Ango Sakaguchi

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Ango Sakaguchi
Sakaguchi ango.jpg
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 48 ans)
KiryūVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom dans la langue maternelle
坂口安吾Voir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Conjoint
Michiyo Sakaguchi (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Ango Sakaguchi (坂口 安吾, Sakaguchi Ango?) ; , est un romancier et essayiste japonais, né à Niigata et mort à Kiryū, Préfecture de Gunma .

Biographie[modifier | modifier le code]

Douzième d'une famille de treize enfants, il est né le , de son vrai nom Heigo Sakaguchi (坂口 炳五 Sakaguchi Heigo). Son père était un politicien et poète, président du journal Niigata Shinbun. Très tôt il fait l'apprentissage de la solitude et de l'insoumission, ce qu'il nommera plus tard "l'épaisseur existentielle". Il étudie la philosophie de l'Inde et publie en 1931 Kaze hakase (Docteur vent), un conte où apparaît déjà son sens du burlesque et du cynisme. Il entame alors l'écriture d'une œuvre marquée par la déchéance et la provocation, contre les valeurs établies et la morale conformiste. En 1942 paraît Seishun-ron (De la jeunesse), et surtout en 1946 Daraku-ron (La Chute), essai sur sa vision de la guerre qui le rend célèbre et dans lequel il écrit : "Le Japon a perdu, l'éthique des guerriers est morte mais, de cette matrice de vérité qu'est la déchéance, sont enfin nés des êtres humains."

La même année, il poursuit son éloge de la déchéance dans la célèbre nouvelle Hakuchi (L'Idiote), où dès la première phrase il range côte à côte porcs, chiens, poules, canards et êtres humains. Ses personnages sont des antihéros, marginaux et souvent désespérés, qui tentent de survivre en préservant l'individualité de leur destin, incarnant le sentiment d'une irrémédiable solitude de l'être. De nombreux autres récits, souvent proches de l'autobiographie, notamment Ishi no omoi (Souvenirs d'une pierre) en 1946, témoignent de son expérience de la guerre et de sa critique virulente des préjugés et du Japon bien-pensant de l'après-guerre. En 1948 il reçoit le prix des auteurs japonais de romans policiers pour Furenzoku satsujin jiken (Meurtres sans série). Parallèlement à son mépris de toute morale et de toute institution, sa vision de la société japonaise devient de plus en plus critique, notamment dans Ango shin-Nippon chiri (Nouvelle géographie du Japon d'Ango, 1951), mais ensuite, épuisé par une mélancolie délirante, l'alcool et l'abus de barbituriques, il ne produit presque plus rien et meurt à Kiryū, Préfecture de Gunma, le 17 février 1955, dans une misère dans laquelle il avait librement accepté de vivre.

Liste des œuvres traduites en français[modifier | modifier le code]

  • 1946 : Une femme et la guerre (戦争と一人の女), dans Les Ailes La Grenade Les Cheveux blancs et douze autres récits (1945-1960), nouvelle traduite par Edwige de Chavanes, Editions Picquier, 1986 (réédition 1991) ; Anthologie de nouvelles japonaises (Tome II - 1945-1955) - Les Ailes La Grenade Les Cheveux blancs, Picquier poche, 1998 ; version inédite dans Le Désir - Anthologie de nouvelles japonaises contemporaines Tome 2, nouvelle traduite par Jean-Jacques Tschudin, Éditions du Rocher, 2007.
  • 1947 : L'Idiote (白痴), suivi de Je voudrais étreindre la mer (私は海を抱きしめてゐたい), nouvelles traduites par Edwige de Chavanes, Le Calligraphe-Picquier, 1986 ; Picquier poche, 1999.
  • 1947 : Sous les fleurs de la forêt de cerisiers (桜の森の満開の下), dans Anthologie de nouvelles japonaises contemporaines (Tome II), nouvelle traduite par Edwige de Chavanes, Gallimard, 1989.
  • 1948 : Meurtres sans série (不連続殺人事件), roman traduit par Estelle Figon, Les Belles Lettres, 2016.
  • ? : La Chute, dans Cent ans de pensée au Japon (Tome 1), Editions Philippe Picquier, 1996.

Voir aussi[modifier | modifier le code]