Psychothérapie interpersonnelle

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La thérapie interpersonnelle (TIP) est une psychothérapie, initialement développée pour le traitement de la dépression. La TIP est un traitement limité dans le temps qui encourage le patient à regagner le contrôle de son humeur et de son fonctionnement en environ 12 à 16 semaines. Elle est fondée sur des principes communs en psychothérapie incluant l'établissement d’une alliance thérapeutique dans laquelle le thérapeute engage son patient de manière empathique, l'aide du patient à se sentir compris, et facilitation de l'expression de ses émotions.

Cette thérapie propose un rationnel clair un rituel, thérapeutique et semble efficace. La thérapie interpersonnelle de la dépression est développée dans le projet de New Haven-Boston Collaborative Depression Recherche par Gerald Klerman, Myrna Weissman, et leur collègues pour le traitement de la dépression ambulatoire non psychotique non bipolaire[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

La thérapie interpersonnelle commença en 1969 à l’université Yale où le Dr Gerald Klerman s’est associé au Dr Eugene Paykel de Londres, pour mener une étude pour tester l’efficacité relative des antidépresseurs seuls et avec ou sans psychothérapie comme traitement de maintenance d’une dépression ambulatoire non bipolaire[2]. La TIP s'est constituée autour d'une structure unique en se déclinant en un nombre de séances prédéfinies : en 12 ou 16 séances, par exemple[3].

Elle inclut trois grandes étapes. La première, la phase d'introduction et d'inventaire interpersonnel : intégrant une évaluation complète de « l'état des lieux » interpersonnel de l'intéressé(e) avec un cercle de proximité interpersonnel et une évaluation du bien-fondé de cette thérapie. Elle intègre également une approche psycho-éducative. La deuxième, la phase intermédiaire qui peut prendre quatre voies différentes en fonction de la problématique interpersonnelle principalement en lien avec le trouble de l'humeur : conflit interpersonnel, déficit interpersonnel, deuil ou transition de rôle. La troisième et dernière, la phase de terminaison qui reprend l'ensemble du travail psychique et interpersonnel accompli et finalise la thérapie.

Efficacité[modifier | modifier le code]

Depuis les 20 ans passés, la TIP est évaluée par de nombreux protocoles de recherche. Son intérêt est démontré dans le traitement des patients avec une dépression. Elle est adaptée pour soigner des troubles psychiatriques (abus de substance, dysthymie et boulimie), et des populations de patients (adolescent, personnes en fin de vie, traitements de premier recours). Elle est initialement utilisée comme une thérapie à court terme (environ 16 semaines), mais a aussi été modifiée pour le traitement de maintenance pour les patients avec une dépression récurrente[1].

Depuis le début, la TIP est testée dans de nombreux protocoles cliniques[4], et prouve son efficacité dans le traitement d’épisodes aigus de dépression et dans la prévention de l’apparition ou pour retarder des rechutes. Une large étude collaborative multicentrique est conduite par le National Institute of Mental Health (NIMH) comparant la thérapie interpersonnelle, les TCC, l’imipramine et le placebo. Les résultats de cette étude ont été publiés en 1989. Ils démontrent que la TIP était assez efficace dans le traitement des symptômes aigus de la dépression les première 6 à 8 semaines avec l’amélioration des fonctions psychosociales qui continuent après 16 semaines. Frank et ses collègues à Pittsburgh démontrent l’efficacité de la TIP en traitement de maintenance et ont des facteurs contribuants.

Indication[modifier | modifier le code]

La TIP prouve son efficacité dans les troubles psychiques suivants : trouble bipolaire, boulimie, dépression post-partum, thérapie familiale, épisode dépressif majeur, cyclothymie, et de nombreux autres troubles[5],[6].

Types[modifier | modifier le code]

Pour les adolescents[modifier | modifier le code]

Bien que développée à l’origine en traitement individuel pour les adultes, la TIP est modifiée pour une utilisation avec les adolescents et les seniors[5] . La TIP pour les enfants est basée sur le présupposé que la dépression affecte les relations personnelles des individus, et que ces relations affectent réciproquement leur humeur. Le modèle de thérapie interpersonnelle identifie quatre aires dans lesquelles un individu peut avoir des difficultés relationnelles comme après la perte d’un être aimé, ou un conflit dans des relations significatives, des difficultés d’adaptation de changement dans les relations à des changements de vie, et une difficulté à faire face à un isolement social[7]. Le thérapeute interpersonnel aide à identifier des aires de besoin de construction de compétences pour améliorer les relations de ses patients et diminuer les symptômes dépressifs. Au cours du temps, le patient apprend à relier des aires dans le besoin de construction de compétences pour améliorer les relations interpersonnelles et diminuer les symptômes dépressifs. Au cours du temps, le patient apprend à relier les changements d’humeur à des évènements qui apparaissent dans ses relations, à communiquer des sentiments et des attentes dans ses relations et résoudre des problèmes à des relations difficiles[8].

La TIP est adaptée pour le traitement des dépressions chez les adolescents sur des problèmes de développement plus fréquents chez les adolescents comme la séparation des parents, de développement de relations romantiques et l’expérience initiale de mort ou d’un ami proche[8]. La TIP des adolescents aide ce dernier à identifier et à développer plus de méthodes adaptées pour faire face à des problèmes interpersonnels associés à l’apparition ou le maintien de la dépression. La TIP-A dure typiquement entre 12 et 16 semaines. Bien que le traitement implique des sessions initiales individuelles avec les adolescents, on demande aux parents de participer à quelques séances pour des leçons sur la dépression[9] .

Pour les personnes âgées[modifier | modifier le code]

La TIP est utilisée comme une psychothérapie chez les patients âgés, avec une emphase pour s’adresser à des problèmes pertinents interpersonnel. Elle apparaît notamment bien pour s’adapter aux changement de vie auxquels font face de nombreuses personnes dans leurs derniers jours[10].

Avantages et limites[modifier | modifier le code]

La TIP est particulièrement accessible aux patients qui trouvent les approches psychodynamiques mystifiantes et les travaux maison demandés par les thérapies cognitivo-comportementales (TCC) intimidantes. La TIP est spécialement adaptée aux adolescents[11] qui pourraient trouver que les TCC ressemblent trop aux devoir maisons de leur scolarité, alors que la TIP s’adresse aux relations — un problème majeur. Faibrurne rapporte qu’à la fois les patients et les thérapeutes, dans études dans la prise en charge de patientes boulimiques, exprimèrent une préférence d'utilisation des TIP versus TCC. Ceci devrait avoir des implications sur l’observation et la morale du thérapeute. Des études, comme celle conduite par Paley et al. en 2008, trouvent peu de différence. Cependant, les TIP ne cherchent pas à effectuer un travail cognitif, intrapsychique, ce qui limite de fait leur champ d'action.

La thérapie interpersonnelle apparait être une thérapie de choix dans les prises en charges d'états dépressifs stabilisés. N'étant pas une thérapie intrapsychique, la TIP permet de travailler avec le patient sans chercher à remettre en question ses croyances. Le travail cognitif de remise en question nécessite des capacités cognitives que le patient déprimé n'a pas forcement. La TIP se dégage de ce travail de fond intrapsychique, elle peut donc débuter plus précocement que d'autres formes de thérapies (psychanalyse, TCC). La TIP apparait donc être une thérapie brève, centrée sur les relations interpersonnelles, dans un but d'améliorer et de stabiliser le patient rapidement en travaillant sur son lien avec son environnement. Elle pourra laisser place dans un second temps à une thérapie intrapsychique.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) Cornes, C. L., & Frank, E. (1994). « Interpersonal psychotherapy for depression ». The Clinical Psychologist, 47(3), 9-10.
  2. (en) Weismann, M.M., (2006). A Brief History of Interpersonal Psychotherapy. Psychiatric Annals. 36:8.
  3. (en) Weissman, M. M, Markowitz, J. C., & Klerman, G. L. (2007). Clinician's quick guide to interpersonal psychotherapy. New York: Oxford University Press.
  4. (en) Klerman et al., Am J. Psychiatry 131: 186-191, 1974; Weissman et al., Am J. Psychiatry 136: 555-558, 1979
  5. a et b (en) Weissman, M. M. & Markowitz, J. C. (1998). An Overview of Interpersonal Psychotherapy. In J. Markowitz, Interpersonal Psychotherapy (pp. 1 – 33). Washington : American Psychiatric Press.
  6. (en) Markowitz, 1999
  7. (en) Weissman, M. M. & Markowitz, J. C. (1998). An Overview of Interpersonal Psychotherapy. In J. Markowitz, Interpersonal Psychotherapy (pp. 1 – 33). Washington : American Psychiatric Press.
  8. a et b (en) Swartz, H. (1999). Interpersonal therapy. In M. Hersen and A. S. Bellack (Eds). Handbook of Comparative Interventions for Adult Disorders, 2e éd. (pp. 139 – 159). New York: John Wiley & Sons, Inc.
  9. (en) Mufson L, Weissman MM, Moreau D, Garfinkel R. « Efficacy of interpersonal psychotherapy for depressed adolescents ». Arch Gen Psychiatry. 1999;56(6):573-579
  10. (en) Hinrichsen, G.A. (1999). Treating older adults with Interpersonal Psychotherapy for depression. Psychotherapy in Practice, 55 (*8). 949-960.
  11. (en) Mufson, L., Moreau, D., Weissman, M. M., et al (1993) Interpersonal Psychotherapy for Depressed Adolescents. New York: Guilford Press

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Cuijpers P, Geraedts AS, van Oppen P, Andersson G, Markowitz JC, van Straten A. « Interpersonal psychotherapy for depression: a meta-analysis ». Am J Psychiatry ; 168 (6) : 581-92.
  • (en) GL Klerman, MM Weissman. Interpersonal psychotherapy of depression: A brief, focused, specific strategy - 1994
  • (en) Neveux N. « Thérapies interpersonnelles, une nouvelle psychothérapie de la dépression ». Médecine, mai 2014, volume 10 n°5 p. 209-213
  • (en) H Rahioui, L Blecha, T Bottai, C Depuy, L Jacquesy. La Thérapie interpersonnelle de la recherche à la pratique. L'Encéphale, 2014 - Elsevier
  • (en) MM Weissman, JC Markowitz, G Klerman. Comprehensive guide to interpersonal psychotherapy - 2008
  • (en) Myrna Weissman. A Brief History of Interpersonal Psychotherapy. Psychiatric Annals 36: 8 août 2006. (553; 557)