Le Pauvre Hère de Nippur

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Le Pauvre Hère de Nippur (ou Pauvre homme de Nippur) est un des rares récits humoristiques qui nous soit parvenu de la civilisation mésopotamienne. Il s'agit d'une satire montrant un homme du peuple se venger d'un notable indigne de sa fonction, et qui profite de son pouvoir pour humilier les « petits ». Ce texte a été découvert dans les années 1950 à partir d'une tablette du site de Sultantepe.

Ce texte raconte l'histoire d'un homme pauvre, Gimil-Ninurta. Au comble du désespoir, il décide de donner son unique possession, sa chèvre, au maire de Nippur, dans l'espoir que celui-ci, compatissant, lui vienne en aide. Mais le maire se contente de lui donner de la bière, sans plus se préoccuper de lui. Humilié, Gimil-Ninurta quitte la cité, et dit au garde de la porte de la cité qu'il se vengera en rossant trois fois le maire.

Gimil-Ninurta se rend auprès du roi, qui accepte de l'aider. Il lui donne un char précieux et son attelage, avec lequel Gimil-Ninurta se rend à Nippur, se présentant comme un envoyé du roi. Il demande audience auprès du maire, en privé, et peut ainsi le battre. Ayant accompli la première étape de sa vengeance, il loue le char au maire, en échange d'or. Puis il se déguise en médecin, et réussit ainsi à retourner auprès du maire qui cherche à se soigner de ses blessures. Gimil-Ninurta profite une nouvelle fois de l'occasion pour molester le maire.

Après cette nouvelle humiliation, le maire réagit, et lui et son entourage partent à la poursuite de Gimil-Ninurta pour se venger. Mais ce dernier lui tend un piège sous un pont, et le rosse une troisième fois, comme promis, et le fait tomber à l'eau. Cette fois le maire en a eu pour son compte, et il n'a plus qu'à rentrer dans sa ville à la nage, après avoir reçu une bonne correction.

Il s'agit du seul récit humoristique aussi long et complet dont on dispose pour la littérature mésopotamienne, dont on a longtemps pensé qu'elle ne disposait pas de ce type de textes. On a pu mettre en avant des ressemblances entre ce récit et certains provenant de l'Égypte antique et des Mille et une nuits (Le conte du premier Larrikin).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) O. R. Gurney,
    • « The Tale of the Poor Man of Nippur », dans Anatolian Studies 6, 1956, p. 145-162 ;
    • « The Tale of the Poor Man of Nippur and Its Folktale Parallels », dans Anatolian Studies 22, 1972, p. 149-158 ;
  • (en) M. de Jong Ellis, « A New Fragment from the Tale of the Poor Man of Nippur », dans JCS 26, 1974, p. 88-89 ;
  • (en) J. S. Cooper, « Structure, Humour and Satire in the Poor Man of Nippur », dans JCS 27, 1975, p. 163-174 ;
  • (en) H. Jason, « The Poor Man of Nippur: An Ethnopoetic Analysis », dans JCS 27, 1975, p. 163-174 ;
  • J. Lévêque, Sagesses de Mésopotamie, Supplément au Cahier Évangile 85, 1993, p. 19-23.

Compléments bibliographiques :

  • SAPORETTI, Claudio, La storia del siciliano Peppe e del poveruomo babilonese, Palerme, 1985.
  • VON SODEN, Wolfram, « Der arme Mann von Nippur », dans Texte aus der Umwelt des Alten Textaments 3: Weisheitstexte I Gütersloh, 1990, p. 174-180.

Le texte