Seikanron

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Le débat du Seikanron. Takamori Saigō est assis au centre. Peinture de 1877.

Le débat du Seikanron (japonais: 征韓論, coréen: 정한론 lit. "Débat sur la conquête de la Corée") est une rencontre politique importante qui s'est déroulée au Japon en 1873.

Takamori Saigō et ses partisans ont insisté pour que le Japon affronte la Corée à cause du refus de cette dernière de reconnaitre la légitimité de l'empereur Meiji comme chef d'État de l'Empire du Japon, et pour avoir insulté et expulsé les représentants japonais envoyés pour établir des relations commerciales et diplomatiques. L'option de la guerre voyait également dans une attaque de la Corée une occasion idéale d'occuper les milliers de samouraïs inoccupés, qui avaient perdu la majeure partie de leur revenu et leur position sociale dans le nouvel ordre social et économique de Meiji. Ces samouraïs constituaient une menace pour le gouvernement, et (en tant que samouraï lui-même) Saigō était préoccupé par leur situation.

Selon l'orthodoxie, « Saigo lui-même s'est porté volontaire pour aller en Corée en tant qu'envoyé spécial, invitant une tentative d'assassinat qui fournirait le prétexte, s'il en était nécessaire, pour une expédition punitive. » Cependant les historiens révisionnistes arguent le fait que le rapport de Saigo était une tentative de gagner l'appui d'Itagaki Taisuke. De plus, alors que l'expédition vers la Corée avait pour but de fournir un revenu aux samouraïs sans emploi, Saigo ne s'est pas opposé au plan d'Inoue-Yoshida, qui supprimait les revenus des samouraïs. Ainsi, la condamnation de Saigo de la provocation de Meiji contre la Corée en 1876 suggère que Saigo avait toujours voulu « établir une relation solide. » En tous cas, les autres chefs japonais se sont fortement opposés à ces plans, en partie pour des raisons budgétaires, et en partie à cause de la faiblesse du Japon de rivaliser avec les pays occidentaux de ce qu'ils avaient été témoins pendant la mission Iwakura.

Tandis que les historiens orthodoxes regardent la dispute comme une question de savoir si oui ou non il fallait envahir la Corée, la provocation contre la Corée en 1876 soutient l'affirmation que la partie d'Iwakura n'a jamais été en désaccord sur l'approbation d'une attaque. Les révisionnistes voient le Seikanron non pas comme un débat sur l'invasion, mais sur quand la faire et qui doit la faire. Les anciens de la mission Iwakura pensaient que le Japon était trop faible pour attirer une attention internationale et devait se concentrer sur des réformes internes, parce que l'opposition entre le gouvernement de transition et les partisans d'Iwakura provoquaient des luttes de pouvoir, (Okubo Toshimichi, par exemple, n'avait aucun vrai pouvoir à ce moment-là, voyant que sa position serait prise après son départ). Les arguments contre l'invasion de la Corée ont été décrits point par point dans un texte d'Okubo Toshimichi « Le document des 7 points », daté d'octobre 1873, dans lequel il arguait le fait qu'une action contre la Corée était prématurée parce que le Japon était dans un processus de modernisation et qu'une invasion serait trop coûteuse pour que le Japon puisse la soutenir. Les opinions d'Okubo ont été soutenues par les partis pacifistes qui étaient composés la plupart du temps d'anciens membres de la mission Iwakura. Iwakura a renversé la décision de l'empereur d'envoyer Saigo en Corée, mettant fin à la discussion.

Comme on avait décidé qu'aucune action ne devait être prise contre la Corée, beaucoup des partisans pour la guerre, y compris Saigō et Itagaki, ont démissionné de leurs postes au gouvernement pour protester. Saigō est retourné dans sa ville natale de Kagoshima, bien qu'il n'avait jamais officiellement démissionné de sa fonction dans la garde de palais. Quelques historiens (principalement orthodoxes) suggèrent que cette scission politique a provoqué indirectement la rébellion de Saga de 1874 et la rébellion de Satsuma de 1877. D'autre part, Itagaki s'est impliqué dans le parti politique libéral Aikoku Kōtō et s'est opposé contre la clique d'Iwakura par des moyens légaux.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Charles L. Yates, Saigo Takamori: The Man Behind the Myth. Kegan Paul International Limited (1995). (ISBN 0710304846)
  • (ja) Kiyoshi Inoue, Saigo Takamori zenshu (Japonais)
  • (en) Janet E. Hunter, The Emergence of Modern Japan (1989) (ISBN 0582-49407-9)

Source de la traduction[modifier | modifier le code]