Université de Paris

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Université de Paris
Image illustrative de l'article Université de Paris
Devise Hic et ubique terrarum
« Ici et partout sur la terre »
Informations
Fondation 12e siècle. Supprimée en 1793, refondée en 1896.
Dissolution 31 décembre 1970
Type Université corporative puis publique
Localisation
Coordonnées 48° 50′ 55″ N 2° 20′ 36″ E / 48.848611, 2.34333348° 50′ 55″ Nord 2° 20′ 36″ Est / 48.848611, 2.343333  
Ville Paris
Pays France

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Université de Paris

L’université de Paris était l’une des plus importantes et des plus anciennes universités médiévales. Apparue dès le milieu du XIIe siècle, elle est reconnue par le roi Philippe Auguste en 1200 et par le pape Innocent III en 1215. Elle acquiert rapidement un très grand prestige, notamment dans les domaines de la philosophie et de la théologie. Constituée comme l’association de tous les collèges parisiens situés sur la rive gauche, elle assurait la formation de tous les clercs, c’est-à-dire de tous les cadres et agents administratifs des institutions royales (conseil d’État, parlements, tribunaux, cours des comptes, impôts, etc.) et ecclésiastiques (enseignement, hôpitaux, libraires, recherche, évêques, abbés).

L’université de Paris, après une longue période de déclin à l’époque moderne, est supprimée en 1793, et remplacée par des écoles supérieures spécialisées de droit, de médecine, d’ingénieurs, par les écoles normales, etc.

Un peu plus d'un siècle plus tard, en 1896, l’université de Paris est réinstituée sur des bases différentes avec quatre facultés (droit, médecine, lettres, sciences), et environ encore un siècle plus tard, en 1971, elle est divisée en treize universités indépendantes.

Hormis les établissements situés à la périphérie de Paris et à l'exception notable de l'Université Panthéon-Sorbonne (environ 37 000 étudiants) associée à l'HESAM, celles de ces universités qui sont proprement parisiennes et issues de l'ancienne université, tendent à se reconstituer en deux ensembles fédérant autour d'eux quelques grandes écoles, Sorbonne Paris Cité (environ 106 000 étudiants) et Sorbonne Universités (environ 66 000 étudiants).

Ancien Régime[modifier | modifier le code]

Historique[modifier | modifier le code]

Fondation et âge d'or de l'université de Paris[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Université de Paris au Moyen Âge.

L’universitas magistrorum et scholarium Parisiensis (mot à mot l’« ensemble des maîtres et des élèves de Paris ») est d’abord une corporation de maîtres et d’élèves qui apparaît à Paris vers 1150, en complément de l’école de théologie de Notre-Dame. Le premier acte qui lui donne un statut officiel est une charte du 15 janvier 1200 par laquelle le roi Philippe Auguste accorde à la « communauté » (c'est l'invention du mot « Université » au sens d'établissement d'enseignement, terme du code justinien qui n'avait auparavant qu'un sens strictement juridique de corporation, personne morale[1]) de ses membres le « for ecclésiastique », c’est-à-dire le privilège d’être jugé par un tribunal ecclésiastique et non civil. Les membres de l’université sont donc tous considérés comme des clercs, ce qui ne les empêche pas d’être très turbulents et de provoquer des incidents dans les tripots parisiens. L’université est reconnue par le pape Innocent III — qui y avait étudié —, par une bulle de 1215, bulle confirmée par une autre de Grégoire IX de 1231. L’organisation de l’enseignement en quatre facultés — décret (ou droit canon, le droit civil n'ayant été autorisé qu'en 1679), médecine (médecine, chirurgie, apothiquerie), théologie et « arts libéraux » (grammaire, rhétorique, dialectique, arithmétique, géométrie, musique, astronomie) — remonte à un arbitrage pontifical de 1213. Le logement des étudiants (les « écoliers ») et l’organisation des corps se fait au sein de fondations pieuses appelées « collèges ». L’université de Paris est un studium generale c’est-à-dire un centre d’enseignement de toutes les disciplines.

Aux XIIe et XIIIe siècles, c’était l’une des premières universités d’Europe, avec Bologne, Oxford, Cambridge, Salamanque, Montpellier et Toulouse.

L’université de Paris ne tarde pas à devenir une véritable autorité morale. Les docteurs de l’université se prononcent sur des controverses fameuses comme la taxation des bénéfices ecclésiastiques par le Saint-Siège, et jouent un grand rôle au moment du Grand Schisme d’Occident (1378-1417). C’est le chancelier de l’université de Paris, Jean de Gerson, qui anime d’ailleurs le concile de Constance (1414-1418), qui met fin au schisme. Pendant la guerre de Cent Ans, l’université soutient les Anglais et le parti bourguignon, et approuve l’exécution de Jeanne d’Arc (1431). Son ancien recteur, Jean Beaupère, participera aux interrogatoires de cette dernière.

Au XVe siècle, l’université est souvent en grève, notamment pendant trois mois en 1443, et pendant six mois de septembre 1444 à mars 1445, pour défendre son exemption fiscale. Jusqu’en 1446, les étudiants dépendent en matière pénale de l’université. Mais il arrive régulièrement que des écoliers soient arrêtés par le prévôt du roi. Dans ce cas-là, le recteur de l’université se rendait au Châtelet pour demander à ce que l’écolier soit jugé par l’official de l’université. Si le prévôt du roi refusait, l’université se mettait en grève.

L'université concurrencée : absolutisme royal et nouveaux collèges[modifier | modifier le code]

La fin du XVe siècle marque pour l’université de Paris le début d’une période délicate. Charles VII la soumet, en 1446, à la juridiction du parlement de Paris, ce qui suscite des émeutes estudiantines auxquelles participe, entre autres, le poète François Villon. En 1453, un écolier, Raymond de Mauregart, est tué par les sergents du Châtelet et l’université se met à nouveau en grève pendant plusieurs mois.

L’université de Paris s’oppose en vain au concordat de Bologne, signé en 1516 par François Ier, qui donne au pouvoir royal la possibilité de contrôler l’accès aux grands bénéfices. La fondation du Collège de France, en 1530, et l’apparition de la Compagnie de Jésus et de la Société de l'oratoire de Jésus au milieu du XVIe siècle viennent concurrencer l’université, avant que les guerres de Religion n’embrasent la France. En 1600, Henri IV supprime les privilèges de l’université.

Après des velléités d’indépendance au cours de la Fronde, l’université se soumet à Louis XIV. Elle condamne les idées de Descartes, puis celles des philosophes du siècle des Lumières. Après l’expulsion des Jésuites en 1762, elle annexe le collège Louis-le-Grand et un nouveau bâtiment est construit place du Panthéon pour la faculté de droit.

Organisation de l’université[modifier | modifier le code]

Institutions transversales de l'université[modifier | modifier le code]

Église Saint-Julien-le-Pauvre, premier siège des assemblées de l’université de Paris.

L’ancienne université de Paris était formée de quatre facultés : une faculté généraliste, la faculté des arts, et trois facultés spécialisées : la faculté de décret (droit canon), qui devient en 1679 faculté de droit, la faculté de médecine et la faculté de théologie.

Au sein de la faculté des arts existaient quatre groupements appelés « nations » : la nation de Normandie, la nation de Picardie, la nation d’Angleterre, puis d’Allemagne, et la nation de France. Excepté la nation de Normandie, ces nations étaient composées d’un certain nombre de provinces, elles-mêmes subdivisées en diocèses.

Par exemple, la nation de Picardie comprenait deux parties comprenant chacune cinq diocèses :

La nation d’Angleterre était d’abord divisée en deux provinces, la province composée du seul royaume d’Angleterre, et la province composée de onze royaumes non anglais. Les Anglais étant devenus plus tard très minoritaires, la nation abolit cette distinction en 1331 et se subdivisa vers la fin du XIVe siècle en trois provinces, Haute-Allemagne, Basse-Allemagne et Écosse. Après la guerre de Cent Ans, la nation d’Angleterre devint la nation d’Allemagne.

Chaque compagnie (faculté ou nation) élisait deux officiers subalternes appelés bedeaux, qui étaient chargés de proclamer les congés, les heures et les jours de leçons, de publier les décisions de la compagnie et d’en assurer l’exécution matérielle, enfin de précéder avec des masses d’argent le recteur, le doyen ou le procureur dans les grandes cérémonies.

L’université réglementait les industries du livre (librairie, parcheminerie, reliure, enluminure). Elle gérait également le service des messagers.

Les finances étaient administrées par chaque compagnie. Elles étaient confiées à un officier élu, un receveur pour les nations, le grand bedeau pour la faculté de théologie, un trésorier pour la faculté de décret, et le doyen pour la faculté de médecine.

Il fallait être maître ès arts pour être membre de la faculté des arts ; il fallait être docteur pour participer aux délibérations des autres facultés. Les bacheliers des facultés supérieures, qui étaient maîtres ès arts, faisaient partie de la faculté des arts tant qu’ils n'étaient pas docteurs. Le doctorat leur ôtait le droit de participer aux élections et aux délibérations de la faculté des arts. Les religieux de la faculté de théologie et la plupart des bacheliers de la faculté de décret ne faisaient pas partie de la faculté des arts.

Le poste le plus éminent de l’université était celui de recteur. Au XVIIIe siècle, celui-ci était élu tous les trois mois, mais le même était généralement reconduit durant une année. Chaque élection donnait lieu à la « procession du recteur », où défilaient l’ensemble des dignitaires de l’université en partant du siège de l’université (le collège Louis-le-Grand au XVIIIe siècle). L’ensemble des ordres religieux étaient ainsi conviés (augustins, cordeliers, carmes, jacobins, billettes, Blancs-Manteaux, ordre de Sainte-Croix, ordre du Val-des-Écoliers, trinitaires, prémontrés, ordre de Cîteaux, ordre de Saint-Benoît, ordre de Cluny).

Chaque gradué, chaque officier des différentes facultés possédait un costume déterminé :

  • les gradués :
    • les maîtres ès arts, en robe noire
    • les bacheliers en médecine, en robe noire et chaperon herminé
    • les bacheliers en droit, en robe noire et chaperon herminé
    • les bacheliers en théologie, en robe noire et chaperon doublé de fourrure
    • les docteurs en droit, en robe rouge et chaperon herminé
    • les docteurs régents en médecine, en chape et fourrure
    • les docteurs en théologie, en robe noire et violette fourrée avec bonnet de même couleur
  • les officiers :
    • le courrier de l’université
    • les 4 censeurs des nations
    • le premier appariteur de la faculté de médecine, en robe bleue fourrée de blanc avec sa masse
    • le premier appariteur de la faculté de droit, en robe violette avec sa masse
    • le premier appariteur de la faculté de théologie, en robe violette fourrée de blanc avec sa masse
    • le recteur de l’université, en robe violette et bonnet carré violet, avec le mantelet royal et l’escarcelle de velours violet, garnie de glands d’or et de galons d’or
    • les syndic, greffier et receveur de l’université, en robe rouge herminée
    • les doyens des facultés
    • les procureurs des quatre nations, en robe rouge herminée blanc et gris
    • les régents de la faculté des arts, en robe rouge avec le chaperon doublé de fourrure
    • les 12 imprimeurs et libraires jurés
    • les 4 papetiers jurés
    • les 4 parcheminiers jurés
    • les 2 enlumineurs
    • les 2 relieurs
    • les 2 écrivains jurés
    • les grands messagers en tunique de velours pourpe brodée de fleurs de lys d’or, tenant aux mains le bâton d’azur, semé de fleurs de lys d’or
    • les hérauts des grands messagers
  • recteur de l’université

Le recteur était choisi parmi les membres de la faculté des arts. Il présidait le tribunal académique qui se tenait au chef-lieu de l’université le premier samedi de chaque mois. Il était formé par les doyens des facultés de théologie, de droit, de médecine, et par les quatre procureurs des quatre nations qui composaient la faculté des arts. Le procureur-syndic, le greffier et le receveur assistaient aux séances. Le tribunal jugeait tous les différends entre les membres de l’université. Les plaignants pouvaient faire appel devant l’assemblée générale des facultés.

Les enseignements avaient généralement lieu au sein d’établissements tenus par des fondations pieuses appelés « collèges », comme le collège de Sorbonne ou le collège de Navarre pour la théologie (ou, pour les jeunes artiens, le collège de Montaigu, par exemple). L’université de Paris ne possédait pas de bâtiment en propre.

L’université avait droit à la nomination de quatorze bénéfices : les trois cures de Saint-André-des-Arts, de Saint-Côme, de Saint-Germain-le-Vieux, et onze chapellenies.

Les armes de l’université représentaient une main tenant un livre entouré de trois fleurs de lys d’or à fond d’azur.

Collèges constituants[modifier | modifier le code]

Rationalisation des Lumières[modifier | modifier le code]

Cour d’honneur de l’actuel lycée Louis-le-Grand, ancien siège de l’université de Paris.

En 1763, après l’expulsion des jésuites, l’université est réorganisée et 28 de ces collèges (notés par une *) sont réunis au collège Louis-le-Grand devenu le chef-lieu de l’université. Il ne reste plus alors à la faculté des arts de Paris, en plus du collège Louis-le-Grand, que neuf collèges dits de plein exercice dispensant encore un enseignement : collège du Cardinal-Lemoine, collège des Grassins, collège d'Harcourt, collège de la Marche, collège de Lisieux, collège de Montaigu, collège de Navarre, collège du Plessis et collège des Quatre-Nations.

Un séminaire philologique est créé au collège Louis-le-Grand pour former les professeurs des collèges.

En 1766 est créé un concours d’agrégation pour les classes de philosophie, belles-lettres et grammaire. Lors des vacances d’emploi, les nouveaux professeurs sont choisis parmi les agrégés.

Organisation des études[modifier | modifier le code]

Modus Parisiensis[modifier | modifier le code]

Littéralement "la méthode de Paris". Elle fut utilisée au début du XVIe siècle par les Jésuites[3], dans leurs collèges. Le collège de Montaigu a été le premier à l'instaurer. Les élèves sont divisés en classes, et une salle est attribuée à chaque classe. Le maître suit un programme basé plutôt sur la pratique que sur la théorie.

Grades[modifier | modifier le code]

Le grade le plus ancien est la licence. Celui-ci n’est en fait pas un grade d’origine universitaire puisqu’il était conféré par le chancelier de Notre-Dame ou de Sainte-Geneviève et donnait le droit d’enseigner dans toutes les universités. L’université créa ensuite d'autres grades : le baccalauréat, le bachelier obtenant le droit d’assister le professeur avant d’obtenir la licence ; la maîtrise, grade terminal des études artiennes marquant l’intronisation dans la corporation ; et le doctorat qui reconnaissait le titulaire comme un maître de sa discipline (droit, médecine, théologie).

Le baccalauréat avait donc deux niveaux. Le baccalauréat ès arts était le premier grade. C'est en ce sens qu'il désigne aujourd'hui en France le diplôme donnant accès aux études supérieures. Le maître ès arts restait cependant moins qualifié que le bachelier ès décret, médecine, ou théologie.

Le titre de docteur donnait aux décisions de celui qui le portait force de loi. Ce qu'un docteur ès décret avait dit ou écrit pouvait servir d'argument auprès d'un juge. Ce qu'un docteur en théologie disait ou écrivait l'était avec l'autorité de l'Église et ne pouvait être contesté sans risquer une accusation d'hérésie. L'admission au titre de docteur signifiait que la thèse soutenue était admise par les docteurs plus anciens comme n'étant pas une hypothèse ou une possibilité d'interprétation mais comme une expression exacte du Saint Esprit. D'où les enjeux et la force du débat introduit par un Thomas d'Aquin par exemple ou des discussions sur le rôle de l'interprétation humaine introduites par la pensée d'un Duns Scot. Le titre de docteur avait donc une valeur proche de celui que nous nommons aujourd'hui professeur et avait en fait un sens bien différent.

Examens[modifier | modifier le code]

Voici quelques détails portant sur le baccalauréat dans les différentes facultés supérieures présentés dans l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert.

Faculté de décret[modifier | modifier le code]

D’après les statuts de 1600, le baccalauréat en droit canonique peut être obtenu après deux années d’études. Le candidat passe un examen sur les Décrétales de Grégoire IX, le Sexte et les Clémentines[4] devant deux docteurs, puis prête serment et reçoit la bénédiction du doyen. La faculté de décret a été supprimée en 1679 par l'édit de Saint-germain pris par Louis XIV qui l'a remplacé par la faculté des droits. y sera enseigné non seulement le droit canon mais aussi le droit romain et le droit français.

Faculté de médecine[modifier | modifier le code]

Pour être bachelier en médecine, il faut, après avoir été quatre ans maître ès Arts dans l’université, faire deux ans d’étude en médecine et subir un examen, après quoi on est revêtu de la fourrure pour entrer en licence.

D’après les statuts de 1600, on ne reçoit les bacheliers en médecine que de deux ans en deux ans. Cette réception se fait vers la mi-carême. Les aspirants doivent justifier qu’ils sont maîtres ès arts de l’université de Paris depuis quatre ans ou huit pour une autre université. Le candidat passe un examen puis prête serment. La clause de célibat a été retirée depuis 1600. Les bacheliers en médecine ne peuvent exercer dans la ville ou les faubourgs de Paris qu’avec l’assistance d’un docteur. D’après un édit de 1707, pour les autres facultés de France, il faut être licencié pour exercer la médecine.

Siècle de suspension[modifier | modifier le code]

Fermeture de l’université de Paris[modifier | modifier le code]

L’ancienne université de Paris disparaît avec la suppression des corporations durant la Révolution française. En 1791, René Binet est chargé des fonctions de recteur par la municipalité de Paris. Au mois de février 1792, la faculté de théologie et le tribunal académique furent supprimés, sur le rapport du représentant Gaudin. Le 19 avril 1792, l’assemblée ordonna que tous les instituteurs ecclésiastiques seraient obligés de prêter serment à la constitution civile du clergé. Puis la Convention nationale supprima par décret du 15 septembre 1793 les collèges de plein exercice et les facultés sur l'ensemble du territoire de la République. La Convention nationale décide de remplacer l’enseignement des anciennes universités par un ensemble d’écoles centrales et d’écoles spéciales, précédées par les écoles primaires. En 1794 une école de médecine fut créée, qui reprit les fonctions de la faculté de médecine. Elle fut rejointe en 1804 par une école de droit.

Facultés de Paris au sein de l’université de France[modifier | modifier le code]

La loi de 1806 crée une académie de Paris, qui reprend les fonctions de l’ancienne université de Paris, avec une faculté des lettres, une faculté des sciences, une faculté de théologie catholique (jusqu'en 1885), toutes les trois à la Sorbonne, une faculté de droit et une faculté de médecine. Chaque faculté est dirigée par un doyen nommé par le grand-maître de l’université de France. Celui-ci est également recteur de l’académie de Paris.

Nouvelle université de Paris[modifier | modifier le code]

La république positiviste reconstitue une université à Paris[modifier | modifier le code]

La Sorbonne, siège de l’université de Paris et des facultés des sciences et des lettres.
La faculté de droit et des sciences économiques.
La faculté de médecine.
L’Institut de géographie.

Suite au décret du 25 juillet 1885 donnant aux facultés la personnalité civile, le décret du 28 décembre 1885 instituant un conseil général des facultés dans une même académie, la loi du 28 avril 1893 donnant la personnalité civile aux corps formés par la réunion de plusieurs facultés d’une académie et celle du 10 juillet 1896 donnant le nom d’université aux corps de facultés, la nouvelle université de Paris fut créée en 1896 comme groupement de la faculté des sciences, de la faculté des lettres, de la faculté de droit, de la faculté de médecine, de la faculté de théologie protestante (créée en 1877, transformée en faculté libre en 1905) et de l’École supérieure de pharmacie. Elle fut inaugurée le 19 novembre 1896 par le président de la République Félix Faure.

Figure de proue scientifique de la France[modifier | modifier le code]

Temple du positivisme[modifier | modifier le code]

Nouvelle organisation des études[modifier | modifier le code]

Toujours plus d'étudiants[modifier | modifier le code]

Dès les années 1910, de nouveaux bâtiments sont construits (Institut de géographie, Institut d'Art et d'Archéologie)[5]. En 1914, l’université de Paris compte 17 308 étudiants, elle en compte 64 151 en 1956. La très forte croissance des effectifs oblige les différentes facultés à investir de nouveaux sites ; en particulier la faculté des sciences quitte progressivement la Sorbonne pour le campus d’Orsay puis pour celui de Jussieu ; une partie des enseignements de lettres est transférée à Censier et à Nanterre, tandis que la gestion s'installe porte Dauphine.

Présidents du conseil de l’université de Paris[modifier | modifier le code]

Mai 68 et après, l'université éclatée[modifier | modifier le code]

Embrasement de l'université de Paris[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Mai 68.

Démembrement de l'université de Paris[modifier | modifier le code]

Après les événements de mai 1968 et pour diverses raisons, une réforme profonde de l'enseignement supérieur sembla nécessaire. La loi Faure visait à cela. Elle invitait les professeurs à se répartir comme ils l'entendaient au sein d'unités d'enseignement et de recherche, disciplinaires, qui seraient ensuite réunies en de nouveaux établissements. En raison des rivalités encore toutes chaudes issues du mouvement de mai, les regroupements furent politiquement très marqués, au départ du moins. L’université de Paris fut ainsi démembrée et cessa à nouveau d'exister le 31 décembre 1970 (annonce du ministre Olivier Guichard le 20 mars 1970). Treize universités autonomes, théoriquement pluridisciplinaires, lui succédaient.

L’ensemble totalise 336 000 étudiants. En même temps était créée une structure de coordination administrative, la chancellerie des universités de Paris, destinée à représenter le ministère auprès des nouvelles institutions ainsi que leurs biens et dotations venus de l'État.

Regroupements au XXIe siècle[modifier | modifier le code]

S'il a pu sembler nécessaire à l'époque, le démembrement de l'université de Paris a été depuis vivement critiqué. Des rapprochements ont eu lieu entre universités parisiennes à partir des années 2000. La création de l'association Paris Universitas en 2005, puis la mise en place des PRES à partir de 2007 a autorisé ce type de rapprochement institutionnel. En 2007, les PRES UniverSud Paris et Université Paris-Est ont été créés, regroupant principalement des établissements se situant hors de Paris, suivis en 2010 des PRES Sorbonne Paris Cité et Sorbonne Universités. Ces regroupements ont été consolidés à l'occasion de la désignation des "pôles pluridisciplinaires d'excellence d'enseignement supérieur et de recherche de rang mondial (IDEX)". Les Universités parisiennes issues du démembrement se regroupent avec des grandes écoles, des instituts et des centres de recherche, de la manière suivante:

Personnalités liées[modifier | modifier le code]

Étudiants[modifier | modifier le code]

Enseignants[modifier | modifier le code]

Docteurs[modifier | modifier le code]

  • Pierre Le Roux (Biologiste)

Docteurs honoris causa[modifier | modifier le code]

L'université de Paris confère pour la première fois en 1918 un doctorat honoris causa au président américain Wilson, puis de nouveau en 1921 à Nicholas Murray Butler, président de l'université Columbia, et à Abbott Lawrence Lowell, président de l'université Harvard. D'autres savants étrangers suivent les années suivantes, pour un total d'environ quatre cents de 1919 à 1968, avec une période de suspension pendant l'Occupation de 1940 à 1945[8].

Les cérémonies avaient lieu dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne, à l'occasion de la séance solennelle de rentrée de l'Université. Le recteur place sur l'épaule gauche du récipiendaire la chausse bleue et rouge aux couleurs de Paris avec les trois rangs de fourrure blanche du grade de docteur. Le doctorat est alors conféré au nom de l'Université, et non à celui de la Faculté qui en avait fait la proposition[8].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Digeste, ed. Mommsen, 1886.
  2. Voir Abbé Lebeuf, Histoire de la Ville et de tout le Diocèse de Paris, Librairie de Féchoz et Letouzey, 1883, p. 347 ; « [Le séminaire de Saint-Nicolas] n’étoit, dans le commencement, qu’une société de dix ecclésiastiques que M. Adrien Bourdoise, l’un d’eux, avoit réunis en 1612 au collège de Rheims, où il demeurait alors. L’objet que l’instituteur se proposoit étoit de faire des conférences pour ceux qui se destinent à la prêtrise… Enfin, après plusieurs épreuves se consacrèrent, en 1618, à l’instruction des jeunes clercs. En 1620, ils allèrent demeurer près Saint-Nicolas du Chardonnet. » Voir Lebeuf-Bournon, Histoire de la Ville et de tout le diocèse de Paris : Rectifications et addition, p. 398-399. Voir aussi Gosse (Emmanuel), Adrien Bourdoise, fondateur du séminaire de Saint-Nicolas-du-Chardonnet (1584-1655) et l’idéal du parfait ecclésiastique, mémoire de maîtrise présenté sous la direction de M. Cédric Giraud, Paris, 2007, 130 p.
  3. Aux sources de la pédagogie des Jésuites : Le « Modus parisiensis », Gabriel Codina Mir
  4. Édouard Fournier, L'enseignement des Décrétales à l'université de Paris au Moyen Âge, p. 58-62, Revue d'histoire de l'Église de France, année 1940, no 110
  5. Christian Hottin, « La formation du quartier Latin », dans Christian Hottin (dir.), Universités et grandes écoles à Paris..., p. 32-36, spécialement p. 35.
  6. Simon Epstein (2008), Un paradoxe français. Antiracistes dans la Collaboration, antisémites dans la Résistance, Albin Michel, collection Bibliothèque Histoire, p.110
  7. Décret n° 2010-1751 du 30 décembre 2010 portant création de l'établissement public de coopération scientifique « HESAM »
  8. a et b Dillemann Georges, « Les docteurs honoris causa de l'Université René-Descartes présentés par la Faculté de Pharmacie de Paris », Revue d'histoire de la pharmacie, 79e année, N°290, 1991, pp. 283-288, consulté sur www.persee.fr le 7 février 2011

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]