Aurore Bégin

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Aurore Bégin
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Aurore Bégin ( à Wotton[1] - 1998) fut infirmière de colonie et sage-femme pendant plus de 32 ans, notamment dans les colonies qui formèrent éventuellement la région actuelle d'Abitibi au Québec (Canada).

L'oeuvre et la vie d'Aurore Bégin furent révélées au public québécois grâce au documentaire de Sylvie van Brabant, Depuis que le monde est monde, dans le cadre des colloques Accoucher ou se faire accoucher organisés par l'Association pour la santé publique du Québec (ASPQ)[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Aurore Bégin reçoit son diplôme d'infirmière en 1928 de l'Hôtel-Dieu de Sherbrooke, à l'âge de 30 ans, après avoir passé quelque temps aux États-Unis comme technicienne en salle d'opération. Elle déménage rapidement à Québec après l'obtention de ce diplôme.

Une religieuse lui offre d'aller travailler dans le Nord-Ouest québécois, alors en colonisation. À l'âge de 33 ans, elle est la première femme blanche à mettre les pieds à Rivière-Solitaire, aujourd'hui Rollet, où se trouvaient 50 colons. À l'époque, elle recevait un cachet de 3 $ pour chaque 24 heures travaillées. Il n'y avait pas de médecin sur place, elle prodiguait donc les soins de santé seule, transportant dans son sac à dos à la fois ses outils de travail et le courrier des colons[2].

Carrière de sage-femme[modifier | modifier le code]

Elle aurait mis au monde près de 500 enfants durant sa carrière de sage-femme. Elle effectuait les accouchements par le siège et les accouchements de jumeaux. Elle se vantait de n'avoir jamais perdu une seule femme en couche et les endormait au chloroforme[2]. Ce n'est qu'en 1941 qu'elle obtient son diplôme de sage-femme en bonne et due forme, l'examen oral ayant eu lieu directement au Collège des médecins du Québec à Montréal[3].

Elle opérera ensuite pendant 2 ans et demi une clinique de 15 lits à Noranda. On y trouvait, entre autres, une section pour les filles-mères. Elle demandait des honoraires de 15 $ par accouchement. Les médecins demandaient plutôt 65 $ et leur clientèle s'était effritée. Les médecins devaient donner leur aval aux activités de la clinique et, éventuellement, ils retirèrent leur support à la clinique, ce qui entraîna sa fermeture.

Pieuse, elle dira qu'elle « [tenait] Dieu par une main et [son] fanal de l'autre » dans une entrevue accordée à la journaliste de La Presse, Anne Richer, en 1982[2].

Elle passa sa vie seule, sans époux, ni enfants.

Prix Aurore-Bégin[modifier | modifier le code]

Décerné par l'Association pour la santé publique du Québec (ASPQ) tous les deux ans, le prix Aurore-Bégin récompense d'une bourse de 5 000 $ et d'une oeuvre d'art honorifique[4] un projet axé sur la promotion de la santé en périnatalité[5]. Plus précisément, l'ASPQ indique que les projets honorés visent « la promotion de la santé périnatale à partir d’une vision globale et multidimensionnelle de la santé, [contribuent] à ce que les parents exercent leur pouvoir et développent leur autonomie tout au long de la période périnatale et [démontrent] que les pratiques entourant la naissance respectent le caractère physiologique, normal, multidimensionnel et naturel de la période périnatale (grossesse, accouchement et allaitement). »[4]

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Acte de baptême de Marie Blanche Aurore Bégin no B.76 du feuillet 19r de la vue 584/621 de l'année 1898 de la ville de Wotton. Baptisée le neuf octobre 1898 et née l'avant-veille. », sur FamilySearch, (consulté le 9 août 2017)
  2. a b c et d Anne Richer, « Une héroïne malgré elle », La Presse,‎ (lire en ligne)
  3. « 7e édition du prix Aurore-Bégin de l’ASPQ », sur http://www.aspq.org/, (consulté le 29 juillet)
  4. a et b « Prix Aurore-Bégin - Association pour la santé publique du Québec », sur dev.aspq.org (consulté le 29 juillet 2017)
  5. « RÈGLEMENT - Prix Aurore-Bégin », sur aspq.org, (consulté le 29 juillet)