Ghost in the Shell (film)

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Ghost in the Shell

Titre original Kōkaku Kidōtai
Réalisation Mamoru Oshii
Scénario Kazunori Itō
Acteurs principaux
Pays d’origine Drapeau du Japon Japon
Sortie 1995
Durée 82 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Ghost in the Shell (攻殻機動隊, Gōsuto In Za Sheru/Kōkaku Kidōtai?) est un film d'animation de Mamoru Oshii sorti en 1995. Il s'agit d'une adaptation cinématographique du manga du même nom de Masamune Shirow. Le film se déroule dans un univers cyberpunk situé dans un futur proche, et relate l'enquête menée par deux cyborgs, le major Motoko Kusanagi et Batou, à la recherche d'un mystérieux pirate informatique.

Un second long-métrage reprenant certains personnages, Innocence : Ghost in the Shell 2, a été supervisé par le même réalisateur en 2004. Mamoru Oshii a également adapté le manga sous la forme d'une série animée, Ghost in the Shell: Stand Alone Complex, en 2002-2005. En 2008, un remake du premier film avec nouveaux effets spéciaux a été réalisé sous le nom Ghost in the Shell 2.0.

Synopsis[modifier | modifier le code]

L'histoire se déroule dans un monde futuriste cyberpunk et nous fait suivre les aventures de Motoko Kusanagi, dite « major », et Batou, deux cyborgs appartenant à une unité spéciale du gouvernement (la section 9, anti-terroriste) qui essaient de capturer le pirate informatique le plus dangereux et insaisissable au monde, connu seulement sous le pseudonyme de Puppet master (« le marionnettiste »).

Cette traque se fait sur un fond de guerre des services avec la section 6, qui s'intéresse elle aussi au Puppet master dans le cadre d'un projet mystérieux, le « projet 2501 ».

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Voix originales[modifier | modifier le code]

Voix françaises[modifier | modifier le code]

Analyse[modifier | modifier le code]

Outre l'élagage des nombreuses digressions du manga, le film a aussi supprimé la partie mecha (armures mécanisées).

Le film est surtout axé sur la psychologie du major Motoko Kusanagi, et surtout sur l'angoisse métaphysique qu'elle ressent d'occuper un corps qui ne lui appartient pas mais est une création artificielle. Le film comporte plusieurs scènes de « renaissance », la sortie de l'eau étant une métaphore de l'accouchement.

Dans l'une des scènes centrales, métaphore des interrogations de Motoko, on peut la voir naviguer sur des canaux, sur fond d'une musique aux accents zen. Cette scène est forte en symboles, puisque l'on a un échange de regard entre le Major et une femme assise à un bar lui ressemblant étrangement (on voit la femme par les yeux du Major, puis le Major par les yeux de la femme), le reflet du Major qui se superpose à un mannequin dans une vitrine, enfin la caméra s'évade pour s'arrêter sur des mannequins en plastique sans bras ni jambes dans une vitrine d'un magasin au moment de l'extinction des feux.

On voit à deux reprises un basset (sur la photographie d'un des humains piratés et sur une passerelle dans la scène centrale) ; l'image du basset sera reprise dans Avalon ainsi que dans Innocence : Ghost in the Shell 2. Dans ces trois films, le basset est associé à des personnages célibataires ; il est peut-être le symbole de la solitude urbaine. C'est aussi une lubie d'Oshii qui, de son propre aveu, adore les chiens (il possède lui-même un basset).

Les frères Wachowski se sont inspirés de ce film pour plusieurs scènes de Matrix[2]. On trouve notamment comme référence la scène ou Neo tente d'échapper aux agents à la fin de Matrix. Il traverse un marché où se trouve un étal de pastèque. En passant devant cet étal, un agent fait feu sur Neo mais touche l'étal. Les pastèques explosent. On trouve une scène assez proche dans Ghost in the Shell quand Batou fait feu sur un fugitif qui traverse un marché et renverse un étalage de pastèque dans sa fuite. Batou ne touche pas le fugitif, mais touche les pastèques. Moins anecdotique, on peut voir des similitudes entre le générique de Ghost in the Shell et Matrix: dans ce dernier, les lettres défilent de haut en bas et forment le titre. Dans l'anime version de 1995, l'écran voit des lettres défiler et disparaître pour laisser le nom et le poste d'une des personnes ayant travaillé sur le film. D'une manière générale, Les frères Wachowski admettent avoir été inspiré par Ghost in the Shell. Une vidéo[3] comprenant des éléments de références apposent, entre autres, des passages de Matrix et Ghost in the Shell. Cette vidéo ne peut être en aucun cas considérée comme intégralement fiable, néanmoins, elle permet de voir certaines scènes citées l'une à côté de l'autre.

Thèmes abordés[modifier | modifier le code]

Plusieurs thèmes classiques de la science-fiction sont abordés, tel que les rapports entre les hommes dans une société robotisée, mais le thème principal, évoqué tout au long des œuvres de Mamoru Oshii, est le suivant : qu'est-ce qu'être humain ? Une liste non exhaustive des questions à portée philosophique que pose l'auteur peut être :

  • Qu'est-ce qui distingue l'être humain d'un robot pensant ayant conscience de son existence ?
  • Qu'est-ce qui fait la spécificité de la pensée humaine ?

Ces questions sont abordées, entre autres, avec le personnage de Kusanagi qui vit grâce à un corps artificiel depuis sa petite enfance, ce qui l'amène parfois à douter de son humanité.

On peut rapprocher les thèmes abordés dans GITS de ceux évoqués par Blade Runner (dont l'auteur s'est visiblement fortement inspiré : détails de l'architecture, environnement pollué, société déstructurée et déshumanisée, ...). L'aspect métaphysique est primordial, et malgré des scènes d'actions spectaculaires, le film est assez lent, très introspectif, rythmé par les monologues existentiels de Motoko. Au-delà de la question de savoir ce qui différencie l'être humain de la machine, le film aborde également la question de l'unicité, de l'individu en tant qu'entité séparée et indépendante d'un tout plus vaste. Les questions de Motoko nous renvoient à nos propres doutes et interrogations sur l'humanité dans ce qu'elle a de radicalement "autre".

Postérité[modifier | modifier le code]

Avec Blade Runner et Matrix, Ghost in the Shell est considéré comme l'un des films référence du mouvement Cyberpunk[réf. nécessaire].

Ghost in the Shell 2.0[modifier | modifier le code]

En 2008, à l'occasion de la sortie au cinéma du film de Mamoru Oshii The Sky Crawlers, une nouvelle version de Ghost in the Shell est réalisée sous le titre Ghost in the Shell 2.0[4]. Il ne s'agit pas d'un nouveau film, mais d'un « toilettage » du film de 1995 : de nombreuses séquences sont refaites pour remplacer l'animation traditionnelle sur celluloïd par des animations en images de synthèse, les dialogues et la musique sont réenregistrés et légèrement modifiés.

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]