Fourmilière

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Une fourmilière à dôme de fourmis rousses dans une forêt.

La fourmilière est l’habitat des fourmis. C’est généralement un endroit qu’elles ont construit par excavation, par construction de dômes, ou qu’elles ont aménagé. La fourmilière a pour but de protéger la ou les reines et le couvain. Elle permet de garantir à la colonie une sécurité et un abri face aux intempéries.

Structure de la fourmilière[modifier | modifier le code]

Fourmilières à dômes[modifier | modifier le code]

Les plus connues des fourmilières à dômes sont celles des Formica gr rufa qui, en partant généralement d’une souche ou d’un tronc couché, apportent des brindilles afin de permettre un réchauffement rapide du dôme qui sera orienté au soleil, et permettra ainsi un développement rapide des larves. Ces dômes de brindilles se trouvent généralement en forêt et sont parfois reliés entre eux. Leur visibilité est aussi le défaut qui pourrait leur nuire le plus. En effet, de nombreux pillages ou simplement des personnes qui abîment le nid peuvent mettre en péril la colonie. Ces dômes sont également constitués de débris végétaux ainsi que de résine qui permet d’éliminer bactéries et parasites. Le dôme est entretenu d’avril à octobre - les dates varient en fonction des lieux et des intempéries. Les fourmis déblayent alors les dômes ou ramènent des brindilles. Durant l’hiver, la colonie se retire en profondeur pour hiverner, et reprendra l’entretien du nid au printemps[1].

Certaines espèces de fourmis peuvent faire des dômes[2]. Ils sont alors généralement formés de terre, de gravier, de sable et de débris animaux et végétaux entreposés aux alentours de l’entrée qui s’accumulent au fil du temps. Des petits dômes de terre sont parfois volontairement construits pour permettre de chauffer le couvain et reposent généralement sur les brins d’herbe.

En Amérique du Nord, les dômes de 40 cm de terre de la Grande Fourmi de Feu (Solenopsis invicta) détruisent les cultures des paysans ou les empêchent de faire leurs récoltes[3].

Fourmilières sous terre[modifier | modifier le code]

Les fourmilières construites dans la terre constituent la plus grande partie des nids. Les galeries sont creusées rapidement par les ouvrières qui excavent la terre et la ramènent à la surface. De longs tunnels mènent vers des salles plates et fines qui permettent de stocker les larves, la reine, les œufs et les nymphes. On peut observer des fourmis sous les dalles en extérieur, qui occupent le mieux possible l’espace afin de pouvoir poser le plus de couvain dans ces salles chaudes, à cause de la chaleur emmagasinée par la dalle[4].

Fourmilières remarquables[modifier | modifier le code]

L’exemple des nids des fourmis champignonnistes, qui creusent d’immenses réseaux de galeries et de salles nécessaires à la culture de leurs champignons est très connu. Ces nids sont composés de nombreux tunnels et possèdent des tunnels spécifiques à l’aération du nid[5]. Certaines fourmis préfèrent s’aménager des fourmilières dans des plantes myrmécophiles. Ces plantes, certains Tillandsia, quelques acacias (tel l’Acacia cornigera), possèdent des cavités qui permettent aux fourmis d’organiser leur fourmilière directement dans la plante.

Quelques espèces peuvent, contre le gré de la plante cette fois, habiter dans des arbres pourris qu’elles creuseront ou dans de vieilles charpentes, mais ce sont des cas généralement isolés.

Les fourmis peuvent fabriquer des nids en liant des feuilles ensemble à l’aide de soies produites par leurs larves, c’est le cas des Oecophylles[6][réf. insuffisante].

Fourmilières vivantes[modifier | modifier le code]

Certaines espèces de fourmis ne vivent pas dans des nids creusés, mais s’organisent pour former un nid vivant créés par les milliers d’ouvrières qui se relient entre elles par leurs pattes, ce qui permet également de protéger la reine et le couvain. C’est le cas, par exemple, des Eciton (ou fourmis légionnaires).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [vidéo Formica, déblayage d’une brindille], sur Myrmecofourmis.fr, publié le 12 juin 2008.
  2. Fourmilière de Formica rufibarbis, sur Myrmecofourmis.fr, publié le 18 mai 2009.
  3. (en)issg Database: Ecology of Solenopsis invicta, Invasive Species Specialist Group, modifié le 13 septembre 2006.
  4. [vidéo Fourmilière de Tetramorium dérangée], sur Myrmecofourmis.fr, publié le 16 avril 2009.
  5. Holldobler, Bert, and Wilson, Edward O. The Ants. Ed: The Belknap Press. 732 pages. (1990).
  6. Bert Hölldobler Edward O. Wilson : Voyage chez les fourmis, Éditions du SEUI.