Substitut sanguin

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Les substituts sanguins sont des solutions capables, jusqu'à un certain point, de compenser la perte sanguine suite à une hémorragie. Il s'agit, en 2006, essentiellement d'une voie de recherche, sans application chez l'homme. En 2006, selon l'Académie nationale de médecine, « la production ex-vivo de cellules en est à l'état de recherche et la découverte de substituts reste décevante »[1].

À noter que les solutions destinées à compenser le volume sanguin sans apporter des transporteurs d'oxygènes (solutions colloïdes...), ne sont, par définition, pas des substituts sanguins.

Pourquoi des substituts sanguins ?[modifier | modifier le code]

Les substituts sanguins font l'objet de recherches constantes en espérant pouvoir remplacer un jour la transfusion sanguine qui présente des risques bien connus (contamination microbienne au sens large, incluant virus et prions, compatibilité). La possibilité de transfusion dépend en outre étroitement des dons du sang, qui, dans certains cas (groupes sanguins rares par exemple), ont du mal à répondre aux besoins.

Depuis les années 1990, l'indication des transfusions sanguines est devenue beaucoup plus rigoureuse et les techniques d'économie se sont développées (autotransfusion, récupération du sang sur le champ opératoire...). Cependant, la multiplication des problèmes de santé due au vieillissement de la population, l'utilisation fréquente de techniques chirurgicales longues, consommatrices en sang, les situations de crises (accidents, guerres...), ne permettent pas de postuler une décroissance suffisante en besoins de sang, rendant plus évident un besoin en substituts sanguins.

Des raisons de gains financiers sont également prises en compte dans le développement de produits de substitution moins coûteux que le sang (aux États-Unis, par exemple, les deux premières unités de sang transfusées ne sont pas remboursées).

Depuis 1995, une expérimentation mise en place aux États-Unis a pris une certaine ampleur et 106 centres médicaux mettent en place des programmes sans sang (bloodless).

Les substituts sanguins[modifier | modifier le code]

Quand l’hémorragie est trop importante (> à 40 %), en plus de la restauration de la volémie, il faut rétablir le transport de l’oxygène et donc l’oxygénation des organes. Parmi les solutions qui transportent l’oxygène, on en distingue deux catégories, les perfluorocarbones (PFC) et les substituts d’hémoglobine (HBOC : haemoglobin oxygen carrier).

Les PFC sont des composés chimiques qui transportent l’oxygène sous forme dissoute, dans l’émulsion qu’ils forment. Néanmoins, le produit phare de cette méthode Oxygenttm (en) produit par Alliance s'est vu refusé sa mise sur le marché américain par la FDA en février 2005 en raison de problème de sûreté. Restent des expériences prometteuses sur d'autres procédés[2].

Les HBOC sont obtenus par purification d’hémoglobine bovine (Hémopure, Biopure) ou par synthèse de l’hémoglobine par génie génétique (Optro, Baxter), puis modification chimique pour stabiliser l’hémoglobine. Ils transportent l’oxygène par liaison à l’hémoglobine.

En 2004, aucun de ces substituts n'a été encore approuvés par la FDA (Food and Drug Administration), ils faisaient tous l'objet d'essais clinique. Certains essais comme par exemple pour Optro, ont été abandonnés[3].

On peut aussi évoquer Polyheme qui fait actuellement l'objet d'une controverse sur la procédure de test[4].

D'autres molécules sont en cours de test, comme les dendrimères (polymères en forme d'arbre).

Une autre voie de recherche est la production de érythrocytes de culture à partir de cellules souches[5]. En 2011, l'équipe du professeur Luc Douay a réussi le premier test (tolérance, rendement, durée de vie...) d' autotransfusion humaine de globules rouges : l'injection chez l'homme de quelques millilites de globules rouges cultivés (GRc) est réalisée à partir de ses propres cellules souches hématopoïétiques (CSH)[6].

Notes et références =[modifier | modifier le code]

  1. Voir dans les annexes du Rapport 3507 de la commission d'enquête parlementaire relative à l'influence des mouvements sectaires sur les mineurs, la lettre du Professeur Jacques-Louis Binet, secrétaire perpétuel de l'Académie nationale de Médecine
  2. prospective.org
  3. americasblood.org
  4. blog.bioethics.net
  5. (en) Shi-Jiang Lu, Qiang Feng, Park JS et al. « Biological properties and enucleation of red blood cells from human embryonic stem cells » Blood 2008;112(12):4475-84. PMID 18713948 DOI:10.1182/blood-2008-05-157198
  6. (en) Luc Douay et al., « Proof of principle for transfusion of in vitro generated red blood cells », Blood,‎ 1er septembre 2011 (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]