Le concept du continuum

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Le concept du continuum : à la recherche du bonheur perdu est un essai de Jean Liedloff édité en 1975 et traitant de la prise en charge des jeunes enfants par leurs parents. L'auteur y dénonce les théories ou pratiques occidentales visant à séparer très tôt le nourrisson de sa mère. Au contraire, Jean Liedloff cherche à démontrer la nécessité de conserver le contact physique mère-enfant jusqu'à ce que l'enfant s'en détache tout seul de manière confiante.


Résumé[modifier | modifier le code]

Le concept du continuum : à la recherche du bonheur perdu est un essai de Jean Liedloff (traduit de l'anglais vers le français par Véronique Van den Abeele). L'auteur y dénonce les théories ou pratiques occidentales visant à séparer très tôt le nourrisson de sa mère. Au contraire, Jean Liedloff cherche à démontrer la nécessité de conserver le contact physique mère-enfant jusqu'à ce que l'enfant s'en détache tout seul.


La principale justification est qu'un nourrisson qui passe neuf mois au contact permanent avec sa mère ne peut être enlevé du jour au lendemain de sa présence. Au lieu d'isoler l'enfant dans une chambre à part dans un lit sans vie, l'auteur propose de le laisser partager la vie de la mère tant qu'il le réclame. En effet, selon l'auteur, lorsqu'il apparaît au monde, l'enfant a besoin d'être rassuré sur sa propre existence et sur l'amour qu'il reçoit. Alors qu'il ne peut conceptualiser ce besoin, l'enfant ressent l'absolue nécessité d'être entouré à chaque instant comme il le fut dans le ventre de sa mère. L'auteur conseille que l'enfant soit ainsi constamment porté par la mère pour découvrir le monde à travers elle. Peu à peu, l'enfant appréhende ainsi ce qui l'entoure en toute sécurité. Lorsqu'il sera assez confiant en ses capacités, il quittera de lui-même sa mère pour explorer son environnement. Néanmoins à chaque instant, il sait qu'il pourra revenir vers sa mère s'il en ressent le besoin.

L'auteur fonde principalement sa démonstration sur le témoignage de son vécu dans la jungle amazonienne au contact de tribus (les Yekwanas et les Sanemas) dont elle trouva les membres particulièrement épanouis et heureux.

Questions fréquentes[modifier | modifier le code]

Les propos de Jean Liedloff vont à l'encontre des habitudes occidentales modernes conseillant généralement de rendre l'enfant indépendant le plus tôt possible. Voici les questions généralement formulées ainsi que les réponses de l'auteur.

L'enfant ne devient-il pas trop gâté ?[modifier | modifier le code]

La critique majeure formulée est qu'en ne forçant pas la coupure avec la mère, l'enfant risque d'être trop gâté et de ne jamais pouvoir prendre son indépendance.

L'auteur y répond par l'inverse. En fournissant le plus proche soutien à l'enfant, au moment où il en a besoin, celui-ci conservera tout au long de sa vie en lui le sentiment qu'il est un être aimé. Au contraire, en sevrant l'enfant beaucoup trop tôt ce dernier recherchera toute sa vie à combler l'amour et la présence qu'il n'a pas reçu étant tout petit. Selon Jean Liedloff, ce sevrage peut être par la suite la source d'un besoin permanent de compétition pour acquérir l'attention d'autrui ou alors faciliter la dépendance en général (à la drogue, à l'alcool, aux risques...) pour combler le vide tragique vécu étant bébé.

Dans sa description de la tribu des Yekwanas, Jean Liedloff dépeint de jeunes enfants confiants en eux-mêmes et surtout très calmes car ils ne cherchent jamais à attirer l'attention sur eux-mêmes pour se sentir aimer ou exister. De même, quand il sera plus âgé, si un enfant vit une terrible douleur il n'aura aucune honte à retourner voir sa mère pour aller pleurer dans ses bras et aucun enfant ne se moquera de lui.

La vie de la mère n'est-elle pas trop bruyante pour un nourrisson ?[modifier | modifier le code]

Dans le ventre maternel, l'enfant entend constamment les battements du cœur de sa mère, les bruits de digestion ainsi que de nombreux sons extérieurs. Ces stimuli sont des possibilités lui permettant de développer ses sens et de se construire sa représentation du monde.

Isoler l'enfant dans une chambre à part, de nombreuses heures par jour, dans un lit qui étouffe les sons, est pour l'auteur une absurdité, notamment à un moment de la vie où sa principale fonction est d'apprendre "comme une éponge", à un moment où se développent la majorité de ses connexions neuronales.

Comment élever un enfant au contact de la mère dans les sociétés modernes ?[modifier | modifier le code]

L'ouvrage de Jean Liedloff ne permet pas réellement de distinguer cette pratique éducative de son contexte d'application dans la forêt amazonienne. Il est donc justifié de s'interroger sur l'application concrète de cette pratique dans les sociétés occidentales modernes, où la mère doit reprendre le travail quelques mois après l'accouchement par exemple. Cette interrogation peut remettre en question plusieurs normes des sociétés occidentales : l'endettement et la consommation de façon qui oblige le travail à plein temps, et travailler pour payer d'autres gens à élever son enfant (une nourrice, une crèche).

Selon l'auteur, de nombreuses pathologies des sociétés occidentales modernes (comme la compétition ou un utilitarisme exacerbé) sont liées à la non-écoute des enfants lors de leur plus jeune âge. Pour améliorer la situation, Jean Liedloff conseille de mettre en application le continuum chaque fois que possible. Par exemple, en dormant avec l'enfant ("co-dodo" ou "co-sleeping") ou bien en le portant sur la hanche autant que possible lors des tâches ménagères. Pour Jean Liedloff, au lieu de revenir des courses avec l'enfant dans la poussette, il vaut mieux mettre les courses dans la poussette et porter l'enfant.

Prolongement du concept sur un plan éducatif[modifier | modifier le code]

On retrouve dans le concept du continuum une approche similaire aux approches éducatives centrées sur l'enfant. Par exemple, la pédagogie Montessori insiste de la même manière sur la liberté de l'enfant quant à son rythme d'apprentissage.

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