Bataille d'Édesse

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Bataille d'Édesse
Description de cette image, également commentée ci-après
Bas-relief à Naqsh-e Rostam, représentant le triomphe de Chapour Ier sur l'empereur romain Valérien.
Informations générales
Date printemps 260
Lieu Édesse, Mésopotamie
Issue Victoire décisive des Sassanides
Belligérants
Empire romain et ses alliés Goths et GermainsSassanides
Commandants
ValérienChapour Ier
Forces en présence
70 000[1]inconnues
Pertes
de 60000 hommes à la totalité de l'armée[2],[3]minimes

Guerres perso-romaines

Coordonnées 37° 09′ nord, 38° 48′ est
Géolocalisation sur la carte : Irak
(Voir situation sur carte : Irak)
Bataille d'Édesse

La bataille d'Édesse a eu lieu en 260 entre les armées de l'empereur romain Valérien et de l'empereur sassanide Chapour Ier de Perse entre Carrhes et Édesse. La totalité des troupes romaines furent tuées ou faites prisonnières et l'empereur Valérien lui-même fut capturé et mourut peu de temps après[4]. Cette bataille est généralement vue comme l’un des pires désastres militaires de l'histoire de Rome.

Contexte[modifier | modifier le code]

Avant la bataille, Chapour Ier avait déjà pénétré plusieurs fois profondément dans les territoires de l'Empire romain, prenant et pillant Antioche en Syrie en 253 ou 256. Après avoir battu l'usurpateur Émilien et portant seul la pourpre, Valérien arrive dans les provinces orientales aussi vite qu’il le peut (254 ou 255) et restaure l'ordre progressivement[5]. Mais il doit aussitôt faire face à une invasion du nord de l'Asie mineure par les Goths, opérant par mer. Ils ravagent le Pont puis se dirigent vers la Cappadoce. La peste fait échouer la tentative de Valérien de les intercepter à Antioche. Alors que l'armée romaine est épuisée, Chapour envahit le nord de la Mésopotamie, probablement au début du printemps[6].

La bataille[modifier | modifier le code]

L'empereur Valérien, qui a dépassé la soixantaine, fait alors mouvement vers l'est et les frontières de l'empire sassanide. Selon l'inscription de Chapour Ier à Ka'ba-ye Zartosht, Valérien aurait rencontré la principale armée perse, sous le commandement de Chapour, entre Carrhes et Édesse, avec son armée comprenant des unités de tout l'empire, des alliés Germains. Il est défait sans appel et capturé avec toute son armée[6].

Selon les sources romaines, qui ne sont pas très claires, l'armée romaine est défaite et assiégée par les forces persees. Valérien essaie de négocier, mais est fait prisonnier ; il est possible que son armée se soit rendue après cela. Selon les inscriptions de Chapour, beaucoup d’autres officiels de haut-rang ont été faits prisonniers, dont un préfet du prétoire[7] (peut-être Successianus). Elles indiquent aussi que Chapour est revenu sur sa parole en capturant l’empereur après avoir donné son accord à des négociations[8].

Suites[modifier | modifier le code]

Chapour capture le roi des Romains, miniature persane, dans Shahnameh.

Il existe différents récits sur le destin de Valérien après sa capture. Certains universitaires affirment que Valérien et une partie de son armée sont envoyés dans la cité de Bishapur, où ils vécurent dans d’assez bonnes conditions. Chapour utilisa les soldats survivants dans ses projets de développement, les Romains se faisant artisans ou commerçants. Le Band-e Kaisar (pont de César) est une des réalisations des Romains, près de l'ancienne ville de Suse[9].

Selon Lactance, Chapour humilia Valérien, utilisant l’ancien empereur comme escabeau pour monter à cheval. Il aurait été gardé en cage et humilié pour le plaisir de l’empereur perse, selon Aurelius Victor. Après sa mort, le corps de Valérien aurait été écorché, empaillé de paille ou de fumier (selon les récits), pour constituer un trophée de la soumission des Romains dans un temple perse[7],[8].

D’autres récits indiquent qu’il fut traité avec respect, et que ces allégations de torture furent inventées par des historiens chrétiens de la fin de l’Antiquité pour démontrer les périls encourus par ceux qui persécutaient les chrétiens[8].

Après la capture de Valérien, Chapour prend la ville de Césarée et déporte 400 000 de ses habitants dans les provinces du sud de l’empire sassanide. Il attaque ensuite la Cilicie, mais est finalement repoussé par une armée romaine appuyée par Macrien, Balliste et Odénat de Palmyre.

La défaite de Valérien à Édesse est le catalyseur d’une série de révoltes qui conduisent à la fragmentation temporaire de l’Empire romain. En Orient, Macrien qui a mis la main sur le trésor de Valérien, proclame empereurs ses fils Macrien le Jeune et Quiétus. Le long de la frontière du Danube, Ingenuus et Regalianus sont aussi proclamés empereurs. Enfin, en Occident, le gouverneur romain Postume profite de la distraction de Gallien pour assassiner l’héritier impérial Salonin et prendre le contrôle des Gaules[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Encyclopaedia Iranica, "And in the third campaign, we set upon Carrhae and Edessa, and as we were besieging Carrhae and Edessa, Valerian Caesar came against us, and with him was a force (later specified as totaling 70,000) from the province (hštr) of the Goths and Germans (most Roman provinces are named)."
  2. « Sassanid Persia », sur avalanchepress.com
  3. Encyclopaedia Britannica "Losses: Roman, more than 60,000; Persian, minimal."
  4. David S. Potter 2004, p. 255-256
  5. Potter 2004, p.254
  6. a et b Potter 2004, p.255
  7. a b et c Potter 2004, p.256
  8. a b et c David Vagi (2001), Coinage and History of the Roman Empire: C 82 BC - AD 480, Vol. 1, Routledge
  9. Zarinkoob (1999), p. 195

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]