carte : République centrafricaine)
Bataille de Bangui

La bataille de Bangui se déroule pendant la guerre civile de Centrafrique. Le , les rebelles de la Seleka s'emparent de la capitale centrafricaine.

Déroulement[modifier | modifier le code]

Le 17 mars à Sibut, à une centaine de kilomètres de Bangui, les rebelles de la Seleka rompent les négociations avec le gouvernement centrafricain auquel ils lancent un ultimatum. Ils réclament la libération de leurs prisonniers, la validation des grades des officiers rebelles, l'intégration de 2 000 de leurs combattants dans l’armée nationale et le départ des militaires sud-africains. La Seleka affirme que si ces exigences ne sont pas accordées dans les trois jours, elle reprendra son offensive[6].

Le 22 mars, les forces rebelles sortent de Sibut, s'emparent de Damara et forcent un barrage de la force africaine sur la route de Bangui. La Seleka est alors à 55 kilomètres de Bangui[7],[8].

Le 23, les combats se poursuivent sur l'axe routier Bangui-Damara-Sibut, à hauteur du PK 55, à 55 kilomètres de la capitale. Plus à l'ouest, une deuxième colonne rebelle s'empare de Bossembélé et de Boali. Les forces sud-africaines sont prises à revers par la deuxième colonne et subissent des pertes. Le soir du 23 mars, la Seleka prend position à 12 kilomètres du centre-ville de Bangui. Pendant la nuit, les rebelles coupent l'électricité dans la ville[9],[10],[5].

Les combats reprennent le 24 vers 7 heures du matin, et gagnent rapidement le centre-ville. À 8h48, les rebelles annoncent s'être emparés du palais présidentiel. Le président Bozizé prend la fuite et se réfugie au Cameroun, Michel Djotodia se proclame président de la République. Le reste de la journée, les rebelles réduisent les dernières poches de résistance. Des hommes de la Seleka et des civils profitent du désordre pour commettre des pillages[11],[12].

Restés neutres, 750 soldats tchadiens de la FOMAC et 600 soldats français sont également présents à Bangui, des patrouilles sont organisées pour tenter de freiner les pillages[5]. Les Français sécurisent notamment l'aéroport de Bangui où la situation est confuse, deux civils indiens sont tués par erreur par des soldats français lorsque des véhicules tentent de pénétrer dans l'aéroport[13].

La situation est encore confuse le 25. Le 26, des patrouilles mixtes de la FOMAC et de la Seleka sont mises en place pour tenter de rétablir l'ordre[14],[15].

Les pertes[modifier | modifier le code]

Le 9 avril, les derniers soldats sud-africains quittent la Centrafrique. Le gouvernement sud-africain affirme que les pertes de ses troupes sont de 13 morts et 27 blessés[4],[16],[17].

Ce bilan est confirmé par les autorités françaises, cependant le général Arda Hakouma, chef militaire de la Seleka affirme que les pertes sud-africaines sont d'au moins 36 morts et 22 blessés[5] :

« Ce qui est sûr, moi personnellement, chef d’état-major, chef des opérations, donc c’est moi qui ai dirigé le combat, j’ai vu 36 morts sud-africains et 22 blessés. Ça c’est sûr. Il y avait des prisonniers aussi, on les a remis à la Fomac (Force multinationale d'Afrique centrale)[5]. »

Selon la FOMAC, 14 soldats sud-africains ont été tués lors du combat[12].

Un témoin anonyme affirme avoir vu le 25 mars à la base française, près de l'aéroport de Bangui, une cinquantaine de sacs mortuaires qui devaient embarquer dans un Lockheed C-130 Hercules. Il affirme également que d'autres cadavres de soldats sud-africains continuaient d'arriver, transportés dans des voitures[5].

Ces témoignages sont rejetés par le gouvernement sud-africain qui confirme son bilan[18].

Le CICR annonce avoir ramassé 78 corps dans les rues de Bangui entre le 24 et le 29 mars[19].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. RFI : L’armée sud-africaine confirme la mort de plusieurs de ses hommes à Bangui
  2. a et b IOL : How deadly CAR battle unfolded
  3. Dépêches du Mali : Centrafrique : La Seleka a-t-elle vraiment disparu ?
  4. a et b BBC : RCA: les Sud-africains sont partis
  5. a, b, c, d, e, f et g RFI : Soldats sud-africains tués en Centrafrique: les chiffres divergent
  6. RFI : RCA : la Seleka menace de reprendre les armes si Bangui n'accède pas à ses revendications
  7. RFI : RCA : les rebelles centrafricains de la Seleka forcent un barrage de la force africaine sur la route de Bangui.
  8. RFI : Centrafrique : inquiétude à Bangui à l'approche des rebelles de la Seleka
  9. RFI : Les rebelles de la Seleka poursuivent sans relâche leur avancée vers Bangui
  10. RFI : RCA: les rebelles de la Seleka sont désormais aux abords de Bangui
  11. RFI : République centrafricaine: «journée décisive» à Bangui
  12. a et b RFI : Centrafrique: revivez la journée du dimanche 24 mars
  13. RFI : Centrafrique : deux ressortissants indiens tués, par erreur, par des soldats français, à Bangui
  14. RFI : RCA: la situation reste instable à Bangui
  15. RFI : Centrafrique : patrouilles mixtes pour sécuriser Bangui
  16. RFI : Centrafrique : la polémique enfle à Pretoria après la mort de 13 soldats sud-africains
  17. RFI : L'affaire du déploiement des soldats sud-africains en RCA continue de faire débat
  18. RFI : Pretoria réaffirme le chiffre de 13 soldats sud-africains tués en Centrafrique
  19. RFI : Centrafrique : 78 corps retrouvés depuis une semaine dans les rues de Bangui