Occitanie

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Drapeau contemporain de l'Occitanie
Carte de l'Occitanie
Villes principales d'Occitanie
Occitanie dans un texte imprimé en 1644.
Occitanie dans un texte imprimé en 1647.

L’Occitanie (Occitània[1] ou Óucitanìo[2] en occitan) est une région historique(en)(es)[3] du sud-ouest de l’Europe où l’occitan fut la principale langue vernaculaire (voir les différents noms de l'Occitanie). L'Occitanie a été reconnu comme un concept linguistique et culturel depuis le Moyen Âge, mais n'a jamais constitué une entité politique ou administrative sous ce nom. Toutefois, ce territoire était déjà uni à l'époque romaine sous le nom des "Sept provinces" (latin : Septem Provinciæ[4]) et au début du Moyen Âge (Aquitanica ou le royaume wisigoth de Toulouse[5]), avant la conquête française commencée dans les années 1200.

Dans le sens actuel, ce terme désigne le territoire où l’occitan est resté en usage jusqu'à aujourd'hui, dans les limites définies entre 1876[6] et le XXe siècle[7]. Il n'y a cependant pas de consensus sur ce qu'est l'Occitanie[8]. Si la langue et la culture occitane y sont presque toujours associés[9],[10],[11],[12], on trouve aussi des références à une histoire commune[12],[13], une ethnie[12],[13], une patrie[14],[15], à un peuple[16],[17],[18],[19],[20] ou à une nation[21],[22],[23]. Parfois le terme d'Occitanie peut être rejeté comme un mythe[12],[24]. Il peut être aussi utilisé dans un sens historique et anthropologique pour désigner un territoire plus vaste, s'étendant au nord jusqu'à la Loire[3].

L’Occitanie couvre la majeure partie du sud de la France, les vallées alpines de l’Ouest du Piémont, en Italie, le Val d'Aran en Espagne et Monaco[25],[26] soit une superficie d'environ 190 000 km2. Elle compte environ quinze millions d'habitants[27],[28] dont environ 20 % d'habitants nés en dehors du territoire[29] et environ 20 % des natifs l'ayant quitté[30]. En revanche, en l’absence de recensement linguistique, on ne connaît qu'imparfaitement le nombre de locuteurs de l'occitan[31].

L’Occitanie est caractérisée par la culture occitane qui représente depuis le Moyen Âge le second versant de la culture romane en France et dans une moindre mesure en Italie, en Espagne et à Monaco[32].

Le gentilé correspondant est Occitan, Occitane ; pl. : Occitans, Occitanes[33],[34].

Désignations[modifier | modifier le code]

Testament de Lancelot d'Orgemont, 1286. Premier président du Parlement de Langue de Oc, il déclare faire son testament selon la coutume de l'Occitanie, mores patriae occitanae.
Mention de l'Occitanie regroupant Toulousain, Agenais et Saintonge en 1756
Entrée oucitanìo dans le trésor du Félibrige de Frédéric Mistral

Occitanie provient du latin médiéval Occitania. La première partie du nom, Occ-, vient de l'occitan òc et de l'expression langue d'oc, en italien lingua d'oc. C'est une appellation promue par Dante de l'occitan par la manière de dire de "oui" en occitan-catalan ancien; par opposition a la langue de si (l'italien) et à la langue d'oïl (« oui » en ancien français). La terminaison -itania est probablement une imitation du nom [Aqu]itania (Aquitaine).

La première attestation de l'emploi d’Occitanie en français date de 1644[35],[36]. La première attestation d'Occitania en italien date de 1658[37].

L'ensemble des pays de langue d'oc a connu diverses désignations au cours de l'histoire, voir : Noms de l'Occitanie.

Comme le mot Languedoc (décomposé en "Langue de Goth[38]"), le mot Occitanie a fait l'objet d'étymologies fantaisistes. Ainsi, dans La Minerve Française, ouvrage collectif paru à Paris en 1818, on trouve une histoire des changements de nom des provinces qui fait du mot Occitanie un doublet du mot Occident formé au Bas-Empire, en lui donnant pour origine le sens de "régions située à l'Ouest[39]", et non de région où l'on parle la langue d'Oc.

Définition de la réalité occitane[modifier | modifier le code]

L'idée que toutes les personnes qui parlent occitan appartiennent à un « espace culturel commun[40] » a soulevé et soulève encore des oppositions chez ceux qui y voyaient soit une menace à l'unité nationale française[41], soit la négation d'une identité régionale (notamment en Auvergne, Béarn[42] et Provence[43]). Parallèlement au terme langues d'oc, ces régionalistes ont récemment introduit la notion de Domaine d'Oc[44].

La première étude sociologique en langue occitane pour savoir comment les occitans se définissent eux-mêmes a été commencée en 1976[45]. L'enquête montre que la réalité occitane est définie par la langue pour 95 % des personnes, la culture (94 %), la caractérisation par une histoire commune (69 %), une ethnie (50 %), une nation (20 %), 10 % des personnes estiment que l'Occitanie n'est qu'un mythe[12].

Le terme "Occitanie" se banalise de plus en plus dans le vocabulaire des scientifiques[46]. Il est utilisé particulièrement dans un sens anthropologique en désignant une région s'étendant au nord jusqu'à la Loire, faisant-fi des frontières linguistiques contemporaines.

Historiographie du concept d'Occitanie[modifier | modifier le code]

La langue d'oc est une langue territorialisée, c'est-à-dire parlée principalement sur un territoire dont on peut décrire les frontières. Cette partie s'attache à décrire les fondements du concept d'Occitanie (2.1), les différents noms qu'a pu prendre ce territoire (2.2) et la création du concept moderne d'Occitanie (2.3).

Un objet d'étude unique : la culture d'oc[modifier | modifier le code]

Les locuteurs de la langue d'oc n'emploient pas une seule acception de leur langue car l'occitan n'est pas une langue monolithique avec par exemple un seul dictionnaire où chacun des locuteurs retrouve exactement son vocabulaire, mais une juxtaposition de dialectes. Aussi, de nombreuses études se sont focalisées sur les différences entre les provençaux, les languedociens, etc. Il faut aussi rappeler les nombreuses caractéristiques communes de l'espace culturel occitan et qui ne sont généralement considérées comme partisanes :

  • La conscience d'une culture commune. Robert Lafont développe cette idée dans l'introduction de l'Histoire et anthologie de la littérature occitane[47]. La référence aux troubadours est essentielle. Cet argument socio-linguistique est modulé selon les auteurs mais il est accepté par tous les courants, y compris chez les auteurs qui parlent de "domaine d'oc" puisque par définition, leur étude du domaine d'oc repose sur la conscience de l'existence d'une culture commune.
  • L'intercompréhension. Les différents locuteurs de la langue partagent de nombreux traits communs (l'accentuation tonique, un vocabulaire proche, l'emploi fréquent du subjonctif, etc.) qui permettent une compréhension mutuelle. Pour les occitanistes, cette intercompréhension signifie que l'Occitan est une seule langue, pour les autres, elle signifie que ces langues sont très proches mais tous acceptent que les locuteurs de cet espace se comprennent.
  • Des caractéristiques sociales communes. L'exemple le mieux étudié est celui du droit romain qui se maintient mieux dans la société alto-médiévale occitane que dans le Nord de la France grâce aux promulgations de lois wisigothes et burgondes[48]. Dès le milieu du XIe siècle, l'enseignement du Digeste repris peu après Bologne dans les universités de Toulouse, Montpellier, Avignon, Perpignan… favorisera une renaissance massive du droit romain en Occitanie. Ces caractéristiques sociales ne sont pas non plus éternelles et intangibles car des facteurs de mutations endogènes[49] et le jeu des influences européennes, notamment avec le Nord de la France, peut estomper ces particularités sociales[50]. Cela est remarquable par exemple pour l'éducation : Pierre Goubert et Daniel Roche écrivent, pour expliquer la faible alphabétisation en Occitanie au XVIIIe siècle, qu'il existe sur ces territoires une confiance maintenue dans les vieux langages vulgaires[51]. Les rapports à l'éducation sont aujourd'hui complètement inversés entre le nord et le sud de la France grâce à l'empreinte anthropologique de la famille souche[52],[53]. Par ailleurs, l'influence de la famille souche se ressent aussi par la faible présence des familles avec de nombreux enfants[54]. Autre exemple : De nombreux débats ont eu lieu aussi autour de l'expression Midi rouge forgée par Maurice Agulhon[55] pour savoir si le "pays d'oc" avait été plus "républicain" que la moitié nord de la France. Enfin, pour André Armengaud[56], ces caractéristiques sociales communes permettent d'écrire une synthèse historique. Mais depuis 1979, aucune autre Histoire d'Occitanie n'a été entreprise.

Différents noms de l'Occitanie ou de ses régions[modifier | modifier le code]

Pars occitana dans un livre imprimé en latin en 1530.

Tout comme la langue d'Oc, l'Occitanie a été désignée sous diverses appellations successives[57]. Les termes ne sont pas exclusifs : on peut, à une même période, trouver des auteurs qui emploient des termes différents. Occitanie ou Pays d'Oc sont les termes les plus fréquemment employés aujourd'hui. Toutefois le terme de Provence est encore usité quand les félibres chantent la Coupo Santo par exemple lors de la fête annuelle de l'Estello.

  • Dioecesis Viennensis (Diocèse de Vienne) et Dioecesis Septem Provinciarum (Diocèse des Sept Provinces), sous Dioclétien et Constantin lors d'une division de l'Empire romain, la Gaule est divisée en diocèses et celui de Vienne a sa frontière sur la Loire, contourne le Massif central et passe le Rhône entre Lyon et Vienne[58]. C'est le début de la bi-partition entre langue d'oc et langue d'oil[59].
  • Aquitaine: en 781, Charlemagne crée un nouveau royaume d'Aquitaine et nomme son fils Louis à sa tête. Ce nouvel État comprenait l'Aquitaine proprement dite (région entre Garonne et Loire et le Massif central) ainsi que la Vasconie. En 806, Charlemagne partage son empire. Louis reçoit en plus de l'Aquitaine la Marche d'Espagne, la Septimanie et la Provence.
  • Proensa (Provence), du latin Provincia qui désignait initialement la Province Romaine[60] est utilisé dès le XIe siècle: ensemble des pays de langue d'oc (aussi appelée langue provençale) du sud de la Loire.
  • Patria romana[61].
  • Lingua Occitana (Langue d'oc) ou Pars occitana (Partie d'oc) pour désigner les nouveaux territoires royaux conquis au sud de la Loire. Occitania fut créée en latin par l'administration capétienne avec la combinaison de la particule 'Oc/òc' [ɔk] (oui, en occitan) et de la prestigieuse 'Aquitania/Aquitània '[ɑkiˈtanjɑ](Aquitaine)[62]. Apparu au XIIIe siècle[63], ce terme servit, après l'annexion de la quasi-totalité des pays du Midi par la France, à désigner uniquement le Languedoc.
  • Respublica Occitania au cours du XIVe siècle[64].
  • Patrie de langue d'oc (latin patria linguae occitanae), dans les textes officiels du Royaume de France à partir du XIVe siècle[60].
  • Provinces de l'Union ou Provinces-Unies du Midi : en février 1573 les huguenots et les catholiques modérés créent une république fédérative où chaque province jouit d'une grande autonomie face au pouvoir central[65].
  • Gascogne après l'édit de Villers-Cotterêts, « on appelle du nom général de Gascogne ou de Gascons, les pays et les peuples situés à gauche de la Loire où on parle encore l'ancien provençal[66] ». Utilisé essentiellement à partir de l'accès au trône de France d'Henri IV (1589) et jusqu'à la Révolution française[67].
  • Provinces réputées étrangères du sud de la France depuis le milieu du XVIIe siècle à la fin du XVIIIe siècle (voir: Traites)
  • Occitania dans l'Encyclopédie de Diderot[68].
  • Occitanie (au sens de l'ensemble des parlers d'oc) : en 1732 dans le recueil des lois capétiennes de Secousse[69], en 1878, dans le Trésor du félibrige, en 1911 dans les Statuts du félibrige[70] ; en 1927, Estieu et Salvat fondent le Collège d'Occitanie[71]. Pour Nicolas Quint, « l'adjectif occitan est couramment utilisé par l'ensemble de la population pour désigner des concepts et objets mais pas des êtres humains[72] ».
  • Midi : est une notion géographique vague indiquant d'une manière assez imprécise les régions de parlers occitans du Sud de la France.
  • France méridionale : est une autre appellation géographique vague indiquant d'une manière assez imprécise les régions de parlers occitans du Sud de la France.
  • Pays d'Oc : est apparu au XIXe siècle sous l'impulsion de Frédéric Mistral[73], repris par Antonin Perbosc quatre ans plus tard.
  • Domaine d'oc : néologisme apparu à la fin du XXe siècle chez les partisans de plusieurs « langues d'oc. »

Le terme Occitanie recouvre aujourd'hui une région linguistique. Ce sens était utilisé à l'époque médiévale attestée depuis 1290[74]. Le 29 mai 1308, lors du consistoire de Poitiers, il ressort que le roi de France règne sur deux nations : l'une de lingua gallica et l'autre de lingua occitana. Cette partition entre langue d'oc et langue d'oïl dans l'espace gallo-roman est fort ancienne puisqu'elle débuta avec la romanisation elle-même[59]. En 1381, le roi Charles VI considère que son royaume comprend deux parties: les pays de langue d'oc ou Occitanie et les pays de langue d'oil ou Ouytanie « Quas in nostro Regno occupare solebar tam in linguae Occitanae quam Ouytanae[75] ». Occitanie reste en vigueur dans l'administration jusqu'à la Révolution française de 1789. Il est repris au XIXe siècle par l'association littéraire du Félibrige[70] puis il est à nouveau revendiqué depuis le XXe siècle, notamment depuis la fin des années 1960.

L'apparition du concept moderne d'Occitanie[modifier | modifier le code]

Occitania dans un livre imprimé en latin en 1575.

Si le terme Occitanie apparaît en français dès le milieu du XVIIe siècle[76],[77], puis en 1732 dans un recueil de lois de l'ancien régime[78], il ne devient courant qu'au début du XXe siècle. Dans l'entre-deux-guerres, une école félibréenne, l'Escòla Occitana est créée en 1919 en Languedoc toulousain. La Societat d'estudis occitans voit le jour en 1930. Ces initiatives (ainsi que d'autres) restent très liées, notamment par la double appartenance de leurs principaux animateurs, au Félibrige, dont les statuts de 1911 mentionnaient d'ailleurs l'Occitanie.

Après la Seconde Guerre mondiale, la création de l'Institut d'études occitanes, présidé par un résistant (à une époque où le Félibrige comme la SEO étaient entachés par des procès de collaboration), mais surtout son action en matière de réforme linguistique, notamment sa volonté d'adapter la norme classique au provençal, marquent une rupture avec une fraction importante du Félibrige[79]. François Fontan crée le premier parti ouvertement nationaliste occitan en 1959.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire de l'Occitanie.

Sous la domination romaine tardive (après 355 EC), la majeure partie de l'Occitanie était connue comme Aquitania (Aquitaine)[80]. Elle-même faisant partie des Sept Provinces représentant une grande Provincia (Provence). Tandis que les provinces septentrionales de ce qui est maintenant la France ont été appelés Gallia (Gaule). Gallia Aquitania  ou Aquitanica est un nom utilisé depuis l'époque médiévale pour désigner l'Occitanie (c'est-à-dire le Limousin, l'Auvergne, le Languedoc et la Gascogne), incluant aussi la Provence au début du VIe siècle. 

Le royaume d'Aquitaine et ses dépendances après le partage de 806 (jaune plein et bordures jaune).

L'Occitanie a été souvent politiquement unie pendant le haut Moyen Âge, lors du royaume wisigoth et sous plusieurs souverains mérovingiens ou carolingiens. À Thionville, neuf ans avant sa mort (805), Charlemagne a promis que son empire serait divisée en trois territoires autonomes en fonction des nationalités et des langues vernaculaires: un territoire franco-allemand autour des francs, un territoire nord-italien autour des lombards et un territoire qui est à peu près l'Occitanie moderne, issue de la réunion d'une grande Provence et de l'Aquitaine[81].  Mais les choses ne se passèrent pas comme prévu. À la division de l' Empire franc (IXe siècle), l'Occitanie fut divisée en différents comtés, duchés, royaumes, évêchés et diocèses, ainsi qu'en communes fortifiées autonomes. Depuis lors, le pays n'a jamais été politiquement uni à nouveau.

Du IXe au XIIIe siècles, l'Occitanie a subi un enchevêtrement de différentes allégeances envers des souverains nominaux. Les ducs d'Aquitaine, les comtes de Foix, les comtes de Toulouse et les rois aragonais ont rivalisé dans leurs tentatives de contrôler les différents pays de l'Occitanie[82]. Plusieurs tentatives d'unification politique ont eu lieu, surtout entre le XIe et le XIIIe siècles. L'Occitanie est restée unie par une culture commune qui se jouait des frontières politiques, en perpétuels mouvements. Les noms "Occitania"[83] et « occitan » ( langue occitane ) sont apparues dans les textes latins dès 1242-1254[84] à 1290. Au cours des années suivantes du début du XIVe siècle, plusieurs textes existent dans lesquels il est fait indirectement référence au territoire comme « le pays de la langue occitane » ( Patria Linguae Occitanae )[85]. Depuis le Moyen Âge, l'Occitanie a une certaine conscience de son unité[86] comme le montre l'important développement de la littérature de langue occitane au XIIe et XIIIe siècles.  Cette unité se retrouve maintenant sous la dénomination de Midi. La littérature occitane était glorieuse et prospère, les troubadours ont inventé l'amour courtois ( fin'amor ). La langue d'Oc était utilisée dans tous les milieux cultivés européens.

L'expulsion des Albigeois de la ville de Carcassonne en 1209

Mais à partir du XIIIe au XVIIe siècles, les rois de France ont conquis progressivement l'Occitanie, parfois par la guerre et l'extermination de la population, parfois en usant d'intrigues politiques subtiles. Dès la fin du XVe siècle, la noblesse et la bourgeoisie ont commencé à apprendre le français alors que le peuple conservait l'occitan (ce processus a commencé au XIIIe siècle dans deux régions les plus septentrionales, dans le nord du Limousin et dans le Bourbonnais). En 1539, François Ier a émis le décret de Villers-Cotterêts qui impose l'usage du français dans l'administration. Mais en dépit de mesures comme celle-ci, un fort sentiment d'identité nationale contre l'occupant français est resté. Jean Racine a écrit lors d'un voyage à Uzès en 1662: « Nous appelons ici la France tout le pays qui est au-delà de la Loire. Celui-ci passe comme une province étrangère. »[87].

En 1789, les comités révolutionnaires ont essayé de rétablir l'autonomie des régions du "Midi". Ils ont utilisé la langue occitane mais le pouvoir jacobin les neutralisera.

La prestigieuse Aquitaine historique ne doit pas être confondue avec la région française moderne appelé du même nom : c'est la principale raison pour laquelle le terme Occitanie a été relancé dans le milieu du XIXe siècle.

Depuis le XIXe siècle, plusieurs mouvements ont essayé d'améliorer l'utilisation sociale de l'occitan et d'obtenir la reconnaissance publique de la culture occitane. Le XIXe siècle a connu une forte reprise de la littérature occitane et l'écrivain Frédéric Mistral a reçu le prix Nobel de littérature en 1904. Mais à partir de 1881, les enfants qui parlaient occitan à l'école ont été punis conformément aux recommandations du ministre Jules Ferry. Cela a conduit à une dévalorisation de la langue appelée la vergonha (la honte). L'ensemble des quatorze millions d'habitants de la région parlaient occitan en 1914[88], mais le français a pris le dessus au cours du XXe siècle. 

Manifestacion occitaniste à Carcassonne en 2005

La situation a empiré avec l'exclusion de la langue d'oc des médias. En dépit de cette baisse d'usage, la langue occitane est toujours vivante et va gagner un nouvel élan. Une partie du mouvement occitaniste exprime des revendications politiques allant de l'autonomie régionale à l'indépendance complète. En 1990, l'occitan a été reconnu comme une langue officielle du Val d'Aran[89] (Espagne) puis dans toute la Catalogne en 2006. En 1999, c'est devenu une langue protégée dans une grande partie des vallées occitanes[90] (Italie). En 2007 la région Midi-Pyrénées et le département des Pyrénées-Orientales (France) ont adopté des dispositions en faveur de la langue et de la culture occitanes. En 2009, c'est le cas de la région Rhône-Alpes (France).

Établissements extérieurs[modifier | modifier le code]

En 1102, Raymond IV de Toulouse fonda, lors des croisades, une colonie dans le comté de Tripoli au nord de Jérusalem. Ce n'était pas une colonie au sens moderne du terme, mais plutôt une enclave occitanophone peuplée de gens venus d'Occitanie et d'Italie.

Géographie[modifier | modifier le code]

Menton, en Provence, la ville la plus orientale du littoral occitan.
Valence, dans le Dauphiné, souvent désignée comme « la porte du Midi de la France ».
Les Monts d'Auvergne.
Le palais princier de Monaco.
Miroir d'eau de Bordeaux, en Gascogne.
Parc national des Pyrénées.


Généralités[modifier | modifier le code]

L'Occitanie forme un grand isthme entre la péninsule ibérique et le reste de l'Europe, en s'étendant entre deux mers: la mer Méditerranée et l'océan Atlantique et trois massifs montagneux: les Alpes, le Massif central et les Pyrénées.

Dans l'ensemble, ce qui caractérise ces pays d'oc est leur ossature montagneuse avec trois refuges « quasi inexpugnables » (les Pyrénées, le Massif central et les Alpes)[91] entrecoupée de nombreuses vallées et plateaux, bordés d'un paysage de type collinaire. Seul le cœur du bassin aquitain (littéralement "terre des eaux") contraste par des paysages de plaines de faible altitude.

Les plus grandes villes sont, d'ouest en est: Bordeaux, Toulouse, Clermont-Ferrand, Montpellier, Marseille, Aix-en-Provence, Toulon et Nice.

L'Occitanie s'étend sur quatre États :

  • En France : l'Occitanie correspond à peu près à la notion vague de « Midi », à savoir l'essentiel du Massif central et presque toutes les régions du sud, sauf la Corse, le Roussillon (où l'on parle catalan) et le Pays basque.
  • En Italie : les Vallées Occitanes, dans les Alpes (rattachées aux régions Piémont et Ligurie).
  • En Espagne : le Val d'Aran.
  • À Monaco : qui est un cas particulier puisque le ligure y est aussi largement présent.

Régions culturelles[modifier | modifier le code]

Les régions d'Ancien Régime qui composent l'Occitanie sont les suivantes : Auvergne, Forez (frange ouest et sud), Bourbonnais (moitié sud), Couserans, Dauphiné (moitié sud), Comté de Foix, Comté de Nice, Périgord, Gascogne, Guyenne, Languedoc, Angoumois (extrémité orientale), Limousin, Poitou (extrémité sud-est), Marche, Provence, Comtat Venaissin, Velay, Vivarais.

Provinces occitanes traditionnelles (actuellement en France) :

1. Béarn (Pau) — 6 800 km2 (est.)
2. Guyenne & Gascogne (Bordeaux) — 69 400 km2 (est.)
3. Limousin (Limoges) — 9 700 km2 (est.)
4. Marche (Limousin) (Guéret) — 7 600 km2 (est.)
5. Auvergne (Riom) — 19 300 km2 (est.)
6. Languedoc (Toulouse) — 45 300 km2(est.)
7. Dauphiné (Grenoble) — 8 500 km2 (est.)
8. Comté de Nice (Nice) — 3 600 km2 (est.)
9. Provence (Aix-en-Provence) — 22 700 km2 (est.)
10. Comtat Venaissin (Carpentras) — 3 600 km2 (est.)
11. Comté de Foix (Foix) — 3 300 km2 (est.)
X. Bourbonnais (absent de la carte) — approx. 7 500 km2 (est.)


Régions administratives actuelles de la France :
A. Aquitaine (Bordeaux) — 41 308 km2
B. Limousin (Limoges) — 16 942 km2
C. Auvergne (Clermont-Ferrand) — 26 013 km2
D. Rhône-Alpes (Lyon) — 43 698 km2
E. Provence-Alpes-Côte d'Azur (Marseille) — 31 400 km2
F. Languedoc-Roussillon (Montpellier) — 27 376 km2
G. Midi-Pyrénées (Toulouse) — 45 348 km2

Les provinces traditionnelles d'Occitanie furent découpées entre les départements actuels.

Régions administratives[modifier | modifier le code]

Pays (ou parçan) et régions d'Occitanie

Les régions administratives couvrant l'Occitanie sont les suivantes : Aquitaine (sauf les périphéries où l'on parle basque et saintongeais), Auvergne (sauf le nord de l'Allier), Limousin, Midi-Pyrénées, Languedoc-Roussillon (sauf les Pyrénées-Orientales où l'on parle majoritairement le catalan bien que la région du Fenouillèdes, au Nord-Ouest du département, soit de langue et de culture occitane), Provence-Alpes-Côte d'Azur, Rhône-Alpes : dans la moitié sud, à savoir presque toute la Drôme et l'Ardèche, le sud de l'Isère et quelques franges de la Loire. Dans les autres départements, la langue régionale est le francoprovençal, Poitou-Charentes : dans l'est de la Charente et dans le sud-est de la Vienne, Région Centre : dans quelques communes au sud, Piémont (Italie) : dans les Vallées Occitanes, Ligurie (Italie) : dans quelques communes à l'est, appelées collectivement Vallées Occitanes, Catalogne (Espagne) : dans le Val d'Aran (voir Régions occitanes pour plus de précisions).

Délimitations géographiques[modifier | modifier le code]

La délimitation géographique de l'Occitanie la plus couramment acceptée, a été précisée entre 1876 - début des recherches sur les frontières linguistiques[92] - et le XXe siècle[93]. L'Occitanie couvre en gros un tiers sud de la France (appelé couramment Midi, incluant Monaco), les Vallées occitanes et Guardia Piemontese, en Italie, ainsi que le Val d'Aran, en Espagne.

La pratique de l'occitan n'est pas la même uniformément sur tout le territoire. En outre, il existe une zone de transition linguistique au nord appelée Croissant où les parlers d'oil et d'oc interfèrent fortement (voir Croissant). A contrario, certains territoires ne sont pas considérées comme faisant partie de l'Occitanie selon la définition moderne[94] :

  • plusieurs zones ont été désoccitanisées plus ou moins précocement telles que le Poitou, puis les Charentes et la Gavacherie (remplacement par des parlers d'oil après la guerre de Cent Ans), les zones intermédiaires avec le franco-provençal en Rhône-Alpes, les basses vallées des Alpes concurrencées par le piémontais et le ligure (Italie).
  • la zone "charnègue" ("métis" en gascon) est influencée par le Pays basque car plusieurs communes gasconnes faisaient partie de l'ancienne province essentiellement bascophone du Labourd et sont maintenant situées dans l'ouest du département des Pyrénées-Atlantiques: Bidache, Guiche, Came, Urt, Bassussarry, Montory, Mouguerre[95]. C'est une région où les deux cultures basques et occitanes gasconnes cohabitent depuis longtemps tout comme les familles issues de mariages mixtes[96].
  • les pays catalans sont en général exclus de l'Occitanie car ils ont revendiqué leur différence nationale. Le catalan étant une langue par élaboration.
  • dans plusieurs régions du monde on rencontre des locuteurs historiques de l'occitan. Ces régions ne sont pas considérées comme occitanes, à l'exception de Guardia Piemontese qui est une enclave linguistique en Italie du sud.
  • le zone du parler royasque est généralement exclu de l'occitan malgré les demandes de ses locuteurs qui ont permis de le faire classer comme de l'occitan en Italie. Cela permet à ses locuteurs de bénéficier des effets de la loi no 482/1999 en matière de minorités historiques, dont sont exclus les parlers nord-italiens. Dans le passé, et notamment peu après la cession de Brigue et de Tende à la France, en 1947, a été défendue l'attribution, plus ou moins exclusive, du royasque et du brigasque au système des dialectes vivaro-alpins[97],[98], tandis que plus récemment, les linguistes spécialistes du domaine reconnaissent la prévalence de traits phonétiques, lexicaux et morpholigiques liguriens (Werner Forner[99], Jean-Philippe Dalbera[100] et Giulia Petracco Sicardi[101]). Le brigasque est une variante du royasque présentant le plus de traits occitans[102].

Grandes villes d'Occitanie[modifier | modifier le code]

Carte représentant la plupart des villes importantes de l'Occitanie

Ce tableau donne le classement des grandes villes occitanes selon la population de leur aire urbaine (recensement de 1999). Il inclut toutes les communes et aires urbaines de plus de 100 000 habitants.

L'aire urbaine englobe l'agglomération (pôle urbain) ainsi que les communes de la couronne périurbaine dont au moins 40 % de la population résidente ayant un emploi travaille dans l'agglomération ou dans des communes attirées par celle-ci (définition INSEE).

Les chiffres indiqués sont ceux de la population totale (avec doubles comptes) pour les communes, et sans doubles comptes pour les agglomérations et aires urbaines.

Débat autour de l'Occitanie[modifier | modifier le code]

Une identité commune ?[modifier | modifier le code]

En 1979, paraît l'Histoire d'Occitanie coédité par l'Institut d'études occitanes et les éditions Hachette. Le titre fait penser à l'histoire d'un pays. L'ouvrage est paru sous la direction de Robert Lafont et défend la thèse qu'on peut écrire l'histoire du peuple occitan comme celle de n'importe quel autre peuple. Il n'est pas rare de trouver sous la plume des occitanistes des références à la colonisation française[103] ou au peuple occitan[104]. Un certain nombre d'intellectuels et de mouvements culturels ou politiques aspirent à une renaissance littéraire en langue d'oc, et parfois, à une autonomie, voire une indépendance totale (politique, culturelle et économique) des zones qu'ils considèrent comme occitanes.

Le problème de la standardisation de l'écriture[modifier | modifier le code]

Au XIXe siècle, l'effort d'unification a surtout porté à unifier le « pays d'oc » (comme on disait alors) autour de la graphie et de la forme de langue utilisées par Frédéric Mistral (un provençal rhodanien expurgé de formes trop locales et de certains francismes, appelé provençal mistralien). Dès la fin du XIXe siècle, une tendance du Félibrige prône le retour à un système plus proche de celui de l'ancien occitan (Joseph Roux, limousin, Prosper Estieu, Antonin Perbosc, languedociens). Au XXe siècle, la graphie classique devient majoritaire, mais elle coexiste avec des graphies globalement minoritaires, mais parfois majoritaires dans une région (ex : la graphie mistralienne en Provence).

Gui Martin et Bernard Moulin, dans leur Grammaire provençale, établissent le parallèle entre la graphie classique et l'occitanisme culturel[105].

Il existe - comme en français - une palatisation du CA et du GA latins en CHA et en JA. Elle est toujours vérifiable dans la partie septentrionale de l'Occitanie et définit ce que les linguistes ont dénommé le « nord-occitan ». À titre d'exemple, canta devient chanta, castel, chastel et plaga, plaja[106].

Des symboles communs ?[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Croix occitane et Étoile à sept branches.

Deux symboles sont généralement employés pour désigner l'Occitanie : l'étoile à sept branches (astrada en graphie classique, astrado en graphie mistralienne) et la croix occitane (crotz occitana, crous óucitano), parfois aussi appelée croix de Toulouse. Ces deux symboles sont souvent utilisés seuls[107] et ils entrent alors en concurrence entre eux. Mais ces symboles sont aussi plus souvent associés pour symboliser l'unité du pays d'oc.

La croix occitane est de gueules à la croix vidée, cléchée (ou pattée) et pommetée d'or. Il en existe plusieurs espèces : dans certains cas, les pommetées forment un rond (ci-contre), dans d'autres un carré.

La première apparition de la croix, concernant le Comté de Toulouse, date du règne de Raymond V. Il existe notamment une description du sceau de ce comte datée de 1165.

Pour le moment, les documents ne permettent pas de déterminer une origine unique incontestable.

Mouvements culturels et politiques[modifier | modifier le code]

Il y a une distinction fondamentale entre les mouvements dont la vocation est culturelle et les mouvements strictement politiques qui se présentent aux élections. Les associations culturelles comme le Félibrige et l'Institut d’Études Occitanes ont toujours voulu être hors des partis politiques pour mieux rassembler l'ensemble des locuteurs de l'occitan.

L'absence d'unité politique de l'Occitanie[108] persiste. Le regroupement, dans le cadre des eurorégions qui dépassent le cadre régional de 1956, de collectivités territoriales, n'a pas permis de constituer une eurorégion « Occitanie » (Le Midi-Pyrénées, le Languedoc-Roussillon, la Catalogne et l'Aragon se sont associés de leur côté alors que le Rhône-Alpes, la Provence-Alpes-Côte d'Azur, la Ligurie, le Piémont et le Val d'Aoste se sont associés du leur; et l'Aquitaine s'est associée avec l'Euskadi et la Navarre).

Les partis politiques s'inscrivant dans le cadre de l'Occitanie (Parti de la nation occitane, Partit occitan, Libertat!) ont par ailleurs du mal à gagner une audience importante et à obtenir des élus. Ils n'ont jamais eu d'élus aux parlements nationaux ou au parlement européen, dans les conseils généraux français, ainsi qu'au sein de grandes agglomérations urbaines. Toutefois aux élections régionales françaises de 2010, le Partit occitan, dans le cadre de la participation de fédération Régions et peuples solidaires à Europe Écologie, fait son entrée dans 5 conseils régionaux (David Grosclaude en Aquitaine[109], Guilhem Latrubesse en Midi-Pyrénées, Gustave Alirol en Auvergne, Anne-Marie Hautant et Hervé Guerrera en Provence[110]).

Dans le Val d'Aran, les partis politiques locaux sont rattachés aux partis catalans : Unitat d'Aran s'inscrit dans le Parti socialiste catalan, tandis que Convergència Democràtica Aranesa - Partit Nacionalista Aranès, actuellement au pouvoir, est rattachée à la Convergence démocratique de Catalogne.

Culture[modifier | modifier le code]

La plus ancienne association est le Félibrige. Une partie de ses membres a fondé un mouvement distinct sous le nom d'institut d'études occitanes après la Seconde Guerre mondiale. Les principaux mouvements en France sont les suivants. Ils affirment l'unité de l'occitan-langue d'oc dans sa diversité dialectale :

Une partie des associations adhérentes au Félibrige et à Parlaren revendiquent néanmoins une langue provençale distincte de l'occitan. D'autres associations revendiquent des "langues d'oc" distinctes, même s'ils se sont pour certains regroupés dans une Alliance des langues d'Oc.

À l'inverse, certains groupes revendiquent une identité occitano-romane incluant les pays catalans (France-Espagne).

En Italie, les principaux mouvements sont :

Contrairement à d'autres ethnies (p.ex. basques ou bretons), il n'existe pas de revendications d'une identité occitane historique. Ceci exclut l'irrédentisme sur les territoires désoccitanisés précocement (Poitou, Saintonge…) et les parties non occitanophones d'anciennes Provinces ou d'anciens États occitans (royaume de Navarre, Dauphiné…).

Politique[modifier | modifier le code]

Affiche de Libertat ! : La Résistance est une question de dignité!
Logo du PNO.
Logo du Partit occitan.

Parmi les anciens mouvements politiques, on peut citer :

  • Anaram Au Patac : extrême gauche, a participé au CRÒC
  • Comitat Occitan d'Estudis e d'Accion (COEA) : autonomiste de gauche. Il fut créé en 1965[111].
  • Comitats d'Accion Occitana (CAO) : gauche
  • Corrent Revolucionari Occitan (CRÒC) : indépendantiste lié à l'extrême gauche révolutionnaire.
  • Entau País : autonomiste de gauche implanté en Gascogne
  • Farem tot petar
  • Federacion Anarquista-Comunista d'Occitània (FACO) : indépendantiste, communiste libertaire
  • Hartèra, mouvement de la jeunesse révolutionnaire d'Occitanie : extrême gauche
  • Lucha Occitana : groupe d'intellectuels, d'étudiants et de syndicalistes agricoles, idéologiquement de gauche révolutionnaire, autonomiste et socialiste.
  • Movement Socialista e Autonomista Occitan
  • Movimento Autonomista Occitano (MAO) : branche du Parti nationaliste occitan dans le Piémont occitan italien. Seul son journal Ousitanio Vivo continue de paraître.
  • Partit Provençau : autonomiste
  • Pòble d'Òc : indépendantiste et libertaire
  • Le mouvement Volèm Viure al País (VVAP) : mouvement socialiste composé de différents groupes locaux autogestionnaires. Il n'existe plus mais le slogan qu'il a en fait repris reste souvent employé. Il a été dissous en 1987 pour faire place au Partit occitan[112].

Langue et culture[modifier | modifier le code]

Langue et littérature[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Ancien occitan, Occitan et Littérature occitane.
Ensembles supradialectaux de la langue d'oc
Carte dialectale de la langue d'oc

C'est au Moyen Âge qu'apparaît une langue littéraire, sous le nom de langue limousine, depuis désignée comme la koinê (langue commune) des troubadours[113]. L'importance qu'elle prit dans toute l'Europe occidentale fut rendue possible par la création d'un état occitano-catalan puissant ayant pour suzerains les comtes de Toulouse et de Barcelone[114]. Cette langue désignée aussi sous le terme de proensal (provençal) fut nommée pour la première fois comme « langue d'oc » par Dante dans ses ouvrages De Vulgaris Eloquentia (I, chap. VIII) et La vita nuova (XXV)[62].

L'occitan et le français ont non seulement une même origine latine mais elles s'entre-interfèrent au niveau culturel[115]. Selon certains linguistes, l'occitan se compose de quatre groupes dialectaux[106] :

Médias[modifier | modifier le code]

La langue occitane possède divers médias et principalement dans la presse écrite. On ne dénombre par contre aucune chaine de télévision spécifique mais des émissions en occitan existent.

Musique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Musique occitane.

La culture en langue d'oc comprend de nombreux chants traditionnels et une création diversifiée.

Gastronomie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Cuisine occitane.
La confrérie du cassoulet

La gastronomie méridionale est réputée.



Jeux et sport[modifier | modifier le code]

Course camargaise
Présence des clubs de rugby dans le Top 14 et frontières de l'Occitanie.
  • Le rugby possède en Occitanie un fort côté identitaire qui est lié aux origines de l'implantation de ce sport. À une époque, les syndicats d'ouvriers et même les regroupements étaient interdits. Le rugby a permis le développement des luttes sociales. En effet, les vestiaires du rugby étaient le seul lieu pour échanger des idées politiques entre de petits groupes. Les rencontres entre équipes originaires de différentes régions ont permis une propagation d'idéaux sociaux. L'entraide et le soutien mutuel entre rugbymans liés à cette époque ont aussi contribué à mêler sport, social et identité commune. Le rugby à XIII est solidement ancré dans l'Aude, en Provence, Lot-et-Garonne et dans la région toulousaine. On trouve aussi le rugby à XV (les équipes de Brive, de Toulouse, de Béziers, de Narbonne, de Tarbes, de Pau, d'Agen, de Toulon, d'Auch et de Montferrand comptent parmi les plus réputées).
  • En football l'Associacion Occitana de Fotbòl a fondé l'équipe d'Occitanie non reconnue par la FIFA, la sélection participe aux compétitions du NF Board, dont la Viva World Cup.Elle a disputé son premier match en février 2005 à Béziers contre l'équipe de Monaco (score 0-0), également une sélection locale participant au NF Board. La sélection a organisé la première Viva World Cup où elle termine troisième sur quatre équipes participantes. En 2008, elle est éliminée en quart de finale du second tour de l'Europeada, une compétition ayant réuni vingt équipes de minorités européennes. Elle a participé à la troisième édition en 2009, organisée par l'équipe de Padanie, où elle termine cinquième sur six.
  • La pétanque (de "pe" signifiant "pied", et de "tanca" signifiant « pieu, attache » en occitan provençal)
  • Le pilou, lo pilo sur la côte niçoise (pièce trouée avec un floc servant de guide)
  • La balle au tambourin joué dans la région de Montpellier
  • La joute nautique (joutes languedociennes pratiquées de Béziers au Grau-du-Roi, joutes provençales pratiquées en Provence et sur la Côte d'Azur).

Fêtes[modifier | modifier le code]

Parmi les fêtes remarquables :

Monuments[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Occitània avec un accent grave sur à selon la norme classique. La variante Occitania* — sans accent — est considérée comme incorrecte. Voir la grammaire normative d'Alibert (p. viii) et les préconisations du Conseil de la langue occitane (p. 101).
  2. Écriture selon la graphie mistralienne.
  3. a et b L'Origine des systèmes familiaux : Tome 1 L'Eurasie, Emmanuel Todd, éd. Gallimard, col. « NRF Essais », 2011 (ISBN 9782070758425), 768 pages
  4. Carte de l'Empire romain vers 400 EC
  5. Carte du royaume wisigoth
  6. Début des recherches sur les frontières linguistiques avec notamment Charles de Tourtoulon, & Octavien Bringuier, Étude sur la limite géographique de la langue d’oc et de la langue d’oïl (avec une carte), 1876, Paris : Imprimerie nationale [rééd. 2004, Masseret-Meuzac : Institut d’Estudis Occitans de Lemosin/Lo Chamin de Sent Jaume].
  7. Ouvrages de Pierre Bec et Jules Ronjat en bibliographie dans l'article occitan et de Gaston Tuaillon dans l'article francoprovençal.
  8. Mais enfin qu'est-ce que l'Occitanie ? René Nelli, Privat, 1978, 202 pages
  9. Robert Lafont (1971, 1977, 1987), Clefs pour l'Occitanie, Paris : Seghers, 1987 : ISBN 2-232-11190-3.
  10. Histoire d'Occitanie sous la direction d'André Armengaud et Robert Lafont. Paris : Hachette, 1979 ISBN 2-01-006039-3
  11. Robèrt Lafont (2003). Petita istòria europèa d'Occitània, Canet : El Trabucaire ISBN 2-912966-73-6
  12. a, b, c, d et e Yvon Bourdet. Maria Clara Viguier Occitans sens o saber (Occitans sans le savoir), Langage et société, 1980, vol. 11, no 1, p. 90-93. Maria Clara Viguier Occitans sens o saber (Occitans sans le savoir)
  13. a et b Encyclopédie Universalis - Langue et littérature occitanes « Langue d'une ethnie qui n'a pu se constituer en nation, son histoire est la quête constante d'une prise de conscience que les impératifs les plus divers ont constamment remise en cause. »
  14. Jean Jaurès dans: Jean Jaurès cahiers trimestriels, Issues 151-154, Société d'études jaurésiennes, édit. Société d'études jaurésiennes, 2000
  15. Simone Weil et la patrie occitane. Juifs et source juive en Occitanie, Blanc Jòrdi, Vent Terral, Enèrgas, 1988, p. 123-137
  16. Mistral et le peuple occitan, Sylvain Toulze, Société d'Éditions Occitanes, 1931
  17. Le peuple occitan veut prendre la rue pour ses droits - La Dépêche du Midi
  18. Peuple occitan - Festival de cinéma de Douarnenez
  19. Manifeste PNO, version française
  20. Eurominority.eu, association pour la Promotion des Peuples Minorisés Européens - Occitanie
  21. « Toutes les caractéristiques d'une nation, autres que la langue, se retrouvent en Occitanie et l'on peut constater ici aussi à quel point la langue est l'indice synthétique de la nation. L'originalité occitane est bien marquée par rapport aux ethnies voisines, et cela à tous les points de vue :

    • racial (composé racial où le sang O est plus fréquent qu'en France, qu'en Italie ou qu'en Catalogne, moins prédominant qu'en Euzkadi)
    • origine du peuplement (Ligures, Ibères et Gaulois, fort contingent latin, faible apport Wisigoth) ;
    • ethnopsychologique,
    • politique (soulèvements aquitains sous les Carolingiens, État national des comtes de Toulouse, union de tous « les gens de notre langue » contre l'invasion française, puis constants soulèvements paysans dans toutes les provinces, États indépendants lors des guerres de religion : Marseille, Montauban et surtout Béarn, guerre des Camisards, autonomisme des Girondins, enfin depuis le XIXe siècle, vote oppositionnel constant donnant des majorités dites "de gauche" ou assurant le succès de ce qui est apparu momentanément comme le plus protestataire (poujadisme, Mitterrand) ;
    • culturel (de la civilisation des troubadours, appelée par Engels une pré-Renaissance jusqu'à Mistral et à notre littérature contemporaine);
    • enfin (et certains diront surtout) démographique, économique et social : faible natalité, dépeuplement et immigration étrangère, sous-développement et régression relative face aux ethnies voisines (Italie, Catalogne, Euzkadi et surtout France), autrefois évasion de capitaux et maintenant non-utilisation ou pillage de nos ressources par la France, prédominance numérique de la classe des petits-propriétaires.  »

    — François Fontan, La nation occitane, ses frontières, ses régions

    .
    François Fontan (extraits de : La nation occitane, ses frontières, ses régions, 1969).
    
  22. Voir le Parti de la nation occitane.
  23. Texte de loi pour la reconnaissance de la réalité nationale occitane du Val d'Aran en Catalogne, Espagne: Le Val d'Aran veut plus d'autonomie
  24. Renée Mussot-Goulard, Les Occitans : un mythe?, Paris : A. Michel, 1978, 250 pages, Série "L'Aventure humaine", (ISBN 2226006982), (ISBN 978-2226006981)
  25. Il existe aussi une variante d'occitan monégasque autochtone (quartier du Port à la Condamine et de Saint Roman) - dite patois - qui est appelée moneguier. (René ANFOSSO, locuteur de moneguier p. 51 in REVEST Laurenç Nissa e Occitània per Garibaldi. Anthologie garibaldienne d'Oc, SERRE éd., Nice, 212 p.).
  26. « 15 % de la population de Monaco parle le niçard/ nissart (niçois) variété de provençal, qui influence fortement le français du territoire monégasque. En fait, les personnes parlant niçard sont principalement les personnes âgées de plus de 50 ans, mais le provençal accroît son statut de langue littéraire (traduit de : « A further 15 % of the population of Monaco speaks the Niçard (Niçois) variety of Provençal, which greatly influences the French of the Monegasque region. In fact, the Niçard speaking community comprises mainly individuals of over 50 years of age, but Provençal is increasingly gaining status as a literary language ») « Monaco : Language Situation », in Encyclopedia of Language & Linguistics (Second Edition), 2006, p. 230 [1].
  27. Sur la base du recensement français de 1999, la population a été estimée à 14 millions d'habitants, voir: ALCOUFFE Alan (2001) Cultura occitana e devolopament economic, 361-382 [13 de desembre de 2000], Treballs de la Societat catalana de geografia, vol. XVI, 2001, núm. 52 Societat catalana de geografia 1 et Societat catalana de geografia 2.
  28. Plus de détails dans l’article (oc) w:oc:Geografia_d'Occitània#Populacion_detalhada.
  29. « Environ 20 % de la population actuelle est née en dehors du territoire (de 30 à 35 % en Provence, moins de 20 % à l'ouest du territoire). Cette immigration s'est produite surtout entre 1975 et 1993. Les langues parlées par les nouveaux venus sont majoritairement le français et ensuite les langues de l'immigration (arabe, berbère, etc.). » in L'étude Euromosaic-L'occitan en France.
  30. « Environ 20 % de la population née dans le territoire l'a quitté pour aller travailler ailleurs, surtout entre 1963 et 1975. Les causes les plus importantes sont: le manque de possibilités d'embauche, la crise industrielle et la mécanisation des travaux du secteur agricole. » European Commission européenne>Langues>Euromosaic - L'occitan en France
  31. Philippe Martel admet : "disons le nous ne savons pas combien il y a d’occitanophones dans ce pays" Martel Philippe, « Qui parle occitan ? », Langues et cité, 10, Paris, DGLFLF, 12/2007.
  32. Pierre Bec, La Langue occitane, Éd. Presses universitaires de France, Paris, 1986, p. 3.
  33. occitans sur Larousse.fr.
  34. Occitan sur le Dictionnaire de l’Académie française, neuvième édition en ligne.
  35. "Arade, genti-homme de ceste Prouince Occitanie…", in Les récits historiques ou histoires divertissantes, entremeslées de plusieurs agreables rencontres & belles reparties. Par Iean-Pierre Camus, Evesque de Belley. À Paris, chez Gervais Clousier, au Palais, sur les degrez de la Saincte Chapelle. MDCXLIV en linha.
  36. Jean Pierre Camus, Les récits historiques ou histoires divertissantes entremeslées de plusieurs agréables rencontres & belles réparties, Edicions Talvera, 2010, ISBN 979-1-09-069605-1.
  37. "Tralascio qui Simone Monfortio, capo della crociata, chi mediante l'autorità del Legato Apostolico, resto vincitore d'Alby in Occitania…", in Bizzarie politiche, over, raccolta, delle piu notabili prattiche di stato, nella chistianita… de Laurens Banck, Giovanni d'Archerio, alla Franechera, 1658 en linha.
  38. Gilles Ménage, Dictionnaire étymologique de la langue française, 1750.
  39. "Cette province fut longtemps connue sous le nom de "Gaule narbonnaise", puis de Septimanie. Quand on divisa de nouveau l'Empire romain, on donna le nom d'Occitanie aux régions situées vers l'Ouest (de la Provence), et de Novempopulanie à la province de Bordeaux.".
  40. Un autre point de vue, défendu d'une certaine manière par ce site, dépasse la notion d'espace culturel uni et parle de nation..
  41. Par exemple, Henri-Irénée Marrou, historien et musicologue né à Marseille, écrivit dans la revue Esprit lors de la sortie de l'Histoire d'Occitanie dirigée par Robert Lafont : Il n'y a jamais eu d'Occitanie !. Marrou se revendiquait français et voyait dans la notion d'Occitanie une atteinte à l'unité nationale.
  42. Position de l'I.B.G. « Certains Gascons ne se sentent pas du tout occitans ».
  43. André Ariès tout en étant locuteur de la langue d'oc n'était pas occitan.
  44. Philippe Blanchet, directeur de la revue France Latine.
  45. Occitans sens o saber ? ; Maria Clara Viguièr; Vent Terral, 1979, Documents, broché 190 p – Essai sociologique –
  46. On peut citer notamment le démographe Hervé Le Bras et l'historien Emmanuel Todd qui y ont souvent recours dans plusieurs de leurs ouvrages.
  47. Robert Lafont, L'âge classique, tome I de l'Histoire et anthologie de la littérature occitane, Montpellier, Les Presses du Languedoc, 1997.
  48. Droit privé comparé Par Jean-François Gerkens.
  49. Voir L'Invention de l'Europe d'Emmanuel Todd.
  50. voir sur ce sujet les chapitres 2, 3 et 5 du présent ouvrage. Jean-François Gerkens, Ibid, pages 74-75.
  51. Goubert et Roche.
  52. Démographie : en trente ans, comme vous avez changé !
  53. Le niveau d'éducation en Europe en 2010
  54. Part des familles nombreuses
  55. « Le Midi rouge » est - il bien une réalité ? Entretien avec Jean-Jacques Becker et Gilles Candar, parution dans la revue Arkheia no 17-18.
  56. André Armengaud et Robert Lafont (dir.), Histoire d'Occitanie, Paris, Hachette, 1979, 949 pages.
  57. Revista tolsana Infòc, no 265, Genièr 2008.
  58. Pierre Bec, op. cit., p. 20.
  59. a et b Pierre Bec, op. cit., p. 21.
  60. a et b Pierre Bec, La langue occitane, Paris, PUF, 1979.
  61. Trobadors, Martial Peyrouny, CRDP d'Aquitaine, 2009, p. 14. ISBN 9 782866 175399
  62. a et b Pierre Bec, op. cit., p. 64.
  63. Louis-Étienne Arcère, Histoire de la Ville de la Rochelle et du Pays d'Aulnis, 1756, p. 40 en ligne.
  64. Pierre Bec, op. cit., p. 65.
  65. Musée virtuel du protestantisme français [2].
  66. Dom Vaissette.
  67. Alain Viaut cite le dictionnaire languedocien de l'Abbé de Sauvages (1785) : D'où il résulte que non seulement le provençal, mais tous les idiomes gascons des provinces méridionales sont du ressort de notre dictionnaire. Alain Viaut, "Pratiques et représentations de l'occitan en Aquitaine", in Variable territoriale et promotion des langues minoritaires, MSHA, 2007, p. 146 en ligne.
  68. "OCCITANIA (Géog. anc.) c'est le nom que quelques auteurs du Moyen Âge ont donné à la province du Languedoc; mais ce nom était commun à tous les peuples qui disaient oc pour oui, c'est-à-dire, aux habitants de la Gascogne, de la Provence, du Dauphiné, ainsi que du Languedoc, dont le nom moderne a été formé.".
  69. Explication en ligne.
  70. a et b Article Óucitanìo (en norme mistralienne, pour Occitània en norme classique) dans : Frédéric Mistral (1879-1886) Lou Tresor dóu Felibrige, Dictionnaire provençal-français, Aix-en-Provence : Remondet-Aubin [rééd. 1979, Aix-en-Provence : Edisud, 2 vol.] [consultable en ligne à http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k7486f]. Voir aussi les statuts du Félibrige adoptés en 1911, à l'article 11: Tóuti li Felibre majourau o manteneire soun coumparti dins de seicioun terrenalo dicho mantenènço e courrespoundènto, tant que se pòu, is anciano prouvinço de l'Óucitanìo o i grand dialèite de La Lengo d'O. « Tous les félibres majoraux ou mainteneurs sont répartis dans des sections territoriales dites maintenances et correspondant, autant que possible, aux anciennes provinces de l'Occitanie ou aux grands dialectes de la langue d'oc ».
  71. Pierre Pasquini, Le pays des parlers perdus, préface de Robert Lafont, Montpellier, Presses du Languedoc, 1994, voir la page 160 pour plus de précisions.
  72. Nicolas Quint, Le Languedocien ou Occitan central de poche, Assimil, 2007, citation de la page 86.
  73. Frédéric Mistral, artice Oucitanìo, Le Trésor du félibrige, 1878.
  74. Robèrt Lafont (1986) La nominacion indirècta dels païses, Revue des langues romanes no 2, tome XC, p. 161-171.
  75. André Dupuy, Marcel Carrières et André Nouvel, Histoire de l'Occitanie, Éd. Connaissance de l'Occitanie, Montpellier, 1976 p. 58.
  76. « Arade, genti-homme de ceste Prouince Occitanie » in Jean-Pierre Camus, Les récits historiques ou histoires divertissantes, entremeslées de plusieurs agreables rencontres & belles reparties, 1644.
  77. « Raimond I comte de Tholose ou de l'Occitanie » in Jean Besly, Histoire des comtes de Poitou et des ducs de Guyenne depuis 811 à Louis le Jeune, 1647.
  78. Ordonnances des roys de France de la troisième race…. Troisième volume, Contenant les ordonnances du roy Jean depuis le commencement de l'année 1355 jusqu'à sa mort arrivée le 8 avril 1364 / par M. Secousse, Imprimerie Royale, Paris, 1732, en ligne sur Gallica.
  79. Simon Calamel et Dominique Javel, La langue d'oc pour étendard, p. 203 : IEO… organisme concurrent mais pas forcément ennemi… créé en 1945.
  80. Jean-Pierre Juge (2001) Petit précis - Chronologie occitane - Histoire & civilisation, p. 14
  81. Jean-Pierre JUGE (2001) Petit précis - Chronologie occitane - Histoire & civilisation, p. 19
  82. BONASSIÉ Pierre (1979) L'Occitanie, un État manqué?,  L’Histoire 14: 31-40.
  83. Joseph Anglade, Grammaire de l'ancien provençal ou ancienne langue d'oc, 1921, Part I, Chap. 1, p. 9: Le mot Langue d'Oc a d'abord désigné le pays où se parlait cette langue; c'était une expression géographique. Le pays de langue d'oc s'appelait en latin Occitania (formé sans doute sur Aquitania)'
  84. Frédéric Mistral, Lo Tresor dóu Felibrige (1878-1886), vol. II, p. 1171: "Les textes abondent qui montrent l'origine française ou ecclésiastique des expressions lingua occitana et Occitania. Le pape Innocent IV (1242-1254), un des premiers parle de Occitania dans ses lettres; les commissaires de Philippe le Bel qui rédigèrent l'arrêt sanè des coutumes de Toulouse se déclarent Ad partes linguae occitanae pro reformatione patriae designati et stipulent que leur règlement est valable in tota lingua occitaniae.
  85. Robèrt LAFONT (1986) "La nominacion indirècta dels païses", Revue des langues romanes no 2, tome XC, p. 161-171
  86. LAFONT Robèrt (2003) Petita istòria europèa d’Occitània, coll. Istòria, Canet: Trabucaire.
  87. Frédéric Mistral, Lou Tresor dóu Felibrige ou Dictionnaire provençal-français embrassant les divers dialectes de la langue d'oc moderne (1878–1886), vol. I, p. 1182.
  88. Joseph Anglade, Grammaire de l'ancien provençal ou ancienne langue d'oc, 1921: La Langue d'Oc est parlée actuellement par douze ou quatorze millions de Français
  89. Act no. 16 of 1990 (Regim especiau dera Val d'Aran / Special Regime of Aran Valley) and Act no. 1 of 1998 (Lei de politica linguistica / Language Policy Act), both in the autonomous region of Catalonia; Legalitat: oficialitat.
  90. Act no. 482 of 1999 in Italy (Norme in materia di tutela delle minoranze linguistiche storiche / Norms Concerning the Protection of Historical Language Minorities) Norme in materia di tutela delle minoranze linguistiche storiche.
  91. Pierre Bec, op. cit., p. 12-13.
  92. Notamment Charles de Tourtoulon, & Octavien Bringuier, Étude sur la limite géographique de la langue d’oc et de la langue d’oïl (avec une carte), 1876, Paris: Imprimerie Nationale [rééd. 2004, Masseret-Meuzac: Institut d’Estudis Occitans de Lemosin/Lo Chamin de Sent Jaume].
  93. Ouvrages de Bec, Ronjat, Tuaillon en bibliographie dans l'article occitan.
  94. Voir par exemple la carte dans Occitània i l'occità, ouvrage de vulgarisation sur l'Occitanie et l'occitan publié par le gouvernement autonome de Catalogne (en catalan).
  95. Guiche, Came, Urt, Bidache, Bassussarry, Montory, Mouguerre… sont-ils vraiment gascons ?.
  96. Sharnègos.
  97. « De fait, la communauté de la Brigue trouve ses plus lointaines origines dans les émigrations du XIIe siècle après la conquête du Languedoc et de la Provence par les "barons du Nord", conquête suivie de persécutions religieuses (note 10). Ainsi, sa langue est un parler provençal avec un ancien substratum ligurien dans lequel se mélangèrent des mots venant du français.
    (Note 10) On trouve des traces de la civilisation provençale dans quelques vallées alpines du Piémont […] En Ligurie on peut reconnaître des traces plus minimes en Basse-Roya (Olivetta San Michele, Airole, Libri) et dans les communes de Rochetta Nervina, Pigna et Triora. » Guido Lucarno, « Le traité de paix de 1947 entre l'Italie et la France. Conséquences sur la frontière et sur le développement de la vallée de la Roya », p. 121 in André-Louis Sanguin, Mare Nostrum : dynamiques et mutations géopolitiques de la Méditerranée, Paris : L'Harmattan, 2000.
  98. Werner Forner, « La fumée et le feu. À propos des tentatives de délimitation de l’aire occitane sud-orientale. Première partie : De 1850 à 1950 », in P. Fabre (éd.), Mélanges dédiés à la mémoire du Prof. Paul Roux, La Farlède (Association varoise pour l’enseignement du provençal), 1995, p. 155-180.
  99. Werner Forner, « À propos du ligurien intémélien. La côte, l’arrière-pays », in Travaux du Cercle Linguistique de Nice, 7-8 (1985-1986), p. 29-61 ; Werner Forner, « Areallinguistik I: Ligurien », in Lexikon der Romanistischen Linguistik (LRL), IV, Tübingen 1988, p. 453-469 ; Werner Forner, « Géographie linguistique et reconstruction, à l’exemple du ligurien intémélien », in Actes du I Colloque international sur l’ancien provençal, l’ancien français et l’ancien ligurien, Nice septembre 1986 (« Bulletin du Centre de Romanistique et de Latinité Tardive »), Nice 1989, p. 125-140 ; Werner Forner, « Fra Costa Azurra e Riviera: tre lingue in contatto », in V. Orioles, Fiorenzo Toso (it) (éd.), Circolazioni linguistiche e culturali nello spazio mediterraneo. Miscellanea di studi, Recco 2008, p. 65-90.
  100. Jean-Philippe Dalbera, Les parlers des Alpes-Maritimes. Étude comparative. Essai de reconstruction. Londres 1994, publication de l’Association internationale d’études occitanes.
  101. Giulia Petracco Sicardi, E. Azaretti, « Studi linguistici sull’anfizona Liguria-Provenza », in Dizionario Etimologico Storico Ligure, Alessandria 1989, a p. 11-62, di Giulia Petracco Sicardi, "Contributo alla definizione dell’anfizona Liguria-Provenza.
  102. « Le Brigasque présente une composante occitane qui dément la conviction de quelques personnes selon laquelle ce parler ferait partie des dialectes ligures. Le sentiment d’appartenir à la culture occitane est suffisamment partagé par les habitants » sur le site d'A Vaštéra.
  103. Maryse ROUY : une langue restée vivante après huit siècles de colonisation française.
  104. Il existe un peuple occitan.
  105. Gui Martin et Bernard Moulin, Grammaire provençale et cartes linguistiques, Aix-en-Provence, Comitat Sestian d'Estudis Occitans, C.R.E.O.Provença, p. 5.
  106. a et b Pierre Bec, op. cit., p. 34.
  107. L'astrada est utilisée seule sur la carte de membre du Félibrige, la croix est utilisée seule sur le sigle de l'IEO.
  108. Cette absence est soulignée par exemple par Henri-Irénée Marrou (l'Occitanie n'existe pas, Esprit, janvier 1975) ou Patrick Sauzet : « C'est parce qu'il n'y a jamais eu d'Occitanie qu'il est intéressant de la faire ». (Bulletin de l'Institut occitan de Pau, octobre 1998).
  109. Résultats des élections régionales 2010 en Aquitaine et Section départementale : PYRENEES ATLANTIQUES (64).
  110. L’Occitanie présente au Conseil Régional.
  111. Chemins d'occitanie-Camins d'occitania: Politique Occitane 1974-2000,Gérard Tautil, Éditions L'Harmattan, 1998, p. 20.
  112. Chemins d'occitanie-Camins d'occitania: Politique Occitane 1974-2000, Gérard Tautil, Éditions L'Harmattan, 1998, p. 17.
  113. Pierre Bec, op. cit., p. 38.
  114. Pierre Bec, op. cit., p. 22.
  115. Pierre Bec, op. cit., p. 4.

Orientations bibliographiques[modifier | modifier le code]

La bibliographie sur l'Occitanie a un caractère très disparate. Elle comporte plusieurs aspects remarquables : D'abord, les nombreuses publications sur le sujet (qui ne peuvent d'ailleurs pas toutes trouver leur place ici) sont souvent des textes engagés en faveur ou en opposition à l'idée d'Occitanie. De plus, le champ d'étude étant à cheval sur plusieurs pays, la bibliographie a un caractère fortement transnational et plurilingue. Enfin, le classement proposé ici suit l'ordre chronologique décroissant des années de publication.

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Bibliographie en français[modifier | modifier le code]

  • Henriette WALTER, Aventures et mésaventures des langues en France, Nantes, Éditions du temps, 2008, 288 pages. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Jean LAFITTE et Guilhem PEPIN, "Langue d'oc, princesse d'ambiguïté. Mistral, la langue d'oc et ses dialectes", in La France latine, no 145-2007, "Enjeux de recherches interdisciplinaires sur le domaine d'oc", pages 49-130 (ISSN 0222.0326). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Collectif, Langues d'oc, langues de France. Aspects politiques et juridiques, linguistiques et sociolinguistiques, Princi Negue Editour, 2006, 118 pages (ISBN 2.84618.320.1[à vérifier : isbn invalide]). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Hervé TERRAL, La langue d'oc devant l'école, 1789-1951 : entre lutte et répression, la place accordée à l'occitan dans l'enseignement / textes choisis, Puylaurens, Institut d'études occitanes, 2005, 347 pages (ISBN 2-85910-383-X).
  • Pierre LAVELLE, L'Occitanie, histoire politique et culturelle, Puylaurens, Institut d'études occitanes, 2004, 587 pages (ISBN 2-85910-350-3). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Michel BANNIARD (dir.), Langages et peuples d'Europe : cristallisation des identités romanes et germaniques, VIIe-XIe siècle : colloque international / organisé par le Centre européen d'art et civilisation médiévale de Conques et l'université de Toulouse-Le Mirail, juillet 1997, Toulouse : CNRS, université de Toulouse-Le Mirail, 2002, 269 pages (ISBN 2-912025-09-5).
  • Philippe BLANCHET et Paul PONS (dir.), Les langues et cultures régionales ou minoritaires de l'Arc alpin : actes du colloque international, Gap, les 12 et 13 juillet 2002, Gréoux-les-Bains, Les Isles, Unioun prouvençalo, 2003, 95 pages (ISBN 2-7449-0493-7).
  • Laurent ABRATE, Occitanie 1900-1968, des idées et des hommes : l'émergence et l'histoire de la revendication occitane, Puylaurens, Institut d'études occitanes, 2001, 622 pages (ISBN 2-85910-280-9). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Pierre PASQUINI, Le pays des parlers perdus, Montpellier, Presses du Languedoc, 1994, 190 pages, préface de Robert Lafont. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Gilles REBULL, Nationalité et régionalisme en Provence de 1859 à 1893 : une interprétation de l'évolution felibréenne au regard de l'expérience catalane, Lou Félibrige - La revisto, no 222, premier trimestre 1997.
  • Henriette WALTER, L'aventure des langues en Occident, 1994 (ISBN 2-221-05918-2).
  • René MERLE, Une mort qui n'en finit pas ? L'écriture de l'idiome natal de la fin de l'Ancien régime à la naissance du Félibrige, Nîmes, MARPOC ; Montpellier, CNRS-Montpellier III, 1990, 215 pages (ISBN 2-907690-02-7).
  • Eliza Miruna GHIL, L'Âge de parage : essai sur le poétique et le politique en Occitanie au XIIIe siècle, New York-Bern-Paris, P. Lang, 1989, 407 pages, Collection "University studies in medieval and Renaissance literature", trad. de l'américain (ISBN 0-8204-1072-1). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Yves ROUQUETTE, Occitanie, Centre international de documentation occitane, 1984, 260 pages (ISBN 2901191207). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Isabelle LABORIE, La vie occitane dans l’Hérault au - travers de la production picturale de 1900 à 1950. Mémoire de Maîtrise. Université Paul Valéry. Montpellier III, 1993.
  • Daniel BORZEIX, René PAUTAL et Jacques SERBAT, Révoltes populaires en Occitanie : Moyen Âge et Ancien Régime, Le Loubanel, les Monédières, 1983, 394 pages (ISBN 2-903438-29-3).
  • Alain ALCOUFFE, Pierre LAGARDE, Robert LAFONT avec la collaboration de Jean-Claude Lugan, Pour l'Occitanie, Toulouse, Privat, 1979, 210 pages (ISBN 2-7089-4604-8). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • René NELLI, Mais enfin, qu'est-ce que l'Occitanie ?, Toulouse, Privat, 1978, 202 pages. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Michel BANNIARD, Langue et culture occitanes en Limousin aujourd'hui, Limoges : CRDP, 1977, 19 pages.
  • Gaston BALZAGUES, "Les Organisations occitanes", Paris, revue Les Temps modernes, num. 324-326 août-septembre 1973.
  • François FONTAN, "La Nation Occitane : ses frontières, ses régions", Bagnols sur Cèze, revue Lo lugarn / Lou Lugar, 1969, dernière édition en 2002 (ISSN 0399-192X).

Bibliographie en occitan[modifier | modifier le code]

  • Joan FOURIÉ, La premsa d'oc pendent la darrièra guerra: l'exemple de Terra d'Oc, Lo Gai Saber.
  • Pierrette BERENGIER, Li discours di Capoulié à la Santo-Estello : 1941-1982, Bras (les Terres blanches, 93149), Parlaren, 1994, 291 pages (ISBN 2-284-00024-X).

Bibliographie en catalan et castillan[modifier | modifier le code]

  • Felip GARDY, Occitània: un enjòc, IV Jornades del CIEMEN del 16 al 23 d'agost del 1979 « Fet nacional: llengua, territori i migracions, publicada a Nationalia V.
  • Alain ROCH, Occitània: ensenhament e mass-media, V Jornades del CIEMEN del 24 al 28 d'agost del 1980 Ensenyament de la llengua i mitjans de comunicació social, publicat a Nationalia VI.
  • Pèire LAGARDA, Occitania e Occitanisme, I Jornades del CIEMEN del 22 al 29 d'agost del 1976 in Relacions lingüístiques Occitània-Catalunya.
  • Joan-Pèire BALDIT, Occitània, Barcelone, La Magrana, Collecció Alliberament, 1982, traduction en Catalan de Jordi Bolòs et Maria Dolors Duran.
  • Imma TUBELLA et Carles VINYAMATA, Les nacions de l'Europa capitalista, Barcelone, La Magrana, 1978.
  • Jesús MESTRE i GODES, Els càtars. Problema religiós, pretexte polític, Barcelone, Col. A l'Abast, 1994.
  • Xosé Lois GARCIA, Naciones colonizadas de Europa Occidental, Cruña, Follas Novas, 1978.
  • Jordi VENTURA, Les cultures minoritàries europees, Barcelone, Selecta, 1963.
  • Joan GROSCLAUDE, Pèire LAGARDA, ALCOUFFE Alem, Jordi VENTURA et Alem SURRE-GARCIA, « Occitània. L'última oportunitat », El Temps,‎ 15 février 1999.
  • Xavier LAMUELA, Català, occità i friül : llengües subordinades i planificació lingüística, Barcelone, Quaderns Crema, coll. « Assaig Minor »,‎ 1987.
  • Xosé Manoel Núñez Seixas, Movimientos nacionalistas en Europa en el siglo XX, Madrid,‎ 1998.
  • (ca) Jordi VENTURA, « La revolució francesa i les llengües no oficials de l'Estat francès », Revista de Catalunya, no 38,‎ février 1990.
  • (ca) Jordi VENTURA, « L'edicte de Villiers-Cottêrets », Revista de Catalunya, no 58,‎ décembre 1991.
  • (ca) Figueres i Trull, « Ieu conessi un païs. Occitània i l'occità del 1945 als nostres dies », Revista de Catalunya, no 125,‎ janvier 1998.
  • Aureli ARGEMí et Ricard Vargas Golarons, « Dossier Occitània », Altres Nacions, no 2,‎ 1981.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Articles historiques et politiques
Articles linguistiques et culturels

Liens externes[modifier | modifier le code]