Abbé Desforges

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Abbé Desforges
Biographie
Naissance
Décès
(à 68 ans)
Étampes
Activité
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Religion

Jacques Desforges (Étampes, - Étampes, [1]), plus connu sous le nom de l'abbé Desforges, chanoine de la collégiale Sainte-Croix d’Étampes qui exerça aussi à Oysonville[2] avant 1750, est connu pour avoir été incarcéré à la Bastille en 1758 après avoir publié un ouvrage prônant le mariage des prêtres et pour avoir entrepris en 1772 une tentative de vol dans un char couvert de plumes.

Depuis 2003, un astéroïde porte son nom.

Embastillement[modifier | modifier le code]

L'abbé est l'auteur d'un ouvrage intitulé Les avantages du mariage, et combien il est nécessaire et salutaire aux prêtre et aux évêques de ce temps-ci d’épouser une fille chrétienne, qu'il fait imprimer à un peu plus de 2 000 exemplaires, et qui est aussitôt saisi par les autorités en [3].

Il explique notamment dans cet ouvrage que le célibat expose les membres du clergé « aux désirs brûlants qui [les] tourmentent sans aucun fruit ». Ainsi, ajoute-t-il, « la mort est préférable à une vie triste ». S'adressant au roi, il le supplie en ces termes : « qu’il soit permis à votre clergé de France, aux évêques et aux prêtres, d’épouser une fille chrétienne, afin que leur fragilité soit garantie des dangers où le célibat les expose sans cesse. Le pape ne sera pas assez inhumain que de vous refuser cette grâce, que Votre Majesté aura la bonté de lui demander pour nous ; mais s’il la refusait et s’il était déraisonnable au point de manquer de déférence à Votre Majesté, elle y pourrait très bien remédier… »[3].

Il est pour ces faits incarcéré à la Bastille du au [3].

Il ne sort de la Bastille que pour être relégué à Étampes, avec interdiction de se rendre à Paris et de s'éloigner à plus de deux heures de marche de sa résidence[3].

Tentatives aéronautiques[modifier | modifier le code]

Le , il écrit une lettre au directeur de la Bastille dont il vient d’être libéré, dans laquelle il fait allusion à la construction (ou prétendue telle) d'une machine volante :

« Je m’occupe maintenant à la construction d’une machine qui sera d’une très grande utilité au public. J’en ai fait un petit essai qui m’a assez bien réussi. Je vais bientôt la proposer à la cour, car je voudrais être en état de témoigner ma reconnaissance à mes bienfaiteurs ; mais je ne pourrai jamais m’en acquitter dignement avec vous, après les services importants que vous m’avez rendus, et dont je garderai un éternel souvenir. » [4]

L'abbé parvient, à une date indéterminée, à recueillir 100 000 francs auprès de souscripteurs crédules, pour réaliser une expérience de vol en aérostat. Sa tentative se solde par un échec et on ignore même si elle connut un début de réalisation. Mais les souscripteurs ne revirent jamais leur argent[3].

En 1772, il se lance dans une nouvelle entreprise tout aussi improbable[5], relatée dans le livre « Correspondance littéraire, philosophique et critique » écrit par Friedrich Melchior Grimm et publié en . À la page 232, dans l'article intitulé « Chanoine d’Etampes volant à tire-d’aile » [6], on peut lire :

« Dans la légende dorée de 1772 il ne faut pas oublier M. l’abbé Desforges, chanoine d’Etampes, avec son char volant. Si la promesse magnifique de voyager dans les airs et de faire 30 lieues par heure, n’a pu se faire écouter au milieu du tourbillon de Paris, je vois qu'en revanche elle a fait une forte sensation dans les pays étrangers, et qu’on s'attend en plusieurs endroits de voir arriver le chanoine Desforges dans sa gondole aérienne. Mais son premier essai n’a pas été heureux. Il s'est fait porter par quatre paysans sur une hauteur, près d'Etampes, et dès qu’il leur a dit de lâcher la gondole, il est tombé à terre ; mais il en a été quitte pour une légère contusion au coude. On ne brûlera jamais le chanoine d'Étampes comme sorcier. Tout ce qu’il sait de magie se réduit à une chose très simple. Il a fabriqué une espèce de gondole d’osier, il l’a enduite de plumes, il l’a surmontée d’un parasol de plumes, il s’y campe avec deux rames à longues plumes, et il espère, à force de ramer, de se soutenir dans les airs et de les traverser. Le miracle ne s’est pas encore fait, mais il peut se faire encore, et la foi du chanoine se soutient malgré sa culbute ... »

Éponymie[modifier | modifier le code]

En , l'astéroïde no 10830 a été nommé « (10830) Desforges » à la suite de la demande du Corpus étampois auprès de son découvreur, l'astrophysicien belge Eric Elst, avec l’accord officiel de l'Union astronomique internationale[3],[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Relevé généalogique sur Geneanet
  2. « L’étonnant abbé d’Oysonville - Oysonville », sur Oysonville (consulté le ).
  3. a b c d e et f [1], Corpus historique étampois, sur http://www.corpusetampois.com
  4. Lettre de Jacques Desforges au directeur de la Bastille sur http://www.corpusetampois.com
  5. Léon Guibourgé, Le Donjon et l’Aviation, Étampes ville royale, chapitre VII.4, En ligne sur http://www.corpusetampois.com
  6. De Friedrich Melchior Grimm, Correspondance littéraire, philosophique et critique, 1772, En ligne
  7. Le Donjon et l’Aviation sur http://www.corpusetampois.com

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Paul Pinson, Étude biographique sur l’abbé Desforges, chanoine de l’église collégiale de Sainte-Croix d’Étampes (1732-1792), Paris & Étampes, 1897 [ouvrage cité par GÉLIS 2003, non conservé à la BNF].
  • Jacques Gélis, « Voler ou convoler ? L’étonnante destinée du chanoine Desforges », in ID. [dir.], Des grands Étampois méconnus. Louis Moreau. Nathan ben Meschullam. Le chanoine Desforges. Le gisement à vertébrés fossiles de Vayres-sur-Essonne [29 cm ; 52 pages], Étampes, Association Étampes-Histoire [« Les Cahiers d’Étampes-Histoire » 5], 2003, pp. 25-45 (15 illustrations ; cite les archives de la Bastille d’après Pinson 1897).