Badamier

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Terminalia catappa, Amandier tropical

Le badamier (Terminalia catappa) est un arbre fruitier de la famille des Combretaceae. Il peut atteindre une vingtaine de mètres de hauteur. Originaire de Nouvelle-Guinée, il s'est naturalisé dans de nombreuses régions tropicales.

On le trouve sous le nom d'amandier-pays ou de pyé zanmann aux Antilles françaises et sous le nom tahitien autera’a ou autara’a en Polynésie française. En Indonésie, on l'appelle ketapang, d'où vient son nom scientifique de Terminalia catappa. En République démocratique du Congo, une déformation phonétique a transformé le badamier en madamé au pluriel ou lidamé au singulier. Dans ce pays, l'arbre symbolise l'abri en raison de sa capacité à contenir les rayons solaires. Des terrasses et débits de boissons en portent le nom et s'y côtoient.

Son fruit est appelé « myrobalan»[1] ou « badame ».

Synonymes[modifier | modifier le code]

  • Badamia commersonii Gaertner
  • Juglans catappa (Linnaeus) Loureiro
  • Myrobalanus catappa (Linnaeus) Kuntze
  • Terminalia catappa var. chlorocarpa Hasskarl
  • T. catappa var. macrocarpa Hasskarl
  • T. catappa var. rhodocarpa Hasskarl
  • T. catappa var. subcordata (Humboldt & Bonpland ex Willdenow) Candolle
  • T. intermedia Bertero ex Sprengel
  • T. latifolia Blanco (1837), not Swartz (1788)
  • T. moluccana Lamarck
  • T. myrobalana Roth
  • T. ovatifolia Noronha
  • T. paraensis Martius
  • T. procera Roxburgh
  • T. rubrigemmis Tulasne
  • T. subcordata Humboldt & Bonpland ex Willdenow.

Description[modifier | modifier le code]

T. catappa, feuilles et épis

C'est un arbre[2] de 9 à 25 m de haut, aux branches horizontales verticillées, lui donnant une ramification à étages typique. Les feuilles groupées à l'extrémité des branches sont portées par un gros pétiole, tomenteux puis glabre, de 5−17 mm. Le limbe est obovale, à base cunéiforme, à apex rond, de 8-36 × 6-24 cm, chartacé (c'est-à-dire à consistance de carton). À la saison sèche, les feuilles virent au rouge vif avant de tomber.

Les fleurs sont groupées en épis axillaires grêles de 5−25 cm de long. Les fleurs sont petites et blanchâtres. Les fleurs mâles sont à l'apex et les hermaphrodites moins nombreuses à la base. Le calice est formé de 5-6 sépales soudés. Il n'y a pas de pétale. Les étamines, exsertes, au nombre de (5-) 10, groupées en deux cycles, sont de couleur jaune-blanchâtre et rouge-rose au sommet. La floraison s'étale sur presque toute l'année.

Le fruit est une drupe, ovale à elliptique, comprimée, coriace, vert-jaunâtre à rouge vif à maturité, de 5-6 × 2-3 cm, entourée par une aile plus ou moins marquée.

Écologie[modifier | modifier le code]

L'espèce, originaire de Nouvelle-Guinée, s'est naturalisée en Afrique subsaharienne, en Amérique tropicale, aux Antilles, en Inde, Asie du Sud-est, Indonésie, aux Philippines, au sud de la Chine et à Taïwan. Elle se développe dans les arrière-plages sableuses. Tout comme les noix de coco, en effet, les graines de badamier peuvent flotter très longtemps sans perdre leur pouvoir germinatif qui va s’épanouir dès lors qu’un courant marin va les déposer au plus haut de l’estran d’un rivage tropical[3].

Certaines populations de singes, notamment les colobes roux de Zanzibar, se nourrissent des feuilles du badamier.

Propriétés chimiques[modifier | modifier le code]

Les feuilles[4]contiennent des diterpènes, des triterpènes, des flavonoïdes (quercétol, leucocyanidine, kaempférol), des composés phénoliques et des tanins catéchiques. Les racines contiennnent des flavonoïdes.

L'activité hypotensive (c'est-à-dire le fait que leur consommation, par décoction, réduise la tension artérielle) des feuilles est controversée mais l'activité hépatoprotectrice est confirmée[réf. nécessaire].

Utilisation[modifier | modifier le code]

Pharmacopée[modifier | modifier le code]

Le fruit desséché du badamier, connu sous le nom de « myrobolan », est utilisé en Europe dans la pharmacopée à partir du XIIIe siècle. Les apothicaires ont donné le nom de « myrobolan » à une série de fruits venant d’Inde, riches en tanins et considérés comme une panacée médicinale. Les traductions des textes médicaux arabes firent connaître ce remède[5].

L'écorce est très souvent utilisée dans le traitement de la toux (extrait de jus) ou des infections urinaires (décoction)[6]. Dans de nombreux pays[4], la décoction des feuilles est conseillée dans le traitement de l'hypertension artérielle.

Alimentation[modifier | modifier le code]

Le fruit contient un seul noyau, très dur, renfermant une amande comestible, au goût délicat.

Au Vanuatu[7], les badames se mangent généralement crues. Elles se consomment au pied de l'arbre, après avoir cassé la coque entre deux pierres. Elles se vendent aussi sèches, sur les marchés urbains. Elles sont peu consommées en Nouvelle-Guinée. En République démocratique du Congo, les badames sont surtout consommées dans les villages.[réf. nécessaire]

La commercialisation des « amandes pays » est pratiquée en Guadeloupe[8].

Autres usages[modifier | modifier le code]

Au Vanuatu, le bois sert à fabriquer des pirogues ou à sculpter des objets artisanaux. C'est un bon combustible et un bon bois de charpente[6].

Aquariophilie[modifier | modifier le code]

En aquariophilie, les éleveurs de discus et betta asiatiques utilisent les feuilles pour leurs propriétés antiseptiques depuis déjà fort longtemps[6]. Cette pratique s’est étendue à la maintenance de poissons réputée difficile. La feuille est plongée telle quelle dans l'aquarium et flotte à la surface, puis coule en libérant sa sève et ses tanins. Les pouvoirs supposés de ces feuilles iraient du renforcement de l'immunité des poissons à la stimulation de la reproduction, en passant par l'acidification de l'eau et leur pouvoir antiseptique[9].

Il y a toute une procédure à suivre pour ramasser ces feuilles dans la nature et les utiliser en aquariophilie. Il faut commencer par nettoyer les feuilles à l'eau claire, couper le pétiole, les brosser, les aplatir, puis les laisser sécher au soleil un à deux jours[10].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. A ne pas confondre avec le fruit du Myrobalan
  2. Jacques Fournet, Flore illustrée des phanérogames de Guadeloupe et de Martinique, Gondwana éditions, Cirad,
    Tome 1 (ISBN 2-87614-489-1) ; Tome 2 (ISBN 2-87614-492-1).
  3. Gilles Clément, Éloge des vagabondes, Nil éditions, 2002
  4. a et b Jean-Louis Longuefosse, 100 plantes médicinales de la Caraïbe, Gondwana Editions,
  5. Pl@ntUse, « Myrobolan » (consulté le 14 juillet 2019)
  6. a b et c « Badamier », complements-alimentaires.co (consulté le 27 janvier 2020)
  7. Annie Walter, Chanel Sam, Fruits d'Océanie, IRD éditions,
  8. Fabienne Keller, « Les amandes pays, l'or vert d'Isbert Calvados », France-Antilles, 11 avril 2016.
  9. « La Catappa, feuille miracle en aquarium? », sur Betta Splendens, (consulté le 2 juillet 2019).
  10. « Interview: Kijan-ay et la Catappa », sur Betta Splendens, (consulté le 2 juillet 2019).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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