Eigengrau

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L’eigengrau (en allemand : « gris intrinsèque »), aussi appelé eigenlicht (« lumière intrinsèque »), est la couleur vue par l'œil humain dans l'obscurité totale. Même en l'absence de lumière, un potentiel d'action est transmis le long du nerf optique, donnant la sensation d'un gris foncé uniforme.

L’eigengrau est perçu plus lumineux qu'un objet noir en condition d'éclairage normal, car le contraste entre les luminosités de deux couleurs est plus déterminant pour la vision que la luminosité absolue d'une teinte[1]. Par exemple, la nuit, un ciel sans nuage est perçu d'un noir plus foncé que l'eigengrau, car le contraste fourni par les étoiles augmente notre perception du noir.

L’eigengrau peut être contrôlé de manière consciente pour représenter des formes, comme des cercles ou des croix[2],[3].

Cause[modifier | modifier le code]

L'intensité lumineuse perçue non nulle est due au bruit dans la rétine, qui ne peut être distingué de la perception de photons[4],[5]. Des expériences montrent que la fréquence de ces événements dépend fortement de la température, ce qui laisse penser que leur source vient de l'isomérisation de la rhodopsine[6]. Dans les bâtonnets, ces événements ont lieu en moyenne une fois toutes les 100 secondes. Aussi, en considérant la quantité de molécules de rhodopsine dans un bâtonnet, cela implique que la demi-vie d'une molécule de rhodopsine est de 420 ans[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Hans Wallach, « Brightness Constancy and the Nature of Achromatic Colors », Journal of Experimental Psychology, vol. 38, no 3,‎ 1948, p. 310–324 (PMID 18865234, DOI 10.1037/h0053804).
  2. Trumbull Ladd, « Direct control of the retinal field », Psychological Review,‎ 1894 (lire en ligne).
  3. Trumbull Ladd, « Direct control of the 'retinal field': Report on three cases », Psychological Review,‎ 1903 (lire en ligne [PDF]).
  4. (en) H. B. Barlow, Visual Psychophysics, New York, Springer-Verlag,‎ 1972 (ISBN 0-387-05146-5), « Dark and Light Adaptation: Psychophysics. »
  5. (en) H. B. Barlow, Vertebrate Photoreception, New York, Academic Press,‎ 1977 (ISBN 0-12-078950-7), « Retinal and Central Factors in Human Vision Limited by Noise ».
  6. D. A. Baylor, « Two components of electrical dark noise in toad retinal rod outer segments », Journal of Physiology, vol. 309,‎ 1980, p. 591–621 (PMID 6788941, PMCID 1274605).
  7. Denis A. Baylor, « Photoreceptor Signals and Vision », Investigative Ophthalmology & Visual Science, vol. 28, no 1,‎ 1er janvier 1987, p. 34–49 (PMID 3026986, lire en ligne).