Énergie osmotique

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Il est théoriquement possible d'extraire de l'énergie au voisinage des estuaires (où l'eau douce des cours d'eau se mélange avec l'eau salée de la mer), en exploitant le phénomène d'osmose : si de l’eau douce et de l’eau salée sont séparées par une membrane semi-perméable, l’eau douce migre à travers la membrane.

Principes[modifier | modifier le code]

Si le réservoir contenant l’eau salée est à une pression supérieure à celle de l’eau douce, l’eau douce migre vers l’eau salée tant que la différence de pression n’excède pas une valeur limite (limite théorique avec l'eau de mer : 2,7 MPa, soit 27 bars) ; la surpression ainsi créée peut être utilisée pour actionner une turbine. Dans la pratique, on envisage d'opérer avec une surpression de 1 MPa (10 bars) ; un débit d’eau douce de 1 m3⋅s-1 générerait alors 1 MW.

Une autre possibilité consiste à utiliser des membranes qui ne laissent passer qu'un type d'ions (positifs ou négatifs) : on peut alors produire directement de l'électricité. L'impact sur l'environnement est en principe nul, puisque le mélange se serait fait naturellement.

Limites[modifier | modifier le code]

Dans l’état actuel de la technologie, la surface de membrane nécessaire est de 200 000 à 250 000 m2 par mégawatt ; la réalisation de ces membranes est une des difficultés pour le développement de cette technique.

Cette technologie n'est donc pas rentable aujourd'hui. Les coûts élevés de production et les faibles capacités des membranes (environ 3 W⋅m-2) constituent un frein à son développement. Des ruptures technologiques, issues des nanobiotechnologies ou de l'électro-osmose, sont attendues pour faire baisser les coûts.

Pilotes existants[modifier | modifier le code]

La princesse Mette-Marit de Norvège a inauguré une première centrale pilote à Tofte (Hurum) près d'Oslo le 24 novembre 2009. Elle est construite par Statkraft. La puissance installée est de 4 kW[1], mais la société estime qu'à terme, l'énergie osmotique fournira 1370 MW rien qu'en Norvège[2].

Par ailleurs, une usine pilote a été lancée au Japon, une autre est en construction aux États-Unis. La capacité théorique mondiale de cette technologie est estimée à 1600 TWh par an, soit l'équivalent d'environ la moitié de la production électrique européenne en 2009[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La BBC mentionne 4 kW (il s'agit d'une usine pilote; l'objectif est de produire 25 MW en 2015) : (en) « Norway's Statkraft opens first osmotic power plant », sur BBC,‎ 24 novembre 2009
  2. (en) « Statkraft Osmotic Power Plant, Tofte, Norway », sur power-technology.com (consulté le 27 novembre 2009)
  3. (fr) « L'énergie osmotique : vers une nouvelle étape », sur bulletins-electroniques.com (consulté le 21 juin 2011)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]