Poésie anacréontique

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Anacréontique)
Aller à : navigation, rechercher

La poésie anacréontique s'inspire du poète grec Anacréon (seconde moitié du VIe siècle av. J.-C.). Elle peut le faire en deux sens différents : par la métrique utilisée ou par les thèmes abordés :

- Dans la métrique de la poésie grecque de l'Antiquité, les "vers anacréontiques" sont ceux qui ont été utilisés à l'origine par Anacréon. Les plus fréquents sont:

  1. le dimètre iambique catalectique [υ – υ –|υ – –];
  2. le dimètre ionique avec anaclase[1] [υ υ – υ|– υ – –].

Il y a donc une première définition formelle de l'expression "poème anacréontique" comme désignant les poèmes utilisant ces vers, et qui ne développent pas forcément la thématique évoquée ci-dessous.

- D'autre part, du point de vue des thèmes abordés, l'"anacréontisme" se présente comme un style poétique correspondant à une certaine philosophie de la vie: le parti-pris de ne considérer que les choses les plus agréables, les plus faciles, les voluptés légères, en assumant positivement leur caractère éphémère. Les poètes anacréontiques cultivent notamment, dans des formes brèves, un érotisme maniéré et une mythologie gracieuse; leur lyrisme amoureux est plus artiste que profondément vécu.

L'anacréontisme est représenté chez les Latins notamment par Catulle. Dans la Florence de Laurent de Médicis, on cite le poète d'origine grecque Marulle. En France, l'édition des Odes d'Anacréon par Henri Estienne (1554) mit ce genre à la mode et il fut pratiqué par les poètes de la Pléiade (Rémy Belleau, Ronsard). Mais l'anacréontisme a surtout été associé aux petits-maîtres de la poésie du XVIIIe siècle: l'abbé de Chaulieu, dit "l'Anacréon du Temple", le chevalier de Parny et ses Poésies érotiques, Gentil-Bernard et son Art d'aimer. André Chénier, dans ses Bucoliques, a donné une des meilleures transpositions en français du ton et de l'inspiration du modèle grec.

Autre sens du mot anacréontique[modifier | modifier le code]

Ce mot a été employé pour désigner une société festive s'adonnant à la poésie. Il est par exemple employé par l'historien Arthur Dinaux quand il parle de l'Académie bocagère du Valmuse, goguette créée à Brunémont au XVIIIe siècle.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Note[modifier | modifier le code]

  1. On appelle "anaclase" (du grec άνάκλασις = inflexion, rupture) le déplacement d'une longue et d'une brève produisant une variation du rythme.