Mission Iwakura

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La mission Iwakura, aussi nommée ambassade Iwakura (岩倉使節団, Iwakura Shisetsudan) est une mission diplomatique japonaise envoyée dans les pays occidentaux en 1871 pendant la période Meiji. Les membres de cette ambassade avaient pour tâche d'observer certains domaines scientifiques et sociaux après une longue période d'isolement. Leur savoir serait ensuite utilisé pour contribuer à un développement étatique moderne. Ce projet fut proposé pour la première fois par Guido Verbeck, un missionnaire ingénieur Hollandais influent.

Composition[modifier | modifier le code]

Mission Iwakura (avec Iwakura Tomomi en kimono)

Le chef de la mission Iwakura était Tomomi Iwakura, ministre des affaires politiques. Il avait le rôle d'ambassadeur, assisté par 4 vice-ambassadeurs dont Okubo Toshimichi, Kido Takayoshi et Ito Hirobumi. L'historien Kunitake Kume avait pour fonction de répertorier les événements et impressions. 48 administrateurs et enseignants supplémentaires étaient inclus dans l'équipe.

En plus de cette équipe, 60 étudiants ont été envoyés. Ils restèrent parfois après la fin de la mission pour compléter leur éducation. Parmi eux, cinq jeunes femmes allèrent aux États-Unis dont Tsuda Umeko qui fonda en 1900 à son retour la fameuse école appelée aujourd'hui « Collège Tsuda ».

Kaneko Kentarō resta lui aussi aux États-Unis et rencontra plus tard Theodore Roosevelt. Ils devinrent amis ce qui amena naturellement Kentaro à prendre le rôle de médiateur lors de la fin de la guerre russo-japonaise et du traité de Portsmouth.

Nakae Chômin, membre de l'équipe rattaché au ministre de la justice, resta en France où il étudia le système judiciaire, mais aussi la philosophie (en particulier Jean-Jacques Rousseau). Il devint un journaliste et écrivain politique célèbre à son retour.

Itinéraire[modifier | modifier le code]

Départ de Yokohama le 23 décembre 1871, San Francisco, Washington, D.C., Angleterre, France, Belgique, les Pays-Bas, Russie, Empire allemand, Danemark, Suède, Autriche, Italie et Suisse.
Au retour, ils visitèrent aussi : l'Égypte, Aden, Ceylan, Singapour, Saigon, Hong Kong et Shanghai.
Ils rentrèrent deux ans après leur départ, le 13 septembre 1873.

Buts et résultats[modifier | modifier le code]

Les buts de la mission étaient de deux types :

  • politique : la renonciation de traités défavorables au Japon, imposés par les États-Unis, l'Angleterre et d'autres pays occidentaux.
  • scientifique : rassembler des informations sur l'éducation, les technologies, les cultures, les sciences militaires, sociales et économiques des pays visités dans le but de la modernisation du Japon. Le programme comprenait : les écoles, bibliothèques, musées, galeries d'art, jardins botaniques, industries, mines, arsenaux, chantiers navals, banques et chambres de commerce.
Tomomi Iwakura

Le premier but de la mission fut un échec considérable, augmentant le temps prévu de la mission. Cette prolongation permit un meilleur rendement de la deuxième partie de la mission. Par contre, l'échec politique fut la cause de frictions entre le gouvernement et la mission. D'un autre côté, les avancées de l'Occident impressionnèrent tellement les membres de la mission, qu'ils prirent de nombreuses initiatives pour la reconstruction du Japon.

Cinq ans après le retour de la mission, Kume publia un compte rendu de la mission en 5 tomes sous le nom de Tokumei zenken taishi : Beiô kairan jikki (Un vrai rapport sur le voyage d'observation à travers les États-Unis et l'Europe de l'ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire).