Vitesse de dérive (électricité)

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En électricité, la vitesse de dérive (aussi appelée « vitesse de drift », de l'anglais drift velocity), vd, est la vitesse moyenne d'une particule chargée, en général un électron, qu'elle atteint sous l'effet d'un champ électrique (E).

Métal[modifier | modifier le code]

Un métal ne possède qu'un seul type de porteur de charge (dans la majorité des cas des électrons, plus rarement des trous). En l'absence de champ électrique, ces porteurs de charge dans un conducteur électrique à température ambiante, de par l'agitation thermique, se déplacent de façon aléatoire à la vitesse de Fermi. Leur direction étant aléatoire, leur mouvement global est nul, il n'y pas de création de courant électrique. Lorsqu'on applique un champ électrique à ce conducteur, les électrons gagnent une vitesse nette dans la direction du champ (mais en sens opposé), créant un courant électrique. Cette vitesse est cependant réduite à cause des collisions des électrons dans leur environnement.

Un simple analyse en mécanique classique permet de déduire que cette vitesse est proportionnelle au champ électrique appliqué :

v_{d}= - \alpha * E

Cette vitesse dépend également d'une constante de temps, τc, qui est la durée moyenne entre deux collisions :

v_{d} = - \frac{q \tau_c}{m^*} * E

m^* est la masse effective de l'électron dans la matériau.

On appelle le terme \frac{q \tau_c}{m^*} la mobilité, qu'on note μ permettant de définir la vitesse de dérive par :

v_{d} =  \pm\mu * E

À partir de la vitesse de dérive, connaissant le nombre de charges n, il est possible de calculer le courant de dérive (ou courant de conduction) :

J_{d} =  -n*q*v_{d} = nq\mu * E

qui est la loi d'Ohm. À partir de cette équation, il est possible de définir la résistivité ρ (ou la conductivité σ) par : \sigma=\frac{1}{\rho} = qn\mu)

Semi-conducteur[modifier | modifier le code]

Dans le cas semi-conducteur, la situation est semblable, excepté qu'il y a cette fois-ci dans le matériau deux types de porteurs de charge, les électrons et les trous, ainsi que la dérive des porteurs de charge s'accompagne d'un autre phénomène, la diffusion.

v_{dn} = - \frac{q \tau_c}{m_n^*} * E
v_{dp} = \frac{q \tau_c}{m_p^*} * E

avec respectivement vdn et vdp les vitesse de dérive des électrons et des trous (la vitesse de trous est positive car elle est dans le même sens que le champ électrique) et m_n^* m_p^* leur masse effective dans la matériau.

Ceci permet de définir leur mobilité :

v_{dn} =  -\mu_n * E
v_{dp} =  \mu_p * E

À partir de la vitesse de dérive,on peut de calculer le courant de dérive (ou courant de conduction) :

J_{dn} =  -n*q*v_{dn} = nq\mu_n * E

pour un courant d'électrons

J_{dp} =  p*q*v_{dn} = pq\mu_p * E

pour un courant de trous, où n et p sont le nombre d'électrons et de trous, respectivement. Le courant total induit par le champ électrique est donc :

J_{d} = J_{dn}+J_{dp} = q(p\mu_p+n\mu_n) * E

qui n'est autre que la loi d'Ohm. On définit la résistivité ρ (ou la conductivité σ) par : \sigma=\frac{1}{\rho} = q(p\mu_p+n\mu_n)

Il faut toutefois noter que contrairement aux métaux, les électrons et les trous ne sont pas répartis initialement de façon homogène, mais selon un gradient. Cette répartition inégale est à l'origine d'un autre phénomène, la diffusion de porteurs, elle-même résultant en un autre type de courant, le courant de diffusion. Ce courant de diffusion est responsable un champ électrique induit, même à équilibre thermique, qui provoque en retour un courant de dérive de même intensité mais de sens opposé.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]