Azyle

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Azyle
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Naissance

La Courneuve
Nom de naissance
Sylvain
Activités
tag
Autres activités
Cadre dans l'industrie automobile
A influencé
JonOne

Azyle est un street-artiste parisien, connu pour avoir tagué un avion Concorde et, de 1989 à 2007, de nombreuses rames de la régie autonome des transports parisiens (RATP) par une « punition », la répétition à l'infini de sa signature.

Carrière et style[modifier | modifier le code]

Prénommé Sylvain, né en 1974[1] et originaire de La Courneuve[2], Azyle est remarqué en 2001 pour avoir apposé sa signature sur un avion Concorde[2],[3].

Azyle commence à utiliser des rames de métro comme support à partir de 1989, principalement pour la peinture, mais aussi parfois pour la gravure sur vitres[2]. Il y appose de manière répétitive sa signature, qui évolue progressivement[4]. La réalisation de ces « punitions » lui offre une certaine notoriété, qui inspire notamment le travail de JonOne[2].

Pour réaliser ces tags, il utilise de nombreux stratagèmes afin d'accéder aux dépôts ou aux tunnels de métro : se faire passer pour un policier, porter des uniformes de la RATP, etc[1].

Sollicité par des galeries et des collectionneurs, il refuse de marchandiser son travail[4],[1]. Il regrette également que le tag « ne soit pas reconnu à sa juste valeur »[3]. Pour Télérama, Azyle « est un puriste radical du graffiti », qui « vit le tag comme l’art vandale originel qu’il était au départ »[2].

Arrestation et procès[modifier | modifier le code]

Dans la nuit de dimanche 24 à lundi 25 juin 2007, Azyle et le graffeur Vices sont arrêtés par la police de la RATP[3]. Cette affaire est fortement médiatisée[4], les policiers étant depuis longtemps sur la piste d'Azyle[3]. La RATP estime alors les dégâts à 600 000 euros[3].

Poursuivi pour les dégradations commises entre 2004 et 2007, Azyle ne conteste pas les faits : « Je sais que c’est illégal, je me fais prendre, qu’on me cartonne, j’ai aucun problème avec ça[2],[1]. » Il est condamné en première instance, en 2012, à huit mois de prison avec sursis et à 195 000 euros de dommages et intérêts[4].

Souhaitant payer la somme juste pour les dégradations, Azyle conteste les chiffrages de la RATP qu'il estime trop élevés, incohérents et approximatifs[5]. Il reproche à celle-ci d'avoir exagéré les frais de remise en état des rames[4]. En 2012[2], puis pour son procès en appel de 2015[4], il fait constater par un huissier qu'il ne prend que six à dix minutes pour nettoyer un mètre carré de surface peinte à l'aide des produits de nettoyage utilisés par la RATP[2]. L'entreprise estime qu'il faut une heure pour nettoyer la même surface[4] et semble facturer le remplacement de vitres qui ne le sont pas en réalité[2].

Le , l’audience d'appel, fortement médiatisée[2], est reportée au [4]. La décision, rendue le , voit la confirmation de sa condamnation en première instance, huit mois de prison avec sursis, et à 138 000 euros de dommages et intérêts[6], ainsi qu'à une obligation de soins[7]. L'artiste a annoncé son intention de se pourvoir en cassation[6]

Son pourvoi s'appuyait sur deux arguments : la protection de ses tags au titre du droit d’auteur et la liberté d’expression. Mais la chambre criminelle de la Cour de cassation a confirmé le l’arrêt rendu par la cour d’appel et considéré que, quel que soit le caractère d’œuvre des tags d’Azyle, celui-ci n’efface pas la qualification des « destruction, dégradation ou détérioration d’un bien appartenant à autrui » sanctionnée par l’article 322-1 du code pénal, faisant prévaloir le droit pénal sur le droit d’auteur[8].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d « Azyle : la légende du graffiti parle avant son procès - Clique.tv », sur Clique.tv (consulté le 8 octobre 2015)
  2. a b c d e f g h i et j « Azyle contre la RATP : l’histoire de fou qui peut changer la donne du graffiti », sur www.telerama.fr, article du 8 octobre 2015 (consulté le 12 mars 2016).
  3. a b c d et e Luc Bronner, « "Azyle" et "Vices", deux légendes du graffiti arrêtées par la police », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le 8 octobre 2015)
  4. a b c d e f g et h « Azyle, légende du tag, face à la RATP en justice », sur lemonde.fr, (consulté le 8 octobre 2015)
  5. « Procès Azyle : J-1 avant l'audience du roi du graff' parisien », sur O le cahier des tendances de L'Obs, Nouvel Obs (consulté le 8 octobre 2015)
  6. a et b William Plummer, « Azyle, figure emblématique du graffiti, condamné à 138.000 euros », sur Le Figaro, (consulté le 9 mai 2016).
  7. « La sentence est tombée pour le graffeur Azyle », sur OpenMinded, (consulté le 9 mai 2016).
  8. Didier Felix, « STREET ART : la Cour de Cassation sanctionne les œuvres illicites », sur didierfelix-avocat.com, article du (consulté le 8 novembre 2018).

Biographie[modifier | modifier le code]