La Garçonnière

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Garçonnière.

La Garçonnière

alt=Description de cette image, également commentée ci-après

Célèbre et ultime réplique du film :
— Fran (Shirley MacLaine) à Buddy (Jack Lemmon) : « Shut up and deal » (« Taisez-vous et donnez »)

Titre original The Apartment
Réalisation Billy Wilder
Scénario Billy Wilder
I.A.L. Diamond
Acteurs principaux
Sociétés de production Mirisch Company
United Artists
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Comédie dramatique
Sortie 1960
Durée 125 min

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

La Garçonnière (The Apartment) est un film américain réalisé par Billy Wilder, sorti en 1960.

Synopsis[modifier | modifier le code]

C.C. Baxter, dit « Brin d'amour » (« Buddy » en VO), employé d'une importante compagnie d'assurances, met sa garçonnière à disposition de ses supérieurs afin de monter plus vite en grade. Son DRH Jeff D. Sheldrake, apprenant cela, lui demande également de lui prêter l'appartement et lui octroie une promotion en échange. C.C. ignore que Sheldrake souhaite utiliser cette garçonnière pour y retrouver la jeune et jolie Fran, une liftière de la compagnie, dont C.C. est secrètement amoureux…

Fiche technique[modifier | modifier le code]

The apartment trailer jack lemmon.JPG

Distribution[modifier | modifier le code]

Musique du film[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Nominations[modifier | modifier le code]

Production[modifier | modifier le code]

« Billy Wilder déclare que ses deux réalisations préférées sont Le Gouffre aux chimères (avec Kirk Douglas, 1951) et La Garçonnière, avec Jack Lemmon. »

— In Le Nouvel Observateur (1993)[3].

« L'histoire d'un type qui s'élève dans le lit chaud laissé par deux amants »

— Selon le résumé du film fait par Billy Wilder[4].

Genèse[modifier | modifier le code]

Dans un article du New York Times de 1960, Billy Wilder raconte qu'à l'origine il avait conçu l'histoire pour le théâtre, mais qu'à cause de la difficulté de montrer l'immensité des bureaux sur une scène, I. A. L. Diamond et lui en ont fait un film. Dans le même article, I. A. L. Diamond déclare que le film est une réflexion sur « les mœurs des milieux d'affaires américains[4]. »

Dans son livre de souvenirs[5],Tony Curtis raconte comment il a été à l'origine de l'idée du film : « Autour de moi, il y avait une masse de jolies filles qui faisaient de la figuration ou de petits rôles et, bien sûr, j'avais envie de coucher avec elles. Généralement, je couchais avec elles — sur le siège arrière de la voiture, dans ma loge, n'importe où. […] La voiture et la loge manquaient un peu d'espace. Mais mon copain Nicky Bair, un acteur devenu restaurateur, avait un petit logement, pas très loin de Laurel Canyon. Un soir, j'étais en route pour retrouver une fille, et je roulais dans les collines, préoccupé de savoir où nous pourrions bien aller, quand j'ai aperçu Nicky assis dans sa petite MG sur le bord de la route. Je me suis arrêté et je lui ai demandé ce qui se passait. « Ma bagnole est en panne et j'attends la dépanneuse de l'automobile-club. » J'ai réfléchi une seconde et je lui ai dit : « Écoute, Nicky, désolé pour ta voiture, mais puisque tu es coincé là pour un bon moment, est-ce que tu pourrais... » Il m'a interrompu : « Vas-y. Sers-toi de mon appartement. » Et à partir de ce moment, chaque fois que je draguais une fille, j'appelais Nicky : « Nick, j'ai besoin de ton appartement » ; il soupirait et puis il me disait OK et j'y montais avec ma Rolls que je planquais sous un auvent — comme si les gens n'étaient pas au courant ! Comment ne pas me repérer avec cette plaque : TC1 ? Ma voiture était connue de tout le monde. L'idée que ça pourrait faire un sujet de film est venue de Sidney Skolsky, le journaliste, un petit bonhomme au nez en bec d'aigle. Un jour, il tombe sur Nicky assis dans sa voiture et il lui demande : « Pourquoi ne rentres-tu pas chez toi ? — Je ne peux pas, répond Nicky, Tony est là-haut avec une fille. » Sidney rétorque : « Mais, c'est ton appartement, non ? » et Nicky : « Je sais, mais Tony est un pote et il me fait avoir des petits boulots... » Alors, Skolsky a utilisé l'idée pour un synopsis qu'il a vendu et qui est devenu La Garçonnière. Lorsque Billy Wilder préparait le projet, il m'a dit : « Tony, tu es trop beau garçon pour jouer Nick Blair », et c'est Jack Lemmon qui a finalement obtenu le rôle. »

Scénario[modifier | modifier le code]

Scène de l'égouttage des spaghetti avec la raquette.
Jack Lemmon et Shirley MacLaine.

Pour l'écriture du scénario, selon plusieurs biographies et ses dernières interviewes[Lesquelles ?], Billy Wilder dit avoir été inspiré par le personnage de l'homme qui prête son appartement aux amants dans le film britannique Brève Rencontre (Brief Encounter, 1945)[4].

Lorsque le tournage commence, la majeure partie du scénario est déjà écrite mais il n'est pas écrit en entier, et Billy Wilder comme son coscénariste connaissent leur « destination finale[6]. » Shirley MacLaine n'en reçoit qu'une quarantaine de page[6]. Le réalisateur souhaite en effet pouvoir s'adapter aux accidents de tournage ou à ce qui peut se révéler durant les répétitions[6]. L'actrice a déclaré qu'elle considérait Wilder et I.A.L. Diamond, son coscénariste, comme des « des observateurs avisés » car il était courant qu'ils s'inspirent d'une discussion entre Jack Lemmon et elle pendant un déjeuner, où les acteurs ignoraient qu'ils étaient en train « de jouer une scène qui n'existait pas encore, mais qui apparaîtrait bientôt dans le scénario[7] ! »

La scène où C. C. égoutte des pâtes à l'aide d'une raquette de tennis est née d'une remarque d'I. A. L. Diamond sur le fait que les femmes adoreraient regarder un homme qui fait la cuisine[6]. Comme il s'agit d'un personne qu'ils n'imaginent pas cuisiner chez lui, préférant plutôt s'acheter un sandwich, ils ont cherché un ustensile qui pourrait servir de passoire à quelqu'un qui n'en a pas[6].

Tournage[modifier | modifier le code]

Shirley Maclaine dans la bande-annonce du film.

Shirley MacLaine[7] : « Jack Lemmon, mon cher Jack, est la gentillesse personnifiée. Il était toujours partant pour une bonne blague. Je le trouvais tellement génial que je venais souvent, quand je ne travaillais pas, pour assister à ses numéros comiques devant la caméra. […] Fran Kubelik, dans La Garçonnière, était victime du sentiment de culpabilité d'un homme marié, et du pouvoir machiste qui régnait dans son milieu professionnel. Finalement, comme la vie devenait insupportable, elle tentait de se suicider. […] Cette sorte de personnage. J'ai eu du mal à trouver son profil. Je n'ai jamais su avec certitude qui elle était. Et justement, c'était cela : une victime ballottée par les évènements, qui ne pouvait se raccrocher à rien ni à personne. Elle était perpétuellement en réaction par rapport au monde qui l'entourait. Il a donc fallu que je réagisse dans ce film et non que je joue. C'était un rôle plus subtil et plus fin que ceux auxquels j'étais habituée. […] Dean et Frank[8] avaient entrepris de m'enseigner le gin-rami à l'époque où je tournais La Garçonnière. J'y jouais entre les prises. C'est pourquoi le film se termine sur une partie de gin-rami. Je montrais quatre doigts quand ma bouche disait trois, juste pour m'amuser. Cela aussi figure dans le film. Pendant la scène où mon beau-frère vient me récupérer, il y avait une bousculade[9]. Comme j'avais beaucoup de mal à mimer la panique, Billy alla chercher une grosse bûche qu'il fendit en deux devant moi, sous la caméra, dans un bruit de tous les diables qui me pétrifia. Juste ce qu'il fallait. »

Décors[modifier | modifier le code]

Pour l'appartement Billy Wilder a vu plusieurs appartements sur Central Park West, le décor recrée un mélange de ce qu'il y a vu[6].

Le tableau qu'on peut apercevoir dans l'appartement de Baxter est une reproduction d'un tableau du Musée d'Art Moderne punaisée au mur, mise afin de suggérer qu'il va dans les musées les jours fériés, s'achète des reproductions et, comme il est célibataire, n'a personne pour lui suggérer de les encadrer[6].

Les scènes du bureau collectif où travaille C.C. Baxter au début du film ont été tournées sur un plateau qui n'est pas très grand[6]. Afin de faire créer l'immensité de la pièce, Les tables sont de plus en plus petites à mesure qu'on s'éloigne de la caméra, les figurants sont aussi de plus en plus petits jusqu'à utiliser des images découpées[6]. Toutes les séquences de ce décor ont été tournées en moins de deux jours[6].

À la fin du film, lorsque Fran retourne en courant chez Baxter, il n'y a qu'une série de trois maisons derrière elle[6]. Pour allonger son trajet, la scène a été tournée en plusieurs plans ce qui fait qu'elle passe en réalité plusieurs fois devant la même maison[6].

Montage[modifier | modifier le code]

D'après Billy Wilder, le montage du film du film est facile est rapide : il aurait été prêt au bout d'une semaine, avec très peu de pellicule non utilisée[6]. En effet, la plupart des idées du tournage fonctionnent et il a tourné de manière simple, sans multiplier les plans et les angles de prise de vue[6].

Analyse[modifier | modifier le code]

Dans les scènes où Baxter se trouve à la compagnie d'assurance, le décor et la manière de filmer donne « l'idée d'un petit homme dans un grand bureau[6]. »Ce personnage est souvent filmé dans des plans larges, qui montrent son affrontement au monde qui l'entoure[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Thème qui deviendra une chanson sous le titre The Key to Love avec des paroles anglaises de Norman Newell. Adaptation française par Pierre Amel (alias Paul Pique) sous le titre Un nid d'amour et notamment interprétée par Luis Mariano, voir crédits SACEM, éditions Lawrence Wright Music/EMI Music Publishing
  2. Adaptation française par Francis Blanche sous le titre Vive le vent.
  3. Extrait de son interview par François Forestier.
  4. a, b, c, d et e Source : The TCM Movie Database États-Unis.
  5. Tony Curtis, l'autobiographie, pages 171 et 172, Belfond, 1996 (ISBN 2714432328).
  6. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o et p Crowe, p. 56-60.
  7. a et b Extrait de ses « mémoires d'Hollywood », Les Étoiles de ma vie, pages 213, 214, 282 et 285, Presses de la Cité, 1996 (ISBN 2258041899).
  8. Deux des membres du clan The Rat Pack dont Shirley MacLaine était l'une des « mascottes » féminines.
  9. Lorsque le beau-frère donne deux coups de poing à « Buddy-Brin d’amour » qui s’effondre par terre.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :