La Pécheresse

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La Pécheresse

Titre original Laughing Sinners
Réalisation Harry Beaumont
Scénario Bess Meredyth
Acteurs principaux
Sociétés de production MGM
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Drame
Sortie 1931
Durée 72 min (1 h 12)

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

La Pécheresse (Laughing Sinners) est un film américain réalisé par Harry Beaumont, sorti en 1931.

Synopsis[modifier | modifier le code]

La chanteuse de night-club Ivy Stevens mène une vie relâchée et peu soucieuse de la morale. À l'heure actuelle, elle est la maîtresse d'un bon à rien, le voyageur de commerce Howard Palmer, qui profite d'elle sexuellement sans lui offrir une perspective durable. Au bout du compte, il se marie avec la fille de son patron. Désespérée, Ivy tente de se suicider mais se voit, à la dernière seconde, sauvée par Carl Loomis, membre de l'Armée du Salut. Sa gentillesse et sa prévenance font beaucoup d'impression sur elle et elle veut commencer une nouvelle vie. Une bonne année plus tard Ivy, qui depuis travaille pour l'Armée du Salut, rencontre Howard Paler qui s'ennuie dans son mariage. Il ne faut pas longtemps pour qu'elle redevienne sa maîtresse. Après de nombreux tourments de conscience, la jeune femme finit par se rendre compte que la force de caractère et une vie conforme à la morale ont beaucoup plus d'importance que la réalisation fugitive de désirs érotiques. Elle se marie avec Carl.

Arrière-plan[modifier | modifier le code]

Aux derniers jours du film muet Joan Crawford avait acquis la célébrité en représentant à l'écran la jeune femme insouciante, appelée à l'époque la Garçonne.

Mais l'incertitude économique qu'avait amenée la crise mondiale avait apporté des modifications profondes dans la société. Alors que les comédies musicales, comédies légères et comédies de salon, qui décrivaient les problèmes de la Haute Société, perdaient vite en popularité, des genres nouveaux se mettaient en place comme des films d'horreur et des films de gangster. On produisait de plus en plus des films de critique sociale qui regardaient sans complaisance les ratés de la société. Le goût des spectateurs n'était plus le même : finie brusquement, cette image de la garçonne, jeune femme insouciante et sans soucis matériels, qui comprend la vie comme une suite d'amusements. À partir de 1930 il fallut changer l'image de Joan Crawford pour en faire une femme ambitieuse qui cherche à améliorer sa vie en comptant sur ses propres forces. C'est pourquoi, à ce moment de sa carrière au théâtre, elle jouait souvent les filles d'ouvrier qui réussissent à s'élever socialement. Le changement éclate pour la première fois avec Our Blushing Brides où elle joue le rôle d'une vendeuse. Le film évoque le problème de trois amies qui se demandent jusqu'où, en des temps d'incertitude économique, les points de vue moraux et des valeurs comme la vertu et l'intégrité peuvent encore signifier quelque chose. On montre également comment les conceptions morales traditionnelles sur le mariage et la sexualité doivent s'adapter aux conditions sociales qui ont changé. Un tel schéma n'a que peu varié dans les films qui ont suivi.

Dans ce contexte, le rôle de Joan Crawford dans Laughing Sinners apparaît à certain égard à contre-courant par rapport aux films qu'elle tournait à l'époque. D'une part l'héroïne veut au début se suicider. Par là la scène annonce dans une parallèle remarquable une situation comparable au début du Roman de Mildred Pierce de 1945. Normalement Joan Crawford interprétait des femmes indépendantes et courageuses qui à tout moment savaient affronter la vie et ses problèmes. Les actes de désespoir par chagrin d'amour appartenaient plutôt au répertoire des autres actrices. En même temps Ivy n'essaie pas non plus d'améliorer sensiblement sa situation sociale. Elle commence comme danseuse de bas étage et continue à appartenir à la couche inférieure de la société pendant toute l'action. Normalement Joan Crawford réussit vers le milieu de l'action à se procurer l'argent nécessaire pour porter vêtements luxueux et bijoux.

Le film a aussi deux grands numéros de chant pour l'actrice principale, qui entonne avec verve les chansons What Can I Do, I Love That Man et Brighten the Corner Where You Are.

L'actrice Marjorie Rambeau devait être la mère de Joan Crawford dans This Modern Age, qui suivit directement, mais elle tomba malade peu avant le début du tournage. Finalement, c'est en 1953 dans Torch Song, qu'on put la voir dans ce rôle.

Peu de personnes furent en définitive entièrement satisfaites du film, mais Joan Crawford en faisait partie et elle déclara à Roy Newquist :

« Pour moi La Pécheresse était réussie. Je dansais bien et je jouais bien et cela marchait parfaitement entre Clark Gable, alors un acteur plein d'avenir, et moi-même, aussi bien sur l'écran qu'en privé. Un de mes films préférés. »

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Autour du film[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Référence de traduction[modifier | modifier le code]