Dépression périnatale

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Dépression post-partum)
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Baby Blues.
Dépression périnatale
Classification et ressources externes
CIM-10 F53.0
CIM-9 648.4
DiseasesDB 10921
MedlinePlus 007215
eMedicine med/3408 
Wikipédia ne donne pas de conseils médicaux Mise en garde médicale

La dépression périnatale regroupe la dépression pré-natale et la dépression post-partum (ou post-natale) qui surviennent, comme l'indique leur nom, l'une avant l'accouchement et l'autre après la naissance de l'enfant. Elles concernent la future ou la nouvelle mère.

Dépression pré-natale[modifier | modifier le code]

Avant l'accouchement, certaines mères présentent tous les éléments d'une dépression qui est liée à leur grossesse et qui rend celle-ci compliquée. Elles semblent ne pas pouvoir se réjouir de la venue de l'enfant et parfois cela vient de circonstances de vie difficiles (problèmes familiaux, de couple, migration, conditions matérielles…) ; dans d'autres cas, la dépression n'est pas rattachable à un événement extérieur mais à l'état intrapsychique de la future mère que la grossesse confronte à des problèmes non-résolus.

Dépressions post-natales[modifier | modifier le code]

Baby blues[modifier | modifier le code]

Le baby blues apparaît entre le troisième et le dixième jour suivant l’accouchement[1]. Il est parfois considéré comme une forme plus légère de la dépression post-partum. Il partage avec elle certains symptômes : pleurs, insomnies, hypersensibilité et irritabilité. Le baby blues dure rarement plus d'une semaine. Entre 50 et 80 % des mères seraient concernées. Il n'est pas considéré comme un trouble psychiatrique. Le baby blues est souvent sans lendemain. Il est bien différent de la dépression post-partum qui survient le plus souvent après un intervalle libre de 1 à 2 mois et réalise un tableau de la dépression typique ou masquée.

Dépression post-partum (DPP)[modifier | modifier le code]

La dépression post-partum est plus persistante que le baby blues et surtout plus éprouvante. Elle se manifeste par un sentiment de découragement, des pleurs constants, une perte de confiance en soi, l’impression de ne pas être une bonne mère, la culpabilité, l’anxiété, l’irascibilité et l’épuisement. À ces symptômes psychiques s’ajoutent des troubles physiques tels que des maux de tête, un engourdissement, des douleurs thoraciques et de l’hyperventilation. La dépression post-partum peut également engendrer des sentiments d’ambivalence, de négativité ou de désintérêt envers son enfant. Elle demeure souvent méconnue, en raison de la réticence culturelle à envisager qu'un accouchement et l'arrivée d'un bébé ne soient pas vécus dans le bonheur ; le « diagnostic » de fatigue, la responsabilité du bébé, qui pleure trop, dont le sommeil n'est pas réglé, retardent encore trop souvent la prise en charge. C'est souvent que le diagnostic est fait à l'occasion d'une consultation pédiatrique ou pédopsychiatrique devant des symptômes du bébé : troubles du sommeil, de l'alimentation.

Des études montrent une prévalence estimée chez les femmes entre 5 % et 25 %, mais les différences méthodologiques parmi ces études montrent une prévalence peu précise. Chez les hommes, en particulier chez les nouveaux pères, le risque de dépression post-partum est estimée entre 1,2 % et 25,5 %[2].

La dépression post-partum survient chez les femmes après la naissance d'un nouveau-né. Elle débute durant les 4 premières semaines et dure au moins 6 mois après la naissance d'un enfant[3], voire un an[4]. Les troubles peuvent persister jusqu'aux deux ans de l'enfant, si la dépression n'est pas prise en charge.

Les symptômes incluent la tristesse, la fatigue, des changements dans le sommeil et dans les conduites alimentaires, une libido réduite, des épisodes de pleurs, de l'anxiété et de l'irritabilité. Bien qu'un nombre de risques aient été identifiés, les causes de la DPP sont inconnues. La plupart des femmes guérissent à l'aide d'une thérapie de groupe ou à l'aide de conseils qui leur ont été donnés[5],[6].

Lors d'une dépression post-partum mineure, les symptômes sont plus intenses que pour le baby blues avec une période sensible les 3 premiers mois. Les symptômes sont pénibles et invalidants. Cependant, la mère ne consulte généralement pas pour elle-même mais pour le bébé.

Lors d'une dépression post-partum majeure, la femme est très préoccupée par son monde interne, elle a le faciès triste, elle est effondrée, vide ou agressive. Les troubles d'une DPP majeure commencent soit dès la 2e semaine après la naissance, soit la 5e semaine, soit entre le 10e et la 14e (pics). Il y a un risque important pour le bébé. Présentation clinique de la mère : troubles du sommeil, ralentissement psychomoteur, sensation d'être malade, perte d'appétit et de poids, difficultés à penser, se concentrer ou même agir, perte d'espoir, altération de la perception de soi et des autres, sensation d'être une mère incompétente, idées suicidaires.

Causes[modifier | modifier le code]

L'étiologie de la DPP est inconnue. Il est souvent considéré que la dépression post-partum est causée par un manque de vitamine[7][réf. insuffisante]. D'autres études montrent cependant que les causes incluent la modification des hormones féminines durant la grossesse[8]. Encore, d'autres études supposent qu'il n'existe aucune corrélation connue entre les hormones et les troubles de l'humeur post-partum[3], et que les traitements hormonaux n'ont pas aidé les patientes atteints de dépression post-partum. De loin, les pères, malgré aucun changement d'hormone, courent un risque élevé de souffrir de DPP[9]. Pour finir, toutes les mères font l'expérience de ces changements d'hormones, malgré le fait que 10-15 % d'entre elles souffrent de DPP. Ceci ne signifie cependant « pas » que les hormones ne jouent pas un rôle dans la DPP[10][réf. insuffisante].

Les très grands changements du mode de vie pour s'occuper de l'enfant sont fréquemment la cause de la DPP, mais, là encore, ce n'est qu'une simple hypothèse. Les mamans ayant auparavant accouché sans souffrir de DPP pourraient néanmoins en souffrir après la naissance de leur dernier enfant[11].

Traitements[modifier | modifier le code]

Des études scientifiques supposent qu'il existe plusieurs variétés de traitement pour lutter contre la dépression post-partum. Si la cause de la DPP peut être identifiée, le traitement doit se focaliser sur le problème associé, et peut impliquer psychothérapie cognitivo-comportementale, thérapie de groupe, etc. Les femmes doivent être prise en charge immédiatement après l'apparition des symptômes.

De nombreuses options de traitement incluent notamment :

  • Psychothérapie cognitivo-comportementale (une forme de psychothérapie)
  • Thérapie individuelle, thérapie de couple, thérapie avec l’enfant, ou thérapie de groupe
  • Un traitement antidépresseur peut être mis en place (de nombreux médicaments sont compatibles avec l'allaitement)
  • Un traitement hormonal à base d’œstrogènes (indépendamment ou en association avec des antidépresseurs)

Diagnostic[modifier | modifier le code]

Pour la classification internationale du CIM-10 est F530, c'est-à-dire : les symptômes associés à la puerpéralité qui rassemble en une classe les troubles dépressifs et psychotiques qui y sont liés.

Conséquences dans la durée[modifier | modifier le code]

Sans parler des conséquences pour l'enfant qui se développe les premières années avec une maman déprimée, les conséquences en termes de vie de couple, familiale, sociale et professionnelle peuvent parfois être considérables. La mère peut ainsi « traîner », des années durant, les suites d'une dépression périnatale jusqu'à ce que, à l'occasion d'un autre événement nécessitant une consultation psychopathologique, le spécialiste se rende compte qu'elle va mal depuis la grossesse ou la naissance du premier enfant ou d'un suivant. Il faut que le clinicien soit attentif dans son anamnèse à investiguer la ou les périodes périnatales, sinon il prend le risque de soigner « la proie pour l'ombre », c'est-à-dire l'actuel qui recouvrera manifestement les sentiments péri-nataux. Les échelles d'évaluation de la dépression, là non-plus, ne peuvent se substituer à l'entretien clinique approfondi.

Psychoses périnatales[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Psychoses périnatales.

Relativement rare, la psychose post-partum, en plus de la fatigue, l’agitation et la modification de l’humeur, s’accompagne d’un désarroi extrême, d’un sentiment de désespoir et de honte, d’hallucinations visuelles et auditives, d’une élocution rapide et d’un comportement maniaque. Elle ne toucherait qu’une mère sur mille.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dayan, J. & Baleyte, J-M (2008) Dépressions périnatales. dans : Les dépressions Périnaltales, Évaluer et traiter.  éd. Masson. p. 21-43.
  2. (en) Paulson JF. Focusing on depression in expectant and new fathers: prenatal and postpartum depression not limited to mothers. Psychiatry Times. 2010;27(2).
  3. a et b (en) Laura J. Miller, « Postpartum Depression », Journal of American Medical Association, JAMA, vol. 287, no 6,‎ 2002, p. 762-765 (lire en ligne).
  4. (en) Canadian Mental Health Association > Post Partum Depression. Consulté le 13 juin 2010.
  5. (en) Kinnaman, Gary & Jacobs, Richard. Seeing in the Dark. Michigan: Baker Publing Group, 2006.
  6. (en) Agency for Health Care Research and Quality: « Perinatal Depression: Prevalence, Screening Accuracy, and Screening Outcomes » [1].
  7. (en) John L. Beard, et al. ; J. Nutr. 135: 267–272, 2005.
  8. (en) Soares CN, Zitek B. Reproductive hormone sensitivity and risk for depression across the female life cycle: a continuum of vulnerability?, J Psychiatry Neurosci. 2008 Jul;33(4):331-43.
  9. (en) J.H. Goodman, Paternal postpartum depression, its relationship to maternal postpartum depression, and implications for family health, vol. 45, JAN,‎ 2004, 26-35 p. (PMID 14675298).
  10. (en) Block et al. (2000).
  11. (en) Forman D. Nielson, P. Videbech, M. Hedegaard, J. Dalby Slavig, & N.J. Secher, Postnatal depression: identification of women at risk, vol. 17, BJOG,‎ 2000, 1210-1217 p. (PMID 11028570).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Françoise Molénat :
    • Naissances : Pour une éthique de la prévention,  éd. Erès, coll. « Prévention en maternité », 2001, (ISBN 2865869245)
    • Prévention précoce : Petit traité pour construire des liens humains,  éd. Erès, coll. « Prévention en maternité », 2009, (ISBN 2749210895)
  • Sylvain Missonnier, Bernard Golse, Michel Soulé. La grossesse, l'enfant virtuel et la parentalité,  éd. Presses Universitaires de France, coll. « Monographies de la psychiatrie », (ISBN 2130545319)
  • Jacques Dayan. Les dépressions périnatales : Évaluer et traiter,  éd. Masson, Coll., 2008, (ISBN 2294008669)
  • Jacques Dayan. Maman pourquoi tu pleures ? Les désordres émotionnels de la grossesse et de la maternité,  éd. Odile Jacob, 2002, (ISBN 273811072X)
  • Jacques André, Laurence Aupetit (sous la direction de). Maternités traumatiques,  éd. Presses Universitaires de France, 2010, coll. « Petite bibliothèque de psychanalyse », (ISBN 2130581110)
  • Mamans Blues, Tremblements de mères, Le visage caché de la maternité, éditions l'Instant Présent, 2010 (ISBN 9782916032115)