Ababdehs

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‘Abābda

Description de cette image, également commentée ci-après

Un membre du groupe des ‘Abābda coupant une branche d'un acacia dans un wadi près d'Assouan dans le désert Oriental (Égypte).

Populations significatives par région
Population totale 250 000 (années 1990)[1]
Autres
Langues arabe
Religions Islam
Ethnies liées Bejas

Les ‘Abābda (ou Ababdehs ou Ababa) forment un peuple de pasteurs nomades de religion musulmane qui occupait et parcourait le désert entre la vallée du Nil et la mer Rouge, vivant surtout dans le nord-est du Soudan et le sud-est de l'Égypte. Ils sont cette période-ci largement sédentarisés, soit le long de la mer Rouge soit le long de la vallée du Nil et beaucoup d'entre eux mènent de l'agriculture sédentaire. Ils vivent ou vivaient d'une économie pastorale (ovins, caprins, camelins). Occasionnellement, certains vendent par ailleurs du charbon de bois à base d'acacia qui poussent dans le désert.

Leur origine est incertaine. Certains pensent[réf. souhaitée] qu'ils descendent d'un peuple que les Romains connaissaient sous le nom de Blemmyes. D'autres encore, comme Wilhelm Peter Eduard Simon Rüppell (1794-1884), les considèrent descendants d'un peuple d'origine éthiopienne installé dans la région de Méroé[réf. souhaitée]. En 1851, lorsqu'ils furent décrits, leurs coutumes étaient similaires à celles de la société bédouine.

Ils formeraient un sous-groupe de l'ethnie Beja et comme eux ils parlent ou parlaient une langue couchitique du Nord, le beja (appelé tu bedawi par ses locuteurs beja)[2]. En situation de diglossie, ils pratiquent par ailleurs aussi et parfois d'abord l'arabe. Cependant, pour ajouter à la confusion sur leur origines, certains groupes, en Égypte tout au moins, se réclament pleinement des Arabes, d'origine bédouine et donc de la péninsule arabe, et non pas Beja et donc d'origine africaine.

Dans les années 1990, leur nombre est estimé à plus de 250 000 personnes. Au cours des dernières décennies, ils se sont en Égypte de plus en plus intégrés au reste de la société nationale (qui demeure plurielle, avec une grande population nubienne), mais conservent leur identité.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. J. S. Olson, The Peoples of Africa, 1996, p. 1
  2. Madiha Doss avec la collaboration de Vincent Battesti, 2011 — « Les pratiques linguistiques et leurs contextes sociaux » in Vincent Battesti & François Ireton (dirs), L'Égypte au présent, Inventaire d'une société avant révolution, Paris, Sindbad-Actes Sud, La Bibliothèque arabe, Hommes et Sociétés, p. 971-993 (ISBN 978-2-7427-9780-6)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Andrew Paul, A history of the Beja tribes of the Sudan, Cambridge, University Press, 1954, 163 p.
  • (en) James Stuart Olson, « Ababda », in The Peoples of Africa: An Ethnohistorical Dictionary, Greenwood Publishing Group, 1996, p. 1 (ISBN 978-0-313-27918-8) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) John Spencer Trimingham, Islam in the Sudan, Londres, 1949 (rééd. ultérieures)
  • Ernest Chantre, Les Bicharieh et les Ababdeh : Esquisse ethnographique et anthropométrique, A. Rey, Lyon, 1900, 21 p.
  • Une collection ethnographique des Ababdes et des Bicharins dans le Museum voor Land- en Volkenkunde, Rotterdam, 1957, 26 p.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Source[modifier | modifier le code]

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