Effet accélérateur

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L’effet accélérateur désigne en économie l'effet d'entraînement réciproque entre la croissance de la demande et de celle de l'investissement productif. Il a pour la première fois été mis en évidence par l'économiste français Albert Aftalion en 1909, bien qu'il soit généralement attribué à John Maurice Clark qui l'a plus rigoureusement énoncé en 1917.

L'effet accélérateur et l'effet multiplicateur sont les deux effets principaux qui dans les modèles macroéconomiques lient l'investissement et la consommation.

Modèles d'accélérateur[modifier | modifier le code]

L'accélérateur simple[modifier | modifier le code]

L'accélérateur simple s'appuie sur la contrainte technologique (v) (rapport entre le stock de capital K et le niveau de production Y). On a alors : K = vY et v = K/Y Le seul moyen de répondre à une augmentation de la demande [∆D] est alors d'augmenter les capacités de production [∆Y] afin de produire davantage. ∆D = ∆Y. Or, on sait que l'investissement correspond à une augmentation du stock de capital. I = ∆K et ∆K = ∆vY. Comme ∆Y = ∆D, alors I = v∆D.

L'impact sur le stock de capital correspond au développement des capacités de production pour satisfaire le niveau de demande accru.

On en déduit que ∆I = v∆2D (ie la variation de D au carré).

Le niveau d'investissement dépend de la variation du capital et donc de la variation de la production. La variation de l'investissement dépend de la vitesse d'accélération ou de décélération de la production (ou de la demande agrégée).

Cet effet est accélérateur s'il est plus que proportionnel. Cela nécessite que soient réunies cinq conditions :

  • Le coefficient de capital v est constant. Cela suppose que soit la fonction de production est à facteurs complémentaires ou que la fonction de production est à facteurs substituables, mais avec des prix relatif constants ;
  • La société n'est pas en situation de plein emploi. L'accroissement de la production exige une main d'œuvre disponible ;
  • les capacités de productions doivent être saturées, sinon l'ajustement se fait par le taux d'utilisation des capacités productives, sans augmentation du stock de capital ;
  • la productivité du capital doit être constante ou décroissante (sans progrès technique), sinon l'accroissement de cette productivité permet un accroissement de la consommation avec un investissement moins que proportionnel ;
  • l'augmentation de la demande ne doit pas être temporaire, sinon l'ajustement se fait par les prix.

Le modèle de l'ajustement[modifier | modifier le code]

En réalité, au début des années 1950, on s'aperçoit que l'on désinvestit moins que d'après le modèle de l'accélérateur simple. La dépression serait plutôt liée à une augmentation du taux de chômage du capital qu'à du désinvestissement. C'est Goodwin en 1951, puis Chenery en 1952, qui proposeront un modèle d'ajustement du stock de capital. Ils considèrent, comme dans le modèle de l'accélérateur simple, que le capital désiré K* est déterminé à un moment donné t au regard de la demande Y qu'elle doit satisfaire mais qu'il existe un paramètre u>0 influant sur le niveau de l'investissement réalisé tel que : It = u(Kt*-K(t-1)).

L'accélérateur flexible[modifier | modifier le code]

Finalement, en 1954, Koyck propose le modèle de l'accélérateur flexible. Il considère que le capital désiré dépend des productions observées dans le passé car l'ajustement est en permanence imparfait. L'accélérateur flexible relativise donc le rôle de la demande dans la décision d'investir. En effet, on note premièrement que l'accélérateur ne vaut qu'en cas d'augmentation de la demande. Si celle-ci baisse, les entrepreneurs ne désinvestissent presque pas. Ils préfèreront largement sous-utiliser leur capacité de production. S'il y a reprise, il n'y aura donc pas investissement, mais réutilisation des capacités de production inutilisées. De plus, les entreprises savent qu'il existe des variables de court terme, et font des anticipations. Concrètement, toute augmentation de la demande n'entraînera pas un investissement ; il faut également que l'entreprise estime cette augmentation suffisamment importante et durable pour mériter un investissement. On sait par ailleurs que certains investissements nécessitent des coûts d'ajustement irréversibles, comme la formation des ouvriers ou les délais d'installation. En outre, l'investissement s'adapte avec retard à la demande (on parle de viscosité de la demande). L'inertie est d'autant plus grande que la vitesse d'ajustement du capital et des anticipations est faible.