Jan Gehl

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Jan Gehl (2006)

Jan Gehl, né le 17 septembre 1936, est un architecte et urbaniste. Il est professeur émérite en design urbain à l'école d'architecture de l'Académie royale danoise de Copenhague. Il a étudié et enseigné le design urbain aux États-Unis, au Canada, en Australie et en Europe. Il a rédigé plusieurs livres sur l'élaboration d'espaces publics, dont Livet Mellem Husene et Vivre entre les maisons.

Il est connu en particulier pour avoir étudié Strøget à Copenhague, une prototype des aménagements piétonniers au centre des villes anciennes. En juillet 2007, le maire de New York, Michael Bloomberg, a sollicité son avis sur la planification urbaine de New York. Depuis, grâce à la volonté et le support politique, New York a développé 400 kilomètres de pistes cyclables, fermé des sections de Broadway et de Times Square aux autos et créé de nouveaux espaces verts. Une étude a montré que le commerce a augmenté de 71 % dans les sections piétonnisées de Broadway.

Jan Gehl dirige les bureaux Gehl Architects, qui ont conseillé plusieurs villes pour se "copenhaguiser" dont, entre autres, Melbourne (Australie), Christchurch (Nouvelle-Zélande) et New York (États-Unis).

Il a aussi écrit, notamment Cities for people (Island Press, 2010).

Idéologie[modifier | modifier le code]

En urbanisme, Gehl fait partie des critiques de l'idéologie fonctionnaliste. Il reconnaît que les fonctionnalistes ont permis la création de villes à partir des principes d'hygiène et de physiologie, ce qui a amélioré la qualité de vie en ville. Par contre, le fonctionnalisme a négligé la dimension psychologique et sociale de la ville. Selon lui, le fonctionnalisme serait notamment responsable de la disparition des places publiques et des rues animées au profit de "trajets, routes et gazons sans fin".

Sa contribution provient de l'intégration des recherches en anthropologie et en psychologie par l'interaction entre les individus et leur milieu bâti. Ses ouvrages se concentrent sur la perception sensorielle des gens et comment l'environnement ouvre ou inhibe les possibilités d'interactions.

Dans l'élaboration de sites publics, Gehl rappelle la corrélation accentuée entre la vocation d'un site et son utilisation. L'aménagement et les relations (ou l'absence d'interrelation) entre les constructions déterminent l'utilisation d'un site. L'ampleur et le type d'activités extérieures sont grandement influencés par leur environnement physique. Plus l'environnement permet des interactions entre individus, plus les individus sont attirés et utilisent le lieu. À la ségrégation des usages, exemplifiée par le zonage, Gehl préconise une intégration des fonctions dans l'utilisation de l'espace à moins que certains sites soient incompatibles avec leur entourage. Par exemple, un développement universitaire devrait, idéalement, être éparpillé dans un quartier résidentiel avec certains emplacements commerciaux (café, théâtre, etc.) pour décloisonner la population académique et faciliter sa socialisation avec l'extérieur.

Échelle humaine[modifier | modifier le code]

Jan Gehl base ses ouvrages et études sur les capacités sensorielles de l'être humain pour identifier les forces et faiblesses de certains sites. Cette évaluation permet par la suite de réaliser une série de petite modification pour améliorer le sujet. Il se base sur les travaux de Kevin Lynch pour recommander une distance approximative de 25 mètres (82 pieds) pour faciliter le contact humain.

Selon Gehl, les meilleurs projets incorporent une gradation entre espaces publics et privés. Les sites urbains devraient selon lui inspirer la perception d'espace complètement public, semi-public, semi-privé ou complètement privé. Théoriquement, l'aménagement pourrait diffuser clairement l'utilisation du site. À cette gradation s'ajoute la dynamique entre la mobilité des utilisateurs et l'édifice. Pour Gehl, « [...] la bonne architecture ne dépend pas des formes, mais bien de l'interaction entre la forme et la vie, ce qui est bien plus difficile et exigeant."[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. BAILLARGEON, Stéphane, "Le rebâtisseur de villes », Le Devoir, Montréal, 22 août 2011, p. A8.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]