Ahmad Massoud

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Ahmad Massoud
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Biographie
Naissance
Nom dans la langue maternelle
احمد مسعودVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activité
Période d'activité
Politique : 2019 -
Militaire  : 2021 -
Père
Parentèle
Ahmed Zia Massoud (oncle)
Ahmad Wali Massoud (en) (oncle)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
A travaillé pour
Fondation Massoud (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Religion
Membre de
Arme
Conflits
Offensive des talibans de 2021
Conflit du Panchir
Guerre d'Afghanistan (2015-présent) (en)Voir et modifier les données sur Wikidata

Ahmad Massoud (en dari : احمد مسعود) est un militaire et homme politique afghan, né en 1989. Il est le fils du commandant Ahmed Chah Massoud.

Situation personnelle[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Fils d'Ahmed Chah Massoud, figure de la résistance à l'invasion soviétique puis aux talibans, Ahmad Massoud est l'aîné et le seul garçon d'une fratrie de six enfants[1].

Il est âgé de 12 ans lorsque son père est assassiné par des agents d'Al-Qaïda, le [2]. Ahmad et ses sœurs émigrent alors en Iran, où il vit une dizaine d'années[2].

Formation[modifier | modifier le code]

Sous la pression de son entourage, qui le destine à une carrière politique, il renonce à son souhait d'étudier l'astronomie[3]. Il fait ses études au Royaume-Uni, à l'Académie militaire de Sandhurst[4] puis au King's College de Londres où il étudie les relations internationales. Il a aussi étudié la théologie islamique et l'histoire religieuse de l'Asie centrale et du Sud auprès d'oulémas afghans et étrangers[1].

Engagement politique et militaire[modifier | modifier le code]

Retour en Afghanistan[modifier | modifier le code]

En 2016, Ahmad Massoud rentre en Afghanistan. Il se marie à Kaboul avec sa cousine Lili, qui habitait également Londres[2].

En septembre 2019, il crée le mouvement politique Front pour la résistance. En 2020, Ahmad Massoud critique les conditions dans lesquelles l'accord de Doha est conclu, le 29 février, entre les Américains et les talibans[5], déclarant ; « Cela a miné le moral de l’État afghan et celui des forces armées, et cela a encouragé les insurgés qui, depuis, multiplient les attaques. » Pour lui, qui se dit prêt à combattre, « Avec les talibans, la paix est toujours un prétexte pour faire encore plus la guerre[5]. »

Conflit du Panchir[modifier | modifier le code]

À la suite d'une offensive militaire conduite de mai à août 2021, les talibans reviennent au pouvoir en prenant Kaboul, le 15 août 2021, et le président Ashraf Ghani fuit le pays.

Deux jours plus tard, le 17 août, Massoud s'allie avec Amrullah Saleh, vice-président de la République islamique d'Afghanistan et autoproclamé président par intérim, pour annoncer la résistance dans la vallée du Panchir face aux talibans[6]. Ils créent alors le Front national de résistance (FNR) pour organiser une lutte armée contre le nouveau pouvoir taliban, et Massoud lance un appel dans la presse américaine, assurant opposer une « résistance acharnée » en cas d'assaut taliban il ajoute : « nous savons que nos forces militaires et notre logistique ne seront pas suffisantes. Elles s'épuiseront rapidement, à moins que nos amis occidentaux ne trouvent le moyen de nous approvisionner sans délai » ; et « implore les amis de l'Afghanistan en Occident d'intercéder pour nous à Washington et à New York, auprès du Congrès et de l'administration Biden. Intercéder pour nous à Londres, où j'ai fait mes études, et à Paris, où la mémoire de mon père a été honorée ce printemps par la création d'une allée à son nom dans les jardins des Champs-Élysées[a] ». Entre autres raisons, il affirme la nécessité de protéger les droits des femmes, d'empêcher les exécutions publiques et d'éviter que l'Afghanistan devienne « le point zéro du terrorisme islamiste radical »[8].

Un porte-parole du mouvement déclare que le FNR est aussi prêt à négocier, dans l'optique de la « formation d’un gouvernement inclusif ». Pour Ahmad Massoud, « Parler est une chose. On peut parler. Dans toutes les guerres, on parle. Mais se rendre est une autre chose. Et je vous répète qu’il n’est pas question, pour mes commandants et moi, de nous rendre […] Je n’accepterai jamais une paix imposée dont le seul mérite serait d’apporter la stabilité ». Plusieurs députés français « ont pressé l'exécutif » d'entendre l'appel au soutien logistique du Front national de résistance[9].

Le 6 septembre suivant, après la prise de contrôle du Panchir par les talibans, Massoud appelle à poursuivre la lutte contre le nouveau pouvoir[10].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La France a baptisé l'allée au nom du commandant Massoud le 27 mars 2021[7].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) Kamal Alam, « 'My father was the first to negotiate with the Taliban' », sur TRT World, .
  2. a b et c Claire Billet, « Ahmad Massoud, l'héritier du Lion », sur lapresse.ca, .
  3. (en) « Lion of Panjshir: Ahmad Shah Masood's son ready to take up his Afghan destiny », sur The Express Tribune, .
  4. Claude Guibal, « Afghanistan : le fils du commandant Massoud se lance en politique », sur France Inter, .
  5. a et b Ghazal Golshiri, « Afghanistan : dans la vallée du Panshir, la résistance renaît face aux talibans », sur lemonde.fr, (consulté le ).
  6. « La vallée du Panshir, cœur de la résistance aux talibans », sur franceinter.fr, (consulté le ).
  7. Jacques Follorou, « La France honore la mémoire du commandant Massoud, figure de la résistance afghane », sur lemonde.fr, (consulté le ).
  8. (en) Ahmad Massoud, « The mujahideen resistance to the Taliban begins now. But we need help », sur washingtonpost, (consulté le ).
  9. AFP, « En Afghanistan, le Panshir ne “cessera pas le combat” face aux talibans », sur huffingtonpost.fr, (consulté le )
  10. « Afghanistan: Massoud appelle au soulèvement, face aux talibans qui disent contrôler tout le pays », sur Le Vif,