Li Yu (1611-1680)

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Dans ce nom, le nom de famille, Li (李), précède le nom personnel.

Li Yu

Nom de naissance Li Xianlü
Alias
Li Liweng, ou Hushang Liweng
Naissance 1611
Jiangsu
Décès 1680
Activité principale
écrivain
Auteur
Langue d’écriture chinois

Œuvres principales

Rou putuan

Li Yu (chinois 李漁), connu aussi sous le nom de Li Liweng (chinois 李笠翁), né en 1611, mort en 1680, est un écrivain chinois de la fin des Ming et du début des Qing.

Biographie[modifier | modifier le code]

Li Yu a été dramaturge, romancier (auteur en particulier du Rou putuan (en)), essayiste, et éditeur. Il est représentatif de ces lettrés louant les plaisirs de la vie.

Bien que de famille aisée, sa carrière mandarinale est un échec puisqu'il ne dépasse pas le premier stade des examens. Sa personnalité hors du commun lui a en revanche valu de fréquenter certains des personnages les plus en vue de son temps, notamment parmi les écrivains[1]. Dramaturge, il a été à la tête d'une troupe de théâtre composée uniquement d'actrices. Il parcourt la Chine pour donner des représentations, fait faillite et devient éditeur[2].

À l'avènement de la dynastie des Qing, en 1644, Li Yu se réfugie, à Hangzhou, sur les rives du lac de l'Ouest. Il adopte alors le surnom de Hushang Liweng, le « Vieillard au chapeau de paille au bord du lac »[1].

Théâtre[modifier | modifier le code]

Dramaturge et directeur de troupe, Li Yu est l'auteur de pièces débarrassées des superfluités (intrigues secondaires, allusions littéraires...) alors courantes dans un théâtre dont les livrets sont rédigés par des lettrés. Il est en outre l'auteur de textes théoriques sur le théâtre, inclus dans ses Xianqing ou ji (Impressions anodines consignées sans façon). Il s'y montre un partisan résolu de la fiction, alors que l'usage était d'écrire des pièces tirées des ouvrages historiques ou d'autres œuvres antérieures. Ainsi ses Shizong qu (Dix comédies) ont pour cadre des événements de son temps, et certaines pièces sont adaptées de ses propres contes[1].

Avec une prédilection pour la comédie, Li Yu traite du mariage ou de la polygamie dans un esprit libertin (fengliu), représentatif de la fin des Ming. Lian xian ban a ainsi pour sujet des amours lesbiennes qui se résolvent dans un ménage à trois[3].

L'intrigue du Couple de soles se passe au sein d'une troupe de théâtre et raconte les amours d'un lettré pauvre et d'une actrice. Le couple se suicide sur scène alors que la troupe donne une représentation de L'Épingle à cheveux (l'un des « quatre grands chuanqi » du xive siècle)[2].

Liste des pièces[modifier | modifier le code]

  • Naihetian (Nous ne pouvons rien au destin)
  • Huang qiu feng (Dames phénix cherchent sieurs phénix)
  • Qiao tuanyuan (Les Piquantes retrouvailles)
  • Biyumu (Le Couple de soles)
  • Lian xian ban (L'Amour pour la compagne parfumée)
  • Chenzhong lou (Le Pavillon du mirage)

Traductions[modifier | modifier le code]

  • Rou putuan :
    • Jeou-P'ou-T'ouan ou La Chair comme tapis de prière, trad. Pierre Klossowski et Jacques Pimpaneau, Jean-Jacques Pauvert, 1962
    • De la chair à l'extase, trad. Christine Corniot, Philippe Picquier, 1991, rééd. « Picquier poche », 1994.
  • Pierre Kaser, « Li Yu et le bonheur de voyager. Un extrait du Xianqing ouji (Notes jetées au gré d’humeurs oisives) », Impressions d'Extrême-Orient, numéro 1, 2010, [lire en ligne]
  • Jacques Pimpaneau, Anthologie de la littérature chinoise classique, Philippe Picquier, 2004 — Li Yu (1611-1679 ?), p. 897-911, avec un extrait du Couple de soles (actes XIV et XV), trad. Marie-Thérèse Brouillet, p. 901-905

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Rainier Lanselle, dans Lévy 2000, p. 178-180
  2. a et b Jacques Pimpaneau, Chine : l'opéra classique : Promenade au jardin des poiriers, Les Belles Lettres, 2014, p. 64-65
  3. Roger Darrobers, Le Théâtre chinois, Presses universitaires de France, coll. « Que sais-je ? », 1995, p. 47

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • N. Mao, Liu Ts'un-yan, Li Yü, Boston, Twayne, 1977
  • Université de Provence et Pierre Kaser, « Les métamorphoses du sexe dans les contes et les nouvelles de Li Yu », colloque Traduire l'amour, la passion, le sexe, dans les littératures d'Asie, 2006. [lire en ligne]
  • André Lévy (dir.), Dictionnaire de littérature chinoise, Presses universitaires de France, coll. « Quadrige »,‎ 2000 (1re éd. 1994), 429 p. (ISBN 2-13-050438-8)

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